Pour un dialogue fécond

Le Premier ministre, Albert Ouédraogo, a pris langue avec l’Union d’action syndicale (UAS), le 12 avril 2022. Au cours de ces échanges, le chef du gouvernement a pris l’engagement de poursuivre avec les partenaires sociaux un dialogue empreint de sincérité et de respect mutuel. Sur la même lancée, il a précisé qu’au-delà de la rencontre annuelle gouvernement-syndicats, des cadres adhoc de concertations vont être mis en place et dont « la périodicité de la tenue sera commandée par les préoccupations sociales de l’heure ». En clair, le gouvernement voudrait instaurer un climat de confiance avec le monde syndical durant la période de la Transition.

En prenant les devants pour établir un cadre de dialogue avec les partenaires sociaux, les autorités veulent anticiper pour mieux gérer une éventuelle fronde sociale au regard de la cherté du coût de la vie qui se fait sentir depuis un certain temps. En instruisant les ministres à ressortir les dossiers pendants dans leurs départements respectifs en vue de trouver des solutions, Albert Ouédraogo montre les signes d’une disposition à discuter franchement avec les syndicats dans un esprit inclusif. Déjà que le pays est confronté à une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent, il est tout à fait normal que le gouvernement sache prendre de l’avance pour prévenir d’autres maux. Un dialogue fécond avec le monde syndical pourrait dans une certaine mesure éviter de disperser les énergies pour mieux se concentrer sur les priorités du moment que sont la lutte contre l’hydre terroriste et le retour des personnes déplacées internes (PDI) dans les localités d’origine. La bonne foi seule suffit-elle pour préserver un climat propice à un dialogue fécond avec les syndicats. Absolument pas ! Au-delà de cette volonté à écouter les partenaires sociaux, il faut donner des gages réels en posant des actes concrets inhérents à leurs préoccupations. Il est question dans ce contexte précis d’œuvrer avec tact et sincérité pour éviter d’éventuelles frictions qui viendront compliquer les choses.

Les syndicats, tout en saluant l’initiative de la rencontre initiée par le Premier ministre, ont insisté sur la dynamique du respect des libertés syndicales et des droits des travailleurs. En filigrane, le monde syndical prévient qu’il ne saurait sacrifier ses intérêts sur l’autel de promesses qui ne seront pas tenues. Concrètement, il est attendu des autorités qu’elles fassent preuve de réalisme dans l’examen des préoccupations des syndicats afin que la période de la Transition puisse se passer, comme elles le souhaitent, sans incompréhensions dans l’intérêt de tous. A ce dialogue sur lequel le gouvernement fonde beaucoup d’espoir, il faudra prêter une oreille attentive aux revendications antérieures et à celles qui viendront à coup sûr.

Karim BADOLO

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