{"id":2312,"date":"2024-07-03T21:40:43","date_gmt":"2024-07-03T21:40:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=2312"},"modified":"2024-07-03T21:40:43","modified_gmt":"2024-07-03T21:40:43","slug":"roger-zami-guebre-alias-commissaire-zami-il-y-en-a-qui-croient-que-je-suis-un-vrai-commissaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/07\/03\/roger-zami-guebre-alias-commissaire-zami-il-y-en-a-qui-croient-que-je-suis-un-vrai-commissaire\/","title":{"rendered":"Roger Zami Gu\u00e9br\u00e9, alias commissaire Zami : \u00ab\u00a0Il y en a qui croient que je suis un vrai commissaire \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>A vu d\u2019\u0153il, on lui donnerait 60 ans, alors qu\u2019il en a 78. Le pas vif et la voix alerte, ce p\u00e8re de sept enfants, \u00e0 l\u2019humour communicatif et \u00e0 la sympathie d\u00e9bordante, fait aussi preuve d\u2019une grande humanit\u00e9 et d\u2019une int\u00e9grit\u00e9. Tenez\u00a0! Il a d\u00e9missionn\u00e9 d\u2019un poste juteux de chef comptable adjoint pour embrasser sa passion, le journalisme, et pouvoir raconter le monde et rencontrer du monde. Dans cet entretien d\u2019environ deux heures, Roger Zami Gu\u00e9br\u00e9 ou \u00ab\u00a0commissaire Zami\u00a0\u00bb d\u00e9voile sans fard des pans importants de sa vie qui l\u2019ont men\u00e9 de la comptabilit\u00e9 au cin\u00e9ma.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Carrefour africain (C.A.) : Vous \u00eates un homme \u00e0 plusieurs casquettes : journaliste, animateur, com\u00e9dien\u2026 Qui est Roger Zami Gu\u00e9br\u00e9 finalement ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Roger Zami Gu\u00e9br\u00e9\u00a0(R.Z.G.)\u00a0:<\/strong> Je suis n\u00e9 en 1946 \u00e0 Niagho, dans ce qu\u2019on appelait \u00e0 l\u2019\u00e9poque le cercle de Tenkodogo, subdivision de Garango. J\u2019y suis all\u00e9 au CP1 en octobre 1953 \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire catholique sous le nom de Gu\u00e9br\u00e9 Souma\u00efla, parce que ma famille est musulmane. En classe de CM1, il fallait se baptiser, mes cousins et moi. Nous \u00e9tions quatre. Mon p\u00e8re et ses fr\u00e8res ont oppos\u00e9 un refus. Mon grand-p\u00e8re, qui \u00e9tait le Teng-soba (chef de terre) a m\u00eame d\u00e9cid\u00e9 de notre renvoi de l\u2019\u00e9cole si d\u2019aventure nous allions \u00eatre baptis\u00e9s. Cela a cr\u00e9\u00e9 une crise \u00e0 Niagho, car mes cousins et moi, \u00e9tions parmi les meilleurs de la classe. Face \u00e0 la situation, un conseil de village a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 par le chef du village et connu la pr\u00e9sence de repr\u00e9sentants de nos familles et de personnes-ressources, telles que l\u2019iman, le cat\u00e9chiste, le chef de terre, les maitres, l\u2019infirmier\u2026<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 toutes les parties, la d\u00e9cision du chef de village tombe : laisser les enfants se baptiser et plus tard, chacun optera pour la religion de son choix. Voil\u00e0 comment je suis devenu Roger. Sur les 32 \u00e9l\u00e8ves de la classe de CM2 que nous \u00e9tions, 19 ont \u00e9t\u00e9 admis au certificat d\u2019\u00e9tudes primaires, dont deux admis aux bourses. Ce qu\u2019on appelle de nos jours, entr\u00e9e en 6e. Et j\u2019\u00e9tais l\u2019un des deux. Apr\u00e8s, on nous a demand\u00e9 ce que nous voulions devenir. C\u2019est le Lyc\u00e9e technique de Ouagadougou (LTO) que j\u2019ai choisi, pour y \u00e9tudier la comptabilit\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai choisi cet \u00e9tablissement parce que le mot technique m\u2019a subjugu\u00e9. Nous sommes donc la premi\u00e8re promotion du LTO, rebaptis\u00e9 du nom du Pr\u00e9sident Aboubacar Sangoul\u00e9 Lamizana. Apr\u00e8s le BEPC et ou le BEP, certains d\u2019entre nous sont all\u00e9s enseigner, mais moi je faisais partie de ceux qui ont continu\u00e9 jusqu\u2019en terminale. A l\u2019issue des diff\u00e9rents examens comptables qui sanctionnaient les \u00e9tudes, un oncle est venu de la C\u00f4te d\u2019Ivoire me dire d\u2019arr\u00eater les \u00e9tudes et qu\u2019il allait me trouver un bon boulot dans ce pays. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 tent\u00e9. Voil\u00e0 comment je me suis retrouv\u00e9 dans ce pays.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Parlez-nous de votre aventure ivoirienne ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Quelques jours apr\u00e8s mon arriv\u00e9e \u00e0 Abidjan, je me vois proposer un test de recrutement de chef comptable adjoint au profit de Blohorn\/C\u00f4te d\u2019Ivoire, une soci\u00e9t\u00e9 de savonnerie \u2013huilerie. Pour ce test qui devait durer 3h de temps, au bout de 45 minutes, j\u2019avais termin\u00e9 \u00e0 la stup\u00e9faction du chef comptable qui me supervisait. Le m\u00eame jour, on m\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 ma lettre d\u2019embauche. Et \u00e0 l\u2019\u00e9poque, je gagnais une fortune. On \u00e9tait au d\u00e9but des ann\u00e9es 70. Mais la passion du journalisme \u00e9tait l\u00e0.<\/p>\n<p>Pendant que j\u2019\u00e9tais \u00e0 Blohorn, tous les dimanches, j\u2019\u00e9tais au stade. J\u2019avais achet\u00e9 un Nagra et je me permettais chaque fois d\u2019enregistrer mes narrations de match, que je faisais comme un vrai journaliste, surtout les derbys ASEC- AFRICA, les deux clubs les plus populaires en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Une fois \u00e0 la maison, je me r\u00e9\u00e9coutais et je trouvais que ce n\u2019\u00e9tait pas mal. Et de plus en plus, je versais dans la tentation de devenir journaliste. Un jour, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aller au minist\u00e8re de l\u2019information pour faire \u00e9couter mes diff\u00e9rents enregistrements de matchs. Un des conseillers techniques du ministre, un Fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, m\u2019a orient\u00e9 vers Laurent Dona Fologo, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de Fraternit\u00e9 Matin. C\u2019est ainsi que j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9 la r\u00e9daction du quotidien d\u2019Etat ivoirien.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Pourquoi avoir \u00e9t\u00e9 orient\u00e9 vers la presse \u00e9crite alors que vous avez fait \u00e9couter des audios, avec une belle voix radiophonique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Question int\u00e9ressante. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, je ne sais pas. Je n\u2019ai pas compris. Sinon, je voulais faire de la radio. Peut-\u00eatre aussi que c\u2019est le chemin que je devais suivre. Je suis quelqu\u2019un qui ne force pas les choses. Quand j\u2019\u00e9tais \u00e0 Horizon FM ici \u00e0 Ouagadougou, Moustapha Thiombiano \u00e9tait fier de ma voix radiophonique lorsque je retransmettais les matchs. A Fraternit\u00e9 Matin, je suis sorti avec tous les journalistes. Mais mon premier article dans ce journal \u00e9tait un avant-papier du match ASEC-Hafia de Conakry, comptant pour la coupe d\u2019Afrique des clubs champions en 1972. Apr\u00e8s la parution de cet article, j\u2019ai re\u00e7u de nombreux appels o\u00f9 on cherchait \u00e0 savoir qui est ce Roger Zami, ce nouveau journaliste \u00e0 l\u2019analyse pertinente.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Exerciez-vous la comptabilit\u00e9 et le journalisme en m\u00eame temps ou bien vous avez d\u00e9missionn\u00e9 de\u00a0la soci\u00e9t\u00e9 Blohorn?