{"id":2083,"date":"2024-03-01T00:57:59","date_gmt":"2024-03-01T00:57:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=2083"},"modified":"2024-03-01T01:12:11","modified_gmt":"2024-03-01T01:12:11","slug":"campagne-cotonniere-2023-2024-au-burkina-la-hausse-du-prix-des-intrants-pousse-des-producteurs-a-labandon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/03\/01\/campagne-cotonniere-2023-2024-au-burkina-la-hausse-du-prix-des-intrants-pousse-des-producteurs-a-labandon\/","title":{"rendered":"Campagne cotonni\u00e8re 2023-2024 au Burkina :la hausse du prix des intrants pousse des producteurs \u00e0 l\u2019abandon"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le gouvernement burkinab\u00e8 a revu \u00e0 la hausse le prix d\u2019achat du kilogramme de coton qui passe de 300 \u00e0 325 F CFA. Cette bonne nouvelle a suscit\u00e9 au d\u00e9part un engouement au sein des producteurs. Contre toute attente, le prix des intrants s\u2019envole. A titre d\u2019exemple, le prix du sac d\u2019engrais a doubl\u00e9, passant de 16\u00a0000 \u00e0 32\u00a0000 F CFA. D\u00e9sempar\u00e9s, de nombreux producteurs font volte-face. Entre abandon et r\u00e9duction des superficies, l\u2019atteinte des objectifs de production est de nos jours compromise. Constat dans la zone cotonni\u00e8re des Hauts-Bassins en ce mois de d\u00e9cembre 2023. <\/strong><\/p>\n<p>Mardi 5 d\u00e9cembre 2023 \u00e0 Finland\u00e9, localit\u00e9 situ\u00e9e dans la commune rurale de P\u00e9ni, province du Houet. Dans son champ de 20 ha consacr\u00e9 \u00e0 la production cotonni\u00e8re, Bakary Ouattara a cultiv\u00e9 le ma\u00efs. Pour la pr\u00e9sente campagne 2023-2024, il en a d\u00e9cid\u00e9 ainsi du fait de la hausse du prix des intrants. Exemple \u00e0 l\u2019appui, il d\u00e9nonce le prix \u00ab exorbitant \u00bb du sac d\u2019engrais qui est pass\u00e9 de 16 000 \u00e0 32 000 F CFA. Tr\u00e8s vite, le m\u00e9contentement se g\u00e9n\u00e9ralise. A l\u2019image de Bakary Ouattara, plusieurs producteurs baissent les bras. Sont de ceux-l\u00e0, Dramane Bamba et Moussa Coulibaly (noms d\u2019emprunt), tous deux producteurs \u00e0 N\u2019Dorola, commune rurale de la province du K\u00e9n\u00e9dougou. Eux, ils avaient \u00e9t\u00e9 galvanis\u00e9s en d\u00e9but de campagne par la hausse du prix d\u2019achat du kilogramme de coton qui a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 325 F CFA, le premier choix et 300 F CFA, le deuxi\u00e8me choix, soit une hausse de 25 F CFA\/kg par rapport \u00e0 la campagne \u00e9coul\u00e9e. Tr\u00e8s enchant\u00e9s \u00e0 l\u2019id\u00e9e de faire de bonnes affaires, Dramane Bamba emblave 3 ha de coton et Moussa Coulibaly 5 ha. Puis apr\u00e8s, leurs efforts tombent \u00e0 l\u2019eau. Ces deux producteurs, se sentant trahis par la hausse du prix des intrants, rasent compl\u00e8tement leurs champs de coton afin de d\u00e9gager de l\u2019espace pour le ma\u00efs. \u00ab Si on rentre dans ce jeu, on risque de ne pas s\u2019en sortir \u00bb, se d\u00e9sole Dramane Bamba. Des propos corrobor\u00e9s par le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral (SG) de l\u2019Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB), Hamidou Kon\u00e9 qui estime que cette hausse n\u2019est pas de nature \u00e0 motiver davantage les producteurs. Raison pour laquelle, il d\u00e9conseille aux producteurs amateurs de s\u2019engager. Comme quoi, il n\u2019y a qu\u2019un professionnel qui puisse tirer son \u00e9pingle du jeu. \u00ab Aujourd\u2019hui, la production est pass\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la professionnalisation \u00bb, souligne-t-il. M\u00eame son de cloche chez le coordonnateur de l\u2019UNPCB, Patrice Coulibaly. Des conseils \u00e0 l\u2019endroit de cette cat\u00e9gorie de producteurs, il