{"id":2072,"date":"2024-02-29T00:38:43","date_gmt":"2024-02-29T00:38:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=2072"},"modified":"2024-02-29T00:46:09","modified_gmt":"2024-02-29T00:46:09","slug":"mobilisation-des-eaux-de-surface-dans-les-cascades-linsuffisance-des-barrages-une-preoccupation-majeure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/02\/29\/mobilisation-des-eaux-de-surface-dans-les-cascades-linsuffisance-des-barrages-une-preoccupation-majeure\/","title":{"rendered":"Mobilisation des eaux de surface dans les Cascades: l\u2019insuffisance des barrages, une pr\u00e9occupation majeure"},"content":{"rendered":"<p><strong>La r\u00e9gion des Cascades compte parmi les zones les mieux arros\u00e9es du Burkina Faso. Sa pluviom\u00e9trie moyenne annuelle varie entre 800 et 1 200 millim\u00e8tres. Malgr\u00e9 ce potentiel, elle n\u2019enregistre que deux grands barrages pour stocker l\u2019eau dont la majeure partie s\u2019\u00e9coule vers les pays c\u00f4tiers. Du coup, la pression des exploitants sur ces infrastructures hydrauliques devient de plus en plus forte. Constat autour des barrages de Moussodougou dans la Como\u00e9 et de Niofila dans la L\u00e9raba. <\/strong><\/p>\n<p>Un plan d\u2019eau \u00e0 perte de vue s\u2019\u00e9tendant sur une superficie de plus de 600 hectares, accueille les visiteurs. A la surface de l\u2019eau, des vagues successives formant des rides se laissent admirer. Emport\u00e9es par le souffle du vent, elles se brisent invariablement contre le flanc d\u2019une digue nouvellement renforc\u00e9e. Ce mercredi 6 d\u00e9cembre 2023, seuls les clapotements de l\u2019eau m\u00eal\u00e9s aux gazouillements des volatiles tentent de rompre le silence de cimeti\u00e8re qui r\u00e8gne dans les environs.<\/p>\n<p>Encastr\u00e9 au milieu d\u2019une chaine de montagnes et d\u2019une v\u00e9g\u00e9tation luxuriante, l\u2019ouvrage qui abrite cette pr\u00e9cieuse ressource offre une stature impressionnante. Nous sommes sur les berges du barrage de Moussodougou, encore appel\u00e9 barrage Como\u00e9, \u00e0 une soixantaine de kilom\u00e8tres de Banfora, dans la r\u00e9gion des Cascades. Construit sur le fleuve Como\u00e9 et mis en eau en 1991, l\u2019infrastructure joue un r\u00f4le capital dans le d\u00e9veloppement socio\u00e9conomique des populations et de r\u00e9gulation du cours de ladite rivi\u00e8re afin d\u2019obtenir une disponibilit\u00e9 d\u2019eau suffisante en saison s\u00e8che.<\/p>\n<p>A cet effet, elle permet d\u2019irriguer les champs de canne \u00e0 sucre de la Nouvelle soci\u00e9t\u00e9 sucri\u00e8re de la Como\u00e9 (SN-SOSUCO) et la plaine rizicole de Karfigu\u00e9la, d\u2019alimenter les villes de Banfora et de B\u00e9r\u00e9gadougou en eau potable et de favoriser la p\u00eache. Cette retenue d\u2019eau d\u2019une capacit\u00e9 de stockage de plus de 38 millions de m\u00e8tres cubes (m3) fait la fiert\u00e9 de la commune de Moussodougou, des villages environnants et de toute la r\u00e9gion des Cascades.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9fet et Pr\u00e9sident de la d\u00e9l\u00e9gation sp\u00e9ciale (PDS) de Moussodougou, Daniel Compaor\u00e9, exprime sa joie d\u2019avoir un tel ouvrage dans sa commune et qui constitue une source de richesses pour ses habitants. Car, \u00e0 l\u2019\u00e9couter, le barrage a favoris\u00e9 le d\u00e9veloppement des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus telles que le mara\u00eechage et la p\u00eache. Outre les usages domestiques, il n\u2019oublie pas non plus les \u00e9leveurs qui disposent de l\u2019eau en permanence pour abreuver leurs animaux.<\/p>\n<h3>4 000 ha de canne \u00e0 sucre \u00e0 arroser<\/h3>\n<p>Mais au-del\u00e0, c\u2019est tout le Burkina Faso qui en tire les b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 travers l\u2019irrigation de la plaine sucri\u00e8re de la Como\u00e9. Aux dires du chef de service ressources en eau et infrastructures hydrauliques de la direction r\u00e9gionale de l\u2019eau et de l\u2019assainissement des Cascades, Ali Barro, la SN-SOSUCO fait partie des plus grands utilisateurs du barrage de Moussodougou gr\u00e2ce \u00e0 une convention sign\u00e9e avec l\u2019Etat burkinab\u00e8. A travers ce partenariat, rappelle celui qui assure \u00e9galement l\u2019int\u00e9rim de la direction r\u00e9gionale, ce sont environ 4\u00a0000 hectares de canne \u00e0 sucre qui sont arros\u00e9s en saison s\u00e8che.