{"id":1228,"date":"2022-05-04T09:33:02","date_gmt":"2022-05-04T09:33:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=1228"},"modified":"2022-05-04T09:33:02","modified_gmt":"2022-05-04T09:33:02","slug":"acces-des-producteurs-aux-credits-bancaires-entre-satisfaction-et-grincements-de-dents","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2022\/05\/04\/acces-des-producteurs-aux-credits-bancaires-entre-satisfaction-et-grincements-de-dents\/","title":{"rendered":"Acc\u00e8s des producteurs aux cr\u00e9dits bancaires: Entre satisfaction et grincements de dents"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les agriculteurs burkinab\u00e8 peinent toujours \u00e0 sortir la t\u00eate de l\u2019eau en mati\u00e8re d\u2019acc\u00e8s aux cr\u00e9dits agricoles. En dehors des intrants subventionn\u00e9s de l\u2019Etat qui leur sont vendus \u00e0 des prix relativement abordables, ils sont confront\u00e9s \u00e0 l\u2019absence de sources de financement de leurs activit\u00e9s. Pour inverser la tendance, les autorit\u00e9s ont cr\u00e9\u00e9 en 2019 la Banque agricole du Faso (BADF). Cependant, les cr\u00e9dits offerts par cette banque suscitent \u00e0 la fois admiration et grincements de dents. Immersion dans le financement des projets agricoles dans les Hauts-Bassins, l\u2019une des grandes zones de production agricole au Burkina Faso.<\/strong><\/p>\n<p>Aliz\u00e8ta Rouamba\/Kabor\u00e9 est une entrepreneure agricole bas\u00e9e \u00e0 Kouremangafesso, localit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 plus de 40 km de Bobo-Dioulasso dans la commune rurale de Karangasso-Vigu\u00e9. Dans sa ferme de 20 ha, sont produits le ma\u00efs, l\u2019arachide et le soja. Cette jeune dame, ambitieuse et courageuse, allie l\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage. De l\u2019aviculture \u00e0 l\u2019apiculture en passant par l\u2019\u00e9levage de petits ruminants, elle s\u2019accroche \u00e0 toutes sortes d\u2019activit\u00e9s. Mme Rouamba produit aussi la fumure organique, composant essentiel dans la fertilisation des sols. Ces investissements, elle les a r\u00e9alis\u00e9s sur fonds propres. En qu\u00eate de financement pour moderniser davantage son exploitation, elle a accueilli avec enthousiasme l\u2019av\u00e8nement de la Banque agricole du Faso (BADF). Aujourd\u2019hui, l\u2019id\u00e9e d\u2019aller emprunter dans cette banque a effleur\u00e9 son esprit. Gr\u00e2ce \u00e0 son ardeur au travail, Aliz\u00e8ta Rouamba a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue pr\u00e9sidente de la Soci\u00e9t\u00e9 de coop\u00e9rative des femmes entrepreneures de Kouremangafesso, forte de 160 membres. Cette coop\u00e9rative qui exploite une superficie totale de 216 ha, a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 par deux fois, de l\u2019accompagnement de la BADF. La premi\u00e8re, c\u2019\u00e9tait en 2021 o\u00f9 elle a obtenu un pr\u00eat de 29 millions F CFA. Apr\u00e8s l\u2019avoir sold\u00e9 durant la m\u00eame ann\u00e9e, elle contracte un deuxi\u00e8me pr\u00eat d\u2019un montant de 4 millions FCFA remboursable en trois ans, au taux de 9%. Ce pr\u00eat destin\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9quipement a permis \u00e0 la coop\u00e9rative de s\u2019acheter une batteuse multifonctionnelle. Des explications de la pr\u00e9sidente de la coop\u00e9rative, un partenaire a pris en charge la moiti\u00e9 des frais.L\u2019appui dont b\u00e9n\u00e9ficie cette coop\u00e9rative n\u2019est pas un cas isol\u00e9 dans la r\u00e9gion des Hauts-Bassins. Depuis son ouverture en 2019, la Banque agricole du Faso (BADF) ne cesse d\u2019accompagner aussi bien les particuliers que les entreprises agricoles et les coop\u00e9ratives. Rokia Barro, transformatrice de produits locaux \u00e0 Orodara, a contract\u00e9 un cr\u00e9dit de 10 millions F CFA en 2021 \u00e0 la BADF.Un pr\u00eat remboursable en 12 mois au taux de 13,5%, a servi \u00e0 relancer ses activit\u00e9s. Elle devrait apporter, en guise de garantie, un Permis urbain d\u2019habiter (PUB). Avec