{"id":1862,"date":"2023-08-17T21:31:01","date_gmt":"2023-08-17T21:31:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=1862"},"modified":"2023-08-17T21:55:16","modified_gmt":"2023-08-17T21:55:16","slug":"lutte-contre-les-aflatoxines-au-burkina-la-recherche-decontamine-le-mais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/08\/17\/lutte-contre-les-aflatoxines-au-burkina-la-recherche-decontamine-le-mais\/","title":{"rendered":"Lutte contre les aflatoxines au Burkina : la recherche d\u00e9contamine le ma\u00efs"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le ma\u00efs produit au Burkina Faso est souvent fortement contamin\u00e9 par l\u2019aflatoxine, une toxine produite par un groupe de champignons microscopiques (moisissures) appel\u00e9s les Aspergillus de la section flavi dont Aspergillus flavus est la moisissure la plus fr\u00e9quemment incrimin\u00e9e lorsqu\u2019il y a contamination des c\u00e9r\u00e9ales par l\u2019aflatoxine.<\/strong><strong>Dans ce groupe de moisissures, on retrouve aussi Aspergillus parasiticus, Aspergillus nomius\u2026 La prolif\u00e9ration des Aspergillus de la section flavi ainsi que la production des aflatoxines sont plus favoris\u00e9es dans les pays aux conditions climatiques chaudes et humides (Pays africains, Asie du Sud et Am\u00e9rique du Sud).<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019aflatoxine est source de cancer de foie, d\u2019affaiblissement du syst\u00e8me immunitaire, de retard de croissance chez l\u2019enfant\u2026 Il est cependant possible de nos jours de produire du ma\u00efs sans aflatoxine ou de d\u00e9contaminer le ma\u00efs d\u00e9j\u00e0 infest\u00e9 gr\u00e2ce aux efforts de la recherche.<\/p>\n<p>L\u2019aflatoxine est produite par un groupe de champignons microscopiques appel\u00e9s les Aspergillus dont l\u2019esp\u00e8ce la plus fr\u00e9quemment retrouv\u00e9e dans les aliments est Aspergillus flavus qui secr\u00e8te les toxines. On en d\u00e9nombre une vingtaine dont quatre sont les plus dangereuses. Il s\u2019agit des l\u2019aflatoxines B1 et celle B2 produites par l\u2019Aspergillus flavus et des aflatoxines G1 et celle G2 produites par l\u2019Aspergillus parasiticus.<\/p>\n<p>La B1 est la plus canc\u00e9rig\u00e8ne selon les chercheurs. Les aflatoxines M1 et M2 sont pr\u00e9sentes dans le lait et les produits \u00e0 base de lait. Elles sont d\u00e9riv\u00e9es respectivement de l\u2019aflatoxine B1 et de l\u2019aflatoxine B2. Certains ont pens\u00e9 depuis un moment que l\u2019aflatoxine est venue d\u2019ailleurs via les semences ou les aliments import\u00e9s. Mais non, r\u00e9torque Dr Adama N\u00e9ya, chercheur \u00e0 l\u2019Institut de l\u2019environnement et de recherches agricoles (INERA) de Bobo-Dioulasso.<\/p>\n<p>Il indique que le champignon s\u00e9vit de mani\u00e8re naturelle \u00e0 la surface ou dans le sol dans les zones tropicales situ\u00e9es entre le 35\u00b0 Nord et le 35\u00b0 Sud de part et d\u2019autre de l\u2019\u00e9quateur. Le changement climatique accentue les effets de l\u2019aflatoxine dans ces zones y compris les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es qui \u00e9taient \u00e9pargn\u00e9es, fait observer Dr N\u00e9ya. Des produits contamin\u00e9s au Burkina Faso, le ma\u00efs occupe la deuxi\u00e8me position apr\u00e8s l\u2019arachide et la premi\u00e8re au niveau des c\u00e9r\u00e9ales. Le hic est que vue de l\u2019ext\u00e9rieur, la graine de ma\u00efs ne pr\u00e9sente aucun signe visible de contamination.<\/p>\n<p>\u00ab La graine contamin\u00e9e \u00e0 l\u2019aflatoxine n\u2019a pas de saveur, pas d\u2019odeur et pas de couleur particuli\u00e8re \u00bb, affirme Adama N\u00e9ya. De plus, r\u00e9v\u00e8le-t-il, la contamination d\u00e9bute dans les champs d\u00e8s la formation des graines et se poursuit durant la r\u00e9colte et la p\u00e9riode post-r\u00e9colte si les bonnes pratiques ne sont pas appliqu\u00e9es. Plus inqui\u00e9tant encore que cela puisse para\u00eetre, l\u2019aflatoxine n\u2019est pas thermolabile, c\u2019est-\u00e0-dire que la chaleur utilis\u00e9e pour la cuisson des aliments ne peut pas d\u00e9grader compl\u00e8tement la mol\u00e9cule.<\/p>\n<p>\u00ab Pour y parvenir, il faut qu\u2019elle soit chauff\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 environ 269 degr\u00e9s Celsius. Or \u00e0 cette temp\u00e9rature, on obtient du charbon \u00bb, se d\u00e9sole Adama N\u00e9ya, par ailleurs phytopathologiste et sp\u00e9cialiste des maladies des plantes. Du coup, la plupart des aliments \u00e0 base de ma\u00efs sont contamin\u00e9s par l\u2019aflatoxine et exposent ainsi le consommateur \u00e0 de nombreuses maladies parfois mortelles.<\/p>\n<p>Dr N\u00e9ya cite, \u00e0 cet effet, le cancer de foie, l\u2019affaiblissement du syst\u00e8me immunitaire de l\u2019homme ou de l\u2019animal, la baisse de la production avicole, la r\u00e9duction de la taille de l\u2019enfant sans oublier que son d\u00e9veloppement psycho-mental peut \u00eatre affect\u00e9. Pr Ollo Roland Som\u00e9, chirurgien-canc\u00e9rologue au Centre hospitalier universitaire Souro Sanon (CHU-SS) de Bobo-Dioulasso, pr\u00e9cise de son c\u00f4t\u00e9 que si le stock d\u2019aflatoxine cohabite avec l\u2019h\u00e9patite B dans l\u2019organisme, cela peut pr\u00e9cipiter le cancer.