Dédicace littéraire : Des enseignants s’intéressent à la femme dans la société dagara

Pour les co-éditeurs, Drs Minimalo Alice Somé/ Somda (droite), Domèbéimwin Vivien Somda (milieu) et Niboué Edith Dah (gauche), cet ouvrage est une synergie commune.

Trois enseignants-chercheurs des universités Joseph-Ki-Zerbo et Saint Thomas-d’Aquin, les docteurs Minimalo Alice Somé/Somda, Domèbéimwin Vivien Somé et Niboué Edith Dah ont dédicacé, le samedi 26 février 2022, à Ouagadougou, leur ouvrage intitulé : « La femme dans la société dagara : Approche anthropologique et philosophique ».

La place de la femme dans la société dagara a fait l’objet d’une œuvre littéraire écrite par les enseignants-chercheurs des universités Joseph-Ki-Zerbo et Saint Thomas-d’Aquin, Minimalo Alice Somé/Somda, Domèbéimwin Vivien Somé et Niboué Edith Dah. Intitulé : « La femme dans la société dagara : Approche anthropologique et philosophique », l’ouvrage a été dédicacé, le samedi 26 février 2022, à Ouagadougou.

Ce livre publié dans le cadre du projet dénommé : « femme et laïcité » éclaire les lecteurs sur les problématiques auxquelles ‘’l’autre moitié du ciel’’ est confrontée en pays dagara. Selon Dr Domèbéimwin Vivien Somé, l’image de la femme dagara est souvent ambiguë et cet ouvrage est issu d’une passion partagée et d’une volonté commune pour le trio de travailler ensemble. « Nous sommes tous les trois liés à des centres d’intérêt commun.

Nous avons voulu focaliser notre attention sur la femme et la laïcité, d’où le nom du projet ‘’femme et laïcité’’ », a-t-il soutenu. Pour la co-auteure, Dr Minimalo Alice Somé/Somda, chez les Dagara, la femme n’est reconnue que mariée. « Une femme célibataire, veuve, divorcée et non remariée n’a pas de parole en société dagara. Elle est marginalisée dans la politique, c’est-à-dire au niveau officiel. Elle n’a d’existence sociale que relativement à l’homme.

La femme dagara est généralement la fille d’un homme, la femme d’un homme, la sœur d’un homme. Elle est soit destinée à un homme, soit mariée à un homme. Tout autre statut est anormal », a précisé Mme Somé. A entendre Minimalo Alice Somé/Somda, le livre répond à une série de questions. Celles-ci sont, entre autres, quelle image de la femme véhicule la société dagara ? Comment en est-on venu à une telle image qui impacte négativement la femme ?

Comment vit-on la féminité dans cette société qui est patrimoniale et réputée indépendantiste? Pourquoi la femme se soumet-elle à des situations susceptibles de révolter la conscience humaine ? Quelle image laisse transparaître l’imaginaire, le quotidien et l’utopie des Dagara au sujet de la femme ? Elle a laissé entendre que les réponses à ces interrogations constituent les axes fondamentaux du livre.

Elle a invité la population à le lire pour trouver les réponses. Des confusions corrigées L’autre co-auteure, Dr Edith Dah, a relevé que la femme dagara est née émancipée, mais avec l’avènement de la modernité et de la religion, cette image a pris une autre tournure et il y a beaucoup de « confusions que nous avons essayé de restituer dans l’œuvre ».

« Nous sommes partis d’une approche anthropologique pour essayer de comprendre le rôle

L’œuvre : « La femme dans
la société dagara ».

de la femme dans la société dagara et poser des questions philosophiques sur certaines réalités quand on confronte la femme dagara à la société moderne, ce qui nous a permis de proposer à la fin un modèle de femme », a affirmé Edith Dah.

Dans l’ouvrage, a-t-elle souligné, les auteurs ont essayé d’expliquer pourquoi la femme dagara autrefois ‘’pog gara’’ (femme révoltée) est passée à « pog zao » (femme soumise). La présentatrice du livre, Dr Tougoré Dicko, a indiqué que bien que surchargée, la femme dagara dispose à priori de certains droits à savoir le droit de disposer de son corps, le droit à la propriété privée et le droit à la sécurité sociale.

« Elle dispose d’un contexte favorable à son épanouissement. Mais malgré cela, la femme dagara fait face à certaines injustices (le manque d’équité, le manque de reconnaissance et l’injustice dite épistémique », a-t-elle ajouté. Pour la co-marraine de la cérémonie de dédicace, Laure Zongo/Hien, ce livre aborde une thématique culturelle ancienne d’actualité et du futur à savoir, le statut de la femme en général et celui de la femme dagara en particulier.

Dans la société dagara, a-t-elle fait savoir, la femme occupe une place de choix avec beaucoup de valeurs qu’elle incarne même si par moments, elle n’arrive pas à jouir pleinement de ses droits. Ce livre de 264 pages, réparties en trois chapitres, est le premier de trois tomes. Aux dires de Dr Somé, le prochain volume est censé porter sur la laïcité chez les Dagara.

« Cela sera pour nous l’occasion de nous pencher sur le vivre-ensemble dans la diversité et la liberté religieuse. Pour ce qui est du troisième volume, nous comptons ouvrir les recherches à d’autres groupes sociaux culturels et à d’autres chercheurs », a-t-il expliqué. L’ouvrage est disponible dans les différentes librairies au prix unitaire de 15 000 F CFA.

Timothée SOME

timothesom@yahoo.fr

Alice SAWADOGO (Stagiaire)

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