{"id":2260,"date":"2024-06-12T23:10:30","date_gmt":"2024-06-12T23:10:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=2260"},"modified":"2024-06-12T23:20:21","modified_gmt":"2024-06-12T23:20:21","slug":"promotion-de-jardins-nutritifs-a-saabtenga-produire-des-aliments-sains-dans-un-milieu-sain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/06\/12\/promotion-de-jardins-nutritifs-a-saabtenga-produire-des-aliments-sains-dans-un-milieu-sain\/","title":{"rendered":"Promotion de \u00ab jardins nutritifs \u00bb \u00e0 Saabtenga : produire des aliments sains dans un milieu sain"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les jardins nutritifs sont en train de r\u00e9appara\u00eetre peu \u00e0 peu au Burkina Faso. C\u2019est une pratique agro-\u00e9cologique qui mise essentiellement sur une production durable avec en toile de fond, le rejet des substances nocives \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 la sant\u00e9 humaine. A Saabtenga, \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie-nord de Ouagadougou, ce concept a conquis le c\u0153ur des femmes du groupement Gu\u00e9tawend\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 leur savoir-faire entrepreneurial, elles ont r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er un champ peupl\u00e9 de baobabs et de moringa.<\/strong><\/p>\n<p>Jeudi 23 mai 2024 \u00e0 Saabtenga, un quartier p\u00e9riph\u00e9rique de la ville de Ouagadougou mais rattach\u00e9 administrativement de la commune rurale de Pabr\u00e9. En face de la voie de contournement, on rencontre une ferme atypique d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab jardin nutritif \u00bb. A l\u2019int\u00e9rieur de celui-ci, se disputent une for\u00eat de baobabs et de moringa. Arborant de beaux feuillages verts, ces arbres suscitent \u00e0 la fois curiosit\u00e9 et admiration chez le visiteur. \u00ab C\u2019est rare de voir une personne planter un baobab mais c\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 chez nous\u00bb, indique Ha\u00efdara Kobala, animateur \u00e0 l\u2019association SOS sant\u00e9 et d\u00e9veloppement, concepteur du projet. La ferme s\u2019\u00e9tend sur une petite superficie d\u2019un demi-hectare. Elle est prot\u00e9g\u00e9e par un mur en grillage. L\u2019exploitation est assur\u00e9e uniquement par des femmes, r\u00e9unies autour du groupement Gu\u00e9tawend\u00e9, fort de 25 membres. La pr\u00e9sidente du groupement, Kadidiata Zongo, la cinquantaine r\u00e9volue, semble d\u00e9fier la chaleur \u00e9touffante. Sous cette fournaise ardente \u00e0 ciel ouvert, elle fait des va-et-vient entre la cuisine et le jardin. Elle garde un \u0153il sur toute activit\u00e9 qui se m\u00e8ne sur le site. De ses explications, la plantation de ces deux esp\u00e8ces rev\u00eat un double avantage. D\u2019une part les feuilles, tr\u00e8s riches en vitamines, sont comestibles et de l\u2019autre, leur vente procure des revenus substantiels au groupement. Des revenus qui ne sont pas d\u2019ailleurs d\u00e9pens\u00e9s avec une certaine prodigalit\u00e9.<\/p>\n<h3>Rejet des substances chimiques<\/h3>\n<p>L\u2019argent est gard\u00e9 dans un compte du groupement \u00e0 la caisse. M\u00eame si la pr\u00e9sidente se garde de d\u00e9voiler son montant, elle reconnait n\u00e9anmoins que leur activit\u00e9 est rentable. Un d\u00e9tail important qu\u2019elle n\u2019a pas voulu occulter, c\u2019est le rejet syst\u00e9matique par les membres du groupement de tout ce qui est substance chimique. A cet effet, Kadidiata Zongo rappelle que les intrants de synth\u00e8se n\u2019ont pas leur place dans ce jardin acquis \u00e0 la cause d\u2019agro-\u00e9cologie.<br \/>\nLes fertilisants biologiques, plus respectueux de l\u2019environnement et de la sant\u00e9 humaine, sont fabriqu\u00e9s par les femmes elles-m\u00eames, selon la pr\u00e9sidente. \u00ab Ce sont des fertilisants liquides que nous appliquons aux pieds des arbres.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2263\" aria-describedby=\"caption-attachment-2263\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2263\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/06\/12\/promotion-de-jardins-nutritifs-a-saabtenga-produire-des-aliments-sains-dans-un-milieu-sain\/sain2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain2.gif?fit=590%2C441&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"590,441\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"sain2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;La pr\u00e9sidente du groupement, Kadidita Zongo, persiste que les substances chimiques sont interdites dans leur jardin.