Développement de l’économie nationale Pierre Claver : Damiba recommande des actions endogènes

L’expert senior en macro-économie, Pierre Claver Damiba ( gauche) s’est dit satisfait du contenus du « Journal de tous les Burkinabè ».

L’expert senior en macro-économie et en politiques publiques, Pierre Claver Damiba a échangé avec les journalistes des Editions Sidwaya dans le cadre de « l’Invité de la rédaction ». Selon l’ancien ministre du Plan et des Travaux publics (1966-1972), une éducation basée sur la science et la technologie alliée à une politique de développement endogène peut booster la croissance et l’épanouissement économique du Burkina Faso.

Pour trouver les repères d’un essor socio-économique durable, le Burkina Faso doit de se tourner résolument vers l’industrialisation, le développement endogène et une formation axée sur une éducation de base carac-térisée par un enseignement des modules scientifiques et technologiques.

C’est l’analyse faite par l’expert senior en macro-économie, en politiques publiques et du secteur financier, Pierre Claver Damiba, par ailleurs, spécialiste de l’élaboration de programmes et de projets, et de prospective stratégique. C’était lors de son passage dans les locaux des Editions Sidwaya à Ouagadougou, le mercredi 16 février 2022, où il a échangé avec les journalistes, dans le cadre de « L’Invité de la rédaction », sur les sillons qu’il faille tracer pour ouvrir le chemin du développement économi-que au Burkina Faso.

Une industrialisation à l’arrêt

Selon lui, le Burkina Faso possède d’énormes ressources extractives, des produits agricoles et une gamme variée de produits forestiers non ligneux dont la transformation peut accélérer son développe-ment économique durable. Malheureusement, l’expert a dit déplorer un système économique et commercial basé en grande partie sur l’importation. « Notre industrialisation est aux arrêts.

L’importation a pris le dessus dans notre pays. Sur les plans marchand et industriel, nous reculons », a-t-il déclaré. De l’analyse de M. Damiba, tout comme la plupart des pays asiatiques (Chine, Japon), les centres d’intérêt de l’envol économique du Burkina doivent être la promotion du développement endogène et la croissance par la base.

A ce niveau, l’invité a regretté la disparition des écoles rurales qui participaient à éclairer la lanterne des ménages ruraux afin que les acteurs du monde paysan puissent comprendre et déchiffrer les mécanismes de développe-ment. Au niveau financier, Pierre Claver Damiba a pointé du doigt le manque d’encadrement et d’accompagnement des producteurs ruraux par les institutions financières et les programmes intervenant au niveau des collectivités territoriales « Le concept de base pour développer un pays, c’est la théorie du développement endogène.

Or, nous constatons que cette théorie n’est enseignée dans aucune école ou faculté du Burkina. Ce qui veut dire que nous sommes jusque-là hors d’un véritable système de développement », a affirmé le ministre burkinabè du Plan et des Travaux publics de 1966 à 1972. Parlant des banques qui sont censées accompagner le processus de développement via le financement de projets porteurs, l’ex-ministre a affirmé que la plupart de ces institutions financières manquent d’ingénieurs financiers et de capital risque.

Ce qui explique, a-t-il poursuivi, le fait que ces entreprises mettent en avant la garantie lorsque qu’un client ou une société se tourne vers elles pour contracter un crédit. « Il n’y a pas de banque au Burkina. Nous n’avons que des comptoirs financiers. Ce qui bloque l’avancée du pays », a déclaré l’ancien président exécutif de la Banque ouest- africaine de développement (BOAD) dont le siège est à Lomé au Togo.

Wanlé Gérard COULIBALY

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