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2075\" aria-describedby=\"caption-attachment-2075\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2075\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/02\/29\/mobilisation-des-eaux-de-surface-dans-les-cascades-linsuffisance-des-barrages-une-preoccupation-majeure\/casde\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/casde.gif?fit=620%2C413&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,413\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"casde\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Le pr\u00e9fet et PDS de Moussodougou, Daniel Compaor\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Notre commune n\u2019est pas aliment\u00e9e par l\u2019eau du barrage\u00a0\u00bb.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/casde.gif?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/casde.gif?fit=620%2C413&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-2075\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/casde.gif?resize=620%2C413&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"620\" height=\"413\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2075\" class=\"wp-caption-text\">Le pr\u00e9fet et PDS de Moussodougou, Daniel Compaor\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Notre commune n\u2019est pas aliment\u00e9e par l\u2019eau du barrage\u00a0\u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le deuxi\u00e8me grand partenaire et usager de l\u2019eau du barrage est l\u2019Office national de l\u2019eau et de l\u2019assainissement (ONEA) qui l\u2019utilise pour alimenter le chef-lieu de la r\u00e9gion en eau potable. En plus de ces deux gros utilisateurs, la plaine rizicole de Karfigu\u00e9la n\u2019est pas en reste. Avec ses 350 hectares, elle a un \u00e9norme besoin en eau pendant la campagne s\u00e8che, \u00e0 telle enseigne que toute la superficie n\u2019est pas souvent exploit\u00e9e. Il en est de m\u00eame pour les producteurs install\u00e9s dans la bande de servitude et qui siphonnent l\u2019eau en permanence.<\/p>\n<p>Selon le pr\u00e9sident du Comit\u00e9 local de l&rsquo;eau (CLE) de la Haute Como\u00e9, Foss\u00e8ne Tou, il n\u2019y a que trois principaux barrages dans la zone de comp\u00e9tence de sa structure, \u00e0 savoir ceux de Toussiana, de Moussodougou et du Lobi, dans le village de Bodadougou. Nonobstant la forte pluviom\u00e9trie dans la zone, informe-t-il, les capacit\u00e9s de stockage de ces retenues d\u2019eau ne sont pas \u00e0 la hauteur des attentes des utilisateurs. Pis encore, elles se sont amenuis\u00e9es au fil du temps \u00e0 cause de l\u2019ensablement.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les besoins des usagers pendant la p\u00e9riode de forte demande d&rsquo;eau, notamment de mars \u00e0 juin, \u00e9taient estim\u00e9s \u00e0 53 916 663 m3 en 2022. Pourtant, les trois barrages n\u2019avaient que 26\u00a0312\u00a0000 m3 d\u2019eau \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode. Donc, le manque \u00e0 combler \u00e9tait de 27\u00a0604\u00a0663 m3\u00a0\u00bb, explique M. Tou. Une situation qui d\u00e9montre que le manque d\u2019eau est criant en saison s\u00e8che, dit-il.<\/p>\n<h3>Une r\u00e9gion bien arros\u00e9e avec peu de barrages<\/h3>\n<p>Malgr\u00e9 une pluviom\u00e9trie parfois exc\u00e9dentaire, entre 800 et 1 200 millim\u00e8tres d\u2019eau par an, la r\u00e9gion des Cascades n\u2019est pas mieux lotie en termes de mobilisation des ressources en eau. Ali Barro de la direction r\u00e9gionale en charge de l\u2019eau estime le nombre de barrages dans les Cascades \u00e0 18. Un nombre nettement en de\u00e7\u00e0 des attentes des populations, selon lui. Parmi ces ouvrages hydrauliques, note-t-il, deux seulement ont de grandes capacit\u00e9s de stockage. \u00ab\u00a0Les deux plus grands barrages de la r\u00e9gion sont celui de Moussodougou, avec 37,5 millions de m3 d\u2019eau et celui de Niofila\/Douna, avec environ 38 millions de m3\u00a0\u00bb, d\u00e9taille-t-il, avant de signaler que les autres infrastructures hydrauliques ont une capacit\u00e9 de moins de 10 millions de m3.