Campagne agricole 2020-2021 : Un déficit céréalier de 461 000 tonnes

Les trois membres du gouvernement ont répondu aux questions des journalistes présents au point de presse de l’exécutif burkinabè.

Le gouvernement a animé, le lundi 11 avril 2022 à Ouagadougou, une conférence de presse sur les questions d’actualité. La hausse des prix des denrées alimentaires et les mesures prises par l’Exécutif pour y faire face, les restrictions des libertés annoncées par le chef de l’Etat, les actes de violence survenus à Béguédo ont été, entre autres, les sujets évoqués par les ministres en charge du Commerce et de la Justice.

Le gouvernement poursuit ses efforts de redevabilité vis-à-vis de ses concitoyens. A cet effet, trois membres de l’exécutif ont animé un point de presse, hier lundi 11 avril 2022 à Ouagadougou, sur des sujets d’intérêt national. Il s’agit du ministre porte-parole du gouvernement, Wendkouni Joël Lionel Bilgo, du ministre de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les institutions, Garde des sceaux, Barthélemy Kéré et de celui du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et moyennes entreprises, Abdoulaye Tall.

Le ministère en charge du commerce a réagi sur les hausses des prix des denrées alimentaires. Le ministre Tall a expliqué que cette augmentation des prix des produits alimentaires est due à plusieurs facteurs. Il y a eu la saison passée un déficit pluviométrique aggravé par les effets induits des attaques terroristes, a-t-il soutenu. Selon lui, plus de 450 000 ha de terres cultivables n’ont pas été exploités en 2021 à cause de la menace sécuritaire. Toute chose qui a occasionné un déficit céréalier de 461 000 tonnes. Pour pallier cette difficulté, Abdoulaye Tall a indiqué que le gouvernement a pris des mesures en vue de soulager les populations.

Il s’agit, a-t-il détaillé, de l’interdiction de l’exportation des céréales et de la farine, de l’ouverture de boutiques-témoins qui offrent des vivres à des prix subventionnés, de l’approvisionnement du stock de sécurité de la SONAGESS et du renforcement du contrôle des lieux de stockage pour éviter les spéculations. Le ministre Tall a confié que ces initiatives ne pourront pas à elles seules désamorcer la crise, mais il a rassuré que des efforts seront davantage consentis par le gouvernement dans l’intérêt des populations.

Consommer les produits locaux

C’est dans ce sens qu’il a expliqué que malgré l’augmentation vertigineuse du prix du baril de pétrole à l’international, le prix à la pompe n’a pas connu une hausse au Burkina. « La Russie produit 15% du pétrole mondial. Avec le retrait de ce pays du marché mondial du fait de la guerre, cela a nécessairement un impact. Le prix du baril a doublé mais au Burkina le prix est resté intact », a-t-il relevé. Toutefois le ministre a indiqué qu’il sied de parler un langage de vérité.

Si la situation perdure, a-t-il poursuivi, cela pourrait assécher les finances de la SONABHY. « A un moment donné, il faudrait voir ce que nous pouvons ensemble faire pour éviter une telle situation », a confié le ministre. Dans le même ordre d’idées, la farine de blé et le pain connaissent les mêmes difficultés d’inflation. De l’avis du ministre, les deux pays en guerre, la Russie et l’Ukraine, produisent 30 % du blé au niveau mondial.

« Le prix de la farine de blé a augmenté. Une rencontre est en cours au sein de mon département avec l’ensemble des acteurs concernés pour discuter de la problématique. L’objectif est de se parler franchement en tant que Burkinabè sur ce qu’il y a lieu de faire. A un moment donné, il y a lieu de faire un arbitrage car le problème est d’ordre international », a-t-il laissé entendre.

Pour résoudre de façon durable la flambée des prix des produits, le ministre a invité les Burkinabè à produire localement et à consommer les produits locaux. A la suite du ministre du Commerce, son homologue en charge de la justice s’est prononcé sur la situation des droits de l’homme en lien avec les restrictions des libertés annoncées par le président du Faso. Il a égrené les multiples atteintes aux droits de l’homme par les groupes terroristes tels les droits à la vie, à l’éducation, à la santé

Affaire Béguédo : 23 personnes arrêtées

Conscient de sa responsabilité de préserver les droits de ses concitoyens, M. Kéré a indiqué que le gouvernement a décidé d’étendre l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire national. « C’est dans ce sens qu’il faut entendre les restrictions de libertés évoquées par le chef de l’Etat. Le gouvernement s’attèlera à la mise en œuvre de cette mesure », a-t-il précisé. Autre sujet évoqué par le ministre en charge de la justice, les cas de violences survenues dans la ville de Béguédo dans la nuit du 30 au 31 mars 2022.

Le ministre a indiqué qu’une enquête a été ouverte à l’effet de sanctionner les fautifs. « Le parquet près le Tribunal de grande instance de Tenkodogo a annoncé avoir interpellé 32 personnes. Les enquêtes préliminaires ont permis de libérer 9 personnes dont un mineur. Les 23 autres ont été placées sous mandat de dépôt et les premières audiences sont prévues pour le 20 avril », a-t-il déclaré. Le ministre a par ailleurs signifié que des avis de recherche sont aussi lancés à l’encontre des présumés auteurs de ces violences en fuite.

Outre ces deux questions, le ministre Kéré a annoncé le départ du personnel des juridictions dans certaines zones sous menace sécuritaire. Il a relevé que la plupart de ces juridictions se sont déplacées dans d’autres localités dans le but de poursuivre certains services usuels comme l’établissement des casiers judicaires et les certificats de nationalité.

Le porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, en réponse à une question des journalistes sur la fermeture de la mine de Taparko, a indiqué que des précisions seront apportées à la problématique par le ministre en charge du dossier. Toutefois, il a relevé que le gouvernement va œuvrer dans le sens de la protection des droits des travailleurs de la mine.

Abdoulaye BALBONE

Marie Désirée Sawadogo (Stagiaire)

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