{"id":2647,"date":"2025-03-30T09:08:00","date_gmt":"2025-03-30T09:08:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=2647"},"modified":"2025-03-30T09:09:50","modified_gmt":"2025-03-30T09:09:50","slug":"siphonnage-de-leau-sur-la-plaine-de-bagrepole-les-premiers-responsables-devant-un-dilemme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2025\/03\/30\/siphonnage-de-leau-sur-la-plaine-de-bagrepole-les-premiers-responsables-devant-un-dilemme\/","title":{"rendered":"Siphonnage de l\u2019eau sur la plaine de Bagr\u00e9p\u00f4le: les premiers responsables devant un dilemme"},"content":{"rendered":"<p><b>Sur la plaine am\u00e9nag\u00e9e de Bagr\u00e9p\u00f4le, une nouvelle pratique agricole met les premiers responsables dans l\u2019embarras. Depuis ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, des individus ont envahi le canal primaire dans lequel ils siphonnent l\u2019eau \u00e0 l\u2019aide de motopompes pour s\u2019adonner \u00e0 la culture maraich\u00e8re. Install\u00e9s pour la plupart sur les sites destin\u00e9s aux agro-investisseurs, leur nombre va crescendo au fil du temps. Parce qu\u2019ils contribuent aux efforts pour l\u2019atteinte de la souverainet\u00e9 alimentaire, Bagr\u00e9p\u00f4le tente de g\u00e9rer le ph\u00e9nom\u00e8ne avec tact mais la t\u00e2che semble ardue.\u00a0<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Un vent frais et sec souffle sur la ville de Bagr\u00e9, dans la province du Boulgou, r\u00e9gion du Centre-Est, ce 12 f\u00e9vrier 2025. L\u2019harmattan n\u2019a pas encore dit son dernier mot. Sur le p\u00e9rim\u00e8tre am\u00e9nag\u00e9 du p\u00f4le de croissance de Bagr\u00e9 ou Bagr\u00e9p\u00f4le, irrigu\u00e9 par les eaux du fleuve Nakanb\u00e9, l\u2019un des trois plus grands cours d\u2019eau du Burkina Faso, s\u2019activent des producteurs rizicoles. La campagne s\u00e8che bat son plein. Labour des parcelles, concassage, mise en boue, repiquage du riz, etc. Une v\u00e9ritable course contre la montre. Le canal primaire, qui serpente du barrage de Bagr\u00e9 jusque dans la commune de Bittou, sur environ 35 kilom\u00e8tres (km), d\u00e9borde d\u2019eau. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Le p\u00e9rim\u00e8tre de 8\u00a0000 hectares (ha), am\u00e9nag\u00e9 pour la production du riz, re\u00e7oit l\u2019eau \u00e0 travers des canaux secondaires r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 cet effet. Tout au long du canal principal, un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9trange attire l\u2019attention. Des motopompes \u00e0 profusion comme si on en fabriquait sur-le-champ. De part et d\u2019autre du conduit d\u2019eau, ces machines de toutes marques et tailles sont install\u00e9es. Leur ronronnement brise de temps \u00e0 autre le calme apparent qui pr\u00e9vaut sur la plaine. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Quelques-unes sont aliment\u00e9es avec de l\u2019essence. La grande majorit\u00e9, elle, est connect\u00e9e au gaz butane. Des bouteilles de six kilogrammes (kg) comme celles de 12 kg. Les motopompes, les tuyaux plong\u00e9s dans le canal, puisent l\u2019eau pour irriguer des parcelles de production non loin de l\u00e0. A l\u2019image des champs en hivernage, de la verdure couvre les rives droite et gauche de cette rivi\u00e8re artificielle. De l\u2019oignon, du chou, de la carotte, du concombre, du ma\u00efs, de la tomate, de l\u2019aubergine, etc., se disputent l\u2019espace. Ces parcelles sont pourtant hors de la zone am\u00e9nag\u00e9e. Leurs propri\u00e9taires, commun\u00e9ment appel\u00e9s \u00ab pirates\u00a0\u00bb, se sont install\u00e9s au d\u00e9triment des textes de Bagr\u00e9p\u00f4le.