{"id":2192,"date":"2024-05-27T23:40:36","date_gmt":"2024-05-27T23:40:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=2192"},"modified":"2024-05-27T23:40:36","modified_gmt":"2024-05-27T23:40:36","slug":"editorial-nos-barrages-en-danger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/05\/27\/editorial-nos-barrages-en-danger\/","title":{"rendered":"Editorial : Nos barrages en danger"},"content":{"rendered":"<p>Il est une v\u00e9rit\u00e9 incontestable que l\u2019eau est une denr\u00e9e pr\u00e9cieuse, parce qu\u2019elle est rare pour l\u2019homme et pour les animaux, rare pour les activit\u00e9s \u00e9conomiques, rare pour l\u2019agriculture, la p\u00eache, \u2026 En somme, l\u2019eau c\u2019est la vie. Dans un pays comme le Burkina Faso o\u00f9 la saison humide ne dure que 3 \u00e0 4 mois par an, le besoin d\u2019eau est encore plus pr\u00e9gnant. Surtout que l\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage occupent plus de 80% des populations vivant en grande partie en milieu rural.<\/p>\n<p>Du coup, la mobilisation des ressources en eau de surface et souterraine constitue une priorit\u00e9 majeure pour le gouvernement burkinab\u00e8 et ses partenaires en vue de satisfaire les besoins, au regard de la place que ces acteurs jouent dans le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9conomie nationale. Les gouvernants successifs d\u00e9ploient ainsi et depuis des d\u00e9cennies, des politiques et initiatives, pour ce faire, avec aussi en ligne de mire, l\u2019autosuffisance alimentaire. De la construction de barrages et de boulis \u00e0 la r\u00e9alisation de puits \u00e0 grand diam\u00e8tre en passant par la promotion de l\u2019irrigation, les actions ne manquent pas avec des r\u00e9sultats plus ou moins satisfaisants.<\/p>\n<p>A titre d\u2019exemples, les ouvrages hydrauliques comme les barrages de Kompienga, Bagr\u00e9, Ziga, Samend\u00e9ni et Soum contribuent \u00e0 l\u2019atteinte de ces objectifs \u00e0 travers l\u2019irrigation de milliers de p\u00e9rim\u00e8tres am\u00e9nag\u00e9s. Accueillant une multitude d\u2019acteurs (maraichers, \u00e9leveurs, agriculteurs, agrobusiness-men, ONEA, SONABEL \u2026) qui en tirent leurs revenus, ces infrastructures dont l\u2019importance n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer, sont malheureusement menac\u00e9es par la forte pression sur leurs berges, les exposant donc \u00e0 l\u2019ensablement, l\u2019envasement et la pollution des plans d\u2019eau. Pourtant, chaque am\u00e9nagement a bien d\u00e9fini une bande de servitude g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une centaine de m\u00e8tres du barrage et mat\u00e9rialis\u00e9e par des bornes, o\u00f9 toute activit\u00e9 est interdite, pour permettre une mise en valeur efficace et durable de la retenue d\u2019eau.<\/p>\n<p>En plus de \u00ab violer \u00bb ces bandes de servitude, certains poussent l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019occupation de la zone tampon, situ\u00e9e entre la diguette filtrante et la cuvette. Pour ne rien arranger, l\u2019utilisation des engrais chimiques et des pesticides est une autre pratique nuisible non seulement \u00e0 l\u2019ouvrage mais aussi aux \u00eatres humains, aux animaux et \u00e0 la biodiversit\u00e9 \u00e0 travers la pollution de l\u2019eau.<\/p>\n<p>La probl\u00e9matique de la gestion durable des ressources naturelles et en particulier des ressources en eau se pose donc avec acuit\u00e9 parce qu\u2019aucun barrage n\u2019\u00e9chappe \u00e0 cette malheureuse r\u00e9alit\u00e9, les activit\u00e9s humaines constituant aujourd\u2019hui pour elles, une menace s\u00e9rieuse \u00e0 leur p\u00e9rennit\u00e9. Les descentes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des services de la Police de l\u2019eau, les sensibilisations, les sanctions par endroits n\u2019y ont encore rien pu. Il importe donc d\u2019associer l\u2019ensemble des acteurs \u00e0 la recherche de solutions.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019abord des propri\u00e9taires terriens pour la plupart d\u00e9dommag\u00e9s comme personnes affect\u00e9es par le projet et\/ou attributaires de parcelles dans les p\u00e9rim\u00e8tres am\u00e9nag\u00e9s, mais qui prennent un malin plaisir \u00e0 revendre des lopins de terre \u00e0 des producteurs dans la bande de servitude des barrages. A ceux-l\u00e0 s\u2019ajoutent les producteurs eux-m\u00eames qui doivent comprendre que la viabilit\u00e9 de leur activit\u00e9 d\u00e9pend de celle de la ressource (eau) qu\u2019ils exploitent. Autrement dit, sans barrage, pas de maraicher-culture. Quant aux services publics, la solution pourrait venir de l\u2019am\u00e9nagement de boulis aliment\u00e9s par le barrage, au-del\u00e0 des bandes de servitude, pour \u00eatre mis \u00e0 la disposition des producteurs.<\/p>\n<p>A d\u00e9faut, l\u2019Etat pourra travailler \u00e0 les accompagner dans l\u2019acquisition d\u2019outils de production (motopompes, tubes PVC \u2026) afin de leur permettre de travailler \u00ab \u00e0 distance \u00bb. Mais d\u00e9j\u00e0, certains acteurs estiment que la phase de sensibilisation a trop dur\u00e9 et qu\u2019il faut passer \u00e0 la r\u00e9pression, non seulement des maraicher-culteurs install\u00e9s sur les bandes de servitude, mais aussi des propri\u00e9taires terriens. En tous les cas, le danger est l\u00e0 et il faut y faire face.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Jean Marie TOE<\/strong><br \/>\njmt16j@gmail.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est une v\u00e9rit\u00e9 incontestable que l\u2019eau est une denr\u00e9e pr\u00e9cieuse, parce qu\u2019elle est rare pour l\u2019homme et pour les animaux, rare pour les activit\u00e9s \u00e9conomiques, rare pour l\u2019agriculture, la p\u00eache, \u2026 En somme, l\u2019eau c\u2019est la vie. 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