{"id":2028,"date":"2024-01-02T19:00:09","date_gmt":"2024-01-02T19:00:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=2028"},"modified":"2024-01-01T19:11:23","modified_gmt":"2024-01-01T19:11:23","slug":"acces-des-femmes-au-foncier-une-situation-mi-figue-mi-raisin-dans-les-cascades","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/01\/02\/acces-des-femmes-au-foncier-une-situation-mi-figue-mi-raisin-dans-les-cascades\/","title":{"rendered":"Acc\u00e8s des femmes au foncier: une situation mi-figue mi-raisin dans les Cascades"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 la terre reste probl\u00e9matique au Burkina Faso, m\u00eame si la situation diff\u00e8re d\u2019une r\u00e9gion ou d\u2019une communaut\u00e9 \u00e0 une autre. Dans les Cascades, les coutumes semblent plus souples \u00e0 l\u2019\u00e9gard du \u00ab sexe faible \u00bb qui a aussi droit au foncier. Mais le hic est que, g\u00e9n\u00e9ralement, ce sont les bas-fonds qui lui sont c\u00e9d\u00e9s, les hommes demeurant ma\u00eetres des hautes terres. Une donne qui tend \u00e0 changer de nos jours avec l\u2019av\u00e8nement des p\u00e9rim\u00e8tres am\u00e9nag\u00e9s de l\u2019Etat o\u00f9 on pr\u00f4ne l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres.<\/strong><\/p>\n<p>La campagne humide tire \u00e0 sa fin sur la plaine am\u00e9nag\u00e9e de la L\u00e9raba, dans la commune de Douna, r\u00e9gion des Cascades, en ce d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre 2023. La plupart des 1 200 producteurs qui occupent ce p\u00e9rim\u00e8tre irrigu\u00e9 de 410 hectares (ha) ont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9colt\u00e9 leur riz, la sp\u00e9culation-phare de la plaine.<\/p>\n<p>Les retardataires dont la majorit\u00e9 sont des femmes, s\u2019activent toujours \u00e0 boucler les derniers travaux afin de repartir de plus belle pour la campagne s\u00e8che. Une v\u00e9ritable course contre la montre, puisque les producteurs les plus prompts ont d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9 la nouvelle campagne. Pendant que certaines s\u2019\u00e9chinent \u00e0 tondre les tiges de riz, d\u2019autres sont au battage ou au vannage. La t\u00e2che est ardue. Elle est ex\u00e9cut\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019outils archa\u00efques, notamment des faucilles, des b\u00e2tons et des vans. Sorik\u00e8 Soura, la cinquantaine, fait partie de ce lot de productrices qui sont encore \u00e0 la tra\u00eene.<\/p>\n<p>Sous un soleil ardent, ce jeudi 7 d\u00e9cembre, elle s\u2019\u00e9vertue \u00e0 multiplier les coups de b\u00e2ton dans un tas de tiges de riz, \u00e0 l\u2019effet de les s\u00e9parer de leurs grains. Tremp\u00e9e de sueur, Sorik\u00e8 garde malgr\u00e9 tout le sourire, convaincue que ses efforts ne seront pas vains. Elle esp\u00e8re obtenir, apr\u00e8s vannage, une dizaine de sacs de 100 kg de riz paddy. Une production qui lui permettra de prendre en charge une famille de six enfants. Sa parcelle de production d\u2019une superficie de 0,15 ha, Sorik\u00e8 Soura dit l\u2019avoir h\u00e9rit\u00e9e de sa d\u00e9funte m\u00e8re qui l\u2019a acquise depuis 1987, date de l\u2019am\u00e9nagement du p\u00e9rim\u00e8tre irrigu\u00e9.<\/p>\n<h3>Une succession de m\u00e8re \u00e0 fille<\/h3>\n<p>A l\u2019entendre, depuis cette \u00e9poque jusqu\u2019\u00e0 nos jours, la parcelle demeure leur propri\u00e9t\u00e9, elle et sa maman. Apr\u00e8s elle, souligne Sorik\u00e8, ce bien reviendra de droit \u00e0 sa fille et ainsi de suite. A un jet de pierre de l\u00e0, une autre dame s\u2019active dans la r\u00e9colte de son riz. Seule dans sa parcelle, Salimata Y\u00e9, aux pas press\u00e9s, entasse le riz d\u00e9j\u00e0 fauch\u00e9 sur une b\u00e2che qu\u2019elle bat de toutes ses forces. Le soleil est presqu\u2019au z\u00e9nith.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2033\" aria-describedby=\"caption-attachment-2033\" style=\"width: 523px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2033\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/01\/02\/acces-des-femmes-au-foncier-une-situation-mi-figue-mi-raisin-dans-les-cascades\/foncier25\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier25.gif?fit=523%2C497&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"523,497\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"foncier25\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Sorik\u00e8 Soura dit avoir h\u00e9rit\u00e9 de la parcelle&lt;br \/&gt;\nde sa m\u00e8re.