<\/p>\n<p>Fulbert Niki\u00e8ma, directeur du contr\u00f4le des aliments et de la nutrition appliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019Agence nationale de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire, de l\u2019environnement, de l\u2019alimentation et du travail (ANSSEAT), dit traquer le risque au maximum lors des contr\u00f4les. Pour lui, les analyses toxicologiques effectu\u00e9es sur le ma\u00efs ne se limitent pas \u00e0 la recherche de l\u2019aflatoxine mais aussi l\u2019ochratoxine qui attaque les reins avec une possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9voluer en insuffisance r\u00e9nale.<\/p>\n<p>En somme, il est av\u00e9r\u00e9 que l\u2019aflatoxine met en danger la sant\u00e9 du consommateur. La conviction du Pr Ollo Roland Som\u00e9 est que l\u2019aflatoxine tue beaucoup de personnes en silence. Il signale qu\u2019il existe deux types d\u2019intoxication que sont l\u2019intoxication aig\u00fce et l\u2019intoxication chronique. \u00ab Il arrive que nous mangeons des aliments \u00e0 base de c\u00e9r\u00e9ales ou de l\u2019arachide et ayons mal au ventre.<\/p>\n<p>C\u2019est de l\u2019intoxication aig\u00fce d\u2019aflatoxine que l\u2019organisme arrive \u00e0 g\u00e9rer \u00bb, d\u00e9voile-t-il. En revanche, poursuit-il, l\u2019intoxication chronique repose sur une consommation r\u00e9guli\u00e8re et \u00e0 des doses faibles et biais\u00e9es, d\u2019aliments contamin\u00e9s par l\u2019aflatoxine entrainant \u00e0 la longue des troubles aigus. \u00ab L\u2019organisme entretient cette toxine qui va occasionner des d\u00e9g\u00e2ts \u00e0 long terme et c\u2019est en ce moment qu\u2019on parle de cancer et c\u2019est celui de foie qui est surtout incrimin\u00e9 \u00bb, l\u00e2che le Pr Som\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9conomique, l\u2019aflatoxine est un frein \u00e0 l\u2019exportation. Les produits incrimin\u00e9s sont syst\u00e9matiquement rejet\u00e9s lors des achats institutionnels sur le plan national, sous r\u00e9gional et international. Souleymane Soudr\u00e9, cadre du minist\u00e8re en charge du commerce, est le coordonnateur de l\u2019Unit\u00e9 nationale de mise en \u0153uvre du cadre int\u00e9gr\u00e9 (UNMO-CIR), un programme pilot\u00e9 par plusieurs organismes internationaux qui assistent les pays les moins avanc\u00e9s \u00e0 identifier les secteurs \u00e0 fortes potentialit\u00e9s d\u2019exportation.<\/p>\n<p>Le ma\u00efs burkinab\u00e8 \u00e9tant export\u00e9 dans la sous-r\u00e9gion, il fallait n\u00e9cessairement se pencher<\/p>\n<p>sur cette question afin de donner l\u2019opportunit\u00e9 aux producteurs, aux commer\u00e7ants et aux transformateurs de continuer \u00e0 faire de bonnes affaires dans leur espace communautaire. \u00ab Les acteurs qui sont au niveau de la commercialisation et de la transformation rel\u00e8vent qu\u2019ils ont des difficult\u00e9s parce que le ma\u00efs produit au Burkina Faso ne respecte pas les normes de qualit\u00e9 \u00bb, informe M. Soudr\u00e9.<\/p>\n<h3>De la mise au point de l\u2019aflasafe BF01<\/h3>\n<figure id=\"attachment_1868\" aria-describedby=\"caption-attachment-1868\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1868\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/08\/17\/lutte-contre-les-aflatoxines-au-burkina-la-recherche-decontamine-le-mais\/afla4\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla4.gif?fit=620%2C377&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,377\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"afla4\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Dr Adama N\u00e9ya, chercheur \u00e0 l\u2019INERA\/Bobo-Dioulasso : \u00ab Nous avons beaucoup de contaminations sans sympt\u00f4mes ext\u00e9rieurs \u00bb.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla4.gif?fit=300%2C182&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla4.gif?fit=620%2C377&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-1868\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla4-300x182.gif?resize=300%2C182&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"182\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla4.gif?resize=300%2C182&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla4.gif?resize=150%2C91&amp;ssl=1 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1868\" class=\"wp-caption-text\">Dr Adama N\u00e9ya, chercheur \u00e0 l\u2019INERA\/Bobo-Dioulasso : \u00ab Nous avons beaucoup de contaminations sans sympt\u00f4mes ext\u00e9rieurs \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au regard de son impact n\u00e9gatif sur la sant\u00e9 humaine et animale ainsi que sur l\u2019\u00e9conomie, l\u2019aflatoxine a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat pour la recherche. Des instituts du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), notamment l\u2019Institut de l\u2019environnement et de recherches agricoles (INERA) et l\u2019Institut de recherche en sciences appliqu\u00e9es et technologies (IRSAT) se sont mis en branle.