n\u2019en manque pas. \u00ab Nous avons fait savoir aux responsables des 28 unions de producteurs lors d\u2019une rencontre en d\u00e9but de campagne que notre souhait est qu\u2019ils se lancent r\u00e9ellement dedans parce qu\u2019on ne peut pas abandonner le coton \u00bb, indique M. Coulibaly. Et pour cause, pense-t-il, la production cotonni\u00e8re est vitale voire indispensable \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement total des populations et son rejet risque de cr\u00e9er le chaos au Burkina Faso. \u00ab Il y aura des pertes d\u2019emplois en milieu rural, \u00e0 la SOFITEX (ndlr, Soci\u00e9t\u00e9 burkinab\u00e8 des fibres textiles), dans les banques, \u00e0 la Filature du Sahel (FILSAH), entre autres \u00bb, \u00e9num\u00e8re-t-il. En somme, admet-il, le coton profite \u00e0 toutes les couches socio-professionnelles du pays.<\/p>\n<h3>Disparition progressive des GPC<\/h3>\n<figure id=\"attachment_2091\" aria-describedby=\"caption-attachment-2091\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2091\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/03\/01\/campagne-cotonniere-2023-2024-au-burkina-la-hausse-du-prix-des-intrants-pousse-des-producteurs-a-labandon\/ar\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/03\/ar.gif?fit=620%2C413&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,413\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"ar\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Dans ce champ de 20 ha (en arri\u00e8re-plan), le ma\u00efs a remplac\u00e9 le coton.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/03\/ar.gif?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/03\/ar.gif?fit=620%2C413&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-2091\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/03\/ar.gif?resize=620%2C413&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"620\" height=\"413\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2091\" class=\"wp-caption-text\">Dans ce champ de 20 ha (en arri\u00e8re-plan), le ma\u00efs a remplac\u00e9 le coton.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Des abandons, on en trouve certes, mais tous ne sont pas log\u00e9s \u00e0 la m\u00eame enseigne. Certains ayant d\u00e9j\u00e0 r\u00e9ceptionn\u00e9 leurs intrants ont aussit\u00f4t organis\u00e9 leur renvoi \u00e0 la SOFITEX. Le coordonnateur de l\u2019UNPCB, Patrice Coulibaly, r\u00e9fute la th\u00e8se de leur abdication. De son entendement, ces derniers ont jug\u00e9 n\u00e9cessaire de retourner les intrants mais ont proc\u00e9d\u00e9 d\u2019une autre mani\u00e8re en utilisant les fertilisants biologiques. \u00ab Cela ne veut pas dire qu\u2019apr\u00e8s le retour des intrants, ils se sont crois\u00e9s les bras. La plupart d\u2019entre eux ont utilis\u00e9 le compost ou les engrais liquides \u00bb, signale-t-il. Les producteurs qui n\u2019ont pas d\u00e9sist\u00e9 ont plut\u00f4t opt\u00e9 pour la r\u00e9duction de leurs superficies. C\u2019est le cas de Domba Ouattara, producteur \u00e0 Finland\u00e9. Un terrain de 2 ha avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 au coton. Lorsqu\u2019il s\u2019est rendu compte que les charges d\u2019exploitation ont explos\u00e9, il a emblav\u00e9 seulement 1 ha. La hausse du prix des intrants n\u2019est pas la seule raison qui pousse les producteurs de coton \u00e0 abandonner. D\u2019autres se sont retir\u00e9s parce que les maux qui minent la production \u00e0 chaque campagne ne sont pas r\u00e9solus. Il s\u2019agit notamment des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019engrais \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9 des prix des intrants, aux maladies qui attaquent le cotonnier, l\u2019indisponibilit\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre. Malmen\u00e9s \u00e0 chaque campagne par les m\u00eames contraintes, Amidou Ouattara et Dramane Ouattara, deux anciens producteurs de coton \u00e0 Finland\u00e9, ont finalement renonc\u00e9 \u00e0 produire le coton. Ce divorce, Amidou Ouattara dit l\u2019avoir assur\u00e9 en 2018 et Dramane l\u2019a suivi, deux ann\u00e9es plus tard. Depuis lors, pas un seul pied de cotonnier dans leurs champs. De nos jours, ils ont jet\u00e9 tout leur d\u00e9volu sur la production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re et s\u2019en sortent bien. \u00ab La SOFITEX n\u2019a pas besoin de coton. Elle fait des affaires sur la vente des intrants \u00bb, fulmine Amidou Ouattara. Jusqu\u2019ici, il semble bien respecter son \u00ab serment \u00bb car produire le coton, dit-il, n\u2019a plus jamais effleur\u00e9 son esprit. Cette saign\u00e9e a eu comme cons\u00e9quence, la disparition progressive des Groupements de producteurs de coton (GPC). \u00ab Bon nombre de GPC n\u2019existent plus parce qu\u2019ils n\u2019ont plus de membres \u00bb, lance Domba Ouattara. Le comble est que l\u2019existence de son propre groupement est en sursis. Compos\u00e9 de 22 membres au d\u00e9part, il n\u2019en compte que 6 pr\u00e9sentement. Abou Ouattara, producteur \u00e0 Finland\u00e9, avait command\u00e9 ses intrants aupr\u00e8s de la SOFITEX, bien avant la hausse du prix des intrants. Lui aussi surpris, il change d\u2019avis et jette l\u2019\u00e9ponge. Le constat qui se d\u00e9gage est que l\u2019atteinte des objectifs de production appara\u00eet de plus en plus incertaine. Avec une pr\u00e9vision de 610 000 tonnes (t) de coton en d\u00e9but de campagne, la SOFITEX a revu ses ambitions \u00e0 la baisse. Elle table d\u00e9sormais sur une production de 380 000 t. L\u00e0 \u00e9galement, rien n\u2019est gagn\u00e9 d\u2019avance. \u00ab Ce n\u2019est pas s\u00fbr qu\u2019elle obtienne cette quantit\u00e9 \u00bb, pr\u00e9vient Dramane Ouattara. \u00ab Les producteurs \u00e9taient pourtant bien partis pour relever ce d\u00e9fi \u00bb, note de son c\u00f4t\u00e9, avec un brin de d\u00e9pit, Hamidou Kon\u00e9. \u00ab Les charges d\u2019exploitation ont doubl\u00e9 \u00bb, rench\u00e9rit Domba Ouattara, amer. Rien que pour la fertilisation d\u2019un ha de coton, pr\u00e9cise-t-il, il faut d\u00e9bourser 128 000 F CFA au lieu de 64 000 F CFA auparavant. Et ce, sans compter les autres charges li\u00e9es \u00e0 l\u2019acquisition de pesticides et la main-d\u2019\u0153uvre. \u00ab Pour que le producteur puisse avoir quelque chose, le gouvernement devait multiplier le prix d\u2019achat du kg de coton par 2 ou au cas \u00e9ch\u00e9ant, le fixer \u00e0 500 F CFA au minimum \u00bb, signifie Domba Ouattara. Bema Ouattara, autre producteur \u00e0 Finland\u00e9, a emblav\u00e9 6 ha de coton cette ann\u00e9e. Apr\u00e8s 15 ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience dans cette activit\u00e9, il pr\u00e9pare d\u00e9j\u00e0 son d\u00e9part d\u00e8s la prochaine campagne. \u00ab J\u2019ai produit \u00e0 perte. J\u2019ai d\u00e9pens\u00e9 plus de 200 mille FCFA dans l\u2019hectare. Quand je fais les calculs, malgr\u00e9 la hausse du prix du coton, je n\u2019aurai rien car le coton ne produit plus bien \u00bb, s\u2019indigne-t-il.<\/p>\n<h3>Une fili\u00e8re en qu\u00eate de souverainet\u00e9<\/h3>\n<figure id=\"attachment_2089\" aria-describedby=\"caption-attachment-2089\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2089\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/03\/01\/campagne-cotonniere-2023-2024-au-burkina-la-hausse-du-prix-des-intrants-pousse-des-producteurs-a-labandon\/tf\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/03\/tf.gif?fit=620%2C413&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"620,413\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"tf\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Bema Ouattara, apr\u00e8s 15 ans d\u2019exp\u00e9rience, envisage d\u00e9j\u00e0 son d\u00e9part l\u2019ann\u00e9e prochaine&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/03\/tf.gif?