{"id":1266,"date":"2022-06-09T13:29:56","date_gmt":"2022-06-09T13:29:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=1266"},"modified":"2022-06-09T13:29:56","modified_gmt":"2022-06-09T13:29:56","slug":"transformation-des-produits-maraichers-au-nord-le-maillon-faible-dune-chaine-en-pleine-expansion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2022\/06\/09\/transformation-des-produits-maraichers-au-nord-le-maillon-faible-dune-chaine-en-pleine-expansion\/","title":{"rendered":"Transformation des produits mara\u00eechers au Nord  Le maillon faible d\u2019une cha\u00eene en pleine expansion"},"content":{"rendered":"<p><strong>Depuis belle lurette, la r\u00e9gion du Nord a acquis une renomm\u00e9e dans la culture mara\u00eech\u00e8re. Chaque ann\u00e9e, des milliers de tonnes de produits sont d\u00e9vers\u00e9s sur le march\u00e9. Malgr\u00e9 cette r\u00e9putation, les producteurs profitent tr\u00e8s peu des fruits de leurs efforts \u00e0 cause des pertes post-r\u00e9colte. La transformation qui devrait intervenir comme une alternative peine aussi \u00e0 se d\u00e9velopper. Les multiples unit\u00e9s qui existent demeurent toujours, pour la plupart, artisanales. <\/strong><\/p>\n<p>Pur\u00e9e, pulpe ou confiture de tomate, tomate s\u00e9ch\u00e9e en rondelle ou en lamelle, oignon s\u00e9ch\u00e9 ou en poudre, farine, couscous ou mac\u00e9doine de pomme de terre\u2026 Ce sont l\u00e0, autant de produits mara\u00eechers transform\u00e9s que l\u2019on retrouve \u00e0 Ouahigouya, chef-lieu de la province du Yatenga et de la r\u00e9gion du Nord. Ce savoir-faire local est l\u2019apanage de certaines femmes, soucieuses d\u2019apporter une plus-value aux cultures de contre-saison, produites en abondance dans la localit\u00e9. Mardi 5 avril 2022. <em>La cit\u00e9 de Naaba Kango<\/em> s\u2019est encore r\u00e9veill\u00e9e des bras de Morph\u00e9e. Les habitants reprennent leur train-train quotidien, parfois avec la hantise de la menace terroriste. Apr\u00e8s quelques slaloms entre les labyrinthes des concessions, nous sommes devant le si\u00e8ge de la coop\u00e9rative Femmes sah\u00e9liennes et d\u00e9veloppement. B\u00e2ti sur une superficie d\u2019un hectare (ha) au quartier Fourma, secteur 12, le local fait \u00e9galement office d\u2019unit\u00e9 de transformation de fruits et l\u00e9gumes. Cela fait dix ans que cette congr\u00e9gation d\u2019une trentaine de femmes s\u2019attelle \u00e0 donner une autre vie aux produits issus du mara\u00eechage. Les sp\u00e9culations phares telles que la tomate, l\u2019oignon et la pomme de terre font partie de leurs sp\u00e9cialit\u00e9s. Ces produits sont soit s\u00e9ch\u00e9s, soit transform\u00e9s en pulpe, en pur\u00e9e\u00a0 ou en poudre et conditionn\u00e9s dans des sachets ou des pots. Il y en a pour toutes les bourses. Ainsi, on y trouve des sachets de 100, 200 et 250 grammes (g) de tomate s\u00e9ch\u00e9e correspondant \u00e0 200, 750 et 1 000 F CFA,\u00a0 de l\u2019oignon s\u00e9ch\u00e9 de 250g \u00e0 1 000 F CFA, de la mac\u00e9doine de pomme de terre de 400g \u00e0 1 250 F CFA, des pots \u00a0de pulpe de tomate \u00e0 1 000 F CFA\u2026 Pour l\u2019obtention de la tomate s\u00e9ch\u00e9e, la pr\u00e9sidente de la coop\u00e9rative, T\u00e9n\u00e9 Haoua Ma\u00efga, explique que le produit frais est d\u00e9coup\u00e9 en lamelle ou en rondelle, puis \u00e9tal\u00e9 sur des claies que l\u2019on place dans des s\u00e9choirs solaires pendant 72 heures (h). L\u2019oignon, quant \u00e0 lui, devient sec apr\u00e8s seulement 24 h. \u00ab\u00a0On peut aussi frire l\u2019oignon pour lui donner une autre couleur ou odeur ou encore le transformer en poudre pour assaisonner les sauces\u00a0\u00bb, ajoute Mme Ma\u00efga.