Lutte contre le paludisme au Burkina : La contribution des hommes de médias attendue

Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) en partenariat avec le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) et l’ONG Malaria consortium ont organisé le jeudi 21 avril 2022 à Ouagadougou, un webinaire avec les hommes de média.

Les hommes de médias sont au cœur de la lutte contre le paludisme de par leur rôle de relaie de l’information sur les problématiques concernant cette maladie. C’est à ce titre que le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a organisé un webinaire sur l’état des lieux du combat contre la malaria, le jeudi 21 avril 2022.

La rencontre virtuelle a donné lieu à des échanges autour du thème « Lutte contre le paludisme au Burkina Faso, acquis, défis et perspectives ». Selon la coordonnatrice nationale du Réseau, Bénédicte Sawadogo, un tel choix de thème visait à être en conformité avec le thème mondial qui est d’« innover pour réduire la charge du paludisme et sauver des vies ». Et l’option de tenir cette rencontre en ligne répondait au souci de « ratisser large et d’avoir plus de participants », a-t-elle expliqué.

L’engagement du REMAPSEN vise principalement à contribuer à infléchir les indicateurs qui font par exemple état de 12 millions de cas de paludisme dont 4 355 décès au Burkina Faso pour la seule année 2021.

Le webinaire a été une vitrine pour les participants d’apprendre un peu plus sur les manifestations du paludisme à travers deux communications. En effet, Gauthier Tougouri, coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) dans son exposé, a tout d’abord fait l’état des lieux du paludisme qui prévaut au pays des Hommes intègres.  Il a ainsi renseigné que le paludisme au Burkina Faso, est un problème de santé publique et, par conséquent, un problème de développement.

En outre, il a fait savoir que le paludisme demeure le premier motif de consultation, d’hospitalisation et de décès dans les formations sanitaires. « Rien que l’année 2021, nous avons enregistré 12.231.806 cas de paludisme avec 4355 décès soit 37,29% des motifs de consultation, 55,20% des cas d’hospitalisation, et 14,87% des cas de décès », a souligné le coordonnateur du PNLP.

Le paludisme n’est donc pas un problème du ministère de la santé seulement, mais un problème de comportement, selon lui. « Beaucoup de gens pensent que le paludisme est une simple maladie. Comme d’habitude on ne part pas diagnostiquer, on commence à prendre des médicaments sans être sûr que ce que la personne a, c’est le paludisme », a-t-il expliqué.

La sensibilisation des populations sur les changements de comportements, l’hygiène de vie et la réadaptation des stratégies de lutte sont des armes essentielles pour venir à bout de la maladie, d’après Dr Tougouri.

Nonobstant cet état des lieux, le médecin a rappelé d’énormes acquis obtenus dans la lutte contre le paludisme. Il s’agit notamment du renforcement de capacités des acteurs ; de la réalisation de campagnes de distribution universelle de moustiquaire imprégné ; de la gratuité de la prise en charge que ce soit dans les centres de santé publics ou dans certains privés du TDR, MILDA, TPI et CPS. Pour lui, ces progrès permettront de contrôler et de contenir le paludisme.

Outre ces acquis permettant éventuellement de contenir le paludisme, il n’en demeure pas moins que les organismes de lutte contre le paludisme font face à des défis pour une lutte efficiente, permettant d’atteindre zéro cas.

« Le premier défi c’est de réduire le nombre de cas dans nos formations sanitaires, faire en sorte que d’ici 2025, nous puissions avoir moins de cas de paludisme. L’autre défi, c’est le non-respect des directives au niveau de la prise en charge des cas de paludisme », a soutenu le coordonnateur du PNLP.

Une autre communication a été faite par le directeur pays de l’ONG malaria consortium au Burkina Faso, Clotaire Tapsoba. Il noté que malgré les moyens et les stratégies mises en place par l’Etat et les partenaires techniques et financiers, le paludisme continue d’être un fardeau de santé pour le pays.

Et pour atteindre véritablement les objectifs, il a invité à mener des réflexions entre les partenaires et le gouvernement.  Selon lui, cela permettra de développer des actions de recherches pour, dit-il, comprendre pourquoi malgré les efforts consentis, le taux du paludisme est toujours aussi élevé. Et à partir de ces concertations, ils vont dégager des solutions novatrices, changer les actions et essayer de nouvelles approches pour venir à bout du paludisme.

Au total, 18 pays membres du REMAPSEN ont participé à ce webinaire organisé en prélude à la célébration de la journée mondiale de lutte contre paludisme.

Wamini Micheline OUEDRAOGO

 

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