Diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire : les réalités à Grand Zattry et à Yabayo

Une délégation de l’ambassade du Burkina Faso en Côte d’Ivoire, conduite par le ministre conseiller, Roger Konombo, a rencontré, le samedi 30 avril 2022, les ressortissants burkinabè de Grand Zattry et de Yabayo, deux localités du département de Soubré, région de la Nawa.

Les Burkinabè de Grand Zattry et Yabayo ont été invités à plus de cohésion et à se doter de documents d’identité.

De retour d’une mission au Libéria où elle est allée au contact des Burkinabè, l’ambassade du Burkina Faso en Côte d’Ivoire multiplie les rencontres avec les compatriotes vivant en terre d’Eburnie. Dans la journée du samedi 30 avril 2022, une délégation de cette représentation diplomatique, conduite par le ministre conseiller, Roger Konombo, a échangé avec les Burkinabè établis à Grand Zattry et à Yabayo, département de Soubré, dans le Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire. A Grand Zattry, où près de 25 000 Burkinabè s’investissent dans la culture du cacao, du café, de l’hévéa et autres, la mission a constaté une cohésion dans les rangs. Contrairement à d’autres localités où la question du leadership suscite des tensions, à Grand Zattry, les compatriotes vivent dans la cohésion. « Nous nous entendons parfaitement.

Il n y a pas de querelles de leadership », a affirmé le chef de la communauté burkinabè sur place, Hamado Porgo. Ces propos ont été confirmés par le délégué consulaire, Elie Kaboré. « Nous sommes bien organisés. Chacun joue son rôle dans la communauté et tout se passe bien », a indiqué celui-ci. Tous deux ont par ailleurs souligné que des problèmes de terres opposent parfois des Burkinabè, mais des solutions sont vite trouvées. « Des Burkinabè vont voir des tuteurs ivoiriens pour leur demander de retirer des terres à des compatriotes, en misant parfois sur la corruption pour atteindre leurs objectifs. Cela est déplorable. Quand ces cas de figure se présentent, nous travaillons à les résoudre, afin de préserver la paix au sein de la communauté », a relevé M. Porgo. Les deux leaders de la communauté burkinabè de Grand Zattry ont également tablé sur la carte consulaire, inutilisable pour des opérations administratives et bancaires au Burkina Faso. Sur cette dernière préoccupation, le ministre conseiller a définitivement situé les esprits, tant le débat sur la validité de la carte consulaire a toujours prévalu. « La carte consulaire est valable à tout point de vue, mais elle ne l’est qu’en Côte d’Ivoire. Si vous quittez ce pays, elle ne vous sert plus. Si vous voulez faire certaines opérations en banque ou dans l’administration, vous devez vous doter de cartes nationales d’identité », a réagi M. Konombo. Il a insisté sur le fait que les Burkinabè de Côte d’Ivoire et leurs enfants doivent disposé de documents qui prouvent leur identité, car il ne suffit pas de porter un nom de famille burkinabè, pour se réclamer comme tel.

Dans les deux localités visitées, les compatriotes travaillent essentiellement dans des plantations de cacao, d’hévéa et de café

« Nous avons par exemple constaté que nos compatriotes, qui vont de plus en plus au Libéria pour travailler la terre y vont sans documents d’identité. Ce qui créé des problèmes avec les autorités libériennes. Ce n’est pas normal », a renchéri le ministre conseiller. Il a en outre exhorté les compatriotes de Grand Zattry à rester soudés, car en Côte d’Ivoire et au Libéria, des Burkinabè, attachés à des intérêts égoïstes, se livrent à des bagarres inutiles. « Nous souhaitons plus de cohésion entre nos compatriotes. Nous devons changer de mentalité en cessant les combats inutiles autour des histoires de chefferie. On ne peut pas être fort en étant divisé », a dit le ministre conseiller. Il a transmis le même message à Yabayo, la seconde localité du département de Soubré visitée, où les Burkinabè vivent aussi dans l’entente. Entre 2 000 et 2 500 compatriotes y sont basés, selon le délégué consulaire, Hamado Ouédraogo. Ceux-ci travaillent, pour la plupart dans des plantations de cacao, de café et d’hévéa. « Nous n’avons pas de soucis de leadership, car la communication entre nous est bonne. Il n y a pas non plus de disputes autour des terres. Nous sommes rattaché à Soubré, ville abritant un consulat général, si bien que cela facilite la résolution de nos problèmes », a confié le délégué consulaire de Yabayo. Le ministre conseiller s’est réjoui de la bonne ambiance qui règne en ce lieu entre les Burkinabè et les a invités aussi à se procurer des documents d’identité, pour se mettre à l’abri des ennuis.

Kader Patrick KARANTAO

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