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain2.gif?fit=300%2C224&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain2.gif?fit=590%2C441&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-2263\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain2-300x224.gif?resize=300%2C224&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"224\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2263\" class=\"wp-caption-text\">La pr\u00e9sidente du groupement, Kadidita Zongo, persiste que les substances chimiques sont interdites dans leur jardin.<\/figcaption><\/figure>\n<p>En plus de ces fertilisants, nous apportons du fumier dans notre jardin\u00bb, note Mme Zongo.<br \/>\nA en croire le Pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration (PCA) de l\u2019Association SOS sant\u00e9 et d\u00e9veloppement, Emmanuel Rouamba, le jardin nutritif a pour vocation de produire des aliments sains. \u00ab Notre structure est dans la dynamique de promotion de l\u2019agro \u00e9cologie. Nous avons d\u2019autres sites dans la province du Boulkiemd\u00e9, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Sabou, o\u00f9 nous disposons de jardins scolaires. On y pratique le mara\u00eechage sans utilisation de produits chimiques \u00bb, d\u00e9voile-t-il. Sa conviction est que les produits chimiques appauvrissent les sols et d\u00e9truisent l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me.<br \/>\n\u00ab Nous avons compris cela tr\u00e8s t\u00f4t et formons les groupements de producteurs \u00e0 la fabrication de produits bio\u00bb, rel\u00e8ve le PCA.<\/p>\n<p>Pour une bonne ex\u00e9cution des t\u00e2ches, les femmes se sont r\u00e9parties en trois groupes qui se relaient. Dans la matin\u00e9e du mercredi 22 mai, confie la pr\u00e9sidente, elles ont proc\u00e9d\u00e9 ensemble au nettoyage de leur jardin en le d\u00e9barrassant de toutes les mauvaises herbes. A notre passage, un groupe s\u2019attelait \u00e0 l\u2019arrosage. Munies d\u2019arrosoir et de seaux, ses membres s\u2019acquittent convenablement de leurs t\u00e2ches sous le regard vigilant de la pr\u00e9sidente. La fatigue se lit d\u00e9j\u00e0 sur certains visages, vu la p\u00e9nibilit\u00e9 du travail. Pendant que d\u2019autres sont \u00e0 la t\u00e2che, certaines se reposent \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un arbre. L\u2019id\u00e9e de planter le baobab et le moringa proc\u00e8de d\u2019un concept d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab jardin nutritif \u00bb promu par le minist\u00e8re en charge de l\u2019environnement \u00e0 travers le programme Tree aid, r\u00e9v\u00e8le le PCA de l\u2019association, Emmanuel Rouamba, par ailleurs directeur ex\u00e9cutif du r\u00e9seau des associations SOS sant\u00e9 et d\u00e9veloppement Paalga.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9couter, sa structure a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 une \u00e9tude sur le concept des jardins nutritifs dans la r\u00e9gion du Sahel. C\u2019est \u00e0 l\u2019issue de cette \u00e9tude que l\u2019inspiration est venue de cr\u00e9er des jardins nutritifs dont celui de Saabtenga. \u00ab Etant donn\u00e9 que le jardin nutritif a permis \u00e0 beaucoup de femmes ailleurs d\u2019\u00eatre financi\u00e8rement et \u00e9conomiquement autonomes, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de dupliquer cette belle exp\u00e9rience dans notre site de production \u00bb, indique M. Rouamba. Pour ce faire, des femmes du Sanmatenga, nanties d\u2019une riche exp\u00e9rience en la mati\u00e8re, ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9es pour former celles de Saabtenga sur les normes de production du baobab et du moringa.<\/p>\n<p>La vision du projet, selon le pr\u00e9sident de l\u2019association, Emmanuel Rouamba, consiste aussi \u00e0 contribuer d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre \u00e0 l\u2019atteinte de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et nutritionnelle au Burkina Faso. Rasmata Sawadogo, m\u00e8re de sept enfants, est membre du groupement. Elle dit soutenir fermement cette initiative au regard de son impact combien positif dans l\u2019alimentation de la population. Mme Sawadogo avoue tirer profit du travail qui est fait dans ce jardin nutritif au pr\u00e9texte qu\u2019il lui permet de consommer des aliments sains. Les membres du groupement, sans exception aucune, s\u2019adonnent \u00e0 c\u0153ur joie, \u00e0 l\u2019entretien de leur jardin. Pour preuve, Alima Zongo, la soixantaine bien sonn\u00e9e, est fi\u00e8re de participer \u00e0 toutes les activit\u00e9s qui ont lieu dans ce jardin. En d\u00e9pit de son \u00e2ge un peu avanc\u00e9, elle s\u2019efforce \u00e0 d\u00e9ployer ses fr\u00eales muscles pour d\u00e9sherber et arroser le jardin.