<\/p>\n<p><strong>T\u00f4 de pomme de terre<\/strong><\/p>\n<p>Pour la pomme de terre, elle est transform\u00e9e en couscous ou en f\u00e9cule qui sert \u00e0 faire le t\u00f4, en association avec la farine de c\u00e9r\u00e9ales. Le couscous et le t\u00f4 de pomme de terre, pr\u00e9cise-t-elle, sont surtout valoris\u00e9s par certaines restauratrices lors des pauses-caf\u00e9. Nonobstant la canicule et les effets du je\u00fbne, la pr\u00e9sidente de la coop\u00e9rative <em>Femmes sah\u00e9liennes et d\u00e9veloppement<\/em> nous fait d\u00e9couvrir son unit\u00e9. Cinq s\u00e9choirs solaires, des moulins, dix s\u00e9choirs \u00e0 gaz pour la transformation de la mangue, des claies, des tables et des ustensiles de cuisine sont, entre autres, les \u00e9quipements utilis\u00e9s par les dames. Pour l\u2019instant, les activit\u00e9s sont au ralenti par manque de mati\u00e8res premi\u00e8res, cons\u00e9cutif \u00e0 l\u2019ass\u00e8chement des retenues d\u2019eau.<\/p>\n<p>Au secteur 13, un autre groupe de femmes excelle \u00e9galement dans la transformation des sp\u00e9culations mara\u00eech\u00e8res. Les produits concern\u00e9s sont quasi identiques \u00e0 ceux de la pr\u00e9c\u00e9dente coop\u00e9rative, avec sensiblement les m\u00eames prix. Etablie sur une parcelle de 500 m\u00e8tres carr\u00e9s (m<sup>2<\/sup>), cette unit\u00e9 de transformation est pilot\u00e9e par le groupement <em>Kibay la bumbu<\/em> (qui signifie l\u2019information est capitale, en langue moor\u00e9), fort de 15 membres. L\u00e0 \u00e9galement, le mat\u00e9riel est pour le moment rang\u00e9 dans les magasins, faute de mati\u00e8res premi\u00e8res. A entendre la pr\u00e9sidente de l\u2019unit\u00e9, Ass\u00e9tou Sodr\u00e9, la derni\u00e8re production remonte au mois de f\u00e9vrier 2022. Une information qui peut se v\u00e9rifier ais\u00e9ment sur les emballages des oignons et tomates s\u00e9ch\u00e9s. Ces affiches indiquent comme date de production: 15\/02\/2022, pour une dur\u00e9e de conservation d\u2019un an. Toutefois, on s\u2019active \u00e0 \u00e9couler ce qui est d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9 en attendant la reprise normale des activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Autre lieu, m\u00eame constat. Au secteur 4 de la <em>cit\u00e9 de Naaba Kango<\/em>, le centre <em>Basneree<\/em> s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9 dans la transformation de la tomate principalement. Une unit\u00e9 semi moderne y est install\u00e9e \u00e0 cet effet. Ce 6 avril 2022, les machines sont au repos pour les m\u00eames raisons d\u2019absence de mati\u00e8res premi\u00e8res. Mais dans les magasins, un stock de double concentr\u00e9 de tomate est en attente d\u2019\u00eatre \u00e9coul\u00e9. Cette pur\u00e9e est conditionn\u00e9e dans des pots en plastique de 200, 400, 900, 1 750 et 4 500 g. Les prix quant \u00e0 eux, vont de 300 \u00e0 5 000 F CFA. Mois de car\u00eame oblige, la plupart des travailleuses sont en cong\u00e9, selon le repr\u00e9sentant de l\u2019unit\u00e9, Sosth\u00e8ne Balima. A l\u2019entendre, sa structure a commenc\u00e9 la production proprement dite il y a seulement un an, notamment en 2021; les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes ayant \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es \u00e0 la phase exp\u00e9rimentale.