{"id":1951,"date":"2023-10-24T21:07:43","date_gmt":"2023-10-24T21:07:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=1951"},"modified":"2023-10-24T21:07:43","modified_gmt":"2023-10-24T21:07:43","slug":"ennemi-des-cultures-le-striga-lherbe-qui-terrorise-les-producteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/10\/24\/ennemi-des-cultures-le-striga-lherbe-qui-terrorise-les-producteurs\/","title":{"rendered":"Ennemi des cultures : le striga, l\u2019herbe qui \u00ab terrorise \u00bb les producteurs"},"content":{"rendered":"<p><strong>Plante parasite, le striga fait partie des adventices les plus redout\u00e9es des producteurs burkinab\u00e8. Connu sous le nom de waango en moor\u00e9 et s\u00e8guin en dioula, il suce la s\u00e8ve et les nutriments des plantes de c\u00e9r\u00e9ales et cause d\u2019\u00e9normes pertes de rendements. Dans le Centre-Ouest, la lutte engag\u00e9e contre cet ennemi des cultures est sans merci mais elle semble \u00eatre de longue haleine.<\/strong><\/p>\n<p>Au milieu des \u00e9l\u00e9vations, une parcelle agricole s\u2019\u00e9tale. Des plantes de sorgho et de haricot local se disputent une portion de deux hectares et demi. A vue d\u2019\u0153il, le sorgho n\u2019offre pas une physionomie homog\u00e8ne. Il pr\u00e9sente plut\u00f4t le visage d\u2019une brousse tigr\u00e9e. Pendant que certaines plantes sont en croissance normale avec d\u00e9j\u00e0 des \u00e9pis, d\u2019autres sont rest\u00e9es rabougries avec des feuilles jaunies.<\/p>\n<p>Difficile de pronostiquer que celles-ci vont encore produire \u00e0 quelques jours de la fin des pluies. Aux pieds de nombre de plantes, se d\u00e9veloppe une herbe portant des fleurs de couleur violette. On ne la retrouve majoritairement que dans les poquets, se greffant presqu\u2019aux racines des cultures. Il s\u2019agit du striga, cette herbe redout\u00e9e de tous les producteurs burkinab\u00e8 de c\u00e9r\u00e9ales. Il est aussi connu sous le substantif de Waango en moor\u00e9 et Lyne en Ly\u00e9l\u00e9. Cela fait trois ans que Philom\u00e8ne Badolo n\u00e9e Kantiono travaille dans ce champ dont elle est la propri\u00e9taire.<\/p>\n<p>Et depuis lors, elle lutte inlassablement contre cette herbe parasite ou herbe sorci\u00e8re, devenue le principal ennemi de son sorgho. Nous sommes dans la commune de Kyon, \u00e0 une quinzaine de kilom\u00e8tres de R\u00e9o, province du Sangui\u00e9. Ce 13 septembre 2023, c\u2019est avec stup\u00e9faction que Mme Badolo d\u00e9couvre encore une prolif\u00e9ration de jeunes pousses de striga dans son champ. Alors qu\u2019\u00e0 l\u2019entendre, la parcelle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sherb\u00e9e par un groupe d\u2019une cinquantaine de personnes il y a six jours de cela.<\/p>\n<h3>Des herbes \u00ab rebelles \u00bb<\/h3>\n<p>Des propos qui se confirment par l\u2019absence des autres adventices dans la parcelle. Mais le striga, lui, semble invincible. L\u2019air pensif, Philom\u00e8ne avoue ne pas comprendre cette situation. Toutefois, elle ne compte pas baisser les bras devant cet adversaire de taille. Le<\/p>\n<figure id=\"attachment_1954\" aria-describedby=\"caption-attachment-1954\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1954\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/10\/24\/ennemi-des-cultures-le-striga-lherbe-qui-terrorise-les-producteurs\/striga3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga3.gif?fit=620%2C428&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,428\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"striga3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Dr Djibril Yonli, chercheur \u00e0 l&amp;rsquo;INERA : \u00ab La graine du striga peut survivre pr\u00e8s de 14 ans dans le sol \u00bb.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga3.gif?fit=300%2C207&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga3.gif?fit=620%2C428&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-1954\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga3.gif?resize=620%2C428&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"620\" height=\"428\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1954\" class=\"wp-caption-text\">Dr Djibril Yonli, chercheur \u00e0 l&rsquo;INERA : \u00ab La graine du striga peut survivre pr\u00e8s de 14 ans dans le sol \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>pagne solidement nou\u00e9 autour des reins, elle se met \u00e0 affronter de nouveau les herbes \u00ab rebelles \u00bb.Toutes celles qui se dressent sur son passage sont soigneusement mises hors d\u2019\u00e9tat de nuire par un arrachage manuel.