<\/p>\n<h3>Des feuilles beaucoup pris\u00e9es<\/h3>\n<p>Une r\u00e9colte \u00e9tait pr\u00e9vue au cours de la journ\u00e9e mais elle a \u00e9t\u00e9 report\u00e9e en derni\u00e8re minute \u00e0 une date ult\u00e9rieure. De l\u2019avis de nos interlocutrices, les feuilles de baobab et de moringa s\u2019arrachent comme de petits pains. Si bien qu\u2019elles ont parfois du mal \u00e0 satisfaire tous les clients. \u00ab \u00c7a ne suffit pas \u00bb, s\u2019exclame Emmanuel Rouamba. \u00ab Nous avons eu raison de planter le baobab et le moringa \u00bb, rench\u00e9rit Ha\u00efdara Kobala. Celui-ci dit aider ces femmes \u00e0 commercialiser leurs productions tant les feuilles de ces arbres sont beaucoup pris\u00e9es des consommateurs. \u00ab Il y a des particuliers qui peuvent lancer des commandes de 10 000 F CFA de feuilles de baobab \u00bb, souligne-t-il. A entendre M. Kobala, ces feuilles issues de jeunes baobabs ont un go\u00fbt succulent, totalement diff\u00e9rent de celui des grands arbres. \u00ab La diff\u00e9rence est que c\u2019est l\u00e9ger et plus doux que les baobabs qui poussent \u00e0 l\u2019\u00e9tat naturel \u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p>L\u2019autre avantage est que ces feuilles sont disponibles \u00e0 tout moment, peu importe la saison. Ce qui n\u2019est pas le cas pour les baobabs sauvages. Les femmes ne se sont pas content\u00e9es de la production seulement. Au cours de leur formation, elles ont appris comment transformer les feuilles de moringa en divers produits alimentaires. Sur le terrain, elles ont r\u00e9ussi \u00e0 transformer le moringa en th\u00e9 en association avec d\u2019autres produits naturels, en couscous et en g\u00e2teaux enrichis. \u00ab Le plateau technique \u00e9tant faible, elles ne peuvent pas produire \u00e0 grande \u00e9chelle et avoir assez de revenus financiers \u00bb, fait savoir Emmanuel Rouamba. Natacha Compaor\u00e9 est la coordinatrice adjointe de l\u2019ONG Action de car\u00eame Suisse au Burkina, partenaire de ce projet. Apr\u00e8s une visite dans le jardin, elle est \u00e9merveill\u00e9e par les r\u00e9sultats, fruit de leur collaboration avec l\u2019Association SOS sant\u00e9 et d\u00e9veloppement.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2264\" aria-describedby=\"caption-attachment-2264\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2264\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/06\/12\/promotion-de-jardins-nutritifs-a-saabtenga-produire-des-aliments-sains-dans-un-milieu-sain\/sain3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain3.gif?fit=590%2C427&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"590,427\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"sain3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Pour Rasmata Sawadogo, l\u2019exploitation de ce jardin leur permet de s\u2019alimenter avec des produits sains.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain3.gif?fit=300%2C217&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain3.gif?fit=590%2C427&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-2264\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain3-300x217.gif?resize=300%2C217&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"217\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2264\" class=\"wp-caption-text\">Pour Rasmata Sawadogo, l\u2019exploitation de ce jardin leur permet de s\u2019alimenter avec des produits sains.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans la mise en \u0153uvre de ce projet, cette ONG ne prend en compte que le financement de la formation en renforcement des capacit\u00e9s des femmes notamment dans le domaine des pratiques agro \u00e9cologiques. Mme Compaor\u00e9 estime que sa structure a atteint son objectif. Le souhait du PCA Rouamba est que d\u2019autres partenaires s\u2019invitent dans la danse afin d\u2019aider ces femmes \u00e0 produire, \u00e0 transformer et \u00e0 \u00e9couler leurs produits. Selon l\u2019animateur de l\u2019association, ces arbres sont issues des semences certifi\u00e9es mises au point par les chercheurs de l\u2019Institut de l\u2019environnement et de recherches agricoles (INERA). La particularit\u00e9 de ce jardin nutritif est que les plantes ne restent pas longtemps sur place.