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 leurs travaux, il est d\u00e9sormais possible de nos jours de produire au Burkina Faso du ma\u00efs sans aflatoxine ou de d\u00e9contaminer un ma\u00efs d\u00e9j\u00e0 infest\u00e9. Dr Adama N\u00e9ya explique que tout est parti d\u2019un appel \u00e0 projet comp\u00e9titif lanc\u00e9 en 2009 par l\u2019Institut international d\u2019agriculture tropicale ou International institute of tropical agriculture en anglais (IITA) dont cinq pays \u00e9taient \u00e9ligibles \u00e0 savoir le Nig\u00e9ria qui abrite le si\u00e8ge, le Kenya, le Mozambique, le S\u00e9n\u00e9gal et le Burkina Faso.<\/p>\n<p>En collaboration avec cet institut, il entame ses travaux au cours de la m\u00eame ann\u00e9e. L\u2019IITA s\u2019est inspir\u00e9 d\u2019une exp\u00e9rience am\u00e9ricaine consacr\u00e9e \u00e0 la lutte biologique contre la pr\u00e9sence de l\u2019aflatoxine dans le coton graine et l\u2019arachide. Des explications du Dr Adama N\u00e9ya, les chercheurs de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Arizona aux USA ont d\u00e9couvert que le champignon Aspergillus est compos\u00e9 de deux types de souches : des souches qui se d\u00e9veloppent en grande quantit\u00e9 en secr\u00e9tant la toxine (l\u2019aflatoxine) et d\u2019autres souches qui se d\u00e9veloppent \u00e9galement en grande quantit\u00e9 sans avoir la capacit\u00e9 de secr\u00e9ter la toxine.<\/p>\n<p>A l\u2019\u0153il nu ou sous un microscope ordinaire, les deux souches se ressemblent. Plus loin, les chercheurs ont analys\u00e9 la carte g\u00e9n\u00e9tique de ces deux types de souches. L\u00e0, ils ont trouv\u00e9 un d\u00e9tail important dans l\u2019une des souches. En effet, les souches qui produisent la toxine ont dans leur ADN, un bras qui commande la s\u00e9cr\u00e9tion de la toxine.<\/p>\n<p>En revanche, les souches qui ne produisent pas la toxine n\u2019ont pas ce bras. Partant de l\u00e0, les chercheurs am\u00e9ricains ont r\u00e9ussi \u00e0 utiliser la bonne souche pour combattre la mauvaise. L\u2019IITA, bas\u00e9 au Nigeria, a alors adopt\u00e9 cette technologie et l\u2019a ensuite am\u00e9lior\u00e9e et adapt\u00e9e aux r\u00e9alit\u00e9s africaines. Dr Adama N\u00e9ya se lance dans la collecte des \u00e9chantillons \u00e0 travers le territoire national. Avec l\u2019aide d\u2019un chercheur venu de l\u2019IITA-Nig\u00e9ria, il arrive \u00e0 collecter 256 \u00e9chantillons (sol, graines de ma\u00efs et d\u2019arachide) qui sont envoy\u00e9s \u00e0 l\u2019IITA au Nig\u00e9ria pour conduire des analyses tr\u00e8s pointues.<\/p>\n<p>\u00ab La cartographie du Burkina Faso \u00e9tait de voir si les souches qui ne produisent pas la toxine sont pr\u00e9sentes ou pas ? Le principe de la lutte biologique \u00e9tant qu\u2019on fabrique le produit du Burkina Faso avec les souches locales pr\u00e9sentes dans le pays. Donc un produit biologique n\u2019est homologu\u00e9 pour un pays que si les souches utilis\u00e9es sont pr\u00e9sentes dans ce pays \u00bb, mart\u00e8le Adama N\u00e9ya.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude ayant montr\u00e9 que les souches atoxinog\u00e8nes (les souches qui ne produisent pas de toxines) sont pr\u00e9sentes au Burkina Faso, l\u2019IITA proc\u00e8de donc \u00e0 la s\u00e9lection des meilleures souches avant de passer \u00e0 leur multiplication en grand volume. Ces souches sont incorpor\u00e9es dans un support de nature \u00e0 faciliter leur utilisation sur le terrain.<\/p>\n<p>Cette phase aussi appel\u00e9e formulation a consist\u00e9 \u00e0 choisir comme support les graines de sorgho blanc. Pour les emp\u00eacher de pousser comme des semences, elles ont \u00e9t\u00e9 st\u00e9rilis\u00e9es \u00e0 120\u00b0C de sorte \u00e0 tuer leurs germes. Les souches ainsi s\u00e9lectionn\u00e9es sont enrob\u00e9es aux graines de sorgho st\u00e9rilis\u00e9es avec un liant dont le r\u00f4le est de permettre aux souches de bien se coller aux graines.<\/p>\n<p>A ce m\u00e9lange, on y a ajout\u00e9 \u00e9galement un colorant bleu naturel afin de s\u00e9parer la couleur du produit final obtenu de celle de sorgho destin\u00e9 \u00e0 la consommation. Dr N\u00e9ya explique pourquoi les graines de sorgho se sont impos\u00e9es dans le choix du support. \u00abC\u2019est l\u2019ingr\u00e9dient le moins cher en Afrique, disponible \u00e0 tout moment, accessible \u00e0 tous et produit en grande quantit\u00e9 dans de nombreux pays en Afrique.<\/p>\n<p>L\u2019IITA a conduit les tests avec les grains de bl\u00e9, de mil, de ma\u00efs, mais il est ressorti que l\u2019ingr\u00e9dient sur lequel le champignon se d\u00e9veloppe bien, c\u2019est le sorgho et le bl\u00e9. Mais comme le bl\u00e9 n\u2019est pas produit sur de grandes superficies en Afrique, et \u00e0 cause des probl\u00e8mes d\u2019accessibilit\u00e9 et de disponibilit\u00e9, le choix a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 sur le sorgho\u00bb, \u00e9claire-t-il. Ce long processus a donc abouti en 2011 \u00e0 la mise au point d\u2019un produit d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab aflasafe BF01 \u00bb.