{"id":1064,"date":"2022-02-02T23:22:16","date_gmt":"2022-02-02T23:22:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=1064"},"modified":"2022-02-02T23:22:16","modified_gmt":"2022-02-02T23:22:16","slug":"proces-thomas-sankara-blaise-souffrait-de-la-sankarite-selon-me-nzepa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2022\/02\/02\/proces-thomas-sankara-blaise-souffrait-de-la-sankarite-selon-me-nzepa\/","title":{"rendered":"Proc\u00e8s Thomas : Sankara Blaise souffrait de la \u2018\u2019sankarite\u2019\u2019,  selon Me N\u2019Zepa"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&rsquo;audience du proc\u00e8s de l&rsquo;assassinat de Thomas Sankara et ses douze compagnons a repris, le mercredi 2 f\u00e9vrier 2022, \u00e0 Ouagadougou, devant la Chambre de premi\u00e8re instance du Tribunal militaire d\u00e9localis\u00e9 dans la salle des banquets de Ouaga 2000 avec le d\u00e9but des plaidoiries des avocats des parties civiles.<\/strong><\/p>\n<p>Le proc\u00e8s de l\u2019assassinat de Thomas Sankara et ses douze compagnons est entr\u00e9 dans une phase \u2018\u2019 d\u00e9cisive\u2019\u2019 avec le d\u00e9but des plaidoiries des avocats des parties civiles, le mercredi 2 f\u00e9vrier 2022, \u00e0 Ouagadougou, devant la Chambre de premi\u00e8re instance du Tribunal militaire. Me Ferdinand N\u2019Zepa a \u00e9t\u00e9 le premier avocat \u00e0 entamer les plaidoiries.<\/p>\n<p>A l\u2019en croire, le moment est venu de connaitre la v\u00e9rit\u00e9, de savoir ce qui s\u2019est r\u00e9ellement pass\u00e9, le 15 octobre 1987, d\u2019apaiser les c\u0153urs des familles des victimes et leur permettre de faire leur deuil. \u00ab Nous attendons tous la v\u00e9rit\u00e9. Cette v\u00e9rit\u00e9 tant attendue ne sera pas parfaite, car le temps s\u2019est \u00e9coul\u00e9. La v\u00e9rit\u00e9 tant recherch\u00e9e est \u00e9galement celle d\u2019un dossier avec des accus\u00e9s et des t\u00e9moins qui ont racont\u00e9 du n\u2019importe-quoi croyant que le mensonge peut les aider \u00e0 se disculper \u00bb, a-t-il indiqu\u00e9.<\/p>\n<p>Il a cependant regrett\u00e9 l\u2019absence de deux acteurs majeurs du dossier. Le premier, a-t-il cit\u00e9, est Hyacinthe Kafando, consid\u00e9r\u00e9 comme le cerveau du commando. Le deuxi\u00e8me est Blaise Compaor\u00e9 qui, a-t-il soutenu, au soir de sa vie, aurait pu venir dire sa part de v\u00e9rit\u00e9, affronter les regards des familles des victimes et leur demander pardon. Au lieu de saisir cette opportunit\u00e9, a-t-il fait savoir, il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 prendre la poudre d\u2019escampette. Me N\u2019Zepa est revenu sur les faits du 15 octobre en expliquant que ce jour-l\u00e0, le Pr\u00e9sident du Faso (PF) a convoqu\u00e9 une r\u00e9union pour pr\u00e9parer une autre pr\u00e9vue \u00e0 20h au cours de laquelle d\u2019importantes d\u00e9cisions devaient \u00eatre prises.<\/p>\n<p>Les participants \u00e0 cette r\u00e9union \u00e9taient au nombre de sept. Arriv\u00e9 pour la r\u00e9union, Laurent Ilboudo a accompagn\u00e9 Sankara dans la salle et celui-ci s\u2019est install\u00e9. A peine qu\u2019il a commenc\u00e9 la r\u00e9union en donnant la parole \u00e0 Alouna Traor\u00e9 que des tirs ont \u00e9clat\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<h3>Walilaye Ou\u00e9draogo, la premi\u00e8re victime<\/h3>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments de ce commando, a-t-il laiss\u00e9 entendre, sont venus du domicile de Blaise Compaor\u00e9 \u00e0 bord de deux v\u00e9hicules (une Peugeot 504 et une Galante rouge). La 504 appartenant \u00e0 Blaise Compaor\u00e9 \u00e9tait conduite par son chauffeur personnel, Amadou Path\u00e9 Ma\u00efga avec des \u00e9l\u00e9ments comme Azourma Ou\u00e9draogo dit Otis et Nabi\u00e9 N\u2019Soni.<\/p>\n<p>Yamba Elis\u00e9e Ilboudo conduisait la Galante rouge avec \u00e0 bord Hyacinthe Kafando \u00e0 l\u2019avant et derri\u00e8re Idrissa Sawadogo, Wampasba Nacoulma et Nabonswend\u00e9 Ou\u00e9draogo. Bossob\u00e9 Traor\u00e9 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sur les lieux. Une fois au Conseil de l\u2019Entente, le sergent Kafando est mont\u00e9 au pied-\u00e0-terre de Blaise Compaor\u00e9 avant de redescendre et crier : \u00ab Montez !