<\/p>\n<p><strong>Un savoir-faire local<\/strong><\/p>\n<p>A l\u2019image de ces trois unit\u00e9s, elles sont nombreuses les femmes qui, individuellement ou collectivement, s\u2019adonnent \u00e0 la transformation des produits mara\u00eechers au Yatenga et partant, dans la r\u00e9gion du Nord. Ce savoir-faire local, elles disent le d\u00e9tenir de feu Bernard L\u00e9d\u00e9a Ou\u00e9draogo, un passionn\u00e9 du monde agricole et fondateur de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des groupements <em>Naam<\/em>. \u00ab\u00a0Nous avons commenc\u00e9 la transformation depuis 1989 avec les groupements <em>Naam<\/em> et c\u2019est Bernard L\u00e9d\u00e9a Ou\u00e9draogo qui nous a form\u00e9es\u00a0\u00bb, affirme Mme Ma\u00efga. Pour elle, l\u2019id\u00e9e m\u00eame de la pratique du mara\u00eechage au Yatenga est venue de M. Ou\u00e9draogo. Ayant constat\u00e9 que les produits pourrissaient entre les mains des mara\u00eechers, celui-ci a trouv\u00e9 l\u2019initiative de les faire s\u00e9cher en vue de les garder pour la p\u00e9riode de soudure. Nanties de ces connaissances somme toute capitales, nombre de femmes ont poursuivi leur carri\u00e8re dans la transformation apr\u00e8s le s\u00e9jour pass\u00e9 au sein des groupements <em>Naam<\/em>. \u00ab\u00a0D\u00e8s que nous avons \u00e9t\u00e9 mises \u00e0 la retraite, nous avons continu\u00e9 \u00e0 transformer les produits depuis 2012 pour ne pas rester inactives. En vue d\u2019assurer la rel\u00e8ve, nous avons aussi initi\u00e9 nos s\u0153urs et nos filles\u00a0\u00bb, mentionne Mme Ma\u00efga. Cette activit\u00e9, exerc\u00e9e en majorit\u00e9 par des femmes, constitue \u00e9galement une aubaine pour les membres du groupement <em>Kibay la bumbu. \u00ab\u00a0<\/em>Nous sommes \u00e0 la retraite et depuis 2002, la transformation nous occupe beaucoup\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit sa pr\u00e9sidente, Ass\u00e9tou Sodr\u00e9, par ailleurs vice-pr\u00e9sidente de l\u2019Association professionnelle des mara\u00eechers du Yatenga (ASPMY). Cette association fait d\u2019ailleurs partie des structures qui ont pris le relais dans l\u2019accompagnement des transformatrices en termes de formation et d\u2019\u00e9quipements.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1267\" aria-describedby=\"caption-attachment-1267\" style=\"width: 800px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1267\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2022\/06\/09\/transformation-des-produits-maraichers-au-nord-le-maillon-faible-dune-chaine-en-pleine-expansion\/4a\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/4a.jpg?fit=800%2C533&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"800,533\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;13&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D7200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1649237127&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;42&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;140&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.016666666666667&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"4a\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/4a.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/4a.jpg?fit=696%2C464&amp;ssl=1\" class=\"wp-image-1267 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/4a.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"464\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/4a.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/4a.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/4a.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/4a.