<\/p>\n<p>Les premiers tests d\u2019efficacit\u00e9 de ce biopesticide ont \u00e9t\u00e9 conduits en 2011 et 2012 puis en 2016 dans des champs de producteurs de ma\u00efs et d\u2019arachide sur des sites repr\u00e9sentatifs des zones agro-\u00e9cologiques du Burkina Faso. Ces travaux ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s en collaboration avec plusieurs organisations paysannes dont l\u2019Union provinciale des professionnels agricoles (UPPA) du Houet et la F\u00e9d\u00e9ration nian zwe (FNZ) dans la Sissili.<\/p>\n<p>Ce biopesticide a \u00e9t\u00e9 finalement homologu\u00e9 lors de la session du Comit\u00e9 sah\u00e9lien des pesticides du Comit\u00e9 permanent inter-Etats de lutte contre la s\u00e9cheresse dans le sahel (CILSS) de juin 2017. Depuis lors, aflasafe BF01 fait son petit bonhomme de chemin.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait au d\u00e9part fabriqu\u00e9 par l\u2019unit\u00e9 aflasafe de l\u2019IITA au Nig\u00e9ria mais depuis 2020, une autre unit\u00e9 de production d\u2019aflasafe (sous licence IITA) est fonctionnelle au S\u00e9n\u00e9gal. Au Burkina Faso, la distribution de ce produit est assur\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 africaine de produits phytosanitaires et d\u2019insecticides (SAPHYTO).<\/p>\n<h3>Comment \u00e7a fonctionne sur le terrain ?<\/h3>\n<figure id=\"attachment_1866\" aria-describedby=\"caption-attachment-1866\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1866\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/08\/17\/lutte-contre-les-aflatoxines-au-burkina-la-recherche-decontamine-le-mais\/afla2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla2.gif?fit=620%2C465&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,465\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"afla2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Agroserv dispose d\u2019un \u00e9quipement de pointe et d\u2019un personnel qualifi\u00e9 pour v\u00e9rifier la qualit\u00e9 de sa mati\u00e8re premi\u00e8re et ses produits finis.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla2.gif?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla2.gif?fit=620%2C465&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-1866\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla2-300x225.gif?resize=300%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla2.gif?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla2.gif?resize=150%2C113&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla2.gif?resize=560%2C420&amp;ssl=1 560w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla2.gif?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla2.gif?resize=265%2C198&amp;ssl=1 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1866\" class=\"wp-caption-text\">Agroserv dispose d\u2019un \u00e9quipement de pointe et d\u2019un personnel qualifi\u00e9 pour v\u00e9rifier la qualit\u00e9 de sa mati\u00e8re premi\u00e8re et ses produits finis.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dr Adama N\u00e9ya indique cependant que l\u2019utilisation d\u2019aflasafe requiert au pr\u00e9alable un minimum de connaissances sur le mode de contamination, une contamination qui commence au champ pendant la f\u00e9condation. De ce fait, il recommande que le produit aflasafe soit appliqu\u00e9 avant cette phase de d\u00e9veloppement de la plante.<\/p>\n<p>Pour cela, conseille-t-il, le producteur doit bien d\u00e9sherber son champ, avoir un sol humide avant de r\u00e9pandre \u00e0 la vol\u00e9e les grains d\u2019aflasafe sur sa parcelle. La quantit\u00e9 recommand\u00e9e est de 10 kg par hectare. Que se passe-t-il une fois que les grains d\u2019aflasafe sont appliqu\u00e9s dans le champ ?<\/p>\n<p>Dr N\u00e9ya d\u00e9voile que ces grains vont rencontrer deux types de souches dans le sol, \u00e0 savoir leurs cousins qui sont comme elles, c\u2019est-\u00e0-dire qui ne produisent pas la toxine et les autres cousins qui secr\u00e8tent la toxine. Les deux cousins vont alors rentrer en comp\u00e9tition, une comp\u00e9tition bas\u00e9e sur la nourriture. La premi\u00e8re nourriture des souches atoxinog\u00e8nes, c\u2019est le grain de sorgho enrob\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir tout mang\u00e9, elles vont se multiplier rapidement et des millions de spores des souches atoxinog\u00e8nes d\u2019Aspergillus flavus vont \u00e9touffer les mauvaises souches. \u00ab Or, si elles ne se d\u00e9veloppent pas, naturellement elles meurent \u00bb, se convainc Dr Adama N\u00e9ya. Toutefois, rien n\u2019est gagn\u00e9 d\u2019avance car le producteur doit associer \u00e0 ce traitement, les bonnes pratiques de r\u00e9colte et de post-r\u00e9colte.