Bars et maquis à Ouagadougou : La réduction des heures de réjouissances plombe les recettes

A minuit, des clients ont déserté la « Turquoise VIP » par manque de musique.

Le Mouvement pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) a réduit les réjouissances populaires et les évènements à caractère festif, du lundi au jeudi, après minuit et du vendredi au dimanche, après deux heures du matin, sur le territoire national. Les tenanciers des bars et maquis disent respecter l’esprit de la loi, en vigueur depuis le 2 février 2022, par solidarité envers les victimes de l’insécurité mais, déplorent la baisse de leurs recettes.

Aussitôt le couvre-feu totalement levé, le mercredi 2 février 2022, aussitôt, il a été décidé, l’arrêt des « fêtes », du lundi au jeudi, après minuit et du vendredi au dimanche, après deux heures du matin, sur le territoire national. Si la décision du Mouvement pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) est respectée et saluée dans l’ensemble, les tenanciers des maquis et bars, eux, déplorent une baisse de leurs recettes.

Au maquis « L’or blanc », du quartier Gounghin de la capitale, il est 21h 45 mn ce lundi 7 février 2022. Les clients sont au rendez-vous. Assis par groupe ou en « singleton » (seul,ndlr), ils dégustent des poulets et sirotent la bière ou la sucrerie au rythme des sonorités distillées par le Disque Jockey (DJ). Dans cette atmosphère « surchauffée », règne un tohu-bohu dans une cacophonie indescriptible. Kader Manager, l’organisa-teur des activités du maquis, estime qu’il faut respecter l’interdiction des réjouissances populaires et des évènements à caractère festif décidée par l’autorité.

« Nous savons que cela n’arrange pas les affaires, mais, nous nous y conformons », déclare-t-il. Selon lui, les clients fréquentent « L’or blanc », à cause de la musique. Et de déplorer que la plupart d’entre eux, quittent les lieux, une fois la musique interrompue sur ordre du responsable du maquis, à partir de minuit. A combien s’élève la perte des recettes ? Face à cette question, Kader Manager dit connaître la réponse mais nous renvoie plutôt au gérant que nous n’avons pas pu contacter.

A 22h 16 mn, dans deux maquis voisins du quartier Tampouy, le spectacle animé par des clients est hétéroclite. Il s’agit de la « Turquoise VIP » et le « Major VIP » qui drainent hommes et femmes, rassemblés autour d’une forêt de bouteilles de bière.

« Ça boit et ça mange »

L’organisateur des activités du maquis « L’or blanc », Kader Manager: « il faut respecter la loi ».

« Ça boit et ça mange un peu partout au son de la musique, comme vous le voyez !», s’empresse de dire Lacoste Manager de la « Turquoise VIP », qui dispose d’un écran de télé géant pour satisfaire la clientèle et d’un parking dont le nombre de motos témoigne de la forte affluence.

« Nos clients sont vraiment fidèles et ne laissent jamais le maquis vide », confie-t-il. Il explique que la « loi » du MPSR à un effet induit sur les recettes mais, il faut tout de même la respecter pour être « effectivement » solidaire des victimes du terrorisme. « Avant la prise de la mesure, la Turquoise VIP engrangeait par nuit près d’un million FCFA. Je pouvais accueillir et installer plus de 1 000 personnes contre 400 personnes actuellement. Nous perdons donc près de 30% des recettes soit 300 000 FCFA », déplore le manager de la « Turquoise VIP » où travaille une soixantaine de personnes.

« Nous prions pour la paix et le retour de la sécurité au Burkina Faso », laisse-t-il attendre. Pour Ahmed Bikienga, en tant que client fidèle à la « Turquoise VIP », c’est la musique qui l’attire car elle lui permet de boire plus et d’oublier ses soucis. Le manager général du « Major VIP », Karim Soré, à l’état civil, fait remarquer que « l’heure c’est l’heure », c’est-à-dire qu’à l’heure indiquée, la musique devient inexistante dans le maquis pour honorer l’esprit des textes. « Aucun client ne se plaint quand on coupe la musique. Et la fête continue dans le calme jusqu’au petit matin », indique-t-il.

A l’entendre, le maquis enregistre à ce moment, une baisse tangible des recettes qu’il supporte car « La loi est dure, mais c’est la loi ». Avant l’interdiction des fêtes, assure « Karim manager », du lundi au dimanche, les recettes s’élevaient à plus d’un million FCFA contre 800 000 FCFA avec la mesure prise pour stopper les réjouissances populaires. « La mesure ne nous arrange pas mais nous sommes dans l’obligation de la suivre.

J’exhorte les autorités à la revoir pour permettre aux populations de se distraire sans contrainte », propose le client du « Major VIP », Souleymane Sawadogo dit le « Père Yatenga ». Auparavant, à 21h 35 mn, au quartier Dapoya, le gérant du maquis « One Night », Aimé Konditamdé, fait savoir que sa structure ferme chaque jour à 23h même avant la décision du MPSR. Au dernier constat à 24 h passées, tous ces lieux visités ont effectivement coupé la musique ou mis en sourdine leurs appareils de sonorisation pour être conformes au règlement pris par les nouvelles autorités.

Boukary BONKOUNGOU

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