{"id":1593,"date":"2022-12-21T18:55:31","date_gmt":"2022-12-21T18:55:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=1593"},"modified":"2022-12-21T18:55:31","modified_gmt":"2022-12-21T18:55:31","slug":"forets-amenagees-dans-le-ziro-le-front-agricole-menace-29-ans-de-sacrifices","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2022\/12\/21\/forets-amenagees-dans-le-ziro-le-front-agricole-menace-29-ans-de-sacrifices\/","title":{"rendered":"For\u00eats am\u00e9nag\u00e9es dans le Ziro: le front agricole menace 29 ans de sacrifices"},"content":{"rendered":"<p><strong>Am\u00e9nag\u00e9s en 1993 dans le but de ravitailler les centres urbains en bois de chauffe, de favoriser le d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique des populations locales et de pr\u00e9server la biodiversit\u00e9, les Chantiers d\u2019am\u00e9nagement forestier (CAF) du Ziro font, de nos jours, face \u00e0 des actions anthropiques n\u00e9fastes. A Bougnounou et \u00e0 Cassou, les activit\u00e9s agricoles et la coupe frauduleuse du bois vert menacent s\u00e9rieusement la survie des deux Chantiers.<\/strong><\/p>\n<p>A Bougnounou, ce 8 novembre 2022, les populations sont en pleine r\u00e9colte. Si dans certains champs, les \u00e9pis de mil pr\u00e9sentent une mauvaise physionomie due aux exc\u00e8s de pluies, ce n\u2019est pas le cas pour la flore qui semble se porter \u00e0 merveille. A la lisi\u00e8re du bourg, situ\u00e9 dans la province du Ziro, r\u00e9gion du Centre-Ouest, une enclave foresti\u00e8re s\u2019impose par sa sp\u00e9cificit\u00e9. Elle ne peut passer inaper\u00e7ue aux yeux des usagers de la route menant \u00e0 Bakata, une commune voisine.<\/p>\n<p>Etendue sur une superficie de plus de 2000 hectares (ha), cette formation v\u00e9g\u00e9tale pr\u00e9sente les caract\u00e9ristiques d\u2019une for\u00eat claire, dont le sous-bois est plus ou moins herbac\u00e9. A l\u2019int\u00e9rieur, une multitude d\u2019essences locales dont certaines sont en voie de disparition se c\u00f4toient. Les esp\u00e8ces int\u00e9gralement prot\u00e9g\u00e9es, \u00e0 l\u2019image du karit\u00e9 et du n\u00e9r\u00e9, ont l\u2019air de bien s\u2019\u00e9panouir dans leur biotope. Tous ces v\u00e9g\u00e9taux exhibent de beaux feuillages dans lesquels viennent se nicher des primates, des mammif\u00e8res rongeurs et arboricoles, des insectes, des oiseaux\u2026, en qu\u00eate de tranquillit\u00e9.<\/p>\n<p>Seuls les gazouillements de ces derniers brisent quelque fois le calme apparent qui r\u00e8gne dans les environs. Un air frais et agr\u00e9able \u00e9manant du massif forestier offre une sensation de bien-\u00eatre. Cet espace bois\u00e9 est l\u2019une des onze unit\u00e9s qui composent le Chantier d\u2019am\u00e9nagement forestier (CAF) de Bougnounou. Il s\u2019agit de l\u2019Unit\u00e9 d\u2019am\u00e9nagement forestier 9 (UAF 9). En plus de Bougnounou, le CAF couvre aussi les communes de Dalo (Ziro) et de N\u00e9bielianayou (Sissili).<\/p>\n<p>A l\u2019entame de l\u2019UAF 9, une pancarte pr\u00e9sente la cartographie de l\u2019entit\u00e9, subdivis\u00e9e en 15 parcelles dont la superficie de chacune d\u2019elles varie entre 53 et 192 ha. Trois consignes y sont inscrites : pas de feu, de coupe de bois et de pacage d\u2019animaux. L\u2019unit\u00e9 est d\u00e9limit\u00e9e par des pistes, bord\u00e9es de jeunes plants d\u2019eucalyptus et de bornes en b\u00e9ton.<\/p>\n<p>En fonction de la densit\u00e9 du Vitellaria paradoxa (nom scientifique du karit\u00e9), un parc \u00e0 karit\u00e9 d\u2019environ 100 ha a \u00e9t\u00e9 choisi dans la partie australe de la for\u00eat en vue de cueillir des amandes biologiques. Outre cette unit\u00e9, dix autres sont diss\u00e9min\u00e9es un peu partout dans les trois communes au profit de 28 villages riverains.