<\/p>\n<p>Au bout de trois ann\u00e9es d\u2019exploitation, ils sont d\u00e9terr\u00e9s puis repiquer en brousse o\u00f9 ils auront suffisamment le temps de grandir et de vieillir. La technique d\u2019enl\u00e8vement semble \u00eatre bien ma\u00eetris\u00e9e par les membres de l\u2019association si bien qu\u2019aucun arbre ne meurt apr\u00e8s son d\u00e9placement. Ha\u00efdara Kobala le confirme en ces termes : \u00ab Ces baobabs ne meurent pas dans leur nouveau site de replantation apr\u00e8s leur d\u00e9placement \u00bb. Le hic est que le projet exige \u00e0 ce que le repiquage se fasse exclusivement dans la m\u00eame commune. Or, d\u00e9plore M. Kobala, la commune de Pabr\u00e9 ne dispose plus de terres \u00e0 m\u00eame d\u2019abriter un tel projet \u00e0 cause de leur morcellement par les promoteurs immobiliers.<\/p>\n<p>\u00ab Ils ont tout pris. Donc nous sommes \u00e0 la recherche d\u2019un site mais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent nous n\u2019en trouvons pas \u00bb, s\u2019alarme Ha\u00efdara Kobala. Pour lui, quel que soit le lieu de replantation des baobabs, c\u2019est toujours la population burkinab\u00e8 qui gagne. L\u2018invasion des terrains agricoles par les promoteurs immobiliers a m\u00eame touch\u00e9 le domaine du jardin nutritif o\u00f9 la superficie est pass\u00e9e de 5 ha au d\u00e9part \u00e0 0,5 ha actuellement. \u00ab Les propri\u00e9taires terriens ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 brader leurs terres avec ces promoteurs v\u00e9reux que de nous les conc\u00e9der gratuitement pour mener des activit\u00e9s de d\u00e9veloppement \u00bb, regrette Emmanuel Rouamba. D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, poursuit-il, les d\u00e9marches sont en cours pour l\u2019obtention de l\u2019attestation de possession fonci\u00e8re, un document indispensable \u00e0 la survie de leur domaine, aujourd\u2019hui cern\u00e9 de toutes parts par des bornes des promoteurs immobiliers.<\/p>\n<h3>Le manque d\u2019eau, un casse-t\u00eate<\/h3>\n<p>Le jardin nutritif de Saabtenga est confront\u00e9 \u00e0 de multiples d\u00e9fis. Les membres du groupement ont certes le c\u0153ur \u00e0 l\u2019ouvrage mais encore faut-il que toutes les conditions soient r\u00e9unies pour leur permettre de mener \u00e0 bien leurs activit\u00e9s. Le d\u00e9fi majeur qui se pose aux exploitantes est l\u2019insuffisance d\u2019eau. Face \u00e0 cette situation, l\u2019association SOS sant\u00e9 et d\u00e9veloppement a consenti un effort en construisant un forage, \u00e9quip\u00e9 de deux poly tanks. Malgr\u00e9 tout, le probl\u00e8me demeure. La quantit\u00e9 d\u2019eau stock\u00e9e dans ces r\u00e9servoirs est loin de couvrir les besoins des femmes. Chaque jour, irriguer le jardin rel\u00e8ve d\u2019un parcours du combattant. \u00ab En saison s\u00e8che, c\u2019est la croix et la banni\u00e8re pour entretenir le jardin \u00bb, fulmine Alima Zongo. M\u00eame son de cloche chez la pr\u00e9sidente qui signale que cette probl\u00e9matique est de nature \u00e0 saper parfois le moral des membres du groupement qui n\u2019arrivent pas \u00e0 bien travailler. Comme alternative, l\u2019animateur a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019imposer un rationnement de l\u2019utilisation de l\u2019eau.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019irrigation qui devrait \u00eatre quotidienne, se fait d\u00e9sormais tous les deux jours. Cette astuce a permis de maintenir la verdure dans le jardin au cours de la campagne s\u00e8che. Pour l\u2019heure,<\/p>\n<figure id=\"attachment_2265\" aria-describedby=\"caption-attachment-2265\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2265\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/06\/12\/promotion-de-jardins-nutritifs-a-saabtenga-produire-des-aliments-sains-dans-un-milieu-sain\/sain4\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain4.gif?fit=787%2C540&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"787,540\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"sain4\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Apr\u00e8s l\u2019arrosage, les femmes prennent une petite pause&lt;br \/&gt;\navant de reprendre le travail.