<\/p>\n<p>Mais parcourir une superficie de plus de deux hectares ne sera pas une sin\u00e9cure. Mme Badolo soutient avoir constat\u00e9 l\u2019apparition du striga d\u00e8s la cr\u00e9ation de son champ de sorgho. En application des m\u00e9thodes de lutte enseign\u00e9es par les techniciens de l\u2019agriculture, elle opte pour la rotation culturale en y semant l\u2019ann\u00e9e suivante l\u2019arachide et le ni\u00e9b\u00e9. \u00ab J\u2019ai constat\u00e9 que le striga a encore pouss\u00e9 dans la parcelle de sorgho. En revanche, il n\u2019\u00e9tait pas dans les arachides et le ni\u00e9b\u00e9 \u00bb, fait-elle remarquer.<\/p>\n<p>L\u2019an pass\u00e9, l\u2019herbe parasite a fortement endommag\u00e9 le sorgho de Philom\u00e8ne Badolo, \u00e0 tel point qu\u2019elle n\u2019a pas pu r\u00e9colter grand-chose. Pour ne pas revivre cette exp\u00e9rience am\u00e8re, elle a pratiqu\u00e9 le za\u00ef dans son champ et fertilis\u00e9 les poquets avec la fumure organique avant d\u2019entamer la pr\u00e9sente campagne agricole. \u00ab C\u2019est ce qui fait que le striga n\u2019a pas beaucoup impact\u00e9 les plantes \u00bb, se convainc-t-elle.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, elle reconnait que les rendements escompt\u00e9s ne seront pas atteints, parce que la mauvaise herbe a d\u00e9j\u00e0 eu raison d\u2019une partie du sorgho. A environ deux kilom\u00e8tres du champ de Philom\u00e8ne, Richard Badolo, Jean Badolo et Babou Bationo m\u00e8nent le m\u00eame combat dans leurs champs respectifs. Chacun d\u2019eux a fait le dernier sarclage dans son exploitation de c\u00e9r\u00e9ales mais le striga est toujours pr\u00e9sent, implacable. Comme des champignons, il \u00e9merge \u00e0 tout bout de champ au milieu des plantes h\u00f4tes.<\/p>\n<p>Dans sa parcelle de deux hectares, Richard n\u2019esp\u00e8re pas dix sacs de 100 kg de sorgho. La seule m\u00e9thode de lutte \u00e0 sa connaissance est l\u2019arrachage manuel. Mais il ne peut le faire qu\u2019apr\u00e8s une grosse pluie qui va rendre le sol bien humide. Idem pour Jean et Babou qui profitent des travaux communautaires pour se d\u00e9barrasser de l\u2019herbe parasite. \u00ab Le striga est tr\u00e8s dangereux. Si on ne l\u2019arrache pas, il peut d\u00e9truire tout le champ \u00bb, pr\u00e9vient Jean.Avec ses quatre hectares de sorgho, Babou nourrissait l\u2019espoir d\u2019en r\u00e9colter une quinzaine de tonnes.<\/p>\n<p>Mais avec la pr\u00e9sence du striga il sera difficile pour lui d\u2019atteindre cette quantit\u00e9. Autre lieu, m\u00eame r\u00e9alit\u00e9. A Sabou, \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de Koudougou, province du Boulkiemd\u00e9, les producteurs sont \u00e9galement dans la tourmente. Ils ne savent que faire du striga qui envahit leurs cultures. Tibi Mathieu Zongo, la soixantaine, multiplie les op\u00e9rations d\u2019arrachage en vue de bouter l\u2019herbe ravageuse hors de son domaine agricole. Mais en vain. Cette herbe \u00ab t\u00eatue \u00bb semble \u00eatre la b\u00eate noire des producteurs.<\/p>\n<p>Pour minimiser les pertes de rendements, M. Zongo a mis l\u2019accent sur la fertilisation par la fumure organique et les engrais min\u00e9raux (ur\u00e9e et NPK). Gr\u00e2ce \u00e0 son abn\u00e9gation, les techniciens de l\u2019agriculture l\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er des champs-\u00e9cole dans son exploitation de sept hectares dont deux sont r\u00e9serv\u00e9s au sorgho. Sur une portion du champ qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fertilis\u00e9e, faute de moyens, les effets du Striga sont d\u00e9j\u00e0 visibles. On observe une chlorose de l&rsquo;\u00e9tat physique des plantes de sorgho. \u00ab Sans les engrais, on ne peut rien r\u00e9colter \u00bb, affirme Tibi Mathieu. A l\u2019image de ces acteurs, ils sont nombreux les producteurs de la r\u00e9gion du Centre-Ouest \u00e0 souffrir le martyre de l\u2019invasion de leurs champs par le striga.<\/p>\n<h3>Tout le Centre-Ouest infest\u00e9<\/h3>\n<p>Joseph Zoma est celui qui s\u2019occupe de la protection des v\u00e9g\u00e9taux \u00e0 la direction r\u00e9gionale en charge de l\u2019agriculture du Centre-Ouest. A l\u2019\u00e9couter, toute la r\u00e9gion est infest\u00e9e par cette plante parasite qui s&rsquo;attaque particuli\u00e8rement au sorgho, au mil, au ma\u00efs, et m\u00eame au riz. Aux dires de M. Zoma, cela est d\u00fb en partie \u00e0 la pauvret\u00e9 des sols. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de toujours les fertiliser.