<\/p>\n<h3>22 000 st\u00e8res de bois par an<\/h3>\n<figure id=\"attachment_60096\" aria-describedby=\"caption-attachment-60096\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-60096\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/frontagricole3-300x234.gif?resize=300%2C234&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"234\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-60096\" class=\"wp-caption-text\">Le directeur technique du CAF de Bougnounou, Rasman\u00e9 Ou\u00e9draogo, plaide la s\u00e9curisation des Chantiers sur le plan juridique.<\/figcaption><\/figure>\n<p>C\u2019est un mod\u00e8le d\u2019am\u00e9nagement participatif des for\u00eats naturelles qui fait la fiert\u00e9 de la province. Rasman\u00e9 Ou\u00e9draogo, forestier \u00e0 la retraite, est le directeur technique du CAF.<\/p>\n<p>Selon lui, le Chantier, cr\u00e9\u00e9 en 1993, \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine une propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019Etat qu\u2019il a r\u00e9troc\u00e9d\u00e9e aux populations locales qui sont organis\u00e9es en Union des groupements de gestion foresti\u00e8re (UGGF). Ce sont plus de 24 900 ha de for\u00eat qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9s depuis 29 ans dans les trois communes rurales au grand bonheur de leurs populations. En effet, rel\u00e8ve M. Ou\u00e9draogo, ces \u00eelots de v\u00e9g\u00e9tations offrent du bois de chauffe, des produits forestiers non-ligneux et des fruits aux riverains ainsi que des plantes m\u00e9dicinales aux tradipraticiens. Ils permettent aussi de pr\u00e9server la diversit\u00e9 biologique.<\/p>\n<p>L\u2019autre avantage non moins important du Chantier, aux dires du directeur technique, est l\u2019approvisionnement des grandes villes en bois de feu. \u00ab Dans le CAF de Bougnounou, nous pr\u00e9levons autour de 22 000 st\u00e8res de bois par an pour ravitailler Ouagadougou et Koudougou \u00bb, confie-t-il. Le CAF \u00e9tant un domaine prot\u00e9g\u00e9 et non class\u00e9, le pr\u00e9l\u00e8vement du bois sous \u00e9corce (vert) est autoris\u00e9 et encadr\u00e9 par des techniciens avertis.<\/p>\n<p>Tous les 15 ans, 50% des arbres sont pr\u00e9lev\u00e9s dans chaque parcelle (au nombre de 165 dans tout le CAF) de fa\u00e7on rotative. \u00ab De janvier \u00e0 mars, nous d\u00e9limitons une parcelle par unit\u00e9 o\u00f9 chaque Groupement de gestion foresti\u00e8re (GGF) va exploiter le bois vert. Le bois mort est pr\u00e9lev\u00e9 toute l\u2019ann\u00e9e tandis que le vert est coup\u00e9 dans la p\u00e9riode d\u2019avril \u00e0 fin octobre \u00bb, explique le forestier retrait\u00e9.<\/p>\n<p>A \u00e9couter le comptable du CAF, Jacques Ziba, le prix du st\u00e8re de bois (l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un m\u00e8tre cube) est fix\u00e9 \u00e0 2 200 F CFA. Ce montant est r\u00e9parti comme suit : 1 100 F CFA destin\u00e9s aux b\u00fbcherons, 300 F CFA \u00e0 l\u2019Etat, 200 F CFA pour le fonds de roulement et 600 F CFA pour le fonds d\u2019am\u00e9nagement. La commercialisation du bois mort et vert constitue la principale activit\u00e9 qui contribue \u00e0 renflouer les caisses du CAF. Par cette activit\u00e9, ce sont plus de 13 millions F CFA qui sont r\u00e9colt\u00e9s annuellement pour le budget du Chantier.<\/p>\n<p>Une somme qui para\u00eet insignifiante aux yeux des gestionnaires, au regard de l\u2019immensit\u00e9 des activit\u00e9s \u00e0 mener par an. Afin de perp\u00e9tuer la ressource, plusieurs types d\u2019am\u00e9nagements sont op\u00e9r\u00e9s en permanence dans la for\u00eat. La r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle assist\u00e9e, les semis directs d\u2019esp\u00e8ces locales, la taille sanitaire des arbres, le nettoyage autour des jeunes pousses, la plantation d\u2019arbres dans les zones plus ou moins d\u00e9nud\u00e9es, l\u2019ouverture de pistes autour des unit\u00e9s et l\u2019application de feux pr\u00e9coces pour \u00e9viter les incendies sont, entre autres, les actions men\u00e9es dans le Chantier.