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2078\" aria-describedby=\"caption-attachment-2078\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2078\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/02\/29\/mobilisation-des-eaux-de-surface-dans-les-cascades-linsuffisance-des-barrages-une-preoccupation-majeure\/cascades3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/cascades3.gif?fit=620%2C413&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,413\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"cascades3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Pour le pr\u00e9sident du CLE de la Haute Como\u00e9, Foss\u00e8ne Tou, les tensions entre les utilisateurs de l\u2019eau sont l\u00e9gion. &lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/cascades3.gif?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/cascades3.gif?fit=620%2C413&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-2078\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/cascades3.gif?resize=620%2C413&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"620\" height=\"413\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2078\" class=\"wp-caption-text\">Pour le pr\u00e9sident du CLE de la Haute Como\u00e9, Foss\u00e8ne Tou, les tensions entre les utilisateurs de l\u2019eau sont l\u00e9gion.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au regard de la forte demande en eau des populations, M. Barro reconna\u00eet que 18 barrages sont insuffisants pour toute la r\u00e9gion. C\u2019est pourquoi, il soutient qu\u2019il y a lieu d\u2019en construire d\u2019autres en vue d\u2019une meilleure mobilisation des ressources en eau. \u00ab\u00a0La r\u00e9gion des Cascades est caract\u00e9ris\u00e9e par une pluviom\u00e9trie abondante. Dans le cadre de la mobilisation des eaux de surface, il faut des ouvrages plus importants pour retenir la grande quantit\u00e9 d\u2019eau qui s\u2019\u00e9coule vers les pays voisins\u00a0\u00bb, plaide-t-il.<\/p>\n<p>A Moussodougou, les populations b\u00e9n\u00e9ficient certes, des avantages du barrage mais sont rest\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent sur leur soif. Car, aux dires du PDS, la commune n\u2019est toujours pas aliment\u00e9e en eau potable \u00e0 partir de cet ouvrage. \u00ab\u00a0Nous avons entrepris des d\u00e9marches aupr\u00e8s de l&rsquo;ONEA pour avoir l\u2019eau mais, malheureusement, ce n&rsquo;est pas encore effectif\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-il. Pour l\u2019instant, fait savoir Daniel Compaor\u00e9, ce sont les forages qui permettent aux habitants de Moussodougou et environnants de s\u2019approvisionner en eau potable. Compte tenu de la forte pression exerc\u00e9e par les usagers sur le barrage, le PDS sollicite la r\u00e9alisation d\u2019une autre infrastructure du genre dans la zone afin de soulager les populations.<\/p>\n<h3>L\u2019envasement des barrages, un ph\u00e9nom\u00e8ne inqui\u00e9tant<\/h3>\n<p>Tout comme \u00e0 Moussodougou, la pression autour du barrage de Niofila\/Douna est \u00e9norme. Toutefois, celui-ci enregistre moins de gros consommateurs d\u2019eau. Barrage \u00e0 vocation agricole, son eau est essentiellement utilis\u00e9e pour l\u2019irrigation de la plaine am\u00e9nag\u00e9e de la L\u00e9raba. Sur le terrain, le canal primaire qui relie l\u2019infrastructure hydraulique \u00e0 ce p\u00e9rim\u00e8tre est constamment gorg\u00e9 d\u2019eau. Actuellement, le Projet d\u2019am\u00e9nagement et de valorisation de la plaine de la L\u00e9raba (PAVAL) est le principal usager de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p>Il en assure la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 travers l\u2019auscultation, le traitement m\u00e9canique du bassin versant et le suivi des apports d\u2019eau dans la retenue. Ce sont plus de 22 millions de m3 d\u2019eau qui servent annuellement \u00e0 l\u2019irrigation de 410 hectares (ha) am\u00e9nag\u00e9s entre 1985 et 1987. Alors que la plaine a un potentiel de 1500 ha, la disponibilit\u00e9 et la gestion efficiente de l\u2019eau sont des \u00e9quations \u00e0 r\u00e9soudre.