Sauvetage à la mine de Perkoa : des ministres et des journalistes s’imprègnent des opérations

Le ministre en charge du travail et de la protection sociale, Bassolma Bazié, a conduit, le vendredi 13 mai 2022, les membres du gouvernement et les hommes de médias dans la mine souterraine de Perkoa. Ils ont touché du doigt l’état d’avancement des opérations de sauvetage des huit mineurs disparus dans les galeries, depuis plus de trois semaines.

Les membres du gouvernement à la sortie du sous-sol ont encouragé les familles des victimes et les ont invitées à garder espoir.

Les opérations de recherche évoluent vers la chambre de refuge qui se trouve à une hauteur d’eau d’environ 7,30 mètres et qui pourrait abriter les huit mineurs piégés. Ce qui équivaut encore à plusieurs millions de litres d’eau à évacuer, selon les techniciens. Le vendredi 13 mai 2022, les membres du gouvernement et les journalistes sont descendus dans la mine souterraine, où sont piégés les huit mineurs, pour constater l’évolution des opérations. Le directeur général de la mine, Hein Frey, a indiqué qu’à la date du 12 mai, plus de 42 millions de litres d’eau ont été pompés. Les sapeurs-pompiers vont entamer la phase des plongées afin de procéder à la fouille des eaux souterraines. Mais avant cette intervention, le ministre en charge du travail et de la protection sociale, Bassolma Bazié, a exigé des responsables de la mine, des résultats des examens en laboratoire des eaux.

Le directeur régional de l’eau et de l’assainissement, Boukaré Sabo, de renchérir : « Il faut que nous nous assurons que l’eau qui sera rejetée dans la nature est de bonne qualité, pour ne pas créer d’autres soucis à la population riveraine ». Pour le lieutenant Sidi Stéphane Nana, commandant d’unité adjoint de la 3e compagnie de la Brigade nationale de sapeurs-pompiers (BNSP), l’objectif des plongées est de se rassurer que la chambre de refuge existe toujours, constater son état actuel et voir si les huit mineurs sont là. « Nous ne disposons pas des appareils qui nous permettent de voir à l’intérieur de l’eau. Comme c’est une eau boueuse, nous ne savons pas ce qu’elle contient comme produits chimiques et nous ne pouvons pas non plus plonger à l’aveuglette. Il faut que nous nous assurons d’abord de notre propre sécurité », a-t-il expliqué. Sur le site, des experts en motopompes à la retraite parmi lesquels Babou Bama, ont porté volontairement main forte aux secouristes pour sauver ces travailleurs. Ils sont en train de réviser les anciennes pompes, pour les remettre rapidement en service. M. Bama a confié que c’est la première fois qu’il voit un tel incident sur une mine et il ne pouvait pas rester indifférent.

Huit ans sans sacrifices

Après avoir passé deux heures au sous-sol avec la presse, la ministre en charge de la communication, Valérie Kaboré, a indiqué que les informations qui circulent sur les réseaux sociaux ou relayées par certains médias doivent avoir un fondement. « Avec ce que nous avons pu constater, nous pensons qu’à travers la presse, le public pourra être mieux informé du déroulement des opérations menées dans les galeries », a-t-elle confié. Le député Luc Adolphe Tiao, qui a aussi fait la descente jusqu’au niveau de la strate 580, s’est dit édifié par les efforts déployés par le gouvernement, à travers l’importation du matériel pour la gestion de cet incident. Il a dit repartir réconforté, mais triste de vivre l’angoisse des parents. « Toutes les dispositions nécessaires doivent être prises dans les mines, qu’elles soient souterraines ou à ciel ouvert afin d’éviter de telles catastrophes », a-t-il soutenu. A l’issue de la visite, la délégation gouvernementale a multiplié des actions de concertations avec les chefs de terre de Perkoa, de Sanguié et de Réo, pour l’apaisement des cœurs et le maintien de la cohésion sociale.

Ces chefs ont tous imploré les mânes pour que leurs fils soient retrouvés vivants, parce que certains d’entre eux ont déploré, que cela fait huit ans, qu’aucun sacrifice n’a été fait au niveau de la mine, comme l’exigent les coutumes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le ministre Bassolma Bazié, en descendant dans la galerie, a effectué des rites. Il a fait savoir que si la chambre de refuge des mineurs dispose des mêmes commodités que la première chambre visitée, il y a de l’espoir. A sa demande, un accent particulier a été mis sur une prise en charge psychosociale des parents des victimes et de l’ensemble des travailleurs de la mine. Le ministre des Mines et des Carrières, Jean Alphonse Somé, a précisé que pour le moment, aucune réponse ne peut être donnée, sur l’heure, ni le jour à laquelle la chambre de refuge sera atteinte par les techniciens, parce qu’à son avis, les 7 mètres à atteindre sont des millions de litres d’eau qui restent encore à évacuer. « Si les pompes fonctionnement normalement, dans les 24 heures, nous serons proches du bout du tunnel », a-t-il souhaité.

Afsétou SAWADOGO

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