Développement du monde rural : les doléances des paysans soumises à la CPF

Pour le représentant de la CPF, Laurent Domboué, les informations recueillies permettront de construire des argumentaires pour une meilleure participation de la CPF aux cadres de dialogue.

La Confédération paysanne du Faso (CPF) a échangé avec les organisations paysannes et celles de la société civile sur leurs préoccupations, le mardi 14 juin 2022, à Bobo-Dioulasso. Ces préoccupations recensées permettront à la CPF de construire des argumentaires solides pour des plaidoyers auprès des décideurs afin d’améliorer les conditions de travail du monde rural.

La Confédération paysanne du Faso (CPF) veut améliorer les conditions de travail du monde paysan et réussir la campagne agricole 2022/2023. C’est dans ce sens qu’elle a entrepris une tournée dans les différentes régions du Burkina Faso afin d’échanger avec les Organisations paysannes (OP) sur leurs différentes préoccupations. A Bobo-Dioulasso, la CPF a échangé avec les paysans venus des Hauts-Bassins, du Mouhoun, du Centre-Ouest, des Cascades et du Sud-Ouest sur l’installation de la campagne agricole et leurs doléances.

Selon les organisations paysannes de ces cinq régions, l’installation de la campagne agricole est « dans l’ensemble satisfaisante » avec cependant quelques poches de sécheresse signalées dans certaines localités. Ces organisations paysannes ont émis certains soucis qu’elles rencontrent en ce début de campagne. Elles portent notamment sur le coût élevé des intrants, la fourniture tardive des intrants subventionnés, l’insuffisance des facteurs de production ou l’insécurité qui menace plusieurs localités.

Face à ces difficultés, les organisations paysannes ont souhaité un accompagnement de l’Etat dans l’acquisition des intrants et du matériel de production en poursuivant la subvention et en l’élargissant à d’autres types de culture. Elles ont aussi demandé un appui pour la culture de contre-saison et des dispositions pour juguler la crise sécuritaire afin de permettre aux paysans d’aller et travailler dans leurs champs sans crainte. Les différents participants à la rencontre ont tous souhaité une bonne pluviométrie pour que la campagne 2022-2023 soit bonne.

Réajuster les interventions

Le directeur provincial de l’agriculture, Eric Pascal Adanabou, a cité les efforts consentis par l’Etat pour un bon déroulement de la campagne dans la région des Hauts-Bassins.

Ces différentes propositions et bien d’autres seront prises en compte par la CPF qui compte mener des plaidoyers auprès des décideurs afin qu’ils en tiennent compte dans leurs politiques et programmes de dévelop-pement du secteur agricole. « Les informations recueillies permettront de construire des argumentaires pour une meilleure participation de la CPF aux cadres de dialogue au niveau local et national », a fait savoir le représentant de la CPF, Laurent Domboué.

Il a expliqué que la tournée d’échanges avec les producteurs s’inscrit dans le cadre du projet « Paysans engagés dans l’évaluation des politiques sectorielles (PEPS) ». Pour le directeur provincial du Houet de l’agriculture, Eric Pascal Adanabou, ces différentes préoccupations vont permettre à la direction régionale de l’agriculture qu’il représente de réajuster ses interventions en cas de besoin pour une réussite de la campagne dans les Hauts-Bassins.

Il a cité les efforts déjà consentis par l’Etat dans ce sens. Il s’agit notamment de la mise à disposition de la région de 5 000 tonnes d’engrais et de 230 tonnes de semences. Le projet « Paysans engagés dans l’évaluation des politiques sectorielles (PEPS), financé par l’Union européenne, est mis en œuvre par la Confédération paysanne du Faso (CPF) et Agriculteurs français et développement international (Afdi).

Il vise à contribuer au renforcement des capacités de coordination, de recevabilité et de dialogue des organisations paysannes burkinabè dans la gouvernance des politiques de développement rural, des politiques sur le foncier, des intrants et des semences. Il vise notamment à améliorer la connaissance des OP/OSC locales sur les politiques agricoles, du local au national, à accroître l’influence des propositions politiques portées par des réseaux d’OP/OSC représentatifs et coordonnés dans les instances de dialogue sur les politiques et ou améliorer la qualité des politiques agricoles en faveur de l’agriculture familiale par une participation et un contrôle accru des OP/OSC auprès des autorités nationales et locales.

Adaman DRABO

Fatoumata Raïssatou TOE (Stagiaire)

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