{"id":1979,"date":"2023-11-24T21:41:24","date_gmt":"2023-11-24T21:41:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=1979"},"modified":"2023-11-22T21:49:04","modified_gmt":"2023-11-22T21:49:04","slug":"prosper-zemba-dg-des-productions-vegetales-loffensive-agropastorale-est-une-politique-tres-ambitieuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2023\/11\/24\/prosper-zemba-dg-des-productions-vegetales-loffensive-agropastorale-est-une-politique-tres-ambitieuse\/","title":{"rendered":"Prosper Zemba, DG des productions v\u00e9g\u00e9tales : \u00ab l\u2019offensive agropastorale est une politique tr\u00e8s ambitieuse \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>Dans le cadre de l\u2019offensive agropastorale, le minist\u00e8re en charge de l\u2019agriculture compte atteindre l\u2019autosuffisance alimentaire d\u2019ici \u00e0 2025. A cet effet, plusieurs actions sont engag\u00e9es en vue de parvenir aux r\u00e9sultats escompt\u00e9s. Dans les lignes qui suivent, le Directeur g\u00e9n\u00e9ral (DG) des productions v\u00e9g\u00e9tales, Prosper Zemba, d\u00e9voile toutes les mesures prises pour accompagner la mise en \u0153uvre r\u00e9ussie du projet. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Carrefour africain (C.A.) : Quelles sont les missions et les attributions assign\u00e9es \u00e0 votre direction?<\/strong><\/p>\n<p><strong> Prosper Zemba (P.Z.) :<\/strong> La Direction g\u00e9n\u00e9rale des productions v\u00e9g\u00e9tales (DGPV) a pour principale mission de contribuer au d\u00e9veloppement durable des productions agricoles. Et pour pouvoir mener \u00e0 bien cette mission, elle a donc de nombreuses attributions. Parmi les plus importantes, il y a la contribution \u00e0 \u00e9laborer et \u00e0 mettre en \u0153uvre les projets de d\u00e9veloppement de production agricole. Mais aussi de travailler \u00e0 mettre \u00e0 la disposition des producteurs des intrants et des \u00e9quipements de qualit\u00e9 ; de veiller au respect de la r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019intrants, de pesticides et d\u2019\u00e9quipements agricoles.<\/p>\n<p>Une autre mission phare est de veiller au contr\u00f4le de la qualit\u00e9 des produits agricoles et agroalimentaires dans les postes frontaliers, dans les a\u00e9rogares et aussi au niveau des a\u00e9roports. Et enfin, une derni\u00e8re mission est de promouvoir la vulgarisation agricole au profit des producteurs. A travers cette derni\u00e8re mission, c\u2019est d\u2019apprendre aux producteurs les bonnes pratiques agricoles de production en vue d\u2019intensifier la production agricole.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Y a-t-il une synergie d\u2019actions entre votre direction et les autres structures de contr\u00f4le des denr\u00e9es alimentaires au niveau des fronti\u00e8res ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>P.Z. :<\/strong> A ce titre, nous avons des coll\u00e8gues qui sont form\u00e9s et qui ont un \u00e9quipement minimum pour pouvoir effectuer eux-m\u00eames quelques tests au niveau des fronti\u00e8res. Avec l\u2019appui du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et de certains partenaires, nous avons eu des \u00e9quipements pour tester l\u2019iode et l\u2019humidit\u00e9 au niveau du sel, le fer au niveau des huiles et l\u2019aflatoxine dans certains produits alimentaires dans les fronti\u00e8res. Ce sont des kits de d\u00e9tection rapide qui leur permettent de s\u2019assurer que les produits sont de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Maintenant, s\u2019il y a des doutes, des pr\u00e9l\u00e8vements sont effectu\u00e9s et envoy\u00e9s dans des laboratoires, notamment le laboratoire national de sant\u00e9 publique qui est devenu aujourd\u2019hui l\u2019Agence nationale pour la s\u00e9curit\u00e9 sanitaire de l\u2019environnement, de l\u2019alimentation, du travail et des produits de sant\u00e9 (ANSSEAT) qui nous appuie aussi pour l\u2019analyse de certains \u00e9chantillons. Mais \u00e0 terme, le minist\u00e8re en charge de l\u2019agriculture est en train de construire un laboratoire d\u2019analyse des produits agroalimentaires afin de pouvoir se doter de tout le plateau technique pour faire toutes les analyses. Ce laboratoire est presque achev\u00e9.