<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_2314\" aria-describedby=\"caption-attachment-2314\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2314\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/07\/03\/roger-zami-guebre-alias-commissaire-zami-il-y-en-a-qui-croient-que-je-suis-un-vrai-commissaire\/schema-12-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?fit=1240%2C827&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1240,827\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;13&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D7200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;Schema-12&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1717777733&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;42&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;250&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.016666666666667&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Schema-12&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"Schema-12\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;\u00ab\u00a0 Si j\u2019avais continu\u00e9 dans la comptabilit\u00e9,  aujourd\u2019hui je ne serai pas vivant\u2026\u00a0\u00bb&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?fit=696%2C464&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-2314\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4-300x200.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/2-4.jpg?w=1240&amp;ssl=1 1240w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2314\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab\u00a0 Si j\u2019avais continu\u00e9 dans la comptabilit\u00e9, aujourd\u2019hui je ne serai pas vivant\u2026\u00a0\u00bb<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Un jour, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 voir mon patron, le chef comptable, pour lui faire savoir que j\u2019arr\u00eatais la collaboration. Pas que j\u2019ai trouv\u00e9 mieux ailleurs, mais que j\u2019\u00e9coutais la voix de mon c\u0153ur. Il m\u2019a dit que si c\u2019est une question de salaire, ils \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 me faire une augmentation. J\u2019ai encore expliqu\u00e9 que ce n\u2019\u00e9tait pas le cas. En plus de la voix du c\u0153ur, j\u2019avais \u00e9galement promis \u00e0 une amie d\u2019\u00eatre journaliste ou avocat. Finalement, on m\u2019a laiss\u00e9 partir et il n\u2019y a pas eu de probl\u00e8me particulier, m\u00eame si je savais que mon patron n\u2019\u00e9tait pas content.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Combien de temps avez-vous pass\u00e9 \u00e0 Fraternit\u00e9 Matin\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Au total, j\u2019ai exerc\u00e9 \u00e0 Fraternit\u00e9 Matin de 1971 \u00e0 1979. Mais, entre temps, j\u2019\u00e9crivais pour Ivoire Dimanche (ID), un hebdomadaire de renomm\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Dans ce journal, j\u2019avais comme nom de plume, Carr\u00e9 d\u2019As. J\u2019ai \u00e9galement travaill\u00e9 pour le Sportif ivoirien, un journal de sport. En 1974-75, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 sp\u00e9cial de ce journal en Haute-Volta pour r\u00e9aliser une enqu\u00eate sur le sport volta\u00efque. C\u2019\u00e9tait \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le cyclisme et la boxe volta\u00efques faisaient fureur.<\/p>\n<p>Et pendant mon s\u00e9jour de deux semaines \u00e0 Ouagadougou, j\u2019ai \u00e9crit des sujets pour le Carrefour africain et pour le Bulletin quotidien (BQ), dont un papier que j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 au front, puisque c\u2019\u00e9tait au moment du premier conflit avec le Mali. Je me suis rendu, avec le regrett\u00e9 Alassane Kogda Ou\u00e9draogo \u00e0 Gass\u00e9 Galo, une localit\u00e9 du Nord. Et mon papier s\u2019intitulait\u00a0: \u00ab Le moral de nos troupes est haut\u00a0\u00bb. Ensuite, je suis reparti en C\u00f4te d\u2019Ivoire. C\u2019est ce qui explique que je me consid\u00e8re comme un ancien de la maison. A cette \u00e9poque, le premier niveau du si\u00e8ge actuel de Sidwaya servait de logement pour le directeur et les bureaux \u00e9taient en bas.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Quelles sont les raisons qui vous ont ramen\u00e9 au bercail\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> A l\u2019\u00e9poque, lorsque je venais \u00e0 Ouagadougou, je n\u2019arrivais m\u00eame pas au village. Je retournais sur Abidjan d\u00e8s que mon s\u00e9jour finissait. J\u2019\u00e9tais absorb\u00e9 par le travail de journaliste. Parce que j\u2019aimais vraiment le m\u00e9tier.