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain4.gif?fit=300%2C206&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain4.gif?fit=696%2C478&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-2265\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain4-300x206.gif?resize=300%2C206&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"206\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain4.gif?resize=300%2C206&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain4.gif?resize=768%2C527&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2265\" class=\"wp-caption-text\">Apr\u00e8s l\u2019arrosage, les femmes prennent une petite pause<br \/>avant de reprendre le travail.<\/figcaption><\/figure>\n<p>les premi\u00e8res pluies qui ont arros\u00e9 Ouagadougou et ses environs sont venues arranger les choses. Le PCA de l\u2019association SOS sant\u00e9 et d\u00e9veloppement, Emmanuel Roumba, est visiblement surpris par cette situation. Car, se d\u00e9sole-t-il, la construction du deuxi\u00e8me poly tank avait \u00e9t\u00e9 entreprise dans le sens de r\u00e9sorber, une fois pour toute, ce probl\u00e8me d\u2019eau. De son entendement, la question de fond qui se pose est qu\u2019il y a un lien entre le d\u00e9bit du forage (tr\u00e8s faible) et la nappe phr\u00e9atique.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons essay\u00e9 de creuser des puits un peu partout, mais nous n\u2019avons pas eu d\u2019eau \u00bb, avoue le PCA. En tout \u00e9tat de cause, il ne perd pas espoir, \u00e9tant entendu que la r\u00e9flexion est toujours en train d\u2019\u00eatre men\u00e9e autour de cette question en vue de trouver une solution p\u00e9renne. Raison pour laquelle il exhorte les partenaires sensibles \u00e0 l\u2019agro \u00e9cologie \u00e0 venir \u00e0 la rescousse de ces braves dames du groupement Gu\u00e9tawend\u00e9. A ce manque d\u2019eau s\u2019ajoute la v\u00e9tust\u00e9, voire le manque de mat\u00e9riel d\u2019arrosage. Des arrosoirs et des seaux us\u00e9s sont toujours utilis\u00e9s. La pr\u00e9sidente du groupement laisse entendre qu\u2019elle a puis\u00e9 de l\u2019argent dans la caisse pour acqu\u00e9rir de nouveaux mat\u00e9riels.<\/p>\n<p>Leur qualit\u00e9 \u00e9tant souvent remise en cause, ils ne durent pas \u00ab Notre partenaire actuel n\u2019intervient que dans le renforcement des capacit\u00e9s. Les \u00e9quipements et autres sont \u00e0 la charge de l\u2019association. Nous sollicitons les partenaires qui sont int\u00e9ress\u00e9s par l\u2019agro \u00e9cologie \u00e0 nous donner un coup de pouce dans ce domaine \u00bb, plaide Emmanuel Rouamba. L\u2019association est en train d\u2019exp\u00e9rimenter la production hors sol et cela pour une raison simple.<br \/>\n\u00ab La zone est de plus en plus urbanis\u00e9e et les femmes n\u2019ont plus d\u2019espaces cultivables. Si elles venaient \u00e0 ma\u00eetriser la production hors sol, chacune d\u2019entre elles pourrait la pratiquer chez elle de sorte \u00e0 produire et consommer des aliments sains, sans effet sur leur sant\u00e9\u00bb, avance M. Rouamba. Il lance un appel \u00e0 tous les producteurs \u00e0 bien entretenir les sols car ce sont des organismes vivants qu\u2019il ne faut pas agresser et blesser au risque de les rendre impropre \u00e0 la production agricole.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Ouamtinga Michel ILBOUDOO<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">michel20@gmail.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les jardins nutritifs sont en train de r\u00e9appara\u00eetre peu \u00e0 peu au Burkina Faso. C\u2019est une pratique agro-\u00e9cologique qui mise essentiellement sur une production durable avec en toile de fond, le rejet des substances nocives \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 la sant\u00e9 humaine. A Saabtenga, \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie-nord de Ouagadougou, ce concept a conquis le c\u0153ur [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2262,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[562,83,87,89],"tags":[],"class_list":{"0":"post-2260","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualites","8":"category-agriculture","9":"category-developpement","10":"category-la-une-site"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/06\/sain.gif?fit=787%2C507&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paqtIK-As","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2260","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2260"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2260\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2262"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2260"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2260"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2260"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}