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Le minist\u00e8re en charge de l\u2019agriculture s\u2019est lanc\u00e9 dans une offensive agropastorale. Quelle sera la contribution de votre direction \u00e0 la mise en \u0153uvre de ce projet ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>P.Z. :<\/strong> L\u2019offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 est une initiative des plus hautes autorit\u00e9s du minist\u00e8re dans le but d\u2019atteindre l\u2019autosuffisance alimentaire au Burkina Faso \u00e0 l\u2019horizon 2025. C\u2019est une politique qui est tr\u00e8s ambitieuse et nous avons mis les petits plats dans les grands pour atteindre cet objectif. La DGPV a donc une part importante dans cette activit\u00e9. Chez nous, c\u2019est de travailler \u00e0 ce que les intrants, notamment les semences, les engrais, soient disponibles en quantit\u00e9 et en qualit\u00e9 pour intensifier la production agricole.<\/p>\n<p>A ce titre, il y a des innovations qu\u2019il faut faire pour cette mise \u00e0 disposition. Il faut notamment travailler \u00e0 ce que la Centrale d\u2019approvisionnement en intrants et mat\u00e9riels agricoles (CAIMA) puisse \u00eatre une structure plus professionnelle. Nous allons donc renforcer leurs capacit\u00e9s. Aussi, une synergie sera cr\u00e9\u00e9e entre la CAIMA et la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019exploitation des phosphates du Burkina (SEPB) qui a une unit\u00e9 de production d\u2019engrais \u00e0 Koup\u00e8la. Et ces deux structures vont travailler en tandem afin de mettre \u00e0 la disposition des producteurs les engrais n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Et pour cela, la SEPB verra sa capacit\u00e9 d\u2019acquisition des facteurs de production accrue. Un autre \u00e9l\u00e9ment \u00e0 apporter est la formation des acteurs. A ce niveau, la DGPV sera \u00e0 pied d\u2019\u0153uvre pour accompagner les producteurs et mettre les bonnes pratiques agricoles au c\u0153ur de leurs activit\u00e9s. Dans l\u2019offensive agropastorale, il y a de nouvelles cultures, notamment le bl\u00e9 qui est m\u00e9connu des acteurs. Il y aura donc des renforcements de capacit\u00e9s, des accompagnements rapproch\u00e9s pour que les acteurs puissent d\u00e9velopper les comp\u00e9tences qu\u2019il leur faut pour r\u00e9ussir la production du bl\u00e9.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Chaque ann\u00e9e, le probl\u00e8me du respect des d\u00e9lais de livraison des intrants agricoles se pose. Pouvez-vous rassurer les producteurs que cette ann\u00e9e, ils vont arriver \u00e0 temps ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>P.Z. :<\/strong> Il faut noter que les intrants agricoles ne sont pas produits au Burkina Faso. Le pays n\u2019ayant pas un acc\u00e8s \u00e0 la mer, \u00e7a rend difficile notre approvisionnement. Alors, pour r\u00e9soudre d\u00e9finitivement ces questions, les autorit\u00e9s ont pris la mesure de constituer un stock de s\u00e9curit\u00e9 au niveau des engrais. Et cela, \u00e0 l\u2019image des stocks de s\u00e9curit\u00e9 de la SONAGESS (Ndlr : Soci\u00e9t\u00e9 nationale de gestion des stocks de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire) et les structures qui g\u00e8rent la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p>Nous allons aussi nous doter d\u2019un stock de s\u00e9curit\u00e9 pour les engrais. De telle sorte que nous allons faire des rotations. Pour l\u2019ann\u00e9e N, les engrais vont sortir de notre stock pour alimenter le besoin des producteurs. Pendant ce temps, de nouvelles acquisitions viendront renforcer le stock qui est d\u00e9j\u00e0 existant. L\u00e0, m\u00eame si nous avons des perturbations sur le march\u00e9, nous ne serons pas fortement impact\u00e9s. C\u2019est d\u2019abord la premi\u00e8re mesure prise par les autorit\u00e9s. La deuxi\u00e8me mesure concerne l\u2019arrimage CAIMA-SEPB qui va aussi permettre de faciliter l\u2019acquisition des intrants, mais aussi l\u2019approvisionnement des intrants au profit de la SEPB \u00e0 travers le renforcement de leurs capacit\u00e9s financi\u00e8res.