<br \/>\nEt comme je ne venais pas au village, ma m\u00e8re avait besoin de me voir. Pour cela, elle a approch\u00e9 le regrett\u00e9 commandant Fid\u00e8le Gu\u00e9br\u00e9 (assassin\u00e9 aux premi\u00e8res heures de la R\u00e9volution d\u2019ao\u00fbt 1983) qui est mon cousin.<\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019insistance de ma m\u00e8re, celui-ci a profit\u00e9 du d\u00e9c\u00e8s d\u2019un homonyme parfait de ma m\u00e8re dans notre grande famille, pour m\u2019envoyer un t\u00e9l\u00e9gramme. Le 9 septembre 1979, il y a eu effectivement un t\u00e9l\u00e9gramme pour Roger Zami qui disait ceci\u00a0: \u00ab\u00a0m\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Pri\u00e8re rentrer. Urgence\u00a0\u00bb. D\u00e8s le lendemain, j\u2019\u00e9tais \u00e0 Ouagadougou. Et une fois au village, j\u2019ai d\u00e9couvert l\u2019astuce du commandant, non sans un moment de frayeur \u00e0 la vue de ma m\u00e8re, croyant avoir \u00e0 faire \u00e0 une revenante.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: C\u2019est donc cette pr\u00e9tendue morte de votre m\u00e8re qui vous a finalement maintenu au pays\u00a0?<\/strong><br \/>\n<strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> J\u2019ai fait neuf jours au village o\u00f9 je p\u00eachais pour ma m\u00e8re, \u00e0 son grand bonheur. Mon argent finissant, j\u2019\u00e9tais oblig\u00e9 de replier \u00e0 Ouagadougou pour toucher un mandat. Un cousin, Dramane Compaor\u00e9, m\u2019a mis en contact avec Ignace Kalmogo qui \u00e9tait le directeur de l\u2019ENA (actuelle ENAM) et grand cadre du RDA. Le parti disposait d\u2019un quotidien qui s\u2019appelait Dounia et avait besoin d\u2019un journaliste. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 convaincu par M. Kalmogo de travailler dans ce journal. C\u2019est de cette fa\u00e7on que je suis rest\u00e9 et il n\u2019a plus \u00e9t\u00e9 question pour moi de retourner en C\u00f4te d\u2019Ivoire. L\u2019aventure de Dounia ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9court\u00e9e, j\u2019ai ensuite travaill\u00e9 dans plusieurs autres m\u00e9dias comme l\u2019Obsevateur Paalga, Horizon FM, etc. J\u2019ai aussi travaill\u00e9 dans la publicit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Apparemment, vous avez c\u00f4toy\u00e9 des hommes politiques de l\u2019\u00e9poque. Pourquoi n\u2019avoir jamais fait la politique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Parce que je ne peux pas affirmer que ce qui est noir est blanc. Ou promettre \u00e0 des personnes qu\u2019elles vont manger \u00e0 leur faim et boire \u00e0 leur soif, alors que le panier est vide. Je ne sais pas trembler devant quelqu\u2019un, quelle que soit sa force, son intelligence, son charisme, sa m\u00e9chancet\u00e9 ou sa s\u00e9v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Finalement, avec le recul, ne regrettez-vous pas d\u2019avoir abandonn\u00e9 la comptabilit\u00e9 pour embrasser le journalisme qui est votre passion\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Si j\u2019avais continu\u00e9 dans la comptabilit\u00e9, aujourd\u2019hui je ne serai pas vivant. Parce que viendrait un moment o\u00f9 la tentation du gain et de l\u2019argent facile me pousseraient \u00e0 ne plus consid\u00e9rer l\u2019Homme. Et la comptabilit\u00e9 signifiant proximit\u00e9 permanente avec l\u2019argent, son maniement ou son traitement, il n\u2019est pas s\u00fbr que je puisse r\u00e9sister aux tentations qui sont nombreuses et vari\u00e9es. Alors que je disais tant\u00f4t que je ne sais pas tricher dans la vie.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Abordons maintenant le domaine qui vous a rendu c\u00e9l\u00e8bre, le cin\u00e9ma. Qu\u2019est-ce qui vous a amen\u00e9 dans ce milieu\u00a0?