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier25.gif?fit=300%2C285&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier25.gif?fit=523%2C497&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-2033\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier25.gif?resize=523%2C497&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"523\" height=\"497\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2033\" class=\"wp-caption-text\">Sorik\u00e8 Soura dit avoir h\u00e9rit\u00e9 de la parcelle<br \/>de sa m\u00e8re.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les dards qu\u2019il envoie au sol sont difficiles \u00e0 supporter. Mais cela n\u2019entame en rien la d\u00e9termination de cette m\u00e8re de sept gosses \u00e0 terminer sa besogne. Il lui reste encore une petite portion \u00e0 r\u00e9colter. Le visage perl\u00e9 de sueur, Salimata r\u00e9v\u00e8le qu\u2019elle attend environ 20 sacs de 100 kg de riz paddy sur son terrain de 0,20 ha. \u00ab C\u2019est parfois \u00e0 cause des inondations, sinon en campagne s\u00e8che, je peux r\u00e9colter environ 30 sacs de 100 kg \u00bb, pr\u00e9cise la quadrag\u00e9naire, visiblement satisfaite.<\/p>\n<p>Elle aussi travaille sur une parcelle h\u00e9rit\u00e9e de sa g\u00e9nitrice qui, aujourd\u2019hui, s\u2019est retir\u00e9e du fait de son \u00e2ge avanc\u00e9. Ce n\u2019est pas seulement sur la plaine am\u00e9nag\u00e9e que sa m\u00e8re d\u00e9tient des parcelles de production, aux dires de Salimata. Elle en a d\u2019autres \u00e0 Sindou, chef-lieu de la province de la L\u00e9raba et \u00e0 Man\u00e9na, un village voisin de Douna. \u00ab Chez nous, les Turka, les femmes ont droit \u00e0 la terre. Elles sont nombreuses \u00e0 poss\u00e9der des parcelles de production. Et personne ne peut nous les retirer \u00bb, clame Salimata Y\u00e9.<\/p>\n<p>Toutefois, elle mentionne que toutes les parcelles qui lui ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9gu\u00e9es hors de la plaine sont des bas-fonds, destin\u00e9s uniquement \u00e0 la production de riz. Koal\u00e9 Soura, m\u00e8re de quatre enfants, exploite la parcelle contig\u00fce \u00e0 celle de Salimata. Malgr\u00e9 le poids de l\u2019\u00e2ge, plus de la soixantaine, elle se montre habile dans la fauche. Tout comme les deux autres, elle aussi a h\u00e9rit\u00e9 son p\u00e9rim\u00e8tre de 0,25 ha de sa maman. Elle en a \u00e9galement hors de la plaine, dans un bas-fond pour la riziculture. Outre ces trois dames, elles sont environ 480 productrices \u00e0 disposer de parcelles de culture sur la plaine am\u00e9nag\u00e9e de la L\u00e9raba. \u00ab<\/p>\n<p>Actuellement, nous avons 410 hectares am\u00e9nag\u00e9s sur la plaine qui sont exploit\u00e9s par 1 200 producteurs dont 39,58% de femmes \u00bb, informe Eguima Egnomo Kantiono, la charg\u00e9e des questions genre et nutrition du Projet d\u2019am\u00e9nagement et de valorisation de la plaine de la L\u00e9raba (PAVAL). Selon elle, la question du genre occupe une place de choix dans le plan d\u2019action du projet qui veille \u00e0 l\u2019autonomisation \u00e9conomique des femmes et des jeunes et surtout \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres.<\/p>\n<h3>50% des p\u00e9rim\u00e8tres am\u00e9nag\u00e9s aux femmes<\/h3>\n<p>La Directrice r\u00e9gionale (DR) de l\u2019Agriculture, des Ressources animales et halieutiques des Cascades, Haoua Yaro, rappelle que cela fait suite \u00e0 une disposition de la loi 034 sur le foncier rural qui recommande que dans un domaine am\u00e9nag\u00e9 par l\u2019Etat, au moins 30% des superficies soient occup\u00e9s par les femmes. Mais dans ses pr\u00e9visions, le PAVAL veut aller au-del\u00e0, en accordant plus de place \u00e0 la femme. En effet, dans son plan d\u2019action genre, il est pr\u00e9vu d\u2019attribuer 50% des p\u00e9rim\u00e8tres am\u00e9nag\u00e9s aux femmes.