<\/p>\n<p>A ce niveau, l\u2019Etat va encore les accompagner \u00e0 acheter de grandes quantit\u00e9s de mati\u00e8res premi\u00e8res sur le march\u00e9 international. De telle sorte que les engrais qui vont sortir de l\u2019unit\u00e9 de Koup\u00e8la puissent se vendre \u00e0 des prix assez bas au profit des producteurs. Pour la campagne agricole humide \u00e0 venir, il y a eu d\u00e9j\u00e0 des anticipations sur les acquisitions des engrais. Je pense que tout cela va renforcer la mise \u00e0 disposition des intrants aux producteurs \u00e0 temps.<\/p>\n<p><strong>C.A. : L\u2019unit\u00e9 de Koup\u00e8la a-t-elle une capacit\u00e9 de production \u00e0 m\u00eame de satisfaire la demande ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>P.Z. :<\/strong>Non. Parce qu\u2019elle vient de d\u00e9marrer et elle n\u2019a pas encore atteint son plein r\u00e9gime. Et pour cela, il lui faut une mise \u00e0 niveau en mati\u00e8re d\u2019\u00e9quipements mais aussi en mati\u00e8re financi\u00e8re pour lui permettre d\u2019acheter les intrants. Les facteurs de production ont un co\u00fbt sur le march\u00e9 et il faut donc pouvoir les acheter pour transformer.<\/p>\n<p><strong>C.A. : L\u2019offensive est venue apr\u00e8s l\u2019initiative pr\u00e9sidentielle. Aussit\u00f4t n\u00e9e, elle a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e. Est-ce qu\u2019il n\u2019y a pas une sorte de pr\u00e9cipitation \u00e0 votre niveau ?<\/strong><\/p>\n<p><strong> P.Z. : Je<\/strong> ne crois pas qu\u2019il y ait une pr\u00e9cipitation. L\u2019initiative pr\u00e9sidentielle est une action de la plus haute autorit\u00e9 du pays, notamment le chef de l\u2019Etat, qui vise \u00e0 accompagner le secteur agricole pour son d\u00e9veloppement. Parce que nous avons mis en place des politiques depuis des ann\u00e9es, mais les r\u00e9sultats \u00e9taient mitig\u00e9s. Et c\u2019\u00e9tait aussi sa contribution de donner un \u00e9lan \u00e0 la production agricole pour atteindre l\u2019autosuffisance alimentaire.<\/p>\n<p>Au vu de cela, avec le nouveau ministre, le commandant Isma\u00ebl Sombi\u00e9, il y a eu des r\u00e9flexions pour essayer de faire les choses autrement. Comme on le dit, on ne peut pas faire du neuf avec du vieux, car les m\u00eames actions vont toujours conduire au m\u00eame r\u00e9sultat. On a voulu donc avoir une approche assez diff\u00e9rente de ce qui \u00e9tait fait dans le temps. Et c\u2019est ce qui a valu l\u2019\u00e9laboration de l\u2019offensive agropastorale pour tenir compte de plusieurs produits strat\u00e9giques dont le Burkina Faso est d\u00e9pendant. Il s\u2019agit notamment du riz, du poisson, de la pomme de terre, du bl\u00e9, etc. que nous importons en grande quantit\u00e9.<\/p>\n<p>Au regard des enjeux internationaux et sous r\u00e9gionaux, on peut \u00eatre confront\u00e9 \u00e0 un probl\u00e8me d\u2019approvisionnement de ces produits si jamais les fronti\u00e8res sont ferm\u00e9es. Il faut donc compter sur nos propres capacit\u00e9s \u00e0 nourrir le Burkina Faso. C\u2019est pour cela que ces produits ont \u00e9t\u00e9 choisis pour une production \u00e0 grande \u00e9chelle, afin de satisfaire les besoins du pays. C\u2019est pour dire que ces deux actions ne sont pas antagonistes. Elles se compl\u00e8tent et se renforcent afin de contribuer \u00e0 l\u2019atteinte de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de l\u2019autosuffisance alimentaire au Burkina Faso.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Le march\u00e9 burkinab\u00e8 est souvent envahi par des intrants agricoles frauduleux. Qu\u2019est-ce qui est fait \u00e0 votre niveau pour lutter contre cette pratique ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>P.Z. :<\/strong> La fraude et la contrefa\u00e7on sont un ph\u00e9nom\u00e8ne qui a la peau dure. Ce sont des groupes suffisamment organis\u00e9s qui les pratiquent et cela a des implications financi\u00e8res, des pertes \u00e9conomiques pour notre pays et m\u00eame pour les producteurs. La DGPV, dans l\u2019une de ses missions, veille au respect de la r\u00e9glementation. Il faut dire qu\u2019il y a une loi qui r\u00e9glemente le secteur des semences, des engrais et des pesticides.