l\u2019appui de la Soci\u00e9t\u00e9 de construction et de gestion immobili\u00e8re du Burkina (SOCOGIB), elle a pu satisfaire \u00e0 cette condition. L\u2019entreprise Barro propose une gamme vari\u00e9e de produits compos\u00e9s d\u2019huile de s\u00e9same, de la farine infantile Misola pour b\u00e9b\u00e9s\u00a0 de 6 \u00e0 24 mois, de fonio et de la farine de ma\u00efs. Comme elle, Abdoulaye Sawadogo, Pr\u00e9sident-directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019entreprise Neema agricole du Faso (NAFASO), a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un pr\u00eat de 1,2 milliard F CFA aupr\u00e8s de la m\u00eame banque pour investir dans l\u2019agriculture. A ses dires, une partie de cette somme sera utilis\u00e9e pour financer la production des semences de la pomme de terre et l\u2019autre servira \u00e0 la construction d\u2019une chambre froide. Ce magasin qui aura une capacit\u00e9 de 5 000 tonnes est destin\u00e9 \u00e0 la conservation de la production. L\u2019entrepreneur agricole entend donc relever un gros d\u00e9fi en rendant disponibles les semences \u00e0 la satisfaction des producteurs. Pour M. Sawadogo, le projet vise \u00e0 assurer au Burkina, une autonomie totale en semences de pomme de terre. Il soutient que son projet est parti d\u2019un constat. Le march\u00e9 national, fait-il remarquer, est inond\u00e9 de pomme de terre import\u00e9e parce que le Burkina ne produit pas lui-m\u00eame les semences. A en croire M. Sawadogo, ce sont ceux qui nous vendent la pomme de terre qui nous fournissent en m\u00eame temps les semences. \u00ab\u00a0Vous comprenez pourquoi le kilo de la pomme de terre co\u00fbte cher sur le march\u00e9 (entre 500 et 800 F CFA)\u00bb, d\u00e9nonce-t-il. Avec ce projet, M. Sawadogo veut donner la chance aux producteurs nationaux de profiter non seulement des meilleurs prix du march\u00e9 mais aussi de s\u2019abstenir de brader leurs r\u00e9coltes (200 \u00e0 300 F CFA\/kg).<\/p>\n<p><strong>Des pr\u00eats \u00e0 probl\u00e8mes<\/strong><\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1231\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2022\/05\/04\/acces-des-producteurs-aux-credits-bancaires-entre-satisfaction-et-grincements-de-dents\/1-38\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/1.jpg?fit=900%2C600&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"900,600\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;4.5&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D7200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;?????????&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1645441839&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;45&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;250&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.125&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"1\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/1.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/1.jpg?fit=696%2C464&amp;ssl=1\" class=\"alignnone wp-image-1231 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/1.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"464\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/1.jpg?w=900&amp;ssl=1 900w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/1.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/1.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/1.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><\/p>\n<p>Les produits propos\u00e9s par l\u2019entreprise Barro sont pris\u00e9s par la population. C\u2019est qui l\u2019a d\u2019ailleurs convaincu \u00e0 contracter le pr\u00eat en banque afin d\u2019augmenter sa capacit\u00e9 de production. Contre toute attente, la machine commerciale se grippe. L\u2019entreprise est confront\u00e9e \u00e0 la m\u00e9vente de ses produits. Les stocks s\u2019empilent dans son magasin. Une situation que Mme Barro impute \u00e0 la d\u00e9gradation de la situation s\u00e9curitaire. Selon elle, elle n\u2019arrive plus \u00e0 livrer ses marchandises dans les villages \u00e0 cause des nombreuses incursions terroristes. \u00ab\u00a0Au moment o\u00f9 je prenais le pr\u00eat, il n\u2019y avait pas la mont\u00e9e du terrorisme. Je parcourais les villages pour \u00e9couler mes produits. De nos jours, ce n\u2019est plus le cas\u00a0\u00bb, mart\u00e8le-t-elle. L\u2019entreprise Barro est actuellement dans l\u2019impasse. Elle n\u2019a pas pu honorer ses engagements vis-\u00e0-vis de la banque. Rokia Barro s\u2019est vu obliger de n\u00e9gocier un nouveau d\u00e9lai de remboursement de son cr\u00e9dit \u00e0 raison de 1 300 000 F CFA par mois. Assise dans la tristesse, Mme Barro compte sur la providence divine pour relever ce d\u00e9fi. Des producteurs avis\u00e9s n\u2019ont pas voulu compromettre leur avenir en s\u2019endettant aveugl\u00e9ment. Bien que son dossier soit pass\u00e9, Abdoulaye Sawadogo a renonc\u00e9 \u00e0 son cr\u00e9dit au regard de la d\u00e9gradation de la situation s\u00e9curitaire qui pr\u00e9vaut dans sa zone d\u2019investissement. \u00ab\u00a0Avec l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 que traverse le Nord du Burkina, nous avons demand\u00e9 \u00e0 la banque de surseoir au virement des fonds dans notre compte\u00a0\u00bb, atteste-t-il. Par ailleurs, les produits propos\u00e9s par la BADF ne sont pas de nature \u00e0 app\u00e2ter tous les producteurs. Mazouma Sanou, productrice et animatrice \u00e0 l\u2019Union provinciale des professionnels agricoles du Houet (UPPA), estime que les conditions ne sont pas diff\u00e9rentes de celles des banques classiques. Elle reconna\u00eet n\u00e9anmoins que l\u2019union a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un pr\u00eat de 4 millions F CFA \u00e0 la BADF pour acqu\u00e9rir une \u00e9greneuse. Cependant, Mme Sanou reproche \u00e0 la banque le montant \u00e9lev\u00e9 des frais de tenue de compte qui tournent autour de 2 900 F CFA contre z\u00e9ro F CFA dans d\u2019autres banques. \u00ab\u00a0On a expos\u00e9 cette pr\u00e9occupation aux responsables de la banque et ils ont dit que sans ces frais, il serait difficile \u00e0 la banque de tenir pour le moment\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve-t-elle. Et aussi, poursuit-elle, le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de 18% applicable au pr\u00eat destin\u00e9 \u00e0 l\u2019acquisition des intrants est \u00e9lev\u00e9. \u00ab\u00a0C\u2019est ce qui m\u2019a dissuad\u00e9e \u00e0 aller vers cette banque. Avec ce taux, c\u2019est pour aller me noyer\u00a0\u00bb, se d\u00e9sole Mazouma Sanou. C\u2019est finalement dans une autre banque qu\u2019elle a obtenu un cr\u00e9dit de 600\u00a0000 FCFA. \u00ab\u00a0Il faut que la BADF sache pourquoi elle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e\u00a0\u00bb, avertit-elle<strong>.<\/strong><\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1229\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2022\/05\/04\/acces-des-producteurs-aux-credits-bancaires-entre-satisfaction-et-grincements-de-dents\/2-17\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?fit=900%2C674&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"900,674\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?fit=696%2C521&amp;ssl=1\" class=\"alignnone wp-image-1229 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?resize=696%2C521&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"521\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?w=900&amp;ssl=1 900w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?resize=768%2C575&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?resize=696%2C521&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?resize=561%2C420&amp;ssl=1 561w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/05\/2.jpg?resize=265%2C198&amp;ssl=1 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><\/p>\n<p><strong>Des producteurs satisfaits<\/strong><\/p>\n<p>Les producteurs de la r\u00e9gion des Hauts-Bassins se sont r\u00e9jouis de la cr\u00e9ation de la Banque agricole. Entrepreneur agricole r\u00e9sidant dans la commune