<\/p>\n<p>Selon Dr Djibril Yonli, chercheur \u00e0 l&rsquo;Institut de l\u2019environnement et de recherches agricoles (INERA), le striga attaque les cultures h\u00f4tes surtout par le syst\u00e8me racinaire. Il rapporte qu\u2019un inventaire a permis de r\u00e9pertorier 13 esp\u00e8ces de striga au Burkina Faso, parmi<\/p>\n<figure id=\"attachment_1953\" aria-describedby=\"caption-attachment-1953\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1953\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/10\/24\/ennemi-des-cultures-le-striga-lherbe-qui-terrorise-les-producteurs\/striga2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga2.gif?fit=620%2C367&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,367\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"striga2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Tibi Mathieu Zongo en plein arrachage de striga dans son champ de sorgho \u00e0 Sabou.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga2.gif?fit=300%2C178&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga2.gif?fit=620%2C367&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-1953\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga2.gif?resize=620%2C367&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"620\" height=\"367\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1953\" class=\"wp-caption-text\">Tibi Mathieu Zongo en plein arrachage de striga dans son champ de sorgho \u00e0 Sabou.<\/figcaption><\/figure>\n<p>lesquelles deux sont les plus r\u00e9pandues et affectent s\u00e9v\u00e8rement la production agricole. \u00ab Il y a une esp\u00e8ce qui attaque les cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res qu&rsquo;on appelle striga hermonthica et une autre qui affecte les l\u00e9gumineuses du nom de striga gesnerioides\u00bb, pr\u00e9cise le sp\u00e9cialiste du striga, \u00e9galement ma\u00eetre de recherche en malherbologie.<\/p>\n<p>En termes de distribution g\u00e9ographique, Dr Yonli affirme que les esp\u00e8ces de striga se retrouvent partout sur le territoire national, mais avec une forte infestation et une s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9e dans les zones du Plateau central, du Sahel et de l&rsquo;Est. Par rapport \u00e0 son impact sur l\u2019agriculture, le malherbologue estime qu\u2019il est catastrophique. Selon lui, des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que quand une parcelle est fortement attaqu\u00e9e, les pertes peuvent aller de 40% jusqu&rsquo;\u00e0 100%.<\/p>\n<p>\u00ab En 2006, une \u00e9tude a montr\u00e9 qu&rsquo;au Burkina Faso, les pertes de rendements \u00e9taient de 700 000 \u00e0 800 000 tonnes pour le sorgho et le mil seulement \u00bb, informe Dr Yonli. Il signale par ailleurs que les esp\u00e8ces les plus affect\u00e9es par le striga hermonthica sont d&rsquo;abord le sorgho, ensuite le mil, le ma\u00efs et en quatri\u00e8me position le riz pluvial. Concernant le striga gesnerioides, c\u2019est principalement le ni\u00e9b\u00e9 qu\u2019il attaque.<\/p>\n<p>Ce constat est \u00e9galement fait dans les champs o\u00f9 des touffes de cette esp\u00e8ce de striga \u00e9mergent aux pieds du haricot local. Pour venir \u00e0 bout de ces plantes parasites, les techniciens conseillent la lutte physique \u00e0 travers l&rsquo;arrachage \u00e0 temps, c\u2019est-\u00e0-dire avant la floraison des plantes du striga, le sarclage profond et la fertilisation par le fumier et les engrais min\u00e9raux. Il en est de m\u00eame de la rotation culturale avec l\u2019intervention de faux h\u00f4tes du striga comme le coton ou les arachides.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration d\u2019arrachage est tellement complexe que Dr Yonli recommande de rassembler les plantes de striga d\u00e9racin\u00e9es hors de la parcelle et d\u2019y mettre le feu. A son avis, la m\u00e9thode qui promet actuellement est la lutte g\u00e9n\u00e9tique avec le d\u00e9veloppement des vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes de sorgho. Mais l\u00e0 aussi, \u00e7a coince toujours. Car, argumente-t-il, il existe beaucoup plus de vari\u00e9t\u00e9s tol\u00e9rantes que de vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes. Les vari\u00e9t\u00e9s tol\u00e9rantes, clarifie-t-il, permettent \u00e0 la plante parasite d&rsquo;\u00e9merger, mais sans pouvoir affecter leur production potentielle.