Gestion intégrée des frontières : des gouverneurs et FDS se forment

Le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, à travers le Secrétariat permanent de la Commission nationale des frontières (SP-CNF), organise du 14 au 16 juin 2022 à Koudougou, une session de formation en gestion intégrée des frontières, au profit des gouverneurs et des Forces de défense et de sécurité (FDS).

Le gouverneur du Centre-ouest, Boubakar Nouhoun Traoré : « dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, les gouverneurs et les FDS sont les premiers animateurs au niveau des frontières »

Les gouverneurs des régions et les Forces de défense et de sécurité (FDS) sont à la reconquête et la sécurisation du territoire national. Pour ce faire, ils sont en formation sur la gestion intégrée des frontières, dans la cité du Cavalier rouge du 14 au 16 juin 2022. Ils vont échanger sur l’historique des frontières du Burkina Faso, la stratégie nationale de gestion des frontières et son plan d’actions, la reconnaissance de la ligne frontière sur le terrain, la coopération transfrontalière, la coopération sécuritaire et la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que la gestion des ressources naturelles partagées. Le représentant du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, le gouverneur de la région du Centre-Ouest, Boubakar Nouhoun Traoré, s’est dit convaincu que cet atelier de renforcement de capa-cités pourrait booster le rendement des actions des acteurs sur le terrain.

Il a indiqué que les Etats africains ont hérité de la colonisation, des limites territoriales qui ont été définies, sans tenir compte des réalités socioculturelles du continent et dont la majeur partie n’a pas été matérialisée. C’est ainsi, a t-il souligné, que de la contestation de ces limites territoriales vont naitre des différents conflits frontaliers entre les nouveaux Etats, soucieux de la défense de leur souveraineté nationale et de leur intégrité territoriale. Le Burkina Faso vit cette situation car il partage, selon lui, une frontière longue d’environ 3 615 km avec six pays, tels, le Bénin, la Côte-d’Ivoire, le Niger, le Ghana, le Mali et le Togo. « Ces frontières, dont une partie n’est pas encore matérialisée, ont fait l’objet de contestation à certains endroits, ayant conduit à des conflits avec des pays voisins tels que, le Mali, le Niger et le Bénin », a-t-il confié. Pour le gouverneur Traoré, la quasi-totalité des populations des zones frontalières connaissent des difficultés de cohabitation, occasionnées non seulement par l’insécurité, mais aussi par des conflits liés à la gestion des ressources naturelles partagées au foncier, à l’orpaillage…

Une priorité nationale

Le représentant du ministre en charge de l’administration territoriale a fait savoir que la gestion des frontières est à jamais une question interpellatrice, une priorité nationale pour tous les acteurs, aussi étatiques que non étatiques. Il convient, à l’entendre, que les acteurs frontaliers puissent s’accorder davantage sur un nouveau paradigme de développement des espaces frontaliers afin d’en faire de véritables espaces de paix, de sécurité et de cohabitation pacifique.

Au regard de la situation actuelle que traverse le Burkina Faso, Boubakar Nouhoun Traoré a souhaité que les acteurs s’impliquent dans la gestion des frontières, à travers la promotion et la conduite de projets structurants, dans des zones sensibles et stratégiques du pays. La Secrétaire permanente de la Commission nationale des frontières (SP-CNF), Léontine Zagré, a précisé que sur les 13 régions que comptent le « pays des Hommes intègres’’, 10 sont frontalières et à la suite des changements institutionnels intervenus, de nombreux acteurs sont nouveaux sur le terrain et il est de bon aloi, à son avis, qu’ils soient outillés, pour assurer la représentation de l’Etat au niveau national, en tenant compte des frontières et des relations avec les pays voisins.

Afsétou SAWADOGO

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