<\/p>\n<p>C\u2019est-\u00e0-dire r\u00e9colter \u00e0 la bonne p\u00e9riode, bien trier les \u00e9pis depuis le champ en s\u00e9parant les \u00e9pis sains de ceux qui sont infect\u00e9s et\/ou infest\u00e9s (ne pas ramasser les \u00e9pis en contact avec le sol), bien s\u00e9cher son ma\u00efs sur des b\u00e2ches propres et non \u00e0 m\u00eame le sol, le conditionner dans des sacs propres et les entreposer dans des magasins propres et a\u00e9r\u00e9s tout en \u00e9vitant les infestations par les insectes et les rongeurs.<\/p>\n<p>Si ces pr\u00e9cautions sont respect\u00e9es, souligne Dr N\u00e9ya, il n\u2019y a pas de raison que le ma\u00efs ne soit pas sain. L\u2019application d\u2019aflasafe dans les champs doit toutefois se r\u00e9p\u00e9ter chaque ann\u00e9e selon lui car les souches toxinog\u00e8nes restent malgr\u00e9 tout pr\u00e9sentes dans le sol. Mieux, elles y sont entrain\u00e9es \u00e0 travers les champs voisins non trait\u00e9s par les eaux de ruissellement, le vent, les insectes, les pattes des animaux et m\u00eame via les chaussures du producteur lui-m\u00eame.<\/p>\n<h3>Les huiles essentielles, l\u2019autre rem\u00e8de<\/h3>\n<p>L\u2019aflasafe n\u2019est pas l\u2019unique produit de la recherche qui puisse r\u00e9duire voire \u00e9liminer l\u2019aflatoxine dans le ma\u00efs. Au sein de l\u2019IRSAT, les chercheurs ont d\u00e9velopp\u00e9 d\u2019autres produits ou techniques visant d\u2019une part, \u00e0 combattre les souches aflatoxinog\u00e8nes et de l\u2019autre, \u00e0 d\u00e9contaminer totalement le ma\u00efs d\u00e9j\u00e0 infest\u00e9 par l\u2019aflatoxine.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas au D\u00e9partement substances naturelles (DSN), l\u2019un des quatre d\u00e9partements de l\u2019IRSAT. Le biochimiste-microbiologiste, Dr Ignace Sawadogo, en service dans ce d\u00e9partement, a consacr\u00e9 sa th\u00e8se de doctorat \u00e0 la recherche de solutions contre les moisissures aflatoxinog\u00e8nes et la synth\u00e8se de l\u2019aflatoxine.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1867\" aria-describedby=\"caption-attachment-1867\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1867\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/08\/17\/lutte-contre-les-aflatoxines-au-burkina-la-recherche-decontamine-le-mais\/afla3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla3.gif?fit=620%2C369&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,369\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"afla3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Depuis qu\u2019il utilise aflasafeBF01 dans son champ, le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UPPA-Houet, Souma\u00efla Sanon, dit produire chaque ann\u00e9e du ma\u00efs sans aflatoxine.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla3.gif?fit=300%2C179&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla3.gif?fit=620%2C369&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-1867\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla3-300x179.gif?resize=300%2C179&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"179\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla3.gif?resize=300%2C179&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla3.gif?resize=150%2C89&amp;ssl=1 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1867\" class=\"wp-caption-text\">Depuis qu\u2019il utilise aflasafeBF01 dans son champ, le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UPPA-Houet, Souma\u00efla Sanon, dit produire chaque ann\u00e9e du ma\u00efs sans aflatoxine.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les travaux ont port\u00e9 essentiellement sur l\u2019utilisation des huiles essentielles des plantes aromatiques qu\u2019on rencontre au Burkina Faso, \u00e0 savoir la citronnelle, l\u2019eucalyptus, le Cymbopogon schoenanthus (sompiiga en moor\u00e9), l\u2019Ocimum gratissimum (yulin-gnuuga en moor\u00e9), Lippia multiflora (Wichau).L\u2019objectif \u00e9tait de mettre en \u00e9vidence l\u2019efficacit\u00e9 de ces huiles essentielles non seulement dans la lutte contre les moisissures qui produisent la toxine mais aussi sur la synth\u00e8se de l\u2019aflatoxine.<\/p>\n<p>\u00ab Au terme de l\u2019\u00e9tude, nous avons pu montrer que ces huiles essentielles \u00e0 des concentrations tr\u00e8s faibles, pouvaient inhiber le d\u00e9veloppement de ces moisissures \u00bb, affirme-t-il. L\u2019exp\u00e9rience a aussi consist\u00e9 \u00e0 associer ces huiles essentielles entre elles afin de rechercher une synergie d\u2019actions. Cette synergie entre les huiles permettra d\u2019utiliser \u00e0 des doses encore plus faibles pour lutter contre les moisissures qui produisent l\u2019aflatoxine.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons trouv\u00e9 que la plupart des huiles essentielles utilis\u00e9es agissaient en synergie sur les moisissures productrices d\u2019aflatoxine, notamment Aspergillus flavus et Aspergillus parasiticus \u00bb, indique Dr Sawadogo. Les huiles essentielles ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 test\u00e9es seules ou en association en vue de voir si elles pouvaient inhiber la synth\u00e8se de l\u2019aflatoxine.