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/03\/tf.gif?fit=620%2C413&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-2089\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/03\/tf.gif?resize=620%2C413&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"620\" height=\"413\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2089\" class=\"wp-caption-text\">Bema Ouattara, apr\u00e8s 15 ans d\u2019exp\u00e9rience, envisage d\u00e9j\u00e0 son d\u00e9part l\u2019ann\u00e9e prochaine<\/figcaption><\/figure>\n<p>L\u2019UNPCB n\u2019est pas rest\u00e9e insensible \u00e0 la douleur que vivent ses membres du fait de l\u2019augmentation du prix des intrants qui constitue, du reste, une r\u00e9elle menace \u00e0 la survie de la fili\u00e8re. Le SG de la structure, Hamifou Kon\u00e9, n\u2019en veut \u00e0 personne, contexte s\u00e9curitaire oblige. Il reconnait que l\u2019Etat a consenti d\u2019\u00e9normes sacrifices pour leur venir en aide avec 10 milliards F CFA, mais ce montant reste tout de m\u00eame insuffisant. A la campagne 2022-2023, se souvient-il, c\u2019\u00e9tait une enveloppe de 72,8 milliards F CFA. Ce qui avait permis, dit-il, de r\u00e9duire le prix des intrants \u00e0 travers la subvention. \u00ab Ce qui n\u2019est pas le cas cette ann\u00e9e. A l\u2019heure actuelle, il n\u2019y a pas d\u2019alternative sans une subvention cons\u00e9quente, chose que nous n\u2019avons pas eu \u00bb, se justifie-t-il. Afin d\u2019amortir le choc de cette hausse des prix sur les recettes des producteurs, l\u2019UNPCB exhorte ses membres \u00e0 plus de professionnalisme dans leur activit\u00e9. \u00ab Il faut qu\u2019ils comprennent les enjeux avant de s\u2019engager dans la production\u00bb, d\u00e9voile Patrice Coulibaly. De ses explications, plus rien ne sera comme avant. Dans le cadre de leur partenariat, la SOFITEX et l\u2019UNPCB se sont engag\u00e9es \u00e0 durcir les conditions d\u2019attribution des intrants. D\u00e9sormais, les petits producteurs sont plac\u00e9s sous la coupe d\u2019un aval. Une approche qui vise, selon notre interlocuteur, \u00e0 circonscrire le d\u00e9tournement des intrants du coton \u00e0 d\u2019autres fins. \u00ab Vous allez trouver que dans les coop\u00e9ratives, il y a des producteurs qui viennent juste pour avoir des intrants. Mais leur apport en coton ne vaut rien. En r\u00e9alit\u00e9, leur objectif c\u2019est d\u2019avoir les engrais, avoir un petit champ de coton qu\u2019ils ne vont m\u00eame pas entretenir. Ces gens-l\u00e0, leur rendement ne va pas d\u00e9passer peut-\u00eatre 150 kg \u00e0 l\u2019hectare. \u00c7a va venir tirer le rendement de quelqu\u2019un qui a 2 tonnes \u00e0 l\u2019hectare vers le bas, et on va dire apr\u00e8s que le Burkina a un rendement de 800 kg \u00e0 l\u2019hectare. Parce que nous avons mis les bons, les moyens et les mauvais producteurs ensemble \u00bb, estime M. Coulibaly. Et ce n\u2019est pas tout. Les intrants sont \u00e9galement livr\u00e9s aux producteurs sur la base des superficies d\u00e9clar\u00e9es aux agents de la SOFITEX. \u00ab Il ne faut pas \u00eatre producteur de coton et vouloir profiter des intrants pour faire autre chose. \u00c7a ne marchera pas \u00bb, rel\u00e8ve le SG de l\u2019UNPCB. Patrice Coulibaly persiste et signe que la dynamique engag\u00e9e actuellement consiste \u00e0 travailler dans la transparence afin d\u2019instaurer un climat de confiance entre les diff\u00e9rents acteurs. Au sein de l\u2019interprofession \u00e9galement, toutes les questions relatives \u00e0 