\u00bb. Embarqu\u00e9s, les \u00e9l\u00e9ments du commando se sont dirig\u00e9s vers la salle de r\u00e9union.<\/p>\n<p>La 504 a contourn\u00e9 le b\u00e2timent par le c\u00f4t\u00e9 sud. Walilaye Ou\u00e9draogo est la premi\u00e8re victime. Otis a tir\u00e9 sur Der Somda, puis sur Abdoulaye Gouem qui tentait de s\u2019enfuir. Hyacinthe Kafando, Nabi\u00e9 N\u2019Soni et Amadou Path\u00e9 Ma\u00efga ont tir\u00e9 sur le pr\u00e9sident Thomas Sankara qui est sorti aux cris des : \u00ab Sortez, sortez \u00bb. Celui-ci est tomb\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 gauche.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration termin\u00e9e, a expliqu\u00e9 l\u2019avocat, Ma\u00efga a repris son v\u00e9hicule en allant chercher son patron. A l\u2019entendre, au m\u00eame moment o\u00f9 les tirs ont \u00e9clat\u00e9 au Conseil, une \u00e9quipe \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019Escadron de transport et d\u2019intervention rapide (ETIR) et une autre \u00e0 la Force d\u2019intervention du minist\u00e8re de l\u2019Administration territoriale et de la S\u00e9curit\u00e9 (FIMATS).<\/p>\n<p>Une d\u00e9claration est lue quelques heures plus tard par le lieutenant Oumar Traor\u00e9 et sign\u00e9e par Blaise Compaor\u00e9. Dans la nuit, le r\u00e9gisseur de la Maison d\u2019arr\u00eat et de correction de Ouagadougou (MACO), le sergent Karim Tapsoba, a fait enlever les corps et proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 leur enterrement avec l\u2019aide des d\u00e9tenus. Le forfait commis en tuant 13 personnes, il fallait s\u2019expliquer et l\u2019ambassadeur de France \u00e0 Ouagadougou est contact\u00e9.<\/p>\n<p>Celui-ci a rendu compte \u00e0 Paris en disant que Sankara a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 dans l\u2019explosion d\u2019une grenade. Une rencontre est ensuite convoqu\u00e9e avec le corps diplomatique et ce fut le capitaine-m\u00e9decin Ars\u00e8ne Bognessan Y\u00e9, alors directeur central des services de sant\u00e9 des arm\u00e9es, qui s\u2019est pr\u00eat\u00e9 \u00e0 l\u2019exercice d\u2019explication.<\/p>\n<p>Face aux diplomates, selon Me Ferdinand N\u2019Zepa, il s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 comme le porte-parole du Front populaire et en m\u00eame temps de son pr\u00e9sident. Le capitaine Y\u00e9 a expliqu\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion qu\u2019il y avait des tensions entre Sankara et Compaor\u00e9 et qu\u2019une purge se pr\u00e9parait \u00e0 20h et visait le n\u00b02 de la R\u00e9volution et d\u2019autres camarades. Ne voulant pas d\u2019affrontements, a-t-il poursuivi, Blaise Compaor\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019arrestation de Sankara qui a mal tourn\u00e9.<\/p>\n<p>Des d\u00e9l\u00e9gations ont \u00e9t\u00e9 enfin envoy\u00e9es \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et des versions telles qu\u2019 \u00ab une dispute entre des commandos de P\u00f4 et la garde rapproch\u00e9e de Sankara avec son apparition soudaine \u00bb, \u00ab la main lev\u00e9e de Gilbert Diend\u00e9r\u00e9 ayant fait croire \u00e0 une attaque \u00bb, \u00ab le complot de 20h, une fusillade avec des tirs du PF qui ont atteint un gendarme \u00bb\u2026ont \u00e9t\u00e9 des arguments servis.<\/p>\n<h3>Des soutiens ext\u00e9rieurs et int\u00e9rieurs<\/h3>\n<p>De l\u2019avis de l\u2019avocat, pour assassiner Thomas Sankara, Blaise Compaor\u00e9 avait l\u2019assurance du soutien d\u2019un certain nombre de pays parmi lesquels la France, la C\u00f4te d\u2019Ivoire et la Libye. A l\u2019int\u00e9rieur, il pouvait compter sur l\u2019arm\u00e9e avec l\u2019appui notamment de Diend\u00e9r\u00e9 et Jean-Pierre Palm, les milieux traditionnels et religieux, les partis politiques comme l\u2019Union des communistes burkinab\u00e8 (UCB) de Watamou Lamien et le Groupe communiste burkinab\u00e8 (GCB) de Jean Marc Palm et Salif Diallo.