Mgr Prosper Kontiébo, évêque de Tenkodogo : « les communautés sont conscientes de leur appartenance à l’église »

Nommé évêque de Tenkodogo le 11 février 2012 et consacré le 2 juin de la même année, Monseigneur Prosper Kontiébo, dans cet entretien, lève un coin du voile sur les acquis et défis de son diocèse qui célèbre le 11 juin prochain son dixième anniversaire.

Sidwaya (S) : Sous quel signe placez-vous la célébration du 10e anniversaire de votre épiscopat et du diocèse de Tenkodogo ?

Prosper Kontiébo (P.K.) : La célébration des dix ans du diocèse de Tenkodogo donne l’occasion aux pasteurs et aux fidèles chrétiens de marquer une pause pour évaluer les acquis, le travail accompli, relever les insuffisances et projeter l’avenir avec les forces nouvelles. Nous retenons comme thème de cette célébration, « Unis dans l’amour et dans l’action de grâce, rendons grâce à Dieu pour ses merveilles durant les dix ans d’existence du diocèse ». L’érection de cette partie de l’église en un diocèse a donné un dynamisme aux communautés chrétiennes en stimulant leur appartenance à l’église et leur engagement pour la croissance de cette église. La famille diocésaine de Tenkodogo a acquis une expérience qui lui permet de parfaire son organisation pour accomplir efficacement sa mission qui est d’annoncer Jésus Christ.

S : Quels sont les acquis engrangés par le diocèse de Tenkodogo en dix ans d’existence ?

P.K. : Il appartient au Seigneur d’apprécier ce qui a été fait sur le plan spirituel. Néanmoins, nous constatons qu’il y a eu un dynamisme dans la foi des fidèles chrétiens. Chaque année, nous enregistrons des baptêmes et des confirmations. Le nombre de fidèles augmente. Au début, nous avions 9 paroisses. Aujourd’hui, elles sont passées à 12. D’ici peu, 2 ou 3 paroisses viendront s’ajouter. Nous n’avions pas d’infrastructures pour nos réunions. Aujourd’hui, nous avons un minimum qui nous permet de nous retrouver pour nous organiser et planifier nos activités. Au niveau de l’éducation, nous avons pu construire d’autres établissements pour prendre en charge des élèves, toutes confessions religieuses confondues. Dans le secteur de la santé, nos investissements ne sont pas encore au point. En plus de notre Centre de santé et de promotion sociale (CSPS), nous sommes en train de construire un centre médical à Garango. Quant au volet social, l’OCADES Caritas fait beaucoup d’efforts en faveur des pauvres et des personnes vulnérables et le Centre Saint-Joseph des malades mentaux errants. Il y a une prise de conscience des communautés que l’église est vraiment leur famille. Elles sont conscientes de leur appartenance à l’église.

S : En quoi va consister cette commémoration ?

P.K. : Le point important, c’est la célébration de la messe d’action de grâce prévue le 11 juin prochain. A côté, nous avons d’autres activités telles que la nuit des chorales, un panel sur la vie et les activités du diocèse, un match de football. S : Quels sont les défis pour les dix prochaines années ? P.K.: Les défis sont nombreux parmi lesquels celui du redimensionnement de la taille des paroisses jugées vastes et peuplées. Il y a également le défi du nombre très réduit des agents pastoraux. Nous ne sommes que 33 pour tout le diocèse. Il nous faut une pastorale vocationnelle pour qu’il y ait un peu plus de vocation sacerdotale et religieuse. Il y a en outre les questions des personnes vulnérables, des malades mentaux et le phénomène de la consommation de la drogue par de nombreux jeunes. Sur ce dernier point, nous envisageons faire quelque chose. Dans ce secteur, nous envisageons investir pour que la population, notamment celle de Cinkansé qui éprouve des difficultés, puisse avoir accès à des soins. Il y a aussi le défi de l’auto-prise en charge. Nous avons une église qui tend toujours la main. Il faut arriver à une autonomie financière pour pouvoir prendre en main la vie de cette église. Je n’oublie pas le défi des centres de formation qu’il faut créer pour un approfondissement de la foi des fidèles chrétiens. Ce centre est en construction pour permettre aux fidèles de se retrouver pour des formations, des retraites. Par ailleurs, il y a le renforcement de la collaboration avec les autres confessions religieuses pour qu’il y ait un cadre de paix, d’acceptation mutuelle parce que nous sommes tous frères.

S : En dépit de la ferveur religieuse, notre pays est confronté à des attaques terroristes. Qu’est-ce qui peut expliquer la haine de l’autre ?

P.K. : Les raisons sont multiples. Pour ma part, il faut que nous retenions que l’homme a été créé par Dieu. Tout homme, quel qu’il soit, est une créature de Dieu. Il faudrait que nous acceptions cette idée. Si Dieu nous a créés, il veut notre bien, le bonheur de l’homme. Il ne nous a pas créés pour que nous nous entretuons. Si nous comprenons cela, chacun va travailler pour accepter l’autre. Chacun va percevoir l’autre non comme un ennemi mais comme un frère tout simplement parce que Dieu est unique pour tous. S : Quel est le message à l’endroit des fidèles ? P.K. : Le message, c’est l’action de grâce au Seigneur pour ses bienfaits. Le deuxième message, c’est que Dieu est amour. Tout homme, quelle que soit sa religion, doit avoir de l’amour dans son cœur. C’est le message fondamental que j’adresse non pas seulement aux fidèles chrétiens mais à tout le monde car Dieu nous aime et il faudrait que nous puissions nous aimer les uns les autres.

Entretien réalisé par

Kossaomanè Anselme KAMBIRE

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