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2031\" aria-describedby=\"caption-attachment-2031\" style=\"width: 703px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2031\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/01\/02\/acces-des-femmes-au-foncier-une-situation-mi-figue-mi-raisin-dans-les-cascades\/foncier3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier3.gif?fit=703%2C470&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"703,470\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"foncier3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Salimata Y\u00e9, productrice de riz \u00e0 Douna :&lt;br \/&gt;\n\u00ab Je suis veuve et je me bats seule pour nourrir mes sept enfants \u00bb.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier3.gif?fit=300%2C201&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier3.gif?fit=696%2C465&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-2031\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier3.gif?resize=696%2C465&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"465\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2031\" class=\"wp-caption-text\">Salimata Y\u00e9, productrice de riz \u00e0 Douna :<br \/>\u00ab Je suis veuve et je me bats seule pour nourrir mes sept enfants \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Une ambition qui sera ais\u00e9ment atteinte gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement en cours de 1 000 autres hectares sur la plaine. L\u2019acc\u00e8s des femmes aux terres am\u00e9nag\u00e9es \u00e0 Douna est aussi facilit\u00e9 par les pratiques coutumi\u00e8res de la localit\u00e9 dont les Turka sont les autochtones. Avant l\u2019am\u00e9nagement, beaucoup y pratiquaient d\u00e9j\u00e0 la riziculture. \u00ab La r\u00e9alit\u00e9 de cette localit\u00e9, voire m\u00eame de la r\u00e9gion des Cascades, est que les femmes s\u2019investissent \u00e9norm\u00e9ment dans la production de riz. Sur les plaines non am\u00e9nag\u00e9es, on constate que plus de 60% des exploitants sont des femmes \u00bb, fait savoir la responsable des questions genre et nutrition du PAVAL. Un constat confirm\u00e9 par la DR Yaro.<\/p>\n<p>\u00ab Dans la r\u00e9gion des cascades, les bas-fonds sont beaucoup occup\u00e9s par les femmes pour la production de riz. Il semble que c\u2019est culturel. A ce niveau, elles n\u2019ont pas assez de probl\u00e8mes pour acc\u00e9der \u00e0 la terre \u00bb, t\u00e9moigne-t-elle. Ses propos sont corrobor\u00e9s par le chef du village de Douna, Mondion Soura, qui indique que chez les Turka, la coutume permet que la femme ait sa portion de terre pour travailler. Ces terres, pr\u00e9cise-t-il, sont g\u00e9n\u00e9ralement les bas-fonds qui sont propices \u00e0 la production rizicole. \u00ab La parcelle est c\u00e9d\u00e9e d\u2019office \u00e0 la femme. Il n\u2019est pas question de la lui retirer par la suite \u00bb, insiste l\u2019octog\u00e9naire.<\/p>\n<p>A \u00e9couter le responsable coutumier, les usages ne sont plus les m\u00eames dans sa communaut\u00e9. Avec l\u2019av\u00e8nement des p\u00e9rim\u00e8tres am\u00e9nag\u00e9s, note-t-il, les hommes s\u2019adonnent maintenant \u00e0 la riziculture qui \u00e9tait autrefois r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la gent f\u00e9minine. Selon le chef de Douna, la cession des bas-fonds aux femmes pour la production de riz est aussi une pratique courante chez les Karaboro, qui sont de la m\u00eame famille que les Turka, et partant, dans toute la r\u00e9gion des Cascades. C\u2019est ainsi, avance-t-il, que les terres sont transmises de m\u00e8re \u00e0 fille dans cette localit\u00e9. Des explications de Mondion Soura, lorsqu\u2019une femme propri\u00e9taire d\u2019une portion de terre prend de l\u2019\u00e2ge ou d\u00e9c\u00e8de, c\u2019est sa fille qui la remplace ou \u00e0 d\u00e9faut, son fils.