<\/p>\n<p>\u00abLes r\u00e9sultats des tests nous ont enseign\u00e9s qu\u2019il y avait des huiles essentielles qui agissaient de mani\u00e8re presque indiff\u00e9rente sur le d\u00e9veloppement de la moisissure mais qui emp\u00eachaient cette moisissure de synth\u00e9tiser l\u2019aflatoxine. C\u2019est le cas des huiles essentielles de Lippia multiflora et de Cymbopogon schoenanthus, qui ont inhib\u00e9 la synth\u00e8se de l\u2019aflatoxine \u00e0 des doses plus r\u00e9duites que celles utilis\u00e9es pour inhiber la croissance de la moisissure \u00bb, \u00e9claire Ignace Sawadogo.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9partement a aussi travaill\u00e9 en \u00e9troite collaboration avec le minist\u00e8re en charge du commerce dans le cadre du projet de R\u00e9duction de la contamination du ma\u00efs et sous-produits \u00e0 base de ma\u00efs par les aflatoxines au Burkina Faso (ReCMA-BF). Il \u00e9tait question ici de d\u00e9velopper \u00e0 partir des huiles essentielles, une formulation \u00e0 base des huiles essentielles, utilisable dans la lutte contre la prolif\u00e9ration des moisissures et la d\u00e9contamination du ma\u00efs.<\/p>\n<p>Des r\u00e9sultats tr\u00e8s int\u00e9ressants ont \u00e9t\u00e9 obtenus au bout de cette \u00e9tude. \u00ab Le principe a consist\u00e9 \u00e0 traiter le ma\u00efs avec les formulations et \u00e0 utiliser un lot t\u00e9moin (non trait\u00e9) afin de comparer l\u2019\u00e9volution de la contamination en fonction du temps. Il est ressorti de cette exp\u00e9rience que six mois apr\u00e8s, des taux de rabattement de plus de 80% ont \u00e9t\u00e9 obtenus.<\/p>\n<p>Ce qui est pour nous un r\u00e9sultat satisfaisant qui nous permet de dire que les huiles essentielles peuvent \u00eatre utilis\u00e9es pour faire des formulations et \u00eatre vulgaris\u00e9es \u00e0 grande \u00e9chelle \u00bb, rel\u00e8ve-t-il. A la question de savoir pourquoi la vulgarisation de ces r\u00e9sultats prend-elle encore du temps, Dr Sawadogo r\u00e9pond sans sourciller que la recherche ne doit pas br\u00fbler les \u00e9tapes.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019huile essentielle ne doit pas \u00eatre le seul crit\u00e8re d\u00e9terminant pour autoriser son utilisation dans la lutte contre les moisissures, surtout dans l\u2019agroalimentaire \u00bb, avance-t-il. Ainsi, dit-il, l\u2019\u00e9tape suivante a \u00e9t\u00e9 de d\u00e9montrer que ces huiles ne sont pas toxiques pour l\u2019homme. Puis apr\u00e8s, il y a la phase d\u2019essai en milieu r\u00e9el pour observer le comportement du produit.<\/p>\n<p>\u00ab Ce n\u2019est que lorsque le produit franchira l\u2019ensemble de ces \u00e9tapes avec succ\u00e8s que le produit peut \u00eatre valid\u00e9 avant d\u2019autoriser une large utilisation. Tant que ces \u00e9tapes ne sont pas franchies, il est difficile d\u2019aller dire \u00e0 un producteur, qu\u2019il peut utiliser sans risque le produit. Il faudra que toutes les pr\u00e9cautions soient prises afin d\u2019\u00e9viter que les effets n\u00e9fastes connus avec certains produits de synth\u00e8se ne se reproduisent avec les produits naturels que nous voulons d\u00e9velopper \u00bb, avertit Dr Sawadogo.<\/p>\n<p>Les travaux sont rest\u00e9s bloqu\u00e9s \u00e0 ce stade pour des raisons financi\u00e8res mais il esp\u00e8re qu\u2019avec le concours d\u2019autres bailleurs, l\u2019\u00e9quipe pourra les conduire \u00e0 terme pour le bonheur de tous. \u00ab L\u2019une des difficult\u00e9s qui caract\u00e9risent la recherche est que vous pouvez b\u00e9n\u00e9ficier de financement aupr\u00e8s d\u2019un bailleur pour entamer une recherche, vous aboutissez \u00e0 des r\u00e9sultats int\u00e9ressants mais, il faut trouver d\u2019autres bailleurs qui acceptent de vous accompagner pour poursuivre le travail parce que le bailleur initial a atteint son objectif.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, c\u2019est la course derri\u00e8re les bailleurs. C\u2019est l\u2019une des raisons qui pourrait d\u2019ailleurs expliquer pourquoi la plupart des r\u00e9sultats de recherche s\u2019arr\u00eatent au stade de laboratoire \u00bb, se justifie-t-il. A ceux qui ne croient pas \u00e0 la d\u00e9contamination du ma\u00efs, Ignace Sawadogo les rassure.<\/p>\n<p>\u00ab Le plus souvent, la m\u00e9connaissance des r\u00e9sultats qui existent peut faire croire \u00e0 certaines personnes qu\u2019il n\u2019existe pas de solutions contre ces moisissures et les m\u00e9taboliques secondaires qu\u2019elles produisent \u00bb, l\u00e2che-t-il. Le D\u00e9partement en technologie alimentaire (DTA) de l\u2019IRSAT a aussi pr\u00e9sent\u00e9, dans le cadre du projet ReCMA-BF, les r\u00e9sultats de ses travaux.