\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G. :<\/strong> Le hasard. Mais un hasard programm\u00e9. Je faisais d\u00e9j\u00e0 du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire. Et j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 en faire aussi au lyc\u00e9e. J\u2019\u00e9tais un bon com\u00e9dien. Ce qui explique d\u2019ailleurs qu\u2019on m\u2019a toujours affubl\u00e9 de nombreux pseudonymes. En 1964, j\u2019ai remport\u00e9 le premier prix en po\u00e9sie, un concours organis\u00e9 par les \u00e9tablissements de Ouagadougou. J\u2019avais choisi de mimer le texte intitul\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0 les animaux malades de la peste\u00a0\u00bb de Jean de la Fontaine. Une prestation qui a fortement s\u00e9duit le jury et le public.<br \/>\nQuand je suis arriv\u00e9 en C\u00f4te d\u2019Ivoire, j\u2019ai jou\u00e9 avec la troupe de Moussa Kourouma. J\u2019ai aussi jou\u00e9 dans des pi\u00e8ces en interpr\u00e9tant des r\u00f4les de vieillard, de jeune bouillant, selon le th\u00e8me des diff\u00e9rentes prestations litt\u00e9raires ou th\u00e9\u00e2trales. Je me souviens que j\u2019ai jou\u00e9 dans la Reine Djangouma, le r\u00f4le d\u2019un vieux sage que j\u2019ai incarn\u00e9 avec plus ou moins de brio.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, je ne pensais pas au cin\u00e9ma. Le cin\u00e9ma est venu un peu comme le fait du hasard. Mais pour moi, il n\u2019y a pas de hasard. Il n\u2019y a que Dieu qui se manifeste. Quand je suis rentr\u00e9, en 1980, un confr\u00e8re de la RTB, Alassane Z\u00e9o, m\u2019a mis en contact avec le r\u00e9alisateur Gaston Kabor\u00e9 qui cherchait quelqu\u2019un pour incarner le r\u00f4le principal de son film, \u00ab\u00a0Roger le fonctionnaire\u00a0\u00bb. D\u00e8s les premiers moments, j\u2019ai s\u00e9duit le r\u00e9alisateur de par mes prestations, car je jouais naturellement. En 2005, c\u2019est autour du r\u00e9alisateur Feu Missa H\u00e9bi\u00e9, que je connaissais depuis longtemps, de me faire savoir que c\u2019est moi qu\u2019il a choisi pour le r\u00f4le de commissaire, pour sa s\u00e9rie \u00ab\u00a0Commissariat de Tampy\u00a0\u00bb. Il n\u2019y a donc pas eu de casting. Il m\u2019a donn\u00e9 rendez-vous un matin \u00e0 9h et m\u2019a expliqu\u00e9 le r\u00f4le et ce qu\u2019il attendait de moi et hop, c\u2019est parti.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: La s\u00e9rie \u00ab\u00a0Commissariat de Tampy\u00a0\u00bb vous a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au monde du cin\u00e9ma et vous a valu une notori\u00e9t\u00e9 nationale et internationale. Comment avez-vous v\u00e9cu ce succ\u00e8s\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Le plus simplement du monde. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, personne ne peut m\u2019appeler dans la circulation ou n\u2019importe o\u00f9 par ce pseudonyme \u00ab\u00a0commissaire\u00a0\u00bb sans que je lui accorde mon attention. Qu\u2019il soit grand, petit, pauvre, riche, mendiant, blanc ou noir. Je me suis impos\u00e9 cette discipline. Si pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9, je ne peux r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019interpellation de ce pseudonyme, je l\u00e8ve tout simplement la main pour faire savoir \u00e0 mon interlocuteur que j\u2019ai bien entendu l\u2019appel.<br \/>\nDonc, je vis cela comme une gr\u00e2ce du Tr\u00e8s Haut, qui me permet d\u2019\u00eatre distingu\u00e9 quand je suis quelque part. Mais cette distinction ne fait pas de moi un sujet \u00e0 part. Je suis comme tout le monde et je m\u2019adapte \u00e0 tout et \u00e0 tout le monde.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Vous avez tellement bien camp\u00e9 ce r\u00f4le que certains pensent que vous avez \u00e9t\u00e9 un vrai policier et un vrai commissaire. Est-ce que vous avez \u00e9t\u00e9 coach\u00e9 par la police ou par un commissaire\u00a0?