la bonne marche de la fili\u00e8re sont d\u00e9battues. En ce sens, l\u2019Association interprofessionnelle de coton du Burkina Faso (AICB) s\u2019est d\u00e9j\u00e0 pench\u00e9e sur le cas des intrants lors de son Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale (AG) du 30 novembre 2023. Des propositions ont \u00e9t\u00e9 faites dans le sens d\u2019offrir de bonnes perspectives \u00e0 la fili\u00e8re. \u00ab Un certain nombre de mesures ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es et seront appliqu\u00e9es au grand bonheur du producteur. Parce qu\u2019elles vont permettre \u00e0 celui-ci de se sentir bien dans sa coop\u00e9rative et d\u2019avoir tout l\u2019accompagnement dont il a besoin \u00bb, mentionne Patrice Coulibaly. Il pr\u00e9cise d\u2019ailleurs que la baisse du prix des intrants n\u2019est qu\u2019une question de temps, fondant surtout l\u2019espoir sur la mise en service de l\u2019usine de fabrication d\u2019engrais de Koup\u00e9la. Par ailleurs, l\u2019annonce s\u00e9par\u00e9e du prix du coton et des intrants a \u00e9t\u00e9 vivement critiqu\u00e9e par les producteurs. Patrice Coulibaly r\u00e9pond qu\u2019il n\u2019en est rien. A l\u2019\u00e9couter, cela est d\u00fb au fait que la subvention n\u2019est pas venue \u00e0 bonne date. La vision de la fa\u00eeti\u00e8re, informe-t-il, c\u2019est de se soustraire \u00e0 cette d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de l\u2019Etat. Dans cette optique, poursuit-il, les acteurs sont en train de travailler aujourd\u2019hui \u00e0 s\u2019affranchir \u00e0 un moment donn\u00e9 des subventions. \u00ab On veut travailler \u00e0 rendre la fili\u00e8re autonome, de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019elle subventionne elle-m\u00eame ses intrants. Et je pense qu\u2019on va y arriver parce que les soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res ont cette volont\u00e9, l\u2019UNPCB \u00e9galement \u00bb, confie-t-il. Nous reviendrons dans nos prochaines parutions sur les explications de la SOFITEX sur cette situation que traverse la production du coton.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Du rififi autour de la qualit\u00e9 de l\u2019engrais<\/strong><\/p>\n<p>Au cours de cette campagne, des producteurs ont remis en cause la qualit\u00e9 de l\u2019engrais. Ceux de Karangasso-Sambla et de L\u00e9na dans le Houet ont r\u00e9alis\u00e9, apr\u00e8s des tests, que leur engrais ne se dissout pas dans l\u2019eau. Certains l\u2019ont laiss\u00e9 deux semaines dans l\u2019eau mais le r\u00e9sultat est rest\u00e9 inchang\u00e9. L\u2019UNPCB a donc \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9e. Patrice Coulibaly, sp\u00e9cialiste du domaine au sein de la structure, effectue ses propres tests et aboutit au m\u00eame r\u00e9sultat. La SOFITEX, appel\u00e9e \u00e0 retirer ses engrais, s\u2019ex\u00e9cute sans broncher. L\u2019INERA d\u00e9montre cependant, \u00e0 l\u2019issue de ses analyses, que cet engrais est de bonne qualit\u00e9. Toutefois, il ressort que parmi les composants, se trouve une mati\u00e8re inerte charg\u00e9e de ressourcer le sol. Et selon les sp\u00e9cialistes, cette mati\u00e8re inerte qui joue le r\u00f4le de compact, doit rester dans le sol pendant des mois avant de se dissoudre. Cet engrais est aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019\u00e9tape d\u2019essai et de pr\u00e9-vulgarisation. \u00ab La SOFITEX avait brul\u00e9 les \u00e9tapes\u00bb, pr\u00e9cise Patrice Coulibaly.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>O.M.I<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le gouvernement burkinab\u00e8 a revu \u00e0 la hausse le prix d\u2019achat du kilogramme de coton qui passe de 300 \u00e0 325 F CFA. 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