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/4a.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1267\" class=\"wp-caption-text\">Selon la pr\u00e9sidente du groupement Kibay la bumbu, Ass\u00e9tou Sodr\u00e9, le manque de moyens handicape s\u00e9rieusement le secteur de la transformation<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au-del\u00e0 de la saine occupation et des b\u00e9n\u00e9fices engrang\u00e9s, les acteurs de la transformation rendent un grand service au maillon de la production. Sosth\u00e8ne Balima du centre Basneree rel\u00e8ve que la d\u00e9cision de transformer la tomate est venue d\u2019un constat amer fait sur les p\u00e9rim\u00e8tres mara\u00eechers. En effet, souligne-t-il, la m\u00e9vente, le pourrissement et le bradage de la tomate \u00e0 vil prix sur le march\u00e9 \u00e9taient le quotidien des producteurs. Il se souvient avec amertume que ce sont les \u00e9trangers qui fixaient les prix des produits selon leurs humeurs. \u00ab\u00a0Les producteurs souffraient beaucoup. On a donc d\u00e9cid\u00e9 d\u2019installer l\u2019unit\u00e9 pour les soulager\u00a0\u00bb, confie M. Balima.<\/p>\n<p><strong>Limiter les pertes post-r\u00e9colte<\/strong><\/p>\n<p>M\u00eame si la transformation n\u2019est pas encore faite \u00e0 grande \u00e9chelle, force est de reconna\u00eetre qu\u2019elle contribue \u00e0 limiter un tant soit peu les pertes post-r\u00e9colte. \u00ab\u00a0Nous transformons environ 1,5 tonne (t) d\u2019oignon et pr\u00e8s de 2t de tomate par an. Nous pouvions faire mieux si nous \u00e9tions bien \u00e9quip\u00e9es\u00a0\u00bb, estime Mme Sodr\u00e9.<\/p>\n<p>Le chef de service r\u00e9gional de la promotion de l\u2019\u00e9conomie rurale du Nord, Ouango Tiendreb\u00e9ogo, note qu\u2019il y a une panoplie d\u2019unit\u00e9s de transformation dans la r\u00e9gion mais celles-ci restent encore artisanales. Selon la base des donn\u00e9es actualis\u00e9es de son service, le nombre de ces unit\u00e9s est estim\u00e9 \u00e0 51, voire plus. Seulement, son souhait aurait \u00e9t\u00e9 que ces unit\u00e9s soient semi modernes ou modernes pour booster davantage l\u2019\u00e9conomie de la r\u00e9gion. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, ces initiatives locales sont bien accueillies par les mara\u00eechers qui ne cessent de les louer. \u00ab\u00a0Gr\u00e2ce \u00e0 ces unit\u00e9s, nous n\u2019avons plus peur de produire en quantit\u00e9. M\u00eame nos femmes s\u2019essaient aussi au s\u00e9chage de la tomate \u00e0 la maison \u00bb, se r\u00e9jouit Oumarou Ou\u00e9draogo, mara\u00eecher au barrage de Goinr\u00e9.<\/p>\n<p>Le choix des produits \u00e0 transformer ne se fait pas au hasard. Il ob\u00e9it \u00e0 des normes, selon les acteurs du domaine. De l\u2019avis de la pr\u00e9sidente de la coop\u00e9rative <em>Femmes sah\u00e9liennes et d\u00e9veloppement<\/em>, l\u2019utilisation des engrais chimiques et des pesticides provoque le pourrissement pr\u00e9coce de la mati\u00e8re premi\u00e8re et joue sur les produits s\u00e9ch\u00e9s. \u00ab\u00a0Quand j\u2019\u00e9tais au groupement <em>Naam<\/em>, on a envoy\u00e9 une commande de tomate s\u00e9ch\u00e9e en Europe. A la surprise g\u00e9n\u00e9rale, notre produit a \u00e9t\u00e9 d\u00e9class\u00e9 parce qu\u2019il contenait des substances chimiques\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne-t-elle, avant de rappeler que beaucoup de partenaires exigent des produits exclusivement bio. Embouchant la m\u00eame trompette, Sosth\u00e8ne Balima informe que le centre Basneree ne prend pas n\u2019importe quelle