Trois jours après son embauche, il fuit avec plus de 200 000 F CFA de son patron

A la barre de l’audience correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso ce mardi 1er février 2022, M.S., gérant de maquis, célibataire et père de 2 enfants, s’est présenté pour répondre des faits d’abus de confiance.

En effet, il lui est reproché d’avoir profité de son poste de gérant de maquis qu’il venait de décrocher, il y a seulement 72 heures, pour dissiper ou détourner la somme de 210 000 F CFA. Cette somme représentait la recette d’un jour du mois de décembre 2021. Interrogé, il a affirmé avoir commis l’acte.

Pour se justifier, M.S. il a avancé des arriérés de location et la maladie de son enfant. « Etant donné que je venais juste de commencer le travail, je doutais que le patron ne m’accorde cette faveur pour éponger mes arriérés de location et soigner mon enfant », a-t-il soutenu. En demandant au tribunal de garder le prévenu dans les liens de la détention, le parquet a requis une peine d’emprisonnement de 12 mois dont 6 fermes à l’encontre de M.S. et une amende de 500 000 F CFA avec sursis.

Ayant la main un peu plus lourde, la cour, après avoir établi la culpabilité de M.S. pour abus de confiance, l’a condamné à une peine privative de liberté de 12 mois fermes et une amende de 500 000 F CFA assortie de sursis.


Le dossier médical d’un « médecin » lui évite la prison

J.P.Y. était devant les juges de la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso, le lundi 31 janvier 2022. Il répondait des faits d’escroquerie. A écouter le tribunal, il est reproché à ce sexagénaire domicilié à Ouagadougou, d’avoir dormi et consommé gracieusement dans deux hôtels de la place où il a, de part et d’autre, passé une nuitée, les 19 et 21 août 2021.

J.P.Y. aurait même emprunté de l’argent dans ces hôtels. Selon l’exposé du juge, durant le séjour du prévenu dans chaque hôtel, il se faisait passer pour un médecin travaillant pour le compte du ministère de la Santé et séjournant à Bobo-Dioulasso pour préparer une conférence de médecins devant tous venir de Ouagadougou.

C’est là qu’il se réservait une chambre où il dormait et en réservait plusieurs autres pour ses collègues. Pour s’éclipser le lendemain, le prévenu prétextait une panne, non loin de Bobo-Dioulasso, du minibus transportant ses « collègues panélistes ». Pour le dépannage du bus, il empruntera 70 000 F CFA au gérant dans le premier hôtel et 20 000 F CFA dans le second. Le tout, en leur promettant que toutes les factures qu’il a occasionnées ainsi que la somme empruntée seront réglées plus tard par le Directeur des affaires financières (DAF) du ministère qui serait lui aussi de la délégation. Interrogé, J.P.Y. a dit ne plus se rappeler exactement des faits.

Néanmoins, il a reconnu avoir séjourné dans des hôtels dont il ignore les noms et y avoir emprunté de l’argent. « J’ai juste mangé un plat et on ne m’a pas demandé de payer », a-t-il toutefois fait savoir concernant son accusation d’avoir consommé sans payer dans les deux hôtels.

Selon le procureur, une expertise psychiatrique du prévenu a été demandée. A en croire le rapport de ladite expertise, J.P.Y. souffre d’une schizophrénie paranoïaque depuis 1985. Et selon un témoignage de la famille, a rapporté le procureur, le prévenu n’a pas franchi la classe de 5e même s’il maintient à la barre qu’il est médecin. Pour le ministère public, le dossier médical du prévenu constitue une circonstance atténuante, même s’il est vrai que les faits à lui reprochés sont caractérisés. Il a alors requis contre lui, 12 mois de prison et une amende d’un million F CFA, le tout, assorti de sursis. Une requête qui sera acceptée par le tribunal lors de son verdict.


Condamné pour achat d’une parcelle non attribuée

A.K. est un commerçant domicilié à Bobo-Dioulasso. Il a été déféré à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB) pour avoir investi, au quartier Belleville, sur une parcelle qui ne lui appartient pas, puisque non attribuée. L’affaire est partie d’une dénonciation d’une citoyenne bien renseignée qui avait connaissance de ladite parcelle et qu’elle savait non attribuée. Ayant constaté le début d’un chantier sur le terrain, elle a interpelé les responsables de la mairie de l’arrondissement 7 de la ville. Après plusieurs va-et-vient à la mairie, le chantier sera arrêté par les services compétents.

Mais à sa grande surprise, la citoyenne constatera, un bout de temps après, un chantier achevé. Elle dénoncera une deuxième fois l’affaire, mais cette fois-ci, auprès du procureur. Le parquet diligentera alors une enquête qui aboutira à l’arrestation et au déferrement de A.K. Le prévenu est ainsi poursuivi pour stellionat. A la barre, ce lundi 31 janvier 2022, il a avoué avoir acheté la parcelle entre 2016 et 2017 par le biais d’un démarcheur.

Avez-vous les documents de la parcelle ? « Ils m’ont vendu la parcelle avec une quittance en me rassurant que les documents allaient suivre. Ils m’ont dit que la parcelle n’était pas attribuée », a-t-il répondu au procureur. A.K. a reconnu avoir engagé la construction sur ledit terrain sans en être l’attributaire ni avoir des documents lui donnant droit à la parcelle. Mieux, il expliquera à la barre qu’il avait versé à ses revendeurs la somme de 3 000 000 F CFA pour l’établissement des documents.

