Un choix inattendu

Le poste de vice-président de la République de Côte d’Ivoire, resté vacant depuis la démission de Daniel Kablan Duncan, en juillet 2020, a désormais un nouvel occupant. Le Chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a porté son choix sur l’actuel gouverneur de la BECEAO, Tiémoko Meyliet Koné. Le président Ouattara l’a annoncé, hier devant les élus des deux chambres du parlement en congrès.

Plusieurs raisons pourraient justifier le choix de Meyliet Koné comme vice-président. La première des raisons est certainement le capital de confiance entre les deux hommes. Alassane Ouattara, lorsqu’il fut gouverneur de la BCEAO, connaît bien l’intéressé pour l’avoir eu comme collaborateur à la Banque centrale. L’autre argument qui milite en faveur de M. Koné est sa compétence dans le domaine économique et monétaire. Ses collègues de la Banque centrale gardent de lui, l’image d’un responsable compétent, très rigoureux et discret.

C’est peut-être ce qui a justifié le fait qu’ADO (surnom du chef de l’Etat ivoirien, ndlr) l’avait nommé conseiller Spécial, chargé des questions économiques et monétaires dans son cabinet. Le commis ayant toujours bien rempli sa mission, il est élevé, cette fois-ci, à la plus haute marche du podium, après celui du chef de l’Etat. Selon la Constitution ivoirienne, le vice-président est la seconde personnalité de l’Etat. Le président de la République peut lui déléguer certains pouvoirs.

Il représente le chef de l’Etat lorsque ce dernier est hors du territoire national et devient de fait, président de la République en cas de décès, démission ou empêchement absolu du président. Loin d’être un titre honorifique, le nouveau vice-président aura à défendre les intérêts de son pays au sein des institutions de Bretton Woods et partout ailleurs, sous les conseils avisés de son mentor.

A travers cette nomination, Alassane Ouattara a déjoué les pronostics, car avec la démission du premier ministre Patrick Achi de son poste le 13 avril dernier, bon nombre d’ivoiriens l’avait pressenti au poste de vice-président. Pour ceux qui rêvaient voir M. Achi devenir le colistier du président, devront encore patienter. Alassane Ouattara a plutôt préféré maintenir ce dernier comme Premier ministre, non seulement pour le bilan de l’action du gouvernement jugé satisfaisant mais surtout à cause des efforts à poursuivre dans la lutte contre la vie chère, une des priorités assignées à l’exécutif sortant.

Le président ivoirien compte également sur Patrick Achi pour former dans ce sens un gouvernement resserré, avec une trentaine de membres, contre une quarantaine actuellement. La nomination de Meyliet Koné, comme dauphin de M. Ouattara vient ainsi couper court aux spéculations et autres commentaires autour de ce poste.

Elle vient taire certaines mauvaises langues sur les velléités du président de se maintenir au pouvoir. La majorité des ivoiriens craignant le retour des vieux démons du passé nourrissent l’espoir à travers ce choix de voir leur pays éviter une crise en cas de vacance de poste comme c’était le cas après la disparition de Félix Houphouët Boigny.

Abdoulaye BALBONE

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