<\/p>\n<p>Pour garantir l\u2019efficacit\u00e9 de ces am\u00e9nagements, une \u00e9quipe de sensibilisation et de surveillance est constitu\u00e9e et joue le r\u00f4le de police foresti\u00e8re. Dans ces formations v\u00e9g\u00e9tales, soutiennent les gestionnaires, le petit gibier tel que les antilopes, les phacoch\u00e8res, les li\u00e8vres, les singes, les pintades sauvages, les perdrix\u2026, ne manque pas.<\/p>\n<h3>Des agressions tous azimuts de la for\u00eat<\/h3>\n<figure id=\"attachment_60097\" aria-describedby=\"caption-attachment-60097\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-60097\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/frontagricole5-300x222.gif?resize=300%2C222&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"222\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-60097\" class=\"wp-caption-text\">Le chef coutumier de Bougnounou, Luc Benao :<br \/>\u00ab nous avons int\u00e9r\u00eat \u00e0 prot\u00e9ger la for\u00eat \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>A une trentaine de kilom\u00e8tres de Bougnounou, un autre chantier d\u2019am\u00e9nagement forestier force l\u2019admiration de tout visiteur. Il s\u2019agit du CAF de Cassou situ\u00e9 \u00e0 cheval entre cette commune et celles de Bakata et de Gao. Avec une superficie initiale estim\u00e9e \u00e0 plus de 25 000 ha, ce massif forestier pr\u00e9sente les m\u00eames caract\u00e9ristiques et le m\u00eame mode de gestion que celui de Bougnounou. Les retomb\u00e9es \u00e9conomiques et financi\u00e8res pour les populations locales sont ind\u00e9niables. Muni de sa paire de jumelles, l\u2019animateur du Chantier, Luc Nignan, nous fait d\u00e9couvrir une portion de la troisi\u00e8me unit\u00e9 d\u2019am\u00e9nagement forestier sur les 20 que compte le CAF.<\/p>\n<p>La densit\u00e9 des v\u00e9g\u00e9taux tranche avec les espaces avoisinants non prot\u00e9g\u00e9s et qui ont subi le diktat des actions anthropiques. Des traces de br\u00fblis sont visibles sur le pare-feu de l\u2019unit\u00e9 am\u00e9nag\u00e9e. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 l\u2019application des feux pr\u00e9coces qui, selon M. Nignan, doit se faire pendant que les herbes sont encore fraiches. La contribution des CAF \u00e0 la pr\u00e9servation du couvert v\u00e9g\u00e9tal n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer. Selon le Directeur provincial (DP) en charge de l\u2019environnement du Ziro, Mahamadi Yabao, les Chantiers occupent une place de choix dans les formations v\u00e9g\u00e9tales de la province.<\/p>\n<p>A cet effet, il cite, entre autres, la sauvegarde des for\u00eats naturelles, le d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique des villages associ\u00e9s, l\u2019approvisionnement des centres urbains en bois de feu, la conservation de la biodiversit\u00e9 et la s\u00e9questration du carbone qui att\u00e9nue les effets du changement climatique comme \u00e9tant des avantages que procurent les CAF. Gr\u00e2ce aux revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, Jacques Ziba de Bougnounou estime que la gestion des Chantiers nourrit bien son homme.<\/p>\n<p>\u00ab Avec les revenus tir\u00e9s du CAF, nous arrivons \u00e0 scolariser nos enfants et \u00e0 subvenir \u00e0 nos besoins \u00bb, d\u00e9clare-t-il, avec satisfaction. Cependant, l\u2019arbre ne doit pas cacher la for\u00eat. Malgr\u00e9 leurs bienfaits av\u00e9r\u00e9s, les CAF rencontrent d\u2019\u00e9normes difficult\u00e9s qui menacent leur survie. Le principal souci signal\u00e9 \u00e0 Bougnounou est l\u2019empi\u00e8tement de la for\u00eat pour les activit\u00e9s agricoles. Et le directeur technique du Chantier, Rasman\u00e9 Ou\u00e9draogo, de relever qu\u2019environ cinq unit\u00e9s sur les onze sont concern\u00e9es par cette forme d\u2019agression. \u00ab Des producteurs se permettent d\u2019aller se cacher au fond des unit\u00e9s pour cultiver.