Ladite somme, a-t-il laissé entendre, lui a été vite rendue au lendemain de son arrestation. Pour le procureur, cette affaire est le fruit d’une pratique malsaine de certaines commissions d’attribution pendant les périodes de lotissement au Burkina Faso. Sciemment, a-t-il expliqué, des parcelles n’étaient pas attribuées et étaient vraisemblablement redistribuées aux membres desdites commissions.

Ce jugement, comme le veut le ministère public, doit être un signal fort et une alerte pour les potentiels acheteurs tapis dans l’ombre. Il a requis contre le prévenu, 12 mois de prison avec sursis et une amende de 300 000 F CFA ferme. Le tribunal a reconnu A.K. coupable de stellionat et l’a condamné à 12 mois avec sursis et à une amende ferme d’un million de F CFA.


24 mois pour consommation de drogue

Célibataire et père de trois enfants, S.D., âgé d’une trentaine d’années, s’est présenté devant les juges de la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso, le mardi 1er février 2022, pour des faits de détention illégale de cannabis pour des fins de consommation. Des faits reconnus et punis par la loi, selon le procureur du Faso.

En effet, le 12 janvier 2019, le prévenu a été interpelé, selon le récit des faits, en détention du cannabis. Des faits que le prévenu a reconnus sans tergiverser à la barre. Bien que conscient de l’interdiction de la consommation de la drogue, S.D. a affirmé devant les juges qu’il a acquis le cannabis avec un revendeur pour sa propre consommation.

Malgré le fait qu’il soit un délinquant primaire et qu’il ait reconnu sans hésiter les faits, le parquet a estimé que son acte est extrêmement grave. Par conséquent, il a souhaité qu’une sanction lui soit infligée à la hauteur de son délit pour montrer aux yeux de la population l’interdiction de la détention et de la consommation de la drogue au Burkina Faso. De fait, le procureur a requis une peine d’emprisonnement de 24 mois dont 12 fermes et une amende de 50 000 F CFA avec sursis.

Comme moyen de défense après le réquisitoire du procureur du Faso, le prévenu a juré ne plus consommer la drogue si toutefois le tribunal lui accordait sa clémence. « Au regard des problèmes de santé que j’ai eus en consommant la drogue, je promets de ne plus en consommer », a-t-il laissé entendre à la barre. Prenant acte de ce moyen de défense, le tribunal, statuant contradictoirement, en matière correctionnelle et en premier ressort, a reconnu S.D. coupable des faits de détention illégale de cannabis aux fins de consommation.

En répression, la cour lui a accordé un bail de 24 mois dont 12 fermes à la prison civile de Bobo-Dioulasso, en plus d’une amende de 500 000 F CFA avec sursis.


Pour se venger, il accuse son ami de vol

O.A., employé de commerce au secteur 8 de Bobo-Dioulasso, est âgé de 35 ans. Célibataire et père d’un enfant, il était cité devant la chambre correctionnelle du TGI de la cité de Sya, le mardi 1er février, pour des faits de déclarations calomnieuses sur son ami S.K. Pour mémoire, le 16 décembre 2021, le prévenu a fait de fausses déclarations à la police accusant son ami S.K. d’être auteur de plusieurs cas de vol.

Dans ses explications devant les juges, O.A. a indiqué qu’après un verre dans un maquis de la place, son ami et lui se sont disputés jusqu’à en venir aux mains. Le lendemain, se retrouvant dans un kiosque en compagnie d’un ami policier commun à eux deux, O.A. a expliqué la situation au flic, lui signifiant son intention de porter plainte contre K.S. pour coups et blessures volontaires.

Après l’avoir dissuadé de porter plainte, le policier, selon le récit du prévenu, lui a plutôt conseillé de déclarer à la police que lui et K.S. ont ensemble commis des actes de vol. Dans le souci de savoir pourquoi faire de telles déclarations, le policier le rassure de ne pas s’inquiéter car il allait se charger de la correction à infliger à K.S. C’est dans ces circonstances, a-t-il laissé entendre à la barre, qu’il a accusé K.S. à la police. Des déclarations qui ont valu un séjour de six jours pour lui et de cinq jours pour K.S. dans les locaux du commissariat. Ces déclarations de vol, aux dires du procureur du Faso, ont été démenties par les enquêteurs en charge du dossier.

Qualifiant les faits de gravissimes, le procureur du Faso, bien que le prévenu soit à sa première comparution, a requis une peine de 12 mois de prison et une amende de 500 000 F CFA, le tout ferme. Le tribunal a déclaré O.A. coupable des faits de dénonciations calomnieuses. En répression, la cour a été clémente en prononçant une peine d’emprisonnement de 12 mois dont 6 fermes et une amende de 500 000 F CFA assortie de sursis d’exécution. Par ailleurs, le tribunal a ordonné le procureur du Faso d’engager des poursuites judiciaires contre le policier impliqué dans cette affaire.

Alpha Sékou BARRY

alphasekoubarry@gmail.com

Kamélé FAYAMA

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