<\/p>\n<p>A entendre le coordonnateur du PAVAL, Silamane Kabor\u00e9, un nouveau p\u00e9rim\u00e8tre de 170 ha a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 tandis que 600 autres ha sont en cours d\u2019am\u00e9nagement. Ces nouveaux am\u00e9nagements vont contraindre les responsables de la plaine \u00e0 revoir la capacit\u00e9 de stockage du barrage de Niofila. Et M. Kabor\u00e9 de pr\u00e9ciser que des \u00e9tudes sont en cours \u00e0 cet effet. \u00ab\u00a0Le barrage date \u00e9galement des ann\u00e9es 1985-1987. De cette p\u00e9riode jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, il y a des ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;ensablement qui font que sa capacit\u00e9 est r\u00e9duite.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude va permettre de savoir si l&rsquo;eau est suffisante pour tout l&rsquo;am\u00e9nagement projet\u00e9 sur la plaine de la L\u00e9raba\u00a0\u00bb, indique-t-il. En attendant, le coordonnateur du PAVAL pr\u00f4ne une bonne gestion de l\u2019eau au niveau de l\u2019irrigation afin d\u2019\u00e9viter des p\u00e9nuries sur la plaine. Pour joindre l\u2019acte \u00e0 la parole, Silamane Kabor\u00e9 annonce la r\u00e9habilitation de tout le r\u00e9seau d&rsquo;irrigation de l\u2019ancien p\u00e9rim\u00e8tre o\u00f9 des fuites d\u2019eau ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9es, du fait de la v\u00e9tust\u00e9 des canaux.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2079\" aria-describedby=\"caption-attachment-2079\" style=\"width: 541px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2079\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/02\/29\/mobilisation-des-eaux-de-surface-dans-les-cascades-linsuffisance-des-barrages-une-preoccupation-majeure\/cascdsd\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/cascdsd.gif?fit=541%2C212&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"541,212\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"cascdsd\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Environ 4 000 ha de canne \u00e0 sucre sont irrigu\u00e9s \u00e0 partir du barrage de Moussodougou.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/cascdsd.gif?fit=300%2C118&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/cascdsd.gif?fit=541%2C212&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-2079\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/02\/cascdsd.gif?resize=541%2C212&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"541\" height=\"212\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2079\" class=\"wp-caption-text\">Environ 4 000 ha de canne \u00e0 sucre sont irrigu\u00e9s \u00e0 partir du barrage de Moussodougou.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour le management d&rsquo;irrigation, ajoute-t-il, des formations sont en cours et un comit\u00e9 d\u2019irrigants est mis en place pour assurer la bonne gestion de l\u2019eau. Le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019ensablement est aussi observ\u00e9 au niveau des autres barrages de la r\u00e9gion. L\u2019int\u00e9rimaire Ali Barro parle d\u2019un probl\u00e8me d\u2019ordre national qui n\u2019\u00e9pargne pas les Cascades. Il pointe surtout du doigt les producteurs qui occupent les bandes de servitude d\u2019\u00eatre les principaux acteurs de l\u2019envasement des retenues d\u2019eau. \u00ab\u00a0Pour le moment, je n\u2019ai pas la situation r\u00e9elle du niveau d\u2019ensablement des barrages mais ce qui est s\u00fbr, le ph\u00e9nom\u00e8ne est r\u00e9el et se constate pendant les p\u00e9riodes d\u2019\u00e9tiage\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve M. Barro.<\/p>\n<p>Il garde toujours en m\u00e9moire ce qui est arriv\u00e9 au barrage de Moussodougou le 1er septembre 2022 o\u00f9 une forte pluie a provoqu\u00e9 son remplissage jusqu\u2019\u00e0 sa c\u00f4te maximale. La situation \u00e9tait assez critique au point que le gouverneur d\u2019alors de la r\u00e9gion, le colonel Jean Charles dit Yenapono Som\u00e9, a fait un communiqu\u00e9 administratif, le lendemain 2 septembre, pour informer les populations aux alentours et en aval du barrage de l\u2019ouverture des vannes pour \u00e9vacuer le trop plein d\u2019eau. \u00ab\u00a0Con\u00e7u pour stocker un volume d\u2019eau de 38 millions de m3, la quantit\u00e9 d\u2019eau dans le barrage \u00e0 la date du 1er septembre 2022 \u00e9tait de 45 millions de m3 ; d\u2019o\u00f9 un surplus de 7 millions de m3\u00a0\u00bb, d\u00e9clare-t-il dans le document.