<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_2315\" aria-describedby=\"caption-attachment-2315\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2315\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2024\/07\/03\/roger-zami-guebre-alias-commissaire-zami-il-y-en-a-qui-croient-que-je-suis-un-vrai-commissaire\/schema-12-3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?fit=1240%2C827&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1240,827\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;13&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D7200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;Schema-12&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1717777795&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;48&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;250&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.016666666666667&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Schema-12&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"Schema-12\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Dans une situation de guerre comme celle que vit le Burkina, il est plus que n\u00e9cessaire de faire cause commune, estime le \u00ab commissaire&lt;br \/&gt;\nde Tampy \u00bb.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?fit=696%2C464&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-2315\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2-300x200.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/3-2.jpg?w=1240&amp;ssl=1 1240w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2315\" class=\"wp-caption-text\">Dans une situation de guerre comme celle que vit le Burkina, il est plus que n\u00e9cessaire de faire cause commune, estime le \u00ab commissaire<br \/>de Tampy \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Belle question. Si telle est votre remarque en tant que journaliste, je trouve que vraiment les gens n\u2019exag\u00e8rent pas. Mais, il y a un petit secret et c\u2019est encore la main de Dieu. J\u2019ai, dans mes relations, beaucoup de policiers et de commissaires de police qui sont, pour certains, des amis tr\u00e8s forts. J\u2019ai eu des camarades commissaires de police comme Omar Ou\u00e9draogo, des ain\u00e9s comme Vincent Douamba, des petits fr\u00e8res qui ont \u00e9t\u00e9 commissaires ou directeurs r\u00e9gionaux et provinciaux de la police nationale.<\/p>\n<p>Dans mes relations j\u2019ai connu et appr\u00e9ci\u00e9 beaucoup d\u2019hommes valeureux de la police.<br \/>\nAvant le tournage du Commissariat de Tampy, j\u2019ai multipli\u00e9 mes contacts avec ces personnes. Et je les fr\u00e9quentais et j\u2019observais pendant longtemps ce qu\u2019ils disaient, ce qu\u2019ils faisaient, les coups de col\u00e8re qu\u2019ils prenaient de temps en temps. Et cela m\u2019aurait aid\u00e9 \u00e0 rendre le r\u00f4le plus lisible, plus appr\u00e9ciable. Je remercie donc toutes ces relations qui m\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 jouer ce r\u00f4le qui, aujourd\u2019hui, est appr\u00e9ci\u00e9 de tous.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Des anecdotes par rapport \u00e0 ce r\u00f4le\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Il y en a qui croient que je suis un vrai policier, un vrai commissaire. Et ce n\u2019est pas de petites personnes. Du retour que j\u2019ai, le r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 tellement bien rendu que personne ne doute de mes \u00e9tudes de policier ou de commissaire de police.<br \/>\nUne anecdote. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 par le commissaire central de la ville de Libreville, avec quatre autres coll\u00e8gues \u00e0 lui, \u00e0 un repas dans un endroit select, lors d\u2019un passage au Gabon. Et l\u00e0, je me suis comport\u00e9 comme un vrai commissaire de police. Je veillais \u00e0 ma conduite, aux mots que je disais, aux id\u00e9es que j\u2019exprimais pour ne pas leur donner \u00e0 pister quoi que ce soit, et de ma conduite, et de ma production verbale. Je crois avoir fait honneur \u00e0 mon pays et \u00e0 la police de mon pays pour ces personnalit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res qui ont eu \u00e0 m\u2019appr\u00e9cier, me prenant pour un vrai policier.