<\/p>\n<p>Par rapport aux mobiles de l\u2019assassinat du p\u00e8re de la R\u00e9volution burkinab\u00e8, Me N\u2019Zepa a estim\u00e9 que la divergence politique et id\u00e9ologique \u00e9voqu\u00e9e \u00e9tait une fumisterie servie pour justifier le forfait, car Blaise Compaor\u00e9 voulait prendre le pouvoir depuis mai 1983. \u00ab Ce qui importait \u00e0 Blaise Compaor\u00e9 \u00e9tait d\u2019\u00eatre num\u00e9ro un \u00e0 la place du num\u00e9ro un. Je pense qu\u2019il a beaucoup souffert. Il souffrait d\u2019une maladie que j\u2019appelle \u00a0la \u2018\u2019sankarite\u2019\u2019, le fait d\u2019avoir du complexe vis-\u00e0-vis du charisme de Thomas Sankara.<\/p>\n<p>Et je pense que toute sa vie, il n\u2019a pas support\u00e9 de voir que Sankara \u00e9tait particuli\u00e8rement brillant. Il ne supportait pas d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019ombre de ce personnage. Il a trouv\u00e9 tous les pr\u00e9textes pour parvenir \u00e0 ses fins \u00bb, a-t-il soutenu. Apr\u00e8s Me Ferdinand N\u2019Zepa, Me Anta Guiss\u00e9, Me Ambroise Farama et Me Olivier Badolo ont expliqu\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments constitutifs pour lesquels les accus\u00e9s sont poursuivis. Ces faits sont : attentat \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019Etat, assassinat, recel de cadavres, faux en \u00e9criture publique, subornation de t\u00e9moin, complicit\u00e9 d\u2019attentat \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019Etat ou assassinat.<\/p>\n<p>Aux dires de Me Farama, il y a une consigne qui veut en droit que personne ne puisse \u00eatre condamn\u00e9 pour une infraction si celle-ci n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement \u00e9tablie par la loi. Pour cela, a-t-il dit, il faudrait n\u00e9cessairement qu\u2019au moment de l\u2019infraction il y ait une loi qui pr\u00e9voit et qui r\u00e9prime les faits pr\u00e9cis. \u00ab Les faits ayant \u00e9t\u00e9 commis en 1987 pour la plupart, il fallait aller rechercher des dispositions p\u00e9nales applicables \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il s\u2019agit du Code p\u00e9nal fran\u00e7ais de 1810 qui avait \u00e9t\u00e9 rendu applicable sur les territoires d\u2019outre-mer qui \u00e9tait toujours applicable en 1987 au Burkina Faso. Il fallait aller rechercher dans ces anciens textes pour retrouver en ce qui concerne chaque infraction les \u00e9l\u00e9ments qui doivent \u00eatre r\u00e9unis pour qu\u2019on puisse dire si l\u2019infraction a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie ou pas \u00bb, a-t-il pr\u00e9cis\u00e9.<\/p>\n<h3>Trois \u00e9l\u00e9ments essentiels<\/h3>\n<p>A l\u2019\u00e9couter, il y a en g\u00e9n\u00e9ral, trois \u00e9l\u00e9ments essentiels : l\u2019\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel de l\u2019infraction, l\u2019intention coupable avec la consommation de l\u2019infraction et la sanction pr\u00e9vue pour chaque infraction. \u00ab Nous avons essay\u00e9 au cours de cette premi\u00e8re journ\u00e9e, de d\u00e9finir le cadre juridique, de d\u00e9gager toutes les probl\u00e9matiques de droit. Nous avons termin\u00e9 par comment se fait la collecte des preuves \u00bb, a-t-il soulign\u00e9. Suspendue, l\u2019audience du proc\u00e8s de Thomas Sankara et ses douze compagnons reprend aujourd\u2019hui jeudi 3 f\u00e9vrier 2022 avec la suite des plaidoiries des avocats des parties civiles. A en croire Me Ambroise Farama, les avocats vont revenir sur les faits pour d\u00e9montrer le r\u00f4le jou\u00e9 par chaque accus\u00e9 lors du coup d\u2019Etat du 15 octobre 1987.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Timoth\u00e9e SOME<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">timothesom@yahoo.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;audience du proc\u00e8s de l&rsquo;assassinat de Thomas Sankara et ses douze compagnons a repris, le mercredi 2 f\u00e9vrier 2022, \u00e0 Ouagadougou, devant la Chambre de premi\u00e8re instance du Tribunal militaire d\u00e9localis\u00e9 dans la salle des banquets de Ouaga 2000 avec le d\u00e9but des plaidoiries des avocats des parties civiles. 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