<\/p>\n<h3>La lutte int\u00e9gr\u00e9e pr\u00e9conis\u00e9e<\/h3>\n<p>Alors que les vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes ne permettent presque pas l&rsquo;\u00e9mergence de la plante parasite ou si elle venait \u00e0 appara\u00eetre, ce sera en petite quantit\u00e9 qu\u2019elle ne pourra pas impacter sur leur production. \u00ab Actuellement, il y a des vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes telles que le sorgho N13 qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es. Malheureusement en termes de valeur organoleptique, \u00e7a ne va pas \u00bb, indique Dr Yonli. Selon ses dires, beaucoup d&rsquo;activit\u00e9s de recherche sont en cours pour mettre au point des vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes, mais le bout du tunnel n&rsquo;est pas pour bient\u00f4t.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la lutte chimique, le chercheur note qu\u2019elle demande du mat\u00e9riel sophistiqu\u00e9 et n\u2019est pas \u00e0 la port\u00e9e des producteurs burkinab\u00e8. Des arguments qui laissent deviner que le combat engag\u00e9 contre le striga sera de longue haleine. Pourra-t-on vaincre un jour ce mal au Burkina ? A cette pr\u00e9occupation, Dr Yonli r\u00e9pond par l\u2019affirmative mais \u00e0 condition que le pays d\u00e9ploie de gros moyens. Puisque, rel\u00e8ve-t-il, la complexit\u00e9 de la lutte est li\u00e9e aux sp\u00e9cificit\u00e9s biologiques du striga dont la capacit\u00e9 de survie des graines dans le sol est d\u2019environ 14 ans.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1955\" aria-describedby=\"caption-attachment-1955\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"1955\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/10\/24\/ennemi-des-cultures-le-striga-lherbe-qui-terrorise-les-producteurs\/striga4\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga4.gif?fit=620%2C656&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,656\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"striga4\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Philom\u00e8ne Badolo\/Kantiono, productrice \u00e0 Kyon : \u00ab Il faut que le minist\u00e8re en charge de l\u2019agriculture se penche sur le cas du striga \u00bb.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga4.gif?fit=284%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga4.gif?fit=620%2C656&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-1955\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/10\/striga4.gif?resize=620%2C656&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"620\" height=\"656\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1955\" class=\"wp-caption-text\">Philom\u00e8ne Badolo\/Kantiono, productrice \u00e0 Kyon : \u00ab Il faut que le minist\u00e8re en charge de l\u2019agriculture se penche sur le cas du striga \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>M\u00eame s\u2019il estime que l\u2019espoir est permis dans la lutte contre l\u2019herbe parasite, Joseph Zoma reconnait aussi que ce ne sera pas chose ais\u00e9e. Il d\u00e9nonce l\u2019ent\u00eatement de certains producteurs qui utilisent des herbicides \u00e0 base de glyphosate pour combattre le striga. \u00ab Alors que nous conseillons les m\u00e9thodes agronomiques, physiques et prophylactiques \u00bb, rappelle M. Zoma. A en croire le pr\u00e9sident de la Chambre r\u00e9gionale d\u2019agriculture (CRA) du Centre-Ouest, Madi Kondombo, dans un pass\u00e9 lointain, les producteurs se servaient d\u2019une plante sauvage et vivace du nom de Desmodium pour combattre le striga.<\/p>\n<p>Malheureusement, d\u00e9plore-t-il, l\u2019esp\u00e8ce a disparu de nos jours \u00e0 cause de l\u2019utilisation abusive des produits chimiques. Pour l\u2019instant, c\u2019est la lutte int\u00e9gr\u00e9e, s\u2019appuyant sur plusieurs m\u00e9thodes, que la recherche pr\u00e9conise comme alternative. Selon les explications de Dr Yonli, il faut appliquer plusieurs m\u00e9thodes sur la m\u00eame parcelle pendant une dizaine d\u2019ann\u00e9es, avant d\u2019observer les r\u00e9sultats escompt\u00e9s. Car, d\u00e9voile-t-il, la capacit\u00e9 de reproduction du Striga est tr\u00e8s grande, \u00e0 telle enseigne qu\u2019un seul pied peut g\u00e9n\u00e9rer plus de 100 000 graines qui seront enfouies dans le sol. Malgr\u00e9 tout, les producteurs ne s\u2019avouent pas vaincus devant cet \u00ab ennemi commun \u00bb qui r\u00e9siste pour le moment \u00e0 tous les traitements.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Mady KABRE<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plante parasite, le striga fait partie des adventices les plus redout\u00e9es des producteurs burkinab\u00e8. Connu sous le nom de waango en moor\u00e9 et s\u00e8guin en dioula, il suce la s\u00e8ve et les nutriments des plantes de c\u00e9r\u00e9ales et cause d\u2019\u00e9normes pertes de rendements. 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