<\/p>\n<p>Le temps de nous rendre compte, ils ont d\u00e9j\u00e0 sem\u00e9 et la for\u00eat d\u00e9truite \u00bb, d\u00e9plore-t-il. Le cas de l\u2019unit\u00e9 10, sise \u00e0 19 km de Bougnounou, semble plus critique. A ce niveau, les responsables du Chantier ont d\u00e9pos\u00e9 une plainte en justice contre un producteur qui s\u2019y est install\u00e9 sous le pr\u00e9texte que sa plantation de manguiers a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019am\u00e9nagement de la for\u00eat. A l\u2019unit\u00e9 9, une exploitation agricole jouxtant sa partie-Sud a \u00ab mordu \u00bb dans la bande de d\u00e9limitation. Pour la pr\u00e9sente campagne, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019a pas sem\u00e9 sur son terrain. Va-t-il revenir ou a-t-il \u00e9t\u00e9 dissuad\u00e9 par les gestionnaires du CAF ?<\/p>\n<p>Pour l\u2019instant, rien n\u2019est \u00e9vident. \u00ab Notre souhait est qu\u2019il ne revienne plus, puisqu\u2019on devrait laisser une zone tampon entre les unit\u00e9s et les champs \u00bb, lance M. Ou\u00e9draogo. Outre les exploitations agricoles, d\u2019autres types d\u2019agression sont notifi\u00e9s. Il s\u2019agit de ceux qui s\u2019introduisent frauduleusement dans les unit\u00e9s pour couper le bois vert et vendre sous forme de chevrons ou de planches.<\/p>\n<p>D\u2019autres m\u00eame y produisent le charbon de bois, alors qu\u2019aux dires des responsables du CAF, la carbonisation est interdite dans leurs activit\u00e9s. \u00ab La carbonisation absorbe une quantit\u00e9 importante de bois. Le minist\u00e8re en charge de l\u2019environnement ne nous a pas permis de produire du charbon dans le CAF \u00bb, rappelle le pr\u00e9sident de l\u2019UGGF du CAF de Bougnounou, Bitiou Ziba. Il avoue qu\u2019il n\u2019est pas ais\u00e9 pour eux de surveiller pr\u00e8s de 25 000 ha sans que des personnes mal intentionn\u00e9es n\u2019y entrent pour mener des activit\u00e9s proscrites.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi, ils se sont attach\u00e9s les services des forestiers pour aider \u00e0 la s\u00e9curisation du Chantier. \u00ab Nous avons pr\u00e9vu 15 mille F CFA par mois pour leur carburant \u00bb, souffle le directeur technique. Rasman\u00e9 Ou\u00e9draogo ajoute que le CAF organise parfois une action d\u2019envergure avec la police nationale, la gendarmerie et les forestiers pour patrouiller dans les unit\u00e9s et dissuader les contrevenants. La contribution des trois communes (Bougnounou, N\u00e9bielianayou et Dalo) est aussi sollicit\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans leur mission de sensibilisation des populations \u00e0 la protection des for\u00eats, elles re\u00e7oivent chacune la somme de 100 mille F CFA par an. Nonobstant tous ces efforts, l\u2019\u00e9limination des agressions faites aux massifs forestiers demeure une lutte de longue haleine. Le hic est qu\u2019apr\u00e8s 29 ans d\u2019existence, les CAF n\u2019ont toujours pas un statut juridique \u00e0 m\u00eame de garantir leur int\u00e9grit\u00e9 physique. Cela constitue une br\u00e8che ouverte pour des agressions sans frein des for\u00eats prot\u00e9g\u00e9es.<\/p>\n<p>De plus en plus, des villageois r\u00e9clament leurs portions de for\u00eats qui faisaient partie des CAF pour des fins agricoles. La situation est alarmante dans le Chantier de Cassou. En 2015, relate le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral (SG) de l\u2019UGGF, Zach\u00e9e Diasso, certains quartiers de Cassou ont exig\u00e9 le retrait de leurs terres du CAF pour en faire des champs.<\/p>\n<h3>Une protection juridique recommand\u00e9e<\/h3>\n<figure id=\"attachment_60098\" aria-describedby=\"caption-attachment-60098\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-60098\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/frontagriocle4-300x255.gif?resize=300%2C255&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"255\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-60098\" class=\"wp-caption-text\">L\u2019animateur du CAF de Cassou, Luc Nignan : \u00ab nous d\u00e9pensons chaque ann\u00e9e des millions F CFA pour surveiller notre Chantier \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Cela a conduit \u00e0 une lev\u00e9e de boucliers contre les gestionnaires du Chantier.