<\/p>\n<p>M\u00eame quand je leur ai r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 la fin que je ne suis qu\u2019un journaliste devenu par la force du cin\u00e9ma, commissaire de police, ils n\u2019y ont v\u00e9ritablement pas cru. En 2011, j\u2019allais en C\u00f4te d\u2019Ivoire par la route pour le championnat du monde de Taekwondo. Le commissaire \u00e0 la fronti\u00e8re, Antoine K\u00e9r\u00e9, qui se trouve \u00eatre mon cousin, a inform\u00e9 son coll\u00e8gue ivoirien de la pr\u00e9sence du\u00a0\u00ab\u00a0 commissaire Zami\u00a0\u00bb \u00e0 la t\u00eate d\u2019une forte d\u00e9l\u00e9gation. Le m\u00eame soir, la r\u00e9ception que l\u2019on a donn\u00e9e au commissaire que je suis \u00e9tait impressionnante.<br \/>\nEn plus, j\u2019ai appris le salut militaire de fa\u00e7on impeccable. Tout cela donne l\u2019impression que j\u2019aurai suivi une formation polici\u00e8re, alors que non. D\u2019ailleurs, je profite de cet entretien pour r\u00e9clamer au chef de l\u2019Etat de me faire reclasser comme commissaire de police. Ce ne serait pas une usurpation (Rires\u2026)<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: En dehors de \u00ab\u00a0Roger le fonctionnaire\u00a0\u00bb et la s\u00e9rie \u00ab\u00a0Commissariat de Tampy\u00a0\u00bb, quels sont les autres films dans lesquels vous avez jou\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Ma filmographie est quand m\u00eame respectable. Par modestie, je dirai que j\u2019ai jou\u00e9 dans une cinquantaine de films. J\u2019ai jou\u00e9 dans des films de Boubacar Diallo, de Barou Omar Ou\u00e9draogo, de Aboubacar Zida dit Sidnaba, dans des films de jeunes r\u00e9alisateurs, de r\u00e9alisateurs belges et fran\u00e7ais, m\u00eame si c\u2019est souvent dans des seconds r\u00f4les.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: D\u2019o\u00f9 vous vient le nom Zami\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Roger Zami est le nom d\u2019un grand boxeur fran\u00e7ais d\u2019origine antillaise, dans la cat\u00e9gorie des Super welters. A l\u2019\u00e9poque, il faisait face \u00e0 de grands boxeurs qui \u00e9taient tr\u00e8s puissants et tr\u00e8s forts. Et pour devenir champion de France, ce monsieur a d\u00fb endurer beaucoup de sacrifices. En tant que grand passionn\u00e9 de boxe, j\u2019ai suivi sa carri\u00e8re faite de p\u00e9rip\u00e9ties et d\u2019\u00e9checs, mais il n\u2019a jamais abandonn\u00e9. C\u2019est cette combativit\u00e9 qui m\u2019a toujours inspir\u00e9 et motiv\u00e9 et j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de prendre son nom comme nom de signature dans le journalisme et m\u00eame jusqu\u2019au cin\u00e9ma. En sa m\u00e9moire, comme je me nomme naturellement Roger Gu\u00e9br\u00e9, j\u2019ai ajout\u00e9 son nom de famille Zami. J\u2019ai donc \u00e9tabli un acte d\u2019individualit\u00e9 pour que Zami soit dans mon patronyme.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: \u00ab\u00a0Commissaire Zami\u00a0\u00bb,\u00a0\u00ab\u00a0commissaire de Tampy\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0le plus beau du Faso\u00a0\u00bb, lequel des pseudonymes vous pr\u00e9f\u00e9rez\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Je n\u2019ai pas \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer. C\u2019est aux autres de pr\u00e9f\u00e9rer. Commissaire Zami, c\u2019est plus s\u00e9rieux et cela me colle bien.