rurale de Karangasso-Sambla, Bakary Traor\u00e9 n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 prendre un double pr\u00eat dont un \u00e0 travers la coop\u00e9rative \u00ab\u00a0B\u00e8gnongot\u00e8\u00a0\u00bb pour l\u2019achat d\u2019intrants d\u2019un montant de 1,5 million F CFA et l\u2019autre \u00e0 titre individuel pour l\u2019acquisition d\u2019une batteuse multifonctionnelle munie d\u2019un tricycle, \u00e0 hauteur de 4 millions F CFA. \u00ab\u00a0Le projet AGRA a pris en charge 50% des frais et les 50% restants correspondent au montant de mon cr\u00e9dit \u00e0 la BADF\u00a0\u00bb, d\u00e9taille-t-il. Avec une ferme de plus de 20 ha, Bakary Traor\u00e9 cultive du coton (15 ha), du ma\u00efs (7 ha), du s\u00e9same (2 ha) et une portion r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la production mara\u00eech\u00e8re. En dehors de la SOFITEX qui les appuie avec les intrants subventionn\u00e9s de l\u2019Etat, les membres de sa coop\u00e9rative n\u2019avaient aucun autre moyen de financer leur production. De nos jours, pense-t-il, ils se sentent soulag\u00e9s car ils peuvent s\u2019offrir des intrants aussi bien pour la culture du coton que pour le ma\u00efs. \u00ab\u00a0La BADF paie le fournisseur et ce dernier nous livre les intrants\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Malgr\u00e9 tout, nombreux sont les producteurs qui ne disposent pas d\u2019informations fiables sur les conditions de financement de leurs projets en banque. Sont de ceux-l\u00e0, Moussa Sanou et Bazou Sanou, respectivement producteurs de coton \u00e0 Y\u00e9gu\u00e9r\u00e9sso et \u00e0 Nianmadougou. Avec la Soci\u00e9t\u00e9 nationale des fibres et textiles (SOFITEX), ils ont les intrants uniquement pour la culture du coton. Mais \u00e9tant de gros producteurs de ma\u00efs, ce geste s\u2019av\u00e8re insuffisant. \u00ab\u00a0Comme je prenais les intrants avec la SOFITEX, je n\u2019avais jamais imagin\u00e9 qu\u2019une banque accepterait de me financer\u00a0\u00bb, confesse Moussa Sanou.<\/p>\n<p><strong>La garantie, une n\u00e9cessit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La question de la garantie en banque reste toujours pos\u00e9e. Les demandeurs de cr\u00e9dit sont m\u00eame \u00e9tonn\u00e9s quand on leur demande d\u2019apporter une garantie. \u00ab\u00a0On exige une garantie financi\u00e8re \u00e0 titre de participation et cette garantie financi\u00e8re peut aller de 10 \u00e0 30% maximum du montant de la sollicitation\u00a0\u00bb, souligne Dominique Sansara, chef d\u2019agence de la BADF\/Bobo-Dioulasso. A la coop\u00e9rative des entrepreneurs agricoles de Kouremangafesso, c\u2019est avec un pincement au c\u0153ur que la pr\u00e9sidente Aliz\u00e8ta Kabor\u00e9 aborde le sujet. \u00abNous sommes une soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative et notre capital est consid\u00e9r\u00e9 d\u00e9j\u00e0 comme une garantie\u00a0\u00bb, estime-t-elle. La BADF veut toujours avoir la preuve que le demandeur de pr\u00eat a quelqu\u2019un qui va, \u00e0 la fin des r\u00e9coltes, acheter sa production. De ce fait, Dominique Sansara conseille aux producteurs de nouer des partenariats avec les acheteurs, les fournisseurs et la banque \u00e0 travers des contrats tripartites ou multipartites<strong>. <\/strong>\u00ab\u00a0La banque r\u00e8gle le fournisseur d\u2019intrants et le fournisseur d\u2019intrants livre les intrants au producteur. D\u00e8s que la production est pr\u00eate, l\u2019acheteur vient ramasser tout votre stock et le vend pour r\u00e9gler votre cr\u00e9dit en banque. Celle-ci recouvre votre cr\u00e9dit et le reliquat est retourn\u00e9 dans votre compte\u00a0\u00bb, \u00e9claire M. Sansara. Toutefois, il pr\u00e9cise que lorsque le producteur n\u2019a pas d\u2019embl\u00e9e en amont des fournisseurs aupr\u00e8s desquels il s\u2019approvisionne, la banque met son argent \u00e0 sa disposition. A lui maintenant d\u2019aller se ravitailler o\u00f9 il veut. Ce m\u00e9canisme, Mme Kabor\u00e9 le juge discriminatoire. \u00ab\u00a0Maintenant, ceux qui