Léopold Toé, directeur régional de la CNSS/Bobo

Le DR de la CNSS/Bobo, Léopold Yiriko Toé : « la CNSS existe parce qu’il y a des travailleurs. Elle donnera toujours de son mieux pour leur satisfaction ».

L’état du ciné Sanyon de Bobo-Dioulasso qui est une propriété de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), inquiète plus d’un dans la ville de Sya. Dans cette interview, le directeur régional de la CNSS, Léopold Yiriko Toé, revient sur la gestion de l’infrastructure qui est fermée depuis le 2 juin 2020, et sur bien d’autres sujets en lien avec sa direction.

Sidwaya (S) : La CNSS avait repris la gestion du ciné Sanyon qui est fermé depuis près de deux ans. Est-il toujours sous sa coupe ou la CNSS ne s’en occupe plus ? Léopold Yiriko

TOE (L.Y.T.) : Le ciné Sanyon est depuis 2006, la propriété de la CNSS du Burkina Faso qui l’a mis en location pour une exploitation sous forme de gérance. Quand il n’y a pas de preneur, la CNSS le loue occasionnellement à toute personne désireuse à raison de 250 000 F CFA/jour. Malheureusement, depuis le 2 juin 2020, le ciné Sanyon est resté fermé à la suite du dernier contrat résilié, laissant des arriérés de loyers d’eau et d’électricité d’un montant de plus de 10 millions F CFA.

Le dossier a été confié à un huissier de justice pour un recouvrement forcé. L’affaire a trouvé un dénouement. Cependant, vous imaginez aisément qu’un tel bâtiment resté fermé durant deux ans va évidemment se dégrader. La CNSS est à pied d’œuvre pour le mettre en état de service. Le ciné Sanyon sera très bientôt opérationnel, s’il plait à Dieu.

S : La CNSS a construit une cité à la zone SONATUR au secteur 30 de Bobo-Dioulasso à côté de Bobo 2010. La population n’avait pas trop souscrit à ce projet parce qu’elle avait trouvé le coût des maisons élevé. Quelle est la situation actuellement ?

L.Y.T. : A l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso célébrée à Bobo Dioulasso, la CNSS a érigé 150 bâtiments de type F2 (2 chambres-salon) dans la ville de Sya dont 100 villas au secteur 18 (Kuinima) et 50 villas au secteur 30 (Bobo 2010). Ces bâtiments ont fait l’objet d’offre de vente par appel public. Toutes les villas ont été vendues et sont maintenant occupées au grand bonheur des acquéreurs.

S : La CNSS dispose d’un bâtiment construit depuis plusieurs années à Sakabi à Bobo-Dioulasso, mais il reste toujours inoccupé. A quoi va-t-il servir ?

L.Y.T. : C’est dans le souci d’être encore plus proche des assurés que la CNSS a ouvert deux agences dans la ville de Bobo-Dioulasso dont l’une fonctionnelle à Sarfalao. Celle de Sakabi n’est pas encore fonctionnelle et le sera incessamment.

S : La Côte d’ivoire et le Burkina Faso avaient signé des accords pour que les travailleurs burkinabè ayant cotisé dans les structures similaires en Côte d’Ivoire puissent percevoir leurs pensions au Burkina Faso pendant leur retraite. Comment se porte ce projet ?

L.Y.T. : La convention entre la côte d’Ivoire et le Burkina Faso se porte bien. Pour votre gouverne, la CNSS entretient des liens de coopération avec la plupart des pays de la sous-région. Il s’agit du Mali, du Togo, du Bénin, du Niger, du Sénégal, du Gabon et bien sûr de la Côte d’Ivoire. Avec ces pays, le Burkina Faso a signé des conventions de sécurité sociale (convention de coordination et des accords de paiement) qui permettent aux assurés de toucher leurs pensions, même quand ils se déplacent dans l’un des pays partenaires. La convention de coordination permet à l’assuré qui a travaillé dans deux ou plusieurs pays, de cumuler ses périodes de cotisations en vue de bénéficier d’une pension.

Quant à l’accord de paiement, il permet au pensionné ou au rentier de conserver et de bénéficier de son droit, lors du changement de lieu de résidence (pays). Les relations sont plus accentuées avec la Côte d’Ivoire (CGRAE et CNPS-CI) du fait du nombre de Burkinabè qui y vivent, y travaillent et y prennent leur retraite. Comme toute œuvre humaine, il y a cependant quelques petites difficultés liées au non dépôt à temps, des pièces de maintien de droit telles que le certificat de vie, le certificat de non remariage, les certificats de scolarité.

Ces pièces produites par les assurés annuellement, concourent au maintien de leur droit à la pension. Quand ces pièces ne sont pas produites, la pension est suspendue par les caisses partenaires. Dans ce cas, l’assuré est tenu de déposer la pièce concernée accompagnée d’une réclamation que nous transmettons à la caisse sœur pour traitement et régularisation. Cela est très ennuyeux tant pour la CNSS que pour l’assuré car celui-ci vit de cette pension et doit attendre dans ce cas plusieurs mois avant de rentrer en possession de sa prestation.

S : Des sensibilisations avaient été menées à l’endroit des professions libérales pour qu’elles cotisent à la CNSS afin de préparer leurs vieux jours. Ont-ils adhéré à cette initiative ?

L.Y.T. : L’assurance volontaire est un produit de la CNSS. Elle concerne toute personne physique exerçant une activité professionnelle et qui n’est pas affiliée à la CNSS ou à la CARFO, toute personne ayant été affiliée à la CNSS au moins six (06) mois et ayant cessé de l’être, tout citoyen non couvert par le régime de sécurité sociale et pouvant justifier d’un revenu, qu’il réside ou non sur le territoire national.

Il permet à ces personnes de bénéficier d’une allocation ou d’une pension de vieillesse sur la base d’une souscription respectée. Oui, il y a eu assez d’adhésion, à ce jour et ce depuis 2006 on a pu enregistrer environ 20.677. Parmi eux, il y en a qui ont commencé à bénéficier d’une pension de retraite. Mais force est de reconnaitre l’insuffisance des adhésions sachant que moins de 10% de la population burkinabè est concernée par l’assurance obligatoire. La CNSS mène continuellement des actions pour amener des travailleurs indépendants à souscrire à cette assurance volontaire.

Interview réalisée par Adaman DRABO

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