RDC : Tisser des alliances utiles

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila et son rival, l’ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, ont-ils décidé de regarder dans la même direction ? Les deux hommes ont eu une poignée de main et se sont même donné des accolades à l’occasion de la cérémonie de clôture du Forum de réconciliation des leaders katangais, à Lubumbashi le 22 mai dernier. Ces gestes viennent renouer le contact entre les deux natifs du Katanga après sept ans de brouille. En effet, l’allié de l’ancien président avait démissionné de son parti, pour rejoindre l’opposition avant de se rapprocher de l’actuel chef de l’État, Félix Tskisekedi. L’acte posé par ces deux hommes rivaux suscite moult et une interrogations.

Si ce rapprochement est un grand pas vers la réconciliation entre les ressortissants du Katanga, ce serait du pain béni pour les filles et fils de la région. En effet, les katangais rêvent depuis belle lurette de cette union sacrée pour le développement de leur localité. C’est l’objectif visé par les organisateurs du forum et ils l’ont fait savoir. Cependant, il n’est pas exclu que les frères ennemis aient des agendas cachés en participant à cette rencontre porteur d’espoir pour la région.

Etant des « bêtes politiques », les deux hommes peuvent vouloir saisir la perche dans le but d’engranger des dividendes politiques. A un an de l’élection présidentielle, les prétendants à la magistrature suprême ne laissent guère une occasion leur échapper. En réalité, Joseph Kabila qui a perdu l’élection passée étant au pouvoir, un fait assez rare dans les démocraties africaines, n’a toujours pas digéré cette déconvenue. Il serait prêt à faire des pieds et des mains pour un come-back sur l’échiquier politique en vue de récupérer ce qu’il n’a jamais voulu lâcher. De son côté, M. Katumbi qui nourrit depuis des années l’ambition de déposer ses valises au palais présidentiel a sa stratégie. Et si son souhait devait se réaliser à travers une réconciliation avec son « mentor », il ne cracherait certainement pas sur le morceau. Ne dit-on pas qu’en politique, la fin justifie les moyens ? Les deux acteurs ayant tous deux perdu le pouvoir dont ils jouissaient dans le passé, n’ont véritablement pas le choix en pareille situation que de tisser des alliances utiles pour refaire surface. L’intérêt de la région serait alors le prétexte pour les deux caciques de la politique congolaise de jouer leur survie politique.

Le gros perdant en pareille situation demeure les populations qui assistent souvent impuissantes à ces formes de manœuvres politiques. Elles ont donc intérêt à ouvrir l’œil pour ne pas se laisser se coiffer à tout moment dans le noir par des politiciens qui ne sont mus que par les délices du pouvoir.

Abdoulaye BALBONE

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