ne peuvent pas respecter ces conditions ne pourront pas b\u00e9n\u00e9ficier de financement aupr\u00e8s de la BADF\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-elle. Pour Abdoulaye Sawadogo, aucune banque dans ce monde ne va pr\u00eater son argent sans penser \u00e0 comment le r\u00e9cup\u00e9rer. Actionnaire au capital de la BADF avec 20\u00a0000 actions d\u2019une valeur totale de 800 millions FCFA, l\u2019Union nationale des producteurs semenciers du Burkina (UNPSB) vise selon M. Sawadogo, \u00e0 faciliter certaines op\u00e9rations \u00e0 ses membres. \u00ab\u00a0Ces actions peuvent \u00e0 l\u2019avenir se constituer en garanties pour qu\u2019ils puissent b\u00e9n\u00e9ficier des cr\u00e9dits sans apporter de garantie\u00a0\u00bb, confie-t-il. Les producteurs des Hauts-Bassins plaident pour la cr\u00e9ation d\u2019un fonds de garantie. C\u2019est \u00e0 cette seule condition, soutiennent-ils, que l\u2019acc\u00e8s aux cr\u00e9dits bancaires sera garanti \u00e0 tous. Dominique Sansara, chef d\u2019agence de la BADF\/Bobo, avoue qu\u2019il y a de l\u2019engouement autour des produits de la BADF. Au nombre des produits propos\u00e9s aux agriculteurs, il cite le financement des \u00e9quipements agricoles, le financement des intrants, le wallet qui est un compte connect\u00e9 au compte Orange money de chaque producteur et le Fonds de d\u00e9veloppement agricole (FDA) qui finance tout ce qui est production v\u00e9g\u00e9tale, y compris la transformation et la commercialisation. A ce propos, il signale que concernant le FDA, les cr\u00e9dits sont accord\u00e9s au taux de 5% moyennant un d\u00e9p\u00f4t de 10% du montant sollicit\u00e9 comme garantie. \u00ab\u00a0Pour les financements autres que le FDA, les taux peuvent varier en fonction de la nature du risque et de l\u2019activit\u00e9\u00a0\u00bb, croit savoir Dominique Sansara. A en croire Abdoulaye Sawadogo, certains producteurs ont pris conscience qu\u2019ils doivent rembourser leurs cr\u00e9dits. Finie, dit-il, l\u2019id\u00e9e selon laquelle c\u2019est l\u2019argent du gouvernement, on n\u2019est pas tenu de rembourser. \u00ab\u00a0C\u2019est tout \u00e7a qui faisait qu\u2019on ne prenait pas les producteurs au s\u00e9rieux. Un professionnel, s\u2019il a besoin de l\u2019argent pour investir, doit respecter ses engagements\u00a0\u00bb, tranche-t-il. En mati\u00e8re de financement agricole, certaines banques de la place en garde une am\u00e8re exp\u00e9rience. Une d\u2019entre elles se retrouve avec des milliards de francs CFA \u00e0 recouvrer. Contact\u00e9e, elle n\u2019a pas souhait\u00e9 r\u00e9agir. Tout en s\u2019engageant \u00e0 respecter les clauses, les b\u00e9n\u00e9ficiaires des cr\u00e9dits \u00e0 la BADF exhortent les autorit\u00e9s de cette banque \u00e0 ne pas se lasser \u00e0 les accompagner. La plupart de nos interlocuteurs plaident cependant pour le raccourcissement des d\u00e9lais de traitement de leurs dossiers jug\u00e9s trop longs. \u00abUn paysan demande un cr\u00e9dit en mars par exemple et c\u2019est peut-\u00eatre en juin ou juillet qu\u2019on lui d\u00e9caisse les sous. C\u2019est comme si on l\u2019incitait \u00e0 mal utiliser le cr\u00e9dit\u00bb, alerte Aliz\u00e8ta Rouamba\/Kabor\u00e9. En tous les cas, Bakary Traor\u00e9 dit \u00eatre s\u00fbr d\u2019une chose\u00a0: \u00ab\u00a0Nous avons plus \u00e0 gagner qu\u2019\u00e0 perdre avec cette banque\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Ouamtinga Michel ILBOUDO<\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"mailto:omichel20@gmail.com\">omichel20@gmail.com<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les agriculteurs burkinab\u00e8 peinent toujours \u00e0 sortir la t\u00eate de l\u2019eau en mati\u00e8re d\u2019acc\u00e8s aux cr\u00e9dits agricoles. En dehors des intrants subventionn\u00e9s de l\u2019Etat qui leur sont vendus \u00e0 des prix relativement abordables, ils sont confront\u00e9s \u00e0 l\u2019absence de sources de financement de leurs activit\u00e9s. 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