Economie burkinabè : une croissance économique de 6,7% en 2021, selon le groupe de la Banque africaine de développement

Les perspectives économiques en Afrique 2022 de la BAD traduisent une augmentation du taux de pauvreté à 37,1 % en 2020, contre 36,0 % en 2019. © : Boukary Bonkoungou pour Sidwaya.info. Editions Sidwaya

Les perspectives économiques en Afrique 2022 du Groupe de la BAD montrent une croissance économique pour le Burkina Faso de 6,7% en 2021 contre 1,9% en 2020, malgré l’insécurité.

Sur la base des développements macroéconomiques récents, malgré une situation sécuritaire difficile, la croissance économique du Burkina Faso s’est redressée pour atteindre 6,7 % en 2021 contre 1,9 % en 2020. Du côté de l’offre, elle a été soutenue par le secteur secondaire (+8,2 % en 2021 contre une expansion de 5,8 % en 2020), notamment l’industrie manufacturière et les mines et par le secteur tertiaire (+12,7 % en 2021 contre une contraction de 2,7 % en 2020), en grande partie grâce à l’amélioration des activités d’hébergement-restauration et du commerce.

Le secteur primaire s’est contracté de 6,4 % en 2021, après une croissance de 6,5 % en 2020, en raison de la faiblesse des précipitations et des surfaces cultivées réduites par la situation sécuritaire. Du côté de la demande, la croissance a été tirée par la consommation finale et les exportations nettes. L’inflation a été de 3,9 % en 2021, reflétant la hausse des prix des denrées alimentaires.

Les prêts non performants représentaient 7,8 % de tous les prêts en 2020. Le déficit budgétaire s’est creusé pour atteindre 5,6 % du PIB en 2021, en raison de l’augmentation des dépenses (25,3 % du PIB en 2021 contre 24,3 % en 2020), notamment pour la masse salariale et les dépenses d’investissement, alors que les recettes fiscales (13,5 % du PIB en 2020 et 15,5 % en 2021) restent faibles.

Avec un ratio de dette publique de 51,4 % du PIB en 2021, le Burkina Faso fait face à un risque modéré de surendettement. Le compte courant, habituellement déficitaire, est excédentaire à 3,8 % du PIB en 2020 et 5,2 % en 2021, en raison de la valeur accrue des exportations d’or et de coton.

La COVID-19 a augmenté le taux de pauvreté à 37,1 % en 2020, contre 36,0 % en 2019. L’allocation de Droits de tirage spéciaux (DTS) de 163 millions de dollars a été utilisée principalement pour renforcer le système de santé et soutenir les ménages vulnérables.

Perspectives et risques

Les perspectives de croissance économique devraient être compromises par l’instabilité sociopolitique après le coup d’Etat du 24 janvier 2022 et la dégradation de la situation sécuritaire. L’activité économique devrait ralentir, pour atteindre 5,0 % en 2022 et 5,4 % en 2023. Les principaux moteurs de croissance – le commerce et l’extraction de l’or – devraient soutenir la croissance à court terme.

L’inflation est attendue en hausse à 5,8% en 2022, en lien avec la hausse des prix des produits des céréales et l’impact de la crise russo-ukrainienne sur les prix des produits importés. Le déficit budgétaire devrait rester élevé à 5,9% et 5,1 % du PIB en 2022 et 2023, imputable à l’augmentation des dépenses pour répondre aux défis sécuritaire et humanitaire.

Le ratio d’endettement devrait augmenter à 52,2 % en moyenne sur les deux années (2022–2023), en raison de l’utilisation accrue de titres publics (obligations du Trésor). Le solde du compte courant resterait excédentaire, grâce à la hausse en valeur des exportations d’or et de coton.

Ces prévisions sont exposées à des risques majeurs, notamment un retard dans le rétablissement de l’ordre constitutionnel, une dégradation prononcée de la sécurité, une pression inflationniste, une chute des cours de l’or et du coton, un ralentissement de la croissance mondiale suite au conflit russo-ukrainien et une résurgence de la COVID-19.

Changement climatique et options de politiques publiques

Le Burkina Faso est à 130 sur l’Indice mondial des risques climatiques 2021 et reste très vulnérable aux variations climatiques. Les coûts socio-économiques découlent de la perte de récoltes, de la diminution des rendements agricoles et des ressources en eau et de la dégradation des terres.

Le gouvernement a mis en œuvre son Plan national d’adaptation au changement climatique 2015–2020 et sa CDN 2015–2020. La quantité de carbone séquestré est passée de 1,52 million de tonnes (Mt) en 2018 à 3,9 Mt en 2020 et 149 295 ha de terres dégradées ont été réhabilitées de 2016 à 2020. Le pays a initié une transition énergétique avec le développement de centrales solaires dans le cadre de son initiative « Desert-to-Power ».

Le financement alloué au changement climatique reste cependant faible. Les besoins financiers pour la CDN 2021– 2025 s’élèvent à 4,12 milliards de dollars et seuls 39 % de cette somme ont été acquis. Le pays est en bonne voie pour atteindre l’ODD 13 sur l’action climatique d’ici 2030, car il a déjà réalisé environ 90 % de cet objectif.

Dans l’ensemble, les options à moyen terme impliquent d’augmenter la quantité de carbone séquestré à 10 Mt en 2023, de suivre et d’évaluer la réduction des gaz à effets de serre (GES), d’augmenter la part des énergies renouvelables à 50 % du mix énergétique d’ici 2025 et de mobiliser des fonds verts pour le climat.

Boukary BONKOUNGOU

Source : Perspectives économiques en Afrique 2022 de la BAD

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