Situation nationale : une OSC propose une transition minimum de trois ans

Le Groupe de citoyens d’appui à l’opérationnalisation de la transition (GCAOT) a animé une conférence de presse, dans la matinée du jeudi 3 février 2022 à Ouagadougou, pour demander à la CEDEAO d’être indulgente vis-à-vis du Burkina Faso.

Hier jeudi 3 février 2022, au moment où se tenait le Sommet extraordinaire de la Communauté écono-mique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur le Burkina Faso à Accra au Ghana, des experts réunis au sein du Groupe de citoyens d’appui à l’opérationnalisation de la transition (GCAOT) sont montés au créneau pour plaider la clémence de l’organisation sous régionale vis-à-vis du pays des Hommes intègres. C’était le jeudi 3 février 2022 à Ouagadougou lors d’une conférence de presse au cours de laquelle les membres du GCAOT ont brandi deux arguments principaux qui, pour eux, devraient militer en faveur du Burkina Faso. Il s’agit notamment de la nécessité de prendre acte de la situation politique du pays et de celle d’accepter une transition répondant aux aspirations du peuple burkinabè.

Concernant le premier point, le porte-parole du GCAOT, Dr Evariste Faustin Konsimbo, a fait remarquer que le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) a pris le pouvoir le 24 janvier dernier sans aucune contestation. Selon lui, la population burkinabè était excédée par la léthargie du pouvoir déchu face à la situation sécuritaire. Les forces vives du pays dans leur grande majorité ont soutenu, a-t-il poursuivi, les actions menées par le MPSR. A l’entendre, celles-ci sont disposées à participer à l’élaboration et à la mise en œuvre de nouvelles politiques publiques qui prennent en compte leurs aspirations. Un tel engouement dénote, selon lui, du rejet total de la gouvernance de Roch Marc Christian Kaboré qui s’est effectuée en violation de l’éthique démocratique et de la loyauté électorale. « C’est donc à bon endroit que le MPSR, en phase avec les populations, a pris ses responsabilités afin de permettre au Burkina Faso de repartir sur de nouvelles bases plus saines », a estimé M. Konsimbo. Au regard de tout cela, les conférenciers ont demandé à la CEDEAO de se mettre au service du peuple. Pour lui, elle doit accompagner le Burkina Faso dans la mise en place de la transition dont le schéma sortira des concertations entre le MPSR et les forces vives. « Nous appelons également l’organisation sous régionale à apporter au pays la logistique ainsi que les moyens financiers et diplomatiques nécessaires pour combattre les groupes extrémistes et à soutenir l’organisation de scrutins qui marqueront la fin de la transition », ont indiqué les conférenciers.

Etablir des relations apaisées

Concernant le second argument à savoir, la nécessité d’accepter une transition répondant aux aspirations du peuple, Dr Konsimbo a souligné que la transition que le Burkina Faso se prépare à instaurer aura pour tâche de ramener la sécurité au pays, d’assurer le retour des personnes déplacées dans leurs terroirs, et de poser les bases de sa refondation dans les conditions convenues par les forces vives. Il s’agira également pour cette transition, a-t-il ajouté, d’enclencher le processus de réconciliation et d’organiser des élections inclusives. De l’avis de Lookmann Sawadogo, membre du GCAOT, le pays aura besoin de temps pour réaliser ces différents chantiers. Il serait donc souhaitable, selon lui, de sortir du fétichisme des dates au risque de poser les germes de nouveaux conflits dans le cas où la transition serait évacuée à la hâte et contre les aspirations des populations. Vous parlez de sortir du fétichisme des dates, combien de temps proposez-vous concrètement pour la transition au Burkina Faso ? « Le minimum pour nous c’est trois ans. La transition qui a été mise en place en 2014 ayant été limitée à un an n’a pas pu poser les bases de la refondation du pays et de la réconciliation des Burkinabè comme cela s’imposait. Et voilà que sept ans après, le pays se retrouve au point de départ », a-t-il déploré tout en insistant sur la nécessité de tirer leçon de la transition passée.

Il a rappelé que l’objectif de la conférence de presse est de faire un plaidoyer auprès de la CEDEAO en faveur du Burkina Faso. Lookmann Sawadogo et ses amis ont, par ailleurs, invité les premiers responsables de l’organisation sous régionale au dialogue constructif avec les nouvelles autorités et à prêter une oreille attentive au désir de sécurité, de paix et de refondation du peuple burkinabè. « Les situations des pays en transition diffèrent. La CEDEAO doit tirer leçon de l’incompréhension et la révolte que des sanctions disproportionnées ont créées dans ses rapports avec le peuple malien et ne pas appliquer au Burkina Faso des sanctions sans tenir compte de la spécificité de son peuple, de ses aspirations et de son histoire », a appelé M. Sawadogo. Du reste, les conférenciers se sont dit convaincus que les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO prendront la pleine mesure de la nécessité d’établir des rapports apaisés avec le Burkina Faso dans sa marche pour la sauvegarde et la restauration de ses valeurs.

Nadège YAMEOGO

Alice SAWADOGO (Stagiaire)

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