<span style=\"font-family: Verdana, BlinkMacSystemFont, -apple-system, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen, Ubuntu, Cantarell, 'Open Sans', 'Helvetica Neue', sans-serif\">\u00ab Des gens se sont mobilis\u00e9s avec des coutelas pour aller dire au chef du village qu\u2019ils ne veulent plus voir les responsables du CAF dans leurs portions \u00bb, se souvient-il am\u00e8rement. Et l\u2019animateur du Chantier de Cassou, Luc Nignan, de rench\u00e9rir que ce ph\u00e9nom\u00e8ne leur a fait perdre trois unit\u00e9s enti\u00e8res, soit 15 000 ha environ, qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9troc\u00e9d\u00e9es aux populations insurg\u00e9es. A l\u2019entendre, apr\u00e8s Cassou, d\u2019autres villages riverains ont embo\u00eet\u00e9 le pas avec les m\u00eames m\u00e9thodes de revendication et de violence.<\/span><\/p>\n<p>Selon M. Nignan, les raisons les plus souvent avanc\u00e9es par les villageois pour \u00ab grignoter \u00bb les for\u00eats prot\u00e9g\u00e9es sont le manque de terres cultivables. Un alibi, \u00e0 son avis, qui ne tient pas la route. En r\u00e9alit\u00e9, s\u2019offusque-t-il, ceux-ci vendent les portions qu\u2019ils retirent \u00e0 des agrobusiness men afin de s\u2019offrir la belle vie. A cette allure, l\u2019animateur du CAF dit avoir peur que la for\u00eat ne disparaisse du jour au lendemain. \u00ab Il faut que l\u2019Etat prenne ses responsabilit\u00e9s en interdisant la vente des terres, sinon, nous n\u2019y pouvons rien.<\/p>\n<p>Actuellement, la loi n\u2019emp\u00eache pas les autochtones de le faire, sous le pr\u00e9texte que la terre leur appartient \u00bb, mentionne-t-il, impuissant. Dans ce combat pour la protection des formations v\u00e9g\u00e9tales, certains responsables coutumiers ne sont pas rest\u00e9s insensibles. Ils p\u00e8sent parfois de tout leur poids pour d\u00e9samorcer des tensions. Le chef coutumier de Bougnounou, Luc Benao, en fait partie.<\/p>\n<p>\u00ab On ne peut pas laisser d\u00e9truire la for\u00eat qui est un bien pr\u00e9cieux pour nous. Ce sont nos parents qui ont c\u00e9d\u00e9 leurs terres pour constituer le Chantier. Il n\u2019est donc pas question qu\u2019on les retire encore pour des activit\u00e9s agricoles \u00bb, tranche-t-il. En attendant, les membres des CAF comptent sur le soutien des services de l\u2019environnement qui, pour eux, ont le pouvoir de r\u00e9pression. Le pr\u00e9sident de l\u2019UGGF de Bougnounou, Bitiou Ziba, est cat\u00e9gorique.<\/p>\n<p>Il faut sanctionner s\u00e9v\u00e8rement les agresseurs de la for\u00eat. Pour une bonne gestion des CAF, le DP Yabao sugg\u00e8re leur classement et leur immatriculation, l\u2019ach\u00e8vement de la validation de certains plans d\u2019am\u00e9nagement forestier, l\u2019actualisation des contrats de gestion et des cahiers des charges, la r\u00e9vision du prix du st\u00e8re de bois qui est rest\u00e9 inchang\u00e9 depuis 1997, etc. Concernant la s\u00e9curisation, confie-t-il, l\u2019administration foresti\u00e8re, en collaboration avec des partenaires financiers, s\u2019active \u00e0 doter les diff\u00e9rents CAF d\u2019un statut juridique.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Mady KABRE <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Am\u00e9nag\u00e9s en 1993 dans le but de ravitailler les centres urbains en bois de chauffe, de favoriser le d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique des populations locales et de pr\u00e9server la biodiversit\u00e9, les Chantiers d\u2019am\u00e9nagement forestier (CAF) du Ziro font, de nos jours, face \u00e0 des actions anthropiques n\u00e9fastes. 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