Vente illicite du tabac au Burkina : 8 milliards F CFA de perte par an

La coordination nationale de lutte contre la fraude organise, les 29 et 30 mars 2022 à Ouagadougou, en collaboration avec la MABUCIG, une formation au profit des acteurs de lutte contre le trafic et le commerce illicite des produits du tabac.

Des acteurs intervenant dans la lutte contre le trafic et le commerce illicite des produits du tabac sont en formation, les 29 et 30 mars 2022, à Ouagadougou. C’est une session organisée par la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF), en collaboration avec la MABUCIG. L’objectif de cette formation est de créer un cadre formel de concertation entre les acteurs chargés de la lutte contre la contrebande des cigarettes et l’industrie légale du tabac afin de définir une stratégie dynamique pour lutter efficacement contre le commerce illicite des produits du tabac.

Ainsi, durant ces deux jours, les participants vont échanger autour de la problématique et de la définition du commerce illicite des produits de tabac et du cadre juridique. Ils vont également évoquer les raisons et l’estimation de la contrebande des produits du tabac, les enjeux ainsi que le lien avec le crime organisé, les acteurs et les flux du trafic et le commerce illicite des produits du tabac. Le réseau de trafic en Afrique de l’Ouest, les législations des pays de la sous-région en matière de lutte contre le phénomène seront également abordés au cours de ces 48 heures. Le directeur général de la MABUCIG, Demba Dembélé, a insisté que le trafic et le commerce illicite des produits du tabac sont un véritable fléau, dont la lutte nécessite la mobilisation des acteurs étatiques et légaux de l’industrie. « Nous estimons au niveau du Burkina, que plus de 29 700 000 paquets de cigarettes par an sont écoulés de façon frauduleuse.

Ce qui équivaut à près de 7 à 8 milliards F CFA de perte par an, à raison de 150 F CFA comme taxe par paquet de cigarettes », a-t-il précisé. Pour sa part, la ministre déléguée chargé du Budget, Brigitte Marie Suzanne Compaoré, a soutenu que ces dernières années, le commerce illicite des produits du tabac a pris une ampleur inquiétante et est devenu une préoccupation mondiale d’un point de vue sanitaire, sécuritaire économique et juridique, mais également de développement de la corruption et de la mauvaise gouvernance. « Les chiffres fournis par la communauté douanière internationale et certaines études indiquent que le marché illicite du tabac représente une cigarette sur 10 vendues et consommées dans le monde », a-t- elle déploré. Elle a poursuivi qu’en Afrique de l’Ouest, l’essor de la contrebande a enregistré un manque de près de 108 milliards F CFA sur les recettes des Etats ces trois dernières années. Il a aussi contribué au financement du crime organisé et du terrorisme qui endeuillent quotidiennement nos populations. « Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (NNUDC), 774 millions de dollars en cigarettes illicites transitent par les ports de l’Afrique de l’Ouest chaque année, occasionnant d’énormes pertes au niveau des recettes fiscales et douanières », a précisé la ministre déléguée chargée du Budget. C’est pourquoi des efforts de lutte contre le phénomène se sont traduits au niveau international par l’adoption par l’OMS d’un protocole pour l’élimination du commerce illicite des produits du tabac, entré en vigueur en 2021. Au niveau régional, les Organisations patronales de l’Afrique de l’Ouest (FOPAO) ont œuvré afin de transformer le projet de directive CEDEAO sur la traçabilité des produits du tabac en une directive plus globale incluant des dispositions de lutte contre le trafic illicite de cigarettes et autres produits du tabac.

Mariam OUEDRAOGO

Mesmira14@gmail.com

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