Son « imprudence » entraine la mort de son apprenti

A.O., un conducteur, était devant les juges de la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso, le mardi 14 juin 2022. Il était prévenu d’homicide involontaire de son apprenti A.D. .Les faits se déroulent le 17 mai dernier à Bobo-Dioulasso. Ce jour-là, A.O. prend place dans la cabine de son camion-benne chargé d’agrégats de sable. A.D., la victime, s’est arrêtée sur le châssis du véhicule. En cours de route et sous une pluie battante, le châssis se scinde en deux.

La victime est trainée sous le camion-benne et meurt sur le champ. A la barre, le prévenu reconnait sans ambages les faits. « C’est une erreur de ma part », professe-t-il, ajoutant que la victime n’en faisait qu’à sa tête à chaque voyage, en s’arrêtant sur le châssis de la benne. Pour le procureur, il s’agit d’une irresponsabilité de sa part de laisser A.D. sur le châssis même si c’est lui qui le demandait.

Le châssis, a poursuivi le ministère public, même s’il n’était pas scindé en deux, est dangereux avec les secousses. « Effectivement, je devais exiger à ce qu’il monte ou quitte le véhicule », reconnait A.O. Le procureur affirme que le prévenu a manqué de prudence. Au vu des faits, il a requis à son encontre, une peine d’emprisonnement de 12 mois et une amende de 500 000 F CFA, le tout assorti de sursis. Le tribunal l’a suivi dans sa réquisition.


« Je mérite cette sanction »

A.D., cultivateur à Nanou (Boromo), âgé de 24 ans, a comparu le mardi 14 juin 2022 devant la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso. Il était prévenu d’abus de confiance. A.D. et la victime sont des amis. Un jour, le prévenu qui revenait de l’école coranique sollicite le vélomoteur de son ami afin de faire des courses.

Il éteint son portable et disparait avec la moto. Après plusieurs mois d’appels téléphoniques infructueux, la victime arrive à joindre son bourreau. Ce dernier dit être à Bobo-Dioulasso mais lui fait savoir qu’il n’a pas d’argent pour lui envoyer sa moto via les compagnies de transport. Sa victime lui transfère 3 000 F CFA pour le transport de son engin, mais attend en vain sa moto. Devant les juges, le prévenu atteste cette version des faits.

« Je reconnais avoir volé cette moto », déclare-t-il. Pour le procureur, le fait d’avoir sollicité la moto et disparaitre dans la nature constitue des faits d’abus de confiance. Etant un délinquant primaire, le procureur a requis une peine d’emprisonnement de 12 mois et 500 000 F CFA d’amende, le tout ferme.

Pour sa défense, le prévenu dit être d’accord avec cette réquisition car il a fauté. « Je mérite cette sanction ». Reconnu coupable par le tribunal, A.D. a été condamné à 12 mois de prison dont 6 mois ferme et au versement de 500 000 F CFA d’amende assortis de sursis.


Les deux « frères » et les terres familiales

C.S. et K.S. sont deux cousins germains (petits fils d’un même grand-père). Ils étaient face à face devant les juges de la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso, le mardi 14 juin 2022. Dans la relation des faits, il ressort qu’avant le décès de leur grand-père, ce dernier a cédé ses terres au père de C.S. qui, à son tour, a cédé une partie à son petit-frère, le père de K.S. .

Au décès de son géniteur, C.S. ne veut rien comprendre : le champ appartient à son défunt père. Pour une solution paisible, les deux cousins (C.S. et K.S.) portent l’affaire devant le chef du village, sans succès. Le problème est ainsi resté intact jusqu’au 8 mai 2022 où il a failli tourner au vinaigre.

Ce jour-là, en plein travaux dans le champ querellé, K.S. a été pris à partie par son cousin C.S. avec une arme à feu pour occupation illégale de « son » champ. La victime dit avoir eu peur pour sa vie ce jour et c’est pour cela qu’il a assigné son cousin en justice pour répondre des faits de détention illégale d’arme à feu (calibre 12) et de voie de faits.

A la barre, le prévenu reconnait les faits, mais affirme n’avoir jamais menacé, ni frapper son cousin. « Comment vous êtes-vous procuré le fusil ? », interroge le procureur. Le fusil, a-t-il répondu, appartenait à son défunt père, reconnaissant que l’arme n’a aucun document. Pour le procureur du Faso, il n’y avait pas lieu que les deux cousins se trainent en justice pour une histoire de champ que leur ont légué leurs parents.

Devant les juges, le prévenu reconnait avoir mal agi et a promis de ne plus recommencer. Après avoir écouté les différentes parties, le tribunal a reconnu C.S. coupable de détention illégale d’arme à feu et de voie de faits. En répression, il a été condamné en sursis d’exécution, à 12 mois de prison et à une amende de 1 000 000 F CFA.

A l’issue du procès, le procureur a interpelé le prévenu de se concentrer sur ses travaux champêtres et de ne plus se bagarrer avec son cousin. « Si vous revenez à la barre pour les mêmes faits, la sanction sera grave », a prévenu le procureur.


7 ans de prison pour des coups mortels

A.R., âgé de 20 ans, apprenti-chauffeur, a comparu, le mardi 14 juin 2022, devant les juges du TGI de Bobo-Dioulasso, pour répondre des faits de coups mortels. Il lui est reproché d’avoir volontairement donné des coups mortels à la victime à l’aide de bois, le 28 février 2022.

A la barre, pour sa défense, A.R. reconnait partiellement les faits, évoquant une légitime défense. Pour lui, la victime a été la première à donner des coups. « Je n’avais pas l’intention de le frapper. Il a été le premier à me frapper au dos. Moi aussi j’ai répliqué en lui donnant des coups. Et il ne s’est plus réveillé », raconte le prévenu, tout en précisant qu’il n’avait pas l’intention de le tuer.

Selon le seul témoin des faits, le prévenu a été le premier à donner les coups. « Quand il lui a administré le premier coup, la victime a voulu intercepté le bois qui a malheureusement atteint sa tête et il est tombé », a-t-il raconté.

Le procureur a requis à l’encontre de A.R., une peine d’emprisonnement de 84 mois et une amende de 1 000 000 F CFA, le tout ferme, au vu de la gravité des faits, même s’il n’avait pas l’intention de tuer la victime. Le tribunal quant à lui, l’a déclaré coupable des faits de coups mortels et l’a condamné à 84 mois de prison, dont 60 mois ferme et au payement d’une amende de 1 000 000 F CFA assortis de sursis.


« C’est à cause de vous que certains ne font pas confiance à la jeunesse »

M.K., conducteur, avait à sa charge de conduire 780 sacs de sésame à Lomé dans la capitale togolaise. Avant d’arriver à destination, il dissipe 18 sacs en cours de route. « Au cours du voyage, je n’avais pas l’argent pour survivre.

Donc j’ai décidé de vendre des sacs pour nous prendre en charge, mes apprentis et moi », raconte-t-il, devant les juges de la chambre correctionnelle de Bobo-Dioulasso, ce mardi 14 juin 2022. M.K., âgé de 29 ans dit être responsable car ayant vendu les 18 sacs sans une autorisation de son patron.

« J’ai reçu l’argent de la part de mon patron pour effectuer le voyage, mais cela n’était pas suffisant pour survivre jusqu’à Lomé », déclare-t-il. Pour le procureur, en se comportant ainsi, M.K. se rend coupable d’acte d’abus de confiance. « C’est à cause de vous que certains ne font pas confiance à la jeunesse », déplore-t-il. Finalement, il a été condamné à 12 mois de prison assortis de sursis.

Rassemblés par Boudayinga J-M THIENON

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