<\/p>\n<p>Et nos coll\u00e8gues qui sont au niveau des fronti\u00e8res, aupr\u00e8s des douaniers, dans les a\u00e9rogares et les a\u00e9roports, effectuent le contr\u00f4le des produits en transit ou en entr\u00e9e au Burkina Faso. Toutefois, ce sont des postes qui sont fixes. Alors que le plus souvent, la grande partie des fraudes se fait le long des fronti\u00e8res o\u00f9 nous n\u2019avons pas assez de visibilit\u00e9. C\u2019est par des chemins d\u00e9tourn\u00e9s, avec des tricycles, que les gens inondent le march\u00e9 avec ces engrais et ces produits de mauvaise qualit\u00e9, notamment les pesticides. Donc, au vu de cela, la DGPV effectue des missions de contr\u00f4le dans les march\u00e9s et souvent dans des points de grande distribution.<\/p>\n<p>Et cela, avec l\u2019appui des Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 (FDS). Cette ann\u00e9e, il y a eu plusieurs contr\u00f4les combin\u00e9s. Il y a eu des d\u00e9nonciations qui nous ont permis aussi, avec l\u2019appui des FDS, de pouvoir r\u00e9cup\u00e9rer des engrais et des pesticides en quantit\u00e9 pour d\u00e9truire. Pr\u00e9sentement, la loi sur la gestion des engrais et des pesticides est en relecture, dans le but de renforcer les \u00e9l\u00e9ments de contr\u00f4le. Il y a des peines d\u2019emprisonnement et des amendes de grands montants qui sont pr\u00e9vues pour dissuader les fraudeurs.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Est-ce que des fraudeurs ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 appr\u00e9hend\u00e9s et sanctionn\u00e9s ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>P.Z. :<\/strong> Nous avons m\u00eame \u00e9t\u00e9 en justice avec certains importateurs. Je pense qu\u2019il y a eu un cas \u00e0 Fada N\u2019Gourma et deux autres \u00e0 Bobo-Dioulasso, o\u00f9 des personnes sont d\u00e9tenues. Une proc\u00e9dure judiciaire est en cours \u00e0 leur encontre, parce que nous avons saisi des pesticides dans le march\u00e9 de Bobo et nos agents ont failli se faire lyncher. N\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 l\u2019intervention des FDS, nous aurions connu un drame.<\/p>\n<p>A la suite de cela, le procureur a \u00e9t\u00e9 saisi et une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 ouverte. Des personnes ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9es et des pesticides saisis. Donc la proc\u00e9dure suit son cours et je pense qu\u2019avec la rigueur de la loi et les dispositions que nous sommes en train de rendre un peu plus contraignantes, \u00e7a va permettre \u00e0 long terme de r\u00e9duire les cas de fraude.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Le Burkina Faso a atteint l\u2019autosuffisance alimentaire en ma\u00efs depuis 1998. Dans le cadre de l\u2019offensive, cette c\u00e9r\u00e9ale est encore retenue. Le choix s\u2019est port\u00e9 sur deux vari\u00e9t\u00e9s hybrides, \u00e0 savoir Komsaya et Bondofa. Expliquez-nous ce qui a milit\u00e9 en faveur de ces deux vari\u00e9t\u00e9s quand on sait qu\u2019il y en a d\u2019autres, plus rentables ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>P.Z. :<\/strong> Effectivement, le Burkina Faso couvre ses besoins en ma\u00efs. Mais, il faut savoir que les besoins croissent selon les usages que nous en faisons. Aujourd\u2019hui, l\u2019aviculture est tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e au Burkina Faso et cela demande beaucoup de ma\u00efs pour la fabrication de l\u2019aliment-volaille. Il y a aussi les brasseries burkinab\u00e8 qui ont commenc\u00e9 \u00e0 consommer notre ma\u00efs, pour la production de la bi\u00e8re. En plus de cela, il y a les usages quotidiens des familles. Nous avons aussi les exportations que nous faisons lorsque la situation est favorable.<\/p>\n<p>Nous avons voulu mettre en avant ces hybrides comme Komsaya et Bondofa, mais ce n\u2019est pas seulement ces deux vari\u00e9t\u00e9s. Il y a d\u2019autres hybrides, notamment Semax 5, qui sont aussi vis\u00e9es dans l\u2019offensive. Les deux premi\u00e8res vari\u00e9t\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es par des chercheurs burkinab\u00e8. Lorsque vous ne prot\u00e9gez pas votre secteur semencier, \u00e0 un moment donn\u00e9, vous allez vous faire prendre dans un pi\u00e8ge. Je disais tant\u00f4t que si on fermait nos fronti\u00e8res tout de suite, les Burkinab\u00e8 devraient pouvoir se nourrir eux-m\u00eames. Et si vous \u00eates d\u00e9pendants des semences hybrides de haut potentiel de rendement, d\u00e8s qu\u2019on ferme les fronti\u00e8res, vous courez un grand risque de famine.