tomate. Parce que, explique-t-il, dans la phase des tests, les responsables ne triaient pas la tomate et finalement, cela n\u2019a pas r\u00e9pondu \u00e0 leurs attentes. Cette exp\u00e9rience quelque peu am\u00e8re les a oblig\u00e9s \u00e0 recourir \u00e0 des producteurs sp\u00e9cifiques qui font rien que du bio pour ne pas subir des pertes. Une exigence que tous les producteurs ont du mal \u00e0 respecter pour le moment. A \u00e9couter certains, la fumure organique seule ne suffit pas. Il faut compl\u00e9ter avec l\u2019engrais chimique, m\u00eame s\u2019ils n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 d\u00e9noncer non seulement son co\u00fbt exorbitant mais aussi sa qualit\u00e9 douteuse. \u00ab\u00a0D\u00e9sormais, nous allons mettre l\u2019accent sur la production du fumier\u00a0\u00bb, s\u2019engage Moussa Ou\u00e9draogo, mara\u00eecher install\u00e9 autour du barrage Kanazo\u00e9 de Ouahigouya.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1271\" aria-describedby=\"caption-attachment-1271\" style=\"width: 800px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1271\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2022\/06\/09\/transformation-des-produits-maraichers-au-nord-le-maillon-faible-dune-chaine-en-pleine-expansion\/8a\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?fit=800%2C533&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"800,533\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;10&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D7200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1649157760&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;48&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;140&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.003125&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"8a\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?fit=696%2C464&amp;ssl=1\" class=\"wp-image-1271 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"464\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2022\/06\/8a.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1271\" class=\"wp-caption-text\">Les s\u00e9choirs utilis\u00e9s par les transformatrices fonctionnent \u00e0 l\u2019aide de l\u2019\u00e9nergie solaire<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Hausse des prix des produits<\/strong><\/p>\n<p>Pour sa part, le Directeur r\u00e9gional (DR) en charge de l\u2019agriculture du Nord, Abdoul Karim Ou\u00e9draogo, note une utilisation immod\u00e9r\u00e9e des engrais chimiques (Ur\u00e9e et NPK) par les mara\u00eechers \u00e0 telle enseigne que cela impacte la dur\u00e9e de conservation des produits. \u00ab\u00a0Les intrants que le minist\u00e8re met \u00e0 notre disposition pour les producteurs sont conformes. Maintenant, si des gens passent par des voies parall\u00e8les pour s\u2019en procurer, il est possible que l\u2019on retrouve des engrais de mauvaise qualit\u00e9 sur le march\u00e9\u00a0\u00bb, se d\u00e9fend le DR. Pour pallier ces difficult\u00e9s, il conseille vivement l\u2019utilisation de la fumure organique. A cet effet, informe M. Ou\u00e9draogo, sa direction s\u2019investit chaque ann\u00e9e dans la formation des agriculteurs des diff\u00e9rents villages aux techniques de production du compost.