<\/p>\n<h3>Acc\u00e8s mitig\u00e9 en hors plaine<\/h3>\n<p>Sur la plaine am\u00e9nag\u00e9e de la L\u00e9raba, toutes les femmes interrog\u00e9es confirment avoir h\u00e9rit\u00e9 leurs parcelles de leurs g\u00e9nitrices. Toutefois, leur acc\u00e8s aux hautes terres reste un id\u00e9al. Eguima Egnomo Kantiono du PAVAL tient \u00e0 relativiser ce droit des femmes \u00e0 la terre. \u00ab Nous avons men\u00e9 une \u00e9tude, un diagnostic social, dans la zone qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 la terre ferme dans les espaces non am\u00e9nag\u00e9s reste probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Dans notre jargon, nous parlons d\u2019acc\u00e8s et de contr\u00f4le de la terre. L\u2019acc\u00e8s veut dire que la femme a la possibilit\u00e9 d\u2019exploiter la terre qu\u2019on lui emprunte, parce qu\u2019elle rel\u00e8ve d\u2019un m\u00e9nage ou d\u2019une famille. Mais elle n\u2019a pas le contr\u00f4le, le droit de propri\u00e9t\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle ne peut pas disposer de cette terre comme elle veut \u00bb, nuance-t-elle. La DR en charge de l\u2019agriculture des Cascades abonde dans le m\u00eame sens en relevant que, g\u00e9n\u00e9ralement dans la r\u00e9gion, les hautes terres sont d\u00e9tenues par les hommes. Autrement dit, les hommes demeurent les nus-propri\u00e9taires et les femmes les usufruiti\u00e8res.<\/p>\n<p>Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, les femmes occupent une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans les activit\u00e9s agricoles. Elles sont au four et au moulin dans tous les maillons de la cha\u00eene de production. Et sur la plaine de la L\u00e9raba, des mesures sont prises pour leur permettre de disposer de la terre et de booster leurs rendements. Il s\u2019agit \u00e9galement de les aider \u00e0 s\u00e9curiser leurs parcelles de production. A cet effet, Mme Kantiono informe que des baux emphyt\u00e9otiques sont pr\u00e9vus pour accompagner l\u2019ensemble des exploitants de la plaine.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2032\" aria-describedby=\"caption-attachment-2032\" style=\"width: 787px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2032\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/01\/02\/acces-des-femmes-au-foncier-une-situation-mi-figue-mi-raisin-dans-les-cascades\/foncier4\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier4.gif?fit=787%2C525&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"787,525\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"foncier4\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Mondion Soura, chef du village de Douna  :&lt;br \/&gt;\n\u00ab chez nous, les femmes acc\u00e8dent \u00e0 la terre au m\u00eame titre que les hommes \u00bb.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier4.gif?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier4.gif?fit=696%2C464&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-2032\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier4.gif?resize=696%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"464\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2032\" class=\"wp-caption-text\">Mondion Soura, chef du village de Douna :<br \/>\u00ab chez nous, les femmes acc\u00e8dent \u00e0 la terre au m\u00eame titre que les hommes \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>L\u2019article 66 de la loi 034 portant R\u00e9gime foncier rural d\u00e9finit le bail emphyt\u00e9otique de terres rurales comme un bail conclu entre d\u2019une part, l\u2019emphyt\u00e9ote ou le bailleur de terres et d\u2019autre part, le preneur ou locataire de terres, pour une dur\u00e9e comprise entre 18 ans au minimum et 99 ans au maximum et donnant lieu au paiement d\u2019un loyer p\u00e9riodique.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons un consultant qui nous accompagne dans ce sens pour faire l\u2019\u00e9tat des lieux actuel et voir ce qu\u2019on pourrait proposer dans ces documents afin que les femmes ou les producteurs d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale puissent exploiter le plus longtemps possible les parcelles qui leur ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es \u00bb, d\u00e9taille-t-elle. En attendant, ce sont des carnets d\u2019attribution de parcelles que d\u00e9tiennent les producteurs et qui attestent qu\u2019ils en sont les exploitants officiels.<\/p>\n<h3>Travailler \u00e0 un changement de mentalit\u00e9s<\/h3>\n<p>Au-del\u00e0 de la s\u00e9curisation fonci\u00e8re, Egnomo Kantiono estime qu\u2019il faut travailler \u00e0 un changement de comportement en faveur de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres. A ce niveau, souligne-t-elle, le PAVAL est en train de mettre en \u0153uvre des actions de communication en partenariat avec la direction r\u00e9gionale en charge du genre des Cascades en vue de parvenir aux r\u00e9sultats escompt\u00e9s. Ces communications qui, selon elle, s\u2019adressent \u00e0 l\u2019ensemble des acteurs et surtout aux personnes influentes et aux responsables coutumiers, visent \u00e0 rappeler les droits humains de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et ceux de la femme en particulier.