<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: D\u2019o\u00f9 vient l\u2019expression le \u00ab\u00a0plus beau du Faso\u00a0\u00bb\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> C\u2019est li\u00e9 au Tour du Faso. A l\u2019occasion d\u2019une \u00e9tape, il fallait \u00e9lire une miss, miss Tour. Puisque je faisais partie des animateurs, j\u2019ai d\u00e9clar\u00e9 que s\u2019il y a la plus belle du Tour, il y a aussi le plus beau du Faso. Et c\u2019est de cette fa\u00e7on que c\u2019est parti. Cela date d\u2019avant 1990. Tous ceux qui m\u2019ont c\u00f4toy\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, surtout la gent f\u00e9minine, m\u2019appellent de cette fa\u00e7on. Je suis quand m\u00eame un beau gosse. (Rires\u2026)<\/p>\n<p><strong>C.A.\u00a0: Un d\u00e9bat se m\u00e8ne actuellement au sujet de la pratique du journalisme au Burkina. Dans une situation de guerre contre le terrorisme, quelle devrait \u00eatre la position du journaliste\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>R.Z.G.\u00a0:<\/strong> Dans une situation de guerre comme le vit notre tr\u00e8s cher Burkina Faso, la direction et le comportement doivent \u00eatre uniques, si nous voulons nous en sortir. Quels que soient les moyens ou ce que cela nous co\u00fbtera, nous devons atteindre\u00a0l\u2019objectif : r\u00e9tablir notre pays dans ses limites, l\u2019arracher des mains gluantes et avides de ceux qui nous exploitent et qui ne veulent pas de notre d\u00e9veloppement r\u00e9el. Nous devons alors faire cause commune. Taire nos mesquineries, nos susceptibilit\u00e9s. Nous devons nous \u00e9carter de tout ce qui divise et aller dans la m\u00eame direction. Aujourd\u2019hui, il ne s\u2019agit pas d\u2019aimer x ou y, c\u2019est une question de vie ou de mort. Or, si nous ne combattons pas ensemble, si nous ne parlons pas le m\u00eame langage, qu\u2019allons-nous devenir\u00a0?<\/p>\n<p>L\u2019histoire nous apprend qu\u2019en de telles circonstances, il faut savoir faire des sacrifices, m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 sa propre vie, pour que vive la post\u00e9rit\u00e9, pour que prosp\u00e8re le peuple. De ce fait, j\u2019invite tous ceux qui \u0153uvrent dans la presse, \u00e0 aller dans ce sens. Je ne dis pas d\u2019adh\u00e9rer aveuglement. Sachons raison garder parce que la raison nous commande d\u2019\u00eatre tous ensemble pour sauver une nation, un pays, un peuple. Une fois que nous arriverons \u00e0 bouter hors de notre pays cette infortune qu\u2019est le terrorisme, nous parlerons entre nous. On se pardonnera et ensemble on s\u2019envolera vers le d\u00e9veloppement de notre pays. Que le Tr\u00e8s Haut donne \u00e0 cette terre des Hommes libres et int\u00e8gres, la paix et la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">\nInterview r\u00e9alis\u00e9e par<br \/>\n<strong>Gabriel SAMA<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A vu d\u2019\u0153il, on lui donnerait 60 ans, alors qu\u2019il en a 78. Le pas vif et la voix alerte, ce p\u00e8re de sept enfants, \u00e0 l\u2019humour communicatif et \u00e0 la sympathie d\u00e9bordante, fait aussi preuve d\u2019une grande humanit\u00e9 et d\u2019une int\u00e9grit\u00e9. Tenez\u00a0! Il a d\u00e9missionn\u00e9 d\u2019un poste juteux de chef comptable adjoint pour embrasser [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2313,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[562,47,89,28],"tags":[607,606,608],"class_list":{"0":"post-2312","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualites","8":"category-interview","9":"category-la-une-site","10":"category-societe","11":"tag-alias-commissaire-zami","12":"tag-roger-zami-guebre","13":"tag-vrai-commissaire"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/07\/1-3.jpg?fit=1240%2C827&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paqtIK-Bi","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2312","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2312"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2312\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2313"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2312"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2312"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2312"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}