<\/p>\n<p>De l\u2019avis de nombre de transformatrices, la mati\u00e8re premi\u00e8re est g\u00e9n\u00e9ralement disponible. Toutefois, elles notent une exception pour cette ann\u00e9e. En effet, relate T\u00e9n\u00e9 Haoua Ma\u00efga, les pluies ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s insuffisantes dans le Nord durant la campagne agricole pass\u00e9e. Si fait que les mara\u00eechers ont eu des difficult\u00e9s \u00e0 produire. La cons\u00e9quence imm\u00e9diate, \u00e0 l\u2019\u00e9couter, a \u00e9t\u00e9 la raret\u00e9, voire le manque et la chert\u00e9 de la mati\u00e8re premi\u00e8re sur le march\u00e9. Du coup, indique-t-elle, les prix de la tomate, de l\u2019oignon et de la pomme de terre ont connu une hausse vertigineuse. La sexag\u00e9naire r\u00e9v\u00e8le par exemple que le prix du kilogramme (kg) de pomme de terre a grimp\u00e9 soudainement en l\u2019espace de quelques mois \u00e0 Ouahigouya, passant de 250 \u00e0 500 F CFA \u00a0entre janvier et avril. Ce qui pourrait induire logiquement une r\u00e9vision \u00e0 la hausse des prix des produits transform\u00e9s. Les deux barrages (Kanazo\u00e9 et de Goinr\u00e9) sur lesquels les mara\u00eechers de Ouahigouya comptaient pour produire sont \u00e0 sec depuis le mois de mars. \u00ab\u00a0On peut m\u00eame y jouer au football\u00a0\u00bb, ironise M. Balima, avant de signaler que son unit\u00e9 se tourne d\u00e9sormais vers les\u00a0 mara\u00eechers du barrage de Guitti, \u00e0 pr\u00e8s de 70 km \u00e0 l\u2019est de Ouahigouya. Dans les zones de Tougou, Titao ou Thiou au nord, fait-t-il remarquer, il est impossible de s\u2019y rendre du fait de la pr\u00e9sence des groupes arm\u00e9s terroristes. \u00ab\u00a0Franchement, on travaille avec le courage, sinon ce n\u2019est pas rentable au regard des co\u00fbts de production\u00a0\u00bb, soupire M. Balima. Des dires du DR en charge de l\u2019agriculture du Nord, une unit\u00e9 de transformation de pomme de terre est install\u00e9e \u00e0 Titao mais compte tenu de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, elle n\u2019est pas op\u00e9rationnelle.<\/p>\n<p><strong>Mauvaise qualit\u00e9\u00a0des emballages<\/strong><\/p>\n<p>Outre le manque temporaire de produits cette ann\u00e9e, les transformatrices sont aussi confront\u00e9es \u00e0 un probl\u00e8me d\u2019emballages. Hormis le centre Basneree qui dispose d\u2019emballages appropri\u00e9s, les autres peinent \u00e0 en trouver. Au niveau de la coop\u00e9rative <em>Femmes sah\u00e9liennes et d\u00e9veloppement<\/em>, on \u00e9voque la chert\u00e9 des pots destin\u00e9s au conditionnement de la pur\u00e9e de tomate, si bien que l\u2019on utilise parfois des bouteilles r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es en lieu et place. Pour la tomate s\u00e9ch\u00e9e, des sachets en plastique servent d\u2019emballage. L\u00e0 aussi, indique la pr\u00e9sidente de la coop\u00e9rative, T\u00e9n\u00e9 Haoua Ma\u00efga, le produit se noircit apr\u00e8s seulement six mois de conservation, surtout en hivernage. \u00ab\u00a0C\u2019est un souci pour nous. Nous avons exprim\u00e9 nos pr\u00e9occupations en vain\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-elle. M\u00eame son de cloche au groupement <em>Kibay la bumbu<\/em> o\u00f9 on pointe le manque de moyens financiers pour acqu\u00e9rir de bons emballages. Or, d\u00e9clare le DR Ou\u00e9draogo, la qualit\u00e9 de l\u2019emballage est tr\u00e8s d\u00e9terminante dans l\u2019\u00e9coulement des produits hors du pays. C\u2019est pourquoi il exhorte les transformatrices \u00e0 suivre les voies indiqu\u00e9es pour l\u2019acquisition de leurs emballages. En tout \u00e9tat de cause, le DR dit avoir foi en la qualit\u00e9 de leurs produits, parce que fabriqu\u00e9s et conserv\u00e9s naturellement. \u00ab\u00a0J\u2019aime beaucoup la tomate s\u00e9ch\u00e9e. J\u2019en apporte souvent \u00e0 ma famille\u00a0\u00bb, appr\u00e9cie-t-il. Ouango Tiendreb\u00e9ogo est du m\u00eame avis lorsqu\u2019il affirme que ces produits sont bien pris\u00e9s, sauf que d\u2019autres consommateurs rament toujours \u00e0 contre-courant en pr\u00e9f\u00e9rant ce qui vient de l\u2019ext\u00e9rieur. \u00ab\u00a0Notre politique est d\u2019encourager\u00a0 la transformation et de sensibiliser les gens \u00e0 consommer ces produits\u00a0\u00bb, assure le chef de service r\u00e9gional de la promotion de l\u2019\u00e9conomie rurale.