<\/p>\n<p>C\u2019est pour cela que lorsque vous d\u00e9veloppez ce genre d\u2019initiative, il faut \u00eatre assez large et avoir plusieurs actions. La vari\u00e9t\u00e9 Semax 5 est d\u00e9velopp\u00e9e par des firmes \u00e9trang\u00e8res et que nous voulons essayer aussi. Parce qu\u2019au regard de son comportement sur le terrain, il a un potentiel qui est assez \u00e9norme. Donc, nous ne sommes pas ferm\u00e9s au niveau de l\u2019offensive.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Le Burkina Faso traverse une p\u00e9riode assez difficile li\u00e9e \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Quelles sont les mesures prises pour s\u00e9curiser les zones de production ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>P.Z. :<\/strong> A ce niveau, nous avons travaill\u00e9 avec les responsables de la s\u00e9curit\u00e9 pour leur indiquer nos diff\u00e9rentes zones d\u2019int\u00e9r\u00eat, afin qu\u2019ils puissent y mener des op\u00e9rations de s\u00e9curisation. Pour notre part, nous communiquons toujours les zones ou les p\u00e9rim\u00e8tres qui ont un int\u00e9r\u00eat particulier. Par exemple \u00e0 Bagr\u00e9, un groupe de Volontaires pour la d\u00e9fense de la patrie (VDP) a \u00e9t\u00e9 install\u00e9. Ils s\u00e9curisent en m\u00eame temps tout le domaine de Bagr\u00e9 mais s\u2019adonnent aussi \u00e0 l\u2019agriculture. Ces genres d\u2019initiatives peuvent \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es dans d\u2019autres zones, en plus des actions quotidiennes que nos FDS m\u00e8nent sur le terrain.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Quel message \u00e0 l\u2019endroit des producteurs qui s\u2019appr\u00eatent \u00e0 amorcer l\u2019offensive agropastorale ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>P.Z. :<\/strong> Le message, c\u2019est de dire que le Burkina Faso traverse une situation difficile et qui est cons\u00e9cutive \u00e0 la crise s\u00e9curitaire que nous vivons. Et les choix politiques que nous avons effectu\u00e9s ont leurs cons\u00e9quences. Ces cons\u00e9quences, nous ne pouvons pas toutes les pr\u00e9venir. Mais d\u00e9j\u00e0, c\u2019est de prendre les dispositions pour que nous soyons \u00e0 m\u00eame de nous nourrir par nous-m\u00eames en cas de difficult\u00e9s.<\/p>\n<p>Parce que la faim est une arme assez puissante que les ennemis peuvent utiliser contre nous. C\u2019est pour cela que nous demandons \u00e0 l\u2019ensemble des acteurs du monde rural de s\u2019approprier l\u2019offensive agropastorale. J\u2019invite aussi l\u2019ensemble des investisseurs burkinab\u00e8 \u00e0 en faire autant, car leur contribution est beaucoup attendue, afin que nous puissions atteindre l\u2019autosuffisance alimentaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong> Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mady KABRE et Ouamtinga ILBOUDO <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre de l\u2019offensive agropastorale, le minist\u00e8re en charge de l\u2019agriculture compte atteindre l\u2019autosuffisance alimentaire d\u2019ici \u00e0 2025. A cet effet, plusieurs actions sont engag\u00e9es en vue de parvenir aux r\u00e9sultats escompt\u00e9s. Dans les lignes qui suivent, le Directeur g\u00e9n\u00e9ral (DG) des productions v\u00e9g\u00e9tales, Prosper Zemba, d\u00e9voile toutes les mesures prises pour accompagner la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1980,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[47,89],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1979","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-interview","8":"category-la-une-site"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2023\/11\/interview.gif?fit=633%2C450&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paqtIK-vV","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1979","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1979"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1979\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1980"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1979"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1979"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1979"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}