<\/p>\n<h3>La d\u00e9contamination par les microorganismes<\/h3>\n<p>Il s\u2019agit de techniques de d\u00e9contamination du ma\u00efs et de lutte contre la souche aflatoxinog\u00e8ne. Dr Hamidou Compaor\u00e9, ma\u00eetre de recherches en biochimie-microbiologie-mycologie, \u00e9voque un taux de d\u00e9contamination allant jusqu\u2019\u00e0 100%. La technique consiste \u00e0 isoler \u00e0 partir d\u2019aliments ferment\u00e9s comme le soumbala, le bikalga, le fura et le lait caill\u00e9, des Bacillus et des Lactobacillus qui sont des microorganismes non toxiques pour l\u2019homme.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1865\" aria-describedby=\"caption-attachment-1865\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1865\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/08\/17\/lutte-contre-les-aflatoxines-au-burkina-la-recherche-decontamine-le-mais\/afla-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla.gif?fit=620%2C623&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,623\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"afla\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;L\u2019aflasafe BF01 permet aux producteurs de r\u00e9colter du ma\u00efs sain. &lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla.gif?fit=300%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla.gif?fit=620%2C623&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-1865\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla-300x300.gif?resize=300%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla.gif?resize=300%2C301&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla.gif?resize=150%2C151&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla.gif?resize=418%2C420&amp;ssl=1 418w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1865\" class=\"wp-caption-text\">L\u2019aflasafe BF01 permet aux producteurs de r\u00e9colter du ma\u00efs sain.<\/figcaption><\/figure>\n<p>De l\u2019avis du Dr Compaor\u00e9, ces micro-organismes sont capables non seulement de combattre la souche de la moisissure qui secr\u00e8te la toxine mais \u00e9galement de d\u00e9grader l\u2019aflatoxine qui se trouve d\u00e9j\u00e0 dans le ma\u00efs. A la faveur du projet ReCMA-BF, une d\u00e9monstration de l\u2019efficacit\u00e9 de cette technique a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 travers plusieurs tests de d\u00e9contamination.<\/p>\n<p>La phase pilote a \u00e9t\u00e9 conduite par des \u00e9tudiants-stagiaires sur le site de l\u2019INERA-Kamboins\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie-nord de Ouagadougou. Les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 cet effet confortent le chercheur qu\u2019il est sur une bonne voie avec des taux de rabattement qui sont compris entre 80 et 100%. \u00ab La phase pilote que nous avons r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Kamboins\u00e9, nous l\u2019avons encore reprise avec une quantit\u00e9 importante d\u2019\u00e9chantillons et nous sommes parvenus au m\u00eame r\u00e9sultat \u00bb, assure Dr Hamidou Compaor\u00e9.<\/p>\n<p>En clair, il estime qu\u2019il y a des \u00e9chantillons sur lesquels il n\u2019y a plus d\u2019aflatoxine et de moisissures pr\u00e9sentes. Ce qui veut dire, se r\u00e9jouit-il, que le ma\u00efs est devenu 100% sain. C\u2019est aussi la preuve selon lui, que l\u2019on peut faire des formulations en enrobant, par exemple, ces micro-organismes sur les graines de ma\u00efs avant de les semer dans le champ. En tous les cas, il estime que la formulation peut \u00eatre test\u00e9e directement au champ ou sur le ma\u00efs d\u00e9j\u00e0 contamin\u00e9.<\/p>\n<p>La fin du projet ReCMA-BF en 2022 a port\u00e9 un coup d\u2019arr\u00eat \u00e0 ses travaux car les formulations n\u2019ont pas pu \u00eatre peaufin\u00e9es. \u00ab Il y a quatre masters et deux doctorants qui travaillent sur le ma\u00efs contamin\u00e9 \u00e0 l\u2019aflatoxine et aussi sur l\u2019arachide. J\u2019ai espoir qu\u2019on va aboutir \u00e0 de bons r\u00e9sultats \u00bb, croit-il. Dr Compaor\u00e9 exhorte les personnes de bonne volont\u00e9 \u00e0 apporter leur appui financier pour permettre \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de finaliser ce projet ambitieux. \u00ab<\/p>\n<p>Nous avons obtenu en 2022, un financement de pr\u00e8s de 30 millions F CFA sur appel \u00e0 projet du Fonds national de la recherche et de l\u2019innovation pour le d\u00e9veloppement (FONRID) mais ce montant ne sera pas suffisant pour peaufiner les formulations et proc\u00e9der \u00e0 leur vulgarisation \u00bb, d\u00e9plore-t-il. D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, le produit aflasafe fait le bonheur des membres de l\u2019UPPA du Houet.<\/p>\n<p>Il fut accueilli avec beaucoup d\u2019enthousiasme par les membres de la structure qui produisent du ma\u00efs sans aflatoxine dont les gros clients sont le Programme alimentaire mondial (PAM), l\u2019unit\u00e9 de transformation Agroserv industrie SA et la Soci\u00e9t\u00e9 nationale de gestion des stocks de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire (SONAGESS). Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UPPA-Houet, Souma\u00efla Sanon, avance que les membres ont \u00e9t\u00e9 d\u2019abord sensibilis\u00e9s aux effets nocifs de l\u2019aflatoxine avant d\u2019\u00eatre form\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation du produit de traitement.<\/p>\n<p>L\u2019union qui s\u2019est vue doter d\u2019un mat\u00e9riel de contr\u00f4le par le PAM est tr\u00e8s rigoureuse sur la qualit\u00e9 sanitaire du ma\u00efs produit par ses membres. Souma\u00efla Sanon rel\u00e8ve que cette rigueur vise aussi \u00e0 rassurer leurs clients qu\u2019aucun d\u2019entre eux ne produit encore du ma\u00efs contamin\u00e9. La coop\u00e9rative des femmes entrepreneures agricoles de Kour\u00e9mangafesso, dans la commune rurale de Karangasso-Vigu\u00e9 du Houet, a embo\u00eet\u00e9 le pas des professionnels agricoles. Elles ont adopt\u00e9 \u00e0 leur tour aflasafe comme solution \u00e0 la contamination de leur ma\u00efs et leur arachide par l\u2019aflatoxine.<\/p>\n<p>Leur responsable, Aliz\u00e9ta Rouamba, salue cette \u0153uvre de salubrit\u00e9 publique des chercheurs qui leur permet d\u2019\u00e9couler facilement leurs productions. La soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e Agroserv Industrie SA, bas\u00e9e dans la zone industrielle de Kossodo \u00e0 Ouagadougou, est sp\u00e9cialis\u00e9e dans la transformation du ma\u00efs en farine, en semoule et en son. Mais elle n\u2019ach\u00e8te pas n\u2019importe quelle mati\u00e8re premi\u00e8re, rel\u00e8ve Siaka Sanon, le Pr\u00e9sident-directeur g\u00e9n\u00e9ral (P-DG) de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Il dit s\u2019approvisionner aupr\u00e8s des coop\u00e9ratives agricoles qui produisent du ma\u00efs sans aflatoxine. L\u2019entreprise dispose \u00e9galement d\u2019un laboratoire bien \u00e9quip\u00e9 et un personnel qualifi\u00e9 qui v\u00e9rifie minutieusement la qualit\u00e9 de la mati\u00e8re premi\u00e8re utilis\u00e9e pour la transformation.<\/p>\n<p>Le souhait des chercheurs est que tous les r\u00e9sultats soient vulgaris\u00e9s le plus vite possible afin de donner l\u2019opportunit\u00e9 aux producteurs de faire leur choix et de mettre \u00e0 la disposition des consommateurs et des unit\u00e9s de transformation du ma\u00efs respectant les normes de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019ouest (CEDEAO) ou de celles de l\u2019Union europ\u00e9enne (UE).<\/p>\n<p>Les normes admises pour les aflatoxines totales au sein de l\u2019instance communautaire ouest-africaine sont de 15 ppb (parts per billion ou partie par billion) contre 4 ppb pour l\u2019UE. Mais les Brasseries du Burkina Faso (BRAKINA) appliquent une des normes les plus s\u00e9v\u00e8res, \u00e0 savoir 2 ppb. Malheureusement, des analyses ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des taux d\u2019aflatoxine jusqu\u2019\u00e0 517 ppb et 277 ppb respectivement sur des \u00e9chantillons de ma\u00efs et d\u2019arachide produits au Burkina et destin\u00e9s \u00e0 la consommation.<\/p>\n<p>Les technologies mises au point par les chercheurs permettront enfin aux producteurs d\u2019accro\u00eetre leurs revenus et d\u2019am\u00e9liorer leur bien-\u00eatre en acc\u00e9dant aux march\u00e9s exigeants des acheteurs institutionnels (PAM, UNICEF, etc.) sur le plan national, sous r\u00e9gional et international. Et mieux encore, ils pourront eux-m\u00eames consommer des aliments sains et mettre aussi \u00e0 la disposition de la population, des produits agricoles de bonne qualit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Ouamtinga Michel ILBOUDO<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">omichel20@gmail.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le ma\u00efs produit au Burkina Faso est souvent fortement contamin\u00e9 par l\u2019aflatoxine, une toxine produite par un groupe de champignons microscopiques (moisissures) appel\u00e9s les Aspergillus de la section flavi dont Aspergillus flavus est la moisissure la plus fr\u00e9quemment incrimin\u00e9e lorsqu\u2019il y a contamination des c\u00e9r\u00e9ales par l\u2019aflatoxine.Dans ce groupe de moisissures, on retrouve aussi Aspergillus [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1869,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[83,87,89],"tags":[387,58,477,193],"class_list":{"0":"post-1862","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-agriculture","8":"category-developpement","9":"category-la-une-site","10":"tag-aflatoxines","11":"tag-burkina","12":"tag-decontamine","13":"tag-lutte"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/08\/afla5.gif?fit=620%2C374&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paqtIK-u2","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1862","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1862"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1862\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1869"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1862"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1862"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1862"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}