<\/p>\n<p>\u00ab Ensemble, nous allons d\u00e9cortiquer les contraintes d\u2019acc\u00e8s des femmes au foncier qui handicapent la production et y trouver des solutions consensuelles \u00bb, esp\u00e8re la responsable des questions genre et nutrition du PAVAL. Pour Mme Kantiono, les actions du PAVAL en faveur des femmes peuvent inspirer d\u2019autres projets ou structures de d\u00e9veloppement \u00e0 lui embo\u00eeter le pas. Car, signale-t-elle, m\u00eame si des femmes ont pu obtenir des attestations de possession fonci\u00e8re dans certains milieux, il est encore plus facile pour elles d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la terre dans les p\u00e9rim\u00e8tres am\u00e9nag\u00e9s par l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Celles qui sont d\u00e9j\u00e0 sur la plaine de la L\u00e9raba ne diront pas le contraire. \u00ab Cette parcelle que ma m\u00e8re a acquise depuis plus de 30 ans me permet de subvenir \u00e0 mes besoins et \u00e0 ceux de ma famille. Je suis contente d\u2019en \u00eatre la propri\u00e9taire et je suis convaincue qu\u2019on ne va pas me la retirer un jour \u00bb, se r\u00e9jouit Sorik\u00e8 Soura. En vue d\u2019am\u00e9liorer leurs rendements agricoles, les femmes plaident pour l\u2019obtention d\u2019\u00e9quipements modernes de production, tels que les motoculteurs et les moissonneuses batteuses.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong> Mady KABRE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">dykabre@yahoo.fr<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left\"><strong>Ce que dit la loi 034 sur le genre<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Pour la prise en compte du genre, l\u2019article 7 de la loi 034 portant R\u00e9gime foncier rural de 2009 stipule que : &#8211; l\u2019Etat prend toutes les mesures n\u00e9cessaires pour favoriser la reconnaissance et la protection des droits de propri\u00e9t\u00e9, de jouissance, de possessions fonci\u00e8res et des droits d\u2019usages de l\u2019ensemble des acteurs sur les terres rurales. &#8211; l\u2019Etat prend toutes les mesures n\u00e9cessaires pour favoriser l\u2019acc\u00e8s \u00e9quitable de l\u2019ensemble des acteurs ruraux aux terres rurales, sans distinction d\u2019origine ethnique, de sexe, de religion, de nationalit\u00e9 et d\u2019appartenance politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>M.K.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Source : Loi n\u00b0034-2009\/AN<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 la terre reste probl\u00e9matique au Burkina Faso, m\u00eame si la situation diff\u00e8re d\u2019une r\u00e9gion ou d\u2019une communaut\u00e9 \u00e0 une autre. Dans les Cascades, les coutumes semblent plus souples \u00e0 l\u2019\u00e9gard du \u00ab sexe faible \u00bb qui a aussi droit au foncier. Mais le hic est que, g\u00e9n\u00e9ralement, ce sont les bas-fonds [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2030,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[83,89],"tags":[543,350,544,545,546],"class_list":{"0":"post-2028","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-agriculture","8":"category-la-une-site","9":"tag-acces","10":"tag-cascades","11":"tag-femmes","12":"tag-foncier","13":"tag-mi-figue-mi-raisin"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/01\/foncier.gif?fit=787%2C525&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paqtIK-wI","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2028","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2028"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2028\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2030"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2028"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2028"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2028"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}