<\/p>\n<p>En jetant un coup d\u2019\u0153il dans le r\u00e9troviseur, l\u2019on constate que plus de trente ans apr\u00e8s, le secteur de la transformation des produits mara\u00eechers peine toujours \u00e0 d\u00e9coller dans la r\u00e9gion. Il semble encore embryonnaire avec de multiples d\u00e9fis \u00e0 relever. Il y a d\u2019abord la m\u00e9connaissance ou la n\u00e9gligence des produits transform\u00e9s sur place.<\/p>\n<p><strong>Formation permanente des acteurs<\/strong><\/p>\n<p>Hormis les si\u00e8ges des diff\u00e9rentes unit\u00e9s, il est difficile d\u2019en trouver dans les rayons des alimentations \u00e0 Ouahigouya. Ce sont plut\u00f4t les foires qui les ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s aux consommateurs, \u00e0 en croire les transformatrices. Ces tribunes ont permis \u00e0 la coop\u00e9rative de T\u00e9n\u00e9 Haoua Ma\u00efga de vendre de la tomate et de l\u2019oignon s\u00e9ch\u00e9s hors des fronti\u00e8res burkinab\u00e8, notamment en C\u00f4te d\u2019Ivoire, au Niger, au Togo et au B\u00e9nin.\u00a0Pour sa part, la vice-pr\u00e9sidente de l\u2019ASPMY atteste que la transformation se fait en fonction des commandes, surtout au moment de la soudure o\u00f9 les besoins se font pressants. Les moyens financiers et mat\u00e9riels ne sont pas non plus \u00e0 n\u00e9gliger dans l\u2019essor du maillon de la transformation. Pour Mme Ma\u00efga, le secteur a du mal \u00e0 \u00e9merger parce qu\u2019il est anim\u00e9 surtout par des femmes qui n\u2019ont pas acc\u00e8s aux cr\u00e9dits bancaires, faute de garanties. En plus, fait savoir le DR Ou\u00e9draogo, le volet transformation ne faisait pas partie des priorit\u00e9s \u00e0 une certaine \u00e9poque, \u00e0 tel point que les mara\u00eechers produisaient juste pour l\u2019\u00e9coulement et la consommation. Pour lui, le manque de formation explique aussi son faible niveau actuel. \u00ab\u00a0Maintenant, les gens ont pris conscience et beaucoup se sont sp\u00e9cialis\u00e9s dans le domaine. C\u2019est pourquoi le minist\u00e8re et ses partenaires organisent chaque ann\u00e9e des activit\u00e9s de renforcement des capacit\u00e9s de ces acteurs\u00a0\u00bb, souligne-t-il.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es, les dames ne comptent pas baisser les bras. Mieux, elles disent tirer leur \u00e9pingle du jeu. Pour Mariam Ou\u00e9draogo, 63 ans, et membre du groupement <em>Kibay la bumbu<\/em> depuis huit ans, cette activit\u00e9 lui permet de gagner sa vie et de s\u2019occuper de la scolarit\u00e9 de ses enfants. Chez Ass\u00e9tou Sodr\u00e9 aussi, point de d\u00e9couragement\u00a0: \u00ab\u00a0m\u00eame si on ne va pas transformer pour vendre, on peut le faire pour sa propre consommation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Mady KABRE<\/strong><\/p>\n<p><strong>dykabre@yahoo.fr<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis belle lurette, la r\u00e9gion du Nord a acquis une renomm\u00e9e dans la culture mara\u00eech\u00e8re. 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