Force Barkhane au Sahel : « Toute intervention se fera à la demande du pays menacé », Gal Michon

L’ambassade de France au Burkina Faso a commémoré, le vendredi 11 mars 2022 à Ouagadougou, à la résidence de l’ambassadeur, la journée française et européenne d’hommage aux victimes du terrorisme. La cérémonie a été marquée par une conférence de presse co-animée par l’ambassadeur Luc Hallade et le général Laurent Michon, commandant de la force Barkhane.

Selon le général Laurent Michon, la Force Barkhane en départ du Mali ne cherche pas à se repositionner dans un autre pays.

Pensée pieuse, devoir de mémoire collective à toutes les souffrances endurées par les victimes du terrorisme et des attentats commis aussi bien sur le sol burkinabè qu’à l’étranger. C’est tout le sens de la commémoration, le vendredi 11 mars 2022 à Ouagadougou, de la journée française et européenne d’hommage aux victimes du terrorisme. La cérémonie a été organisée par l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Luc Hallade, à sa résidence où il a animé avec le général Laurent Michon, commandant de la force Barkhane, en séjour au pays, une conférence de presse pour situer l’opinion sur la ré-articulation du dispositif anti-terroriste français dans le Sahel. Exécution des hymnes nationaux, de l’hymne aux morts, dépôt de gerbes, ont marqué la cérémonie. En introduction, l’ambassadeur français a expliqué que cette date commémorative fait référence au 11 mars 2004 à la suite de l’attentat terroriste de la gare d’Atocha (Madrid) qui a fait 192 morts et plus de 1 500 blessés.

« Cette commémoration est donc ce que l’Europe souhaite faire en hommage et à la mémoire de toutes les souffrances qui ont été endurées par toutes les victimes du terrorisme au Burkina comme ailleurs », a indiqué le diplomate français. Le gouvernement burkinabè a été représenté à cette journée commémora-tive par le représentant du ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, le Gal Aimé Barthélemy Simporé et la ministre en charge de la communication, Valérie Kaboré. Au cours de la conférence de presse de clôture de ladite journée, le général Laurent Michon est revenu sur les contours du retrait de la force Barkhane du Mali. Selon le commandant de la force anti-terroriste, le processus de retrait au Mali a commencé dès l’annonce du « retrait sans délai » des autorités maliennes. L’opération, selon le général Michon, se déroule en coordination avec l’état-major malien, tout en évitant de laisser un vide sécuritaire et surtout, être « sûr que les Forces armées maliennes (FAMA) viendront prendre les postes de Gao, Menaka et Gossi où est déployée la force Barkhane. « Le départ, qui concerne, outre les soldats français, les contingents italien et suédois, est prévu se faire dans un délai de quatre à six mois », a-t-il dit.

Pas de repositionnement

Mais quelle sera la prochaine destination de cette force ? A cette question, le commandant de la force Barkhane a clairement signifié qu’il ne s’agit pas d’un « repositionnement ». « Il ne s’agit pas de se repositionner au Niger. Il s’agit de se retirer du Mali. Les contingents italien, suédois, français qui partent du Mali vont rentrer en Europe. Un dispositif pourra par la suite être adapté au Niger à la demande des autorités militaires nigériennes (…), une fois que l’approbation politique du soutien occidental sera obtenue. (…). Il n’y a absolument pas de redéploiement ou de repositionnement de Barkhane au Niger ou ailleurs », a immédiatement précisé Laurent Michon. Mais, la France a-t-elle cessé le feu au Mali ? Là, le commandant en chef de Barkhane a expliqué que les seules opérations en cours actuellement au Mali sont relatives au retrait de la force Barkhane et à la traque des chefs terroristes. Et d’ajouter d’ailleurs que la France maintiendra au Niger, sa « base aérienne dans son dispositif actuel, ni plus ni moins ». Et le général d’insister que toute intervention de la France se fera toujours à la demande du pays menacé par le terrorisme. A cet effet, le général Laurent Michon a affirmé que la force Barkhane est en mesure d’appuyer l’armée burkinabè si les autorités en font la demande. « Au Burkina, il n’y a aucune intention, aucune demande de redéploiement de Barkhane du Mali au Burkina. Nous sommes en mesure d’appuyer l’armée burkinabè quand et si elle le demande », a-t-il souligné. Et de poursuivre en affirmant que l’avenir de Barkhane se construira avec les capitales africaines qui le souhaitent, dans une zone qui sera étendue au Golfe de Guinée.

« On va continuer la lutte avec les pays qui souhaitent notre appui. Nous avons la conviction de continuer à rassurer les forces armées, la MINUSMA (Mission des Nations unies au Mali), la force du G5 Sahel, en apportant un appui par les airs ou tout autre moyen », a fait savoir le commandant de Barkhane. En novembre 2021, un convoi de militaires français qui transitait par le Burkina, a été bloqué pendant des jours dans le Centre-Nord parce que des manifestants soupçonnaient les Français de fournir de la logistique aux terroristes. La France ne craint-elle pas un blocage, si son arsenal issu du retrait du Mali devait passer à nouveau par le territoire burkinabè pour rejoindre l’Europe ? A cette question, l’ambassadeur Luc Hallade s’est étonné qu’une certaine opinion puisse penser que la France arme des terroristes pour tuer des soldats africains et français. « Il faut être logique ! », s’est-il exclamé.

Wanlé Gérard COULIBALY

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