<\/p>\n<h3>Des tensions autour de l\u2019utilisation de l\u2019eau<\/h3>\n<p>A \u00e9couter le pr\u00e9sident du CLE de la Haute Como\u00e9, Foss\u00e8ne Tou, les pratiques agricoles incompatibles \u00e0 la gestion des ressources naturelles sont l\u00e9gion dans la zone. Il cite en outre la coupe abusive du bois et les ruissellements d\u2019eau qui contribuent \u00e9galement \u00e0 boucher le lit des barrages. Daniel Compaor\u00e9 abonde dans le m\u00eame sens en d\u00e9non\u00e7ant certains comportements aux antipodes de la bonne gestion des ressources en eau. \u00ab\u00a0Le barrage de Moussodougou n&rsquo;est pas utilis\u00e9 \u00e0 bon escient par tous les usagers. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, certains producteurs ne comprennent pas la n\u00e9cessit\u00e9 de respecter la bande de servitude.<\/p>\n<p>Il y a aussi l\u2019utilisation abusive des herbicides et des pesticides qui contribue \u00e0 polluer l&rsquo;eau\u00a0\u00bb, d\u00e9plore le pr\u00e9fet-PDS. Pour sa part, Ali Barro du service des ressources en eau et infrastructures hydrauliques appelle les exploitants \u00e0 prendre soin des retenues d\u2019eau qui sont r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 co\u00fbt de milliards F CFA. Pour le moment, la r\u00e9pression n\u2019est pas \u00e0 l\u2019ordre du jour contre les contrevenants. La direction r\u00e9gionale en charge de l\u2019eau des Cascades pr\u00e9f\u00e8re plut\u00f4t jouer la carte de la sensibilisation \u00e0 travers le service police de l\u2019eau qui regroupe plusieurs acteurs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce service a pour mission de sensibiliser les exploitants aux dangers du non-respect de la bande de servitude\u00a0et la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server les retenues d\u2019eau \u00bb, soutient M. Barro. L\u2019insuffisance des ouvrages hydrauliques provoque parfois des tensions entre les utilisateurs de l\u2019eau. Pour Foss\u00e8ne Tou, les conflits ne manquent pas dans la zone du CLE de la Haute Como\u00e9. Il se souvient qu\u2019une ann\u00e9e, des mara\u00eechers m\u00e9contents ont failli prendre en otage le gouvernorat des Cascades, sous le pr\u00e9texte qu\u2019ils sont d\u00e9laiss\u00e9s dans la distribution de l\u2019eau du barrage de Moussodougou.<\/p>\n<p>\u00ab Cela a pr\u00e9valu \u00e0 la mise en place d\u2019un cadre d&rsquo;\u00e9changes avec toutes les cat\u00e9gories d&rsquo;utilisateurs, notamment les mara\u00eechers, les riziculteurs de la plaine de Karfigu\u00e9la et la SN-SOSUCO, l\u2019ONEA \u00e9tant un cas exceptionnel dans l&rsquo;utilisation de l&rsquo;eau\u00a0\u00bb, relate M. Tou. Il se r\u00e9jouit du fait qu\u2019avec le soutien du CLE, les trois acteurs arrivent toujours \u00e0 trouver un consensus et \u00e0 briser les tensions. En vue de rendre p\u00e9rennes les barrages existants dans la r\u00e9gion, l&rsquo;Agence de l&rsquo;eau des Cascades est en train d\u2019entreprendre un certain nombre d&rsquo;activit\u00e9s en vue de la protection de leurs berges.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit des travaux d\u2019entretien, de reboisements et parfois de r\u00e9habilitation. A cet effet, le barrage de Moussodougou a connu une r\u00e9habilitation en 2019 \u00e0 hauteur de pr\u00e8s de 16 milliards F CFA. Selon Foss\u00e8ne Tou, en 2023, le projet Eau, CLE du d\u00e9veloppement durable (ECDD) a permis au CLE de la Haute Como\u00e9 de reboiser une partie des berges du barrage du Lobi. Par rapport \u00e0 l\u2019ensablement, il estime que des actions de curage sont n\u00e9cessaires. Au-del\u00e0 des travaux d\u2019entretien, la plupart des acteurs pensent que la r\u00e9alisation d\u2019autres barrages dans la r\u00e9gion permettra de mieux mobiliser les eaux de surface, au grand bonheur des populations.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Mady KABRE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">dykabre@yahoo.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9gion des Cascades compte parmi les zones les mieux arros\u00e9es du Burkina Faso. Sa pluviom\u00e9trie moyenne annuelle varie entre 800 et 1 200 millim\u00e8tres. Malgr\u00e9 ce potentiel, elle n\u2019enregistre que deux grands barrages pour stocker l\u2019eau dont la majeure partie s\u2019\u00e9coule vers les pays c\u00f4tiers. 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