\u00a0<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Un mal n\u00e9cessaire<\/b><\/p>\n<figure id=\"attachment_142283\" aria-describedby=\"caption-attachment-142283\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-142283\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/2-1-1-300x200.jpg?resize=300%2C200\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-142283\" class=\"wp-caption-text\">Beaucoup ont lou\u00e9 les terres pour pratiquer le maraichage.<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de cette structure, Patarbtal\u00e9 Joseph Niki\u00e9ma, que nous avons rencontr\u00e9 avant d\u2019aller sur le terrain, semble \u00eatre sans voix devant un ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019il qualifie de \u00ab\u00a0mal n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb. Le directeur de la valorisation \u00e9conomique de Bagr\u00e9p\u00f4le, Fid\u00e8le Traor\u00e9, parle, quant \u00e0 lui, de \u00ab\u00a0dilemme\u00a0\u00bb. A l\u2019entendre, le siphonnage de l\u2019eau s\u2019est accentu\u00e9 ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Seydou Tarnagda fait partie des \u00ab\u00a0pirates\u00a0\u00bb. Avec un ami, il a lou\u00e9 un demi-hectare de terre \u00e0 75 000 F CFA pour produire l\u2019oignon. Son exploitation est \u00e0 un jet de pierre du canal primaire. Ce mercredi matin du 12 f\u00e9vrier, il est venu arroser ses plants. Sa parcelle est subdivis\u00e9e en petits compartiments. Un am\u00e9nagement sommaire avec des sillons pour permettre une irrigation gravitaire. Plac\u00e9e au bord du canal, une motopompe toussoteuse projette l\u2019eau dans le champ d\u2019oignon via des tubes PVC qui sont soigneusement enfouis sous la chauss\u00e9e.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">\u00a0Muni de sa daba, M. Tarnagda canalise l\u2019eau des sillons et inonde tour \u00e0 tour chaque compartiment. Le travail a l\u2019air banal mais harassant. Le visage d\u00e9goulinant de sueur, le producteur indique \u00eatre conscient qu\u2019il est dans une situation irr\u00e9guli\u00e8re. Pour cela, il dit n\u2019avoir qu\u2019un v\u0153u\u00a0: s\u2019acquitter de la taxe de l\u2019eau et \u00eatre quitte. Une sorte de modus vivendi trouv\u00e9 avec Bagr\u00e9p\u00f4le. Sinon, souffle-t-il, sa motopompe risque d\u2019\u00eatre confisqu\u00e9e. Seydou garde toujours en m\u00e9moire cet \u00e9pisode douloureux de 2023 o\u00f9 leurs machines ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9es \u00e0 la gendarmerie. \u00ab\u00a0Nous avons n\u00e9goci\u00e9 et on nous a restitu\u00e9 les motopompes, avec la condition que nous n\u2019endommagions pas les voies avec les tuyauteries\u00a0\u00bb, se souvient-il.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Dans la parcelle voisine, d\u2019une superficie de 0,5 ha \u00e9galement, plusieurs sp\u00e9culations dont le chou et la carotte sont produites. S\u00e9tou Gui\u00e9ri en est la propri\u00e9taire. Le soleil continue sa progression vers le z\u00e9nith. Ses rayons deviennent de plus en plus ardents. Ce qui oblige dame S\u00e9tou et son fils \u00e0 trouver refuge \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un manguier. L\u2019air troubl\u00e9, les deux producteurs affichent une mine grave \u00e0 la vue de notre v\u00e9hicule. Est-ce des agents de Bagr\u00e9p\u00f4le qui reviennent pour percevoir la taxe de l\u2019eau\u00a0? Faut-il prendre la poudre d\u2019escampette ou maintenir son calme\u00a0? Ce sont, entre autres, les questions qui taraudaient l\u2019esprit de S\u00e9tou. Finalement, l\u2019option est prise de rester sur place, avec la peur au ventre. Se fondant sur la maxime selon laquelle \u00ab\u00a0chat \u00e9chaud\u00e9 craint l\u2019eau froide\u00a0\u00bb, elle explique pourquoi elle voulait prendre la cl\u00e9 des champs. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">\u00ab Un jour, quatre personnes sont venues nous voir au nom de Bagr\u00e9p\u00f4le. Apr\u00e8s avoir \u00e9valu\u00e9 mon exploitation, elles ont dit que je dois payer 15 000 F CFA pour la redevance eau. J\u2019ai eu des vertiges, parce que je n\u2019ai rien et nos produis ne s\u2019ach\u00e8tent pas non plus.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Nous leur avons demand\u00e9 de nous accorder encore du temps. Mais elles ont pr\u00e9venu que si nous ne payons pas, elles vont revenir ramasser nos motopompes\u00a0\u00bb, indique-t-elle, apr\u00e8s les salutations d\u2019usage. Et d\u2019ajouter\u00a0avec un brin d\u2019humour : \u00ab\u00a0quand je vous ai vus, j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 cette \u00e9quipe. J\u2019ai dit \u00e0 mon fils de se lever nous allons fuir, mais il m\u2019en a dissuad\u00e9 \u00bb. Pour cela, S\u00e9tou n\u2019ose plus garder sa motopompe au bord du canal, si ce n\u2019est au moment de l\u2019arrosage.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Beaucoup d\u2019autres producteurs observent la m\u00eame prudence. En longeant le canal, nous constatons que certains tuyaux sont d\u00e9pourvus de leurs machines, les propri\u00e9taires les ayant mises en lieu s\u00fbr. Hamado Yam\u00e9ogo et son jeune fr\u00e8re, Abdoul Gu\u00e9lilou, sont venus de Koup\u00e9la pour produire l\u2019oignon. N\u2019\u00e9tant pas attributaires de parcelles dans la zone am\u00e9nag\u00e9e, ils ont opt\u00e9 pour la location de terre en bordure du canal primaire. Un ha, c\u2019est l\u2019espace qu\u2019ils ont pu louer \u00e0 100 mille F CFA. Chez eux \u00e9galement, c\u2019est le m\u00eame syst\u00e8me d\u2019irrigation qui est install\u00e9. Une motopompe, une bouteille de gaz et des tubes PVC sont les outils d\u2019arrosage utilis\u00e9s. Apr\u00e8s avoir inond\u00e9 leur parcelle d\u2019eau, les deux fr\u00e8res marquent<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_142280\" aria-describedby=\"caption-attachment-142280\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-142280\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/3-1-1-300x200.jpg?resize=300%2C200\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-142280\" class=\"wp-caption-text\">Seydou Tarnagda, producteur d\u2019oignon\u00a0: \u00ab\u00a0c\u2019est au moment d\u2019aller payer les intrants subventionn\u00e9s \u00e0 Bagr\u00e9p\u00f4le que je profite r\u00e9gler la taxe de l\u2019eau\u00a0\u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">une pause pour reprendre des forces autour d\u2019un plat de riz fumant. Eux non plus n\u2019ont pas encore pay\u00e9 la redevance eau. Ils doivent s\u2019acquitter de la somme de 60 mille F CFA pour l\u2019hectare, selon leurs dires. \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9quipe de Bagr\u00e9p\u00f4le nous avait donn\u00e9 un ultimatum de trois jours pour payer mais c\u2019est difficile pour nous de trouver de l\u2019argent ici et maintenant. Nous avons sugg\u00e9r\u00e9 de nous laisser travailler quitte \u00e0 r\u00e9gler apr\u00e8s\u00a0\u00bb, confie Hamado.\u00a0<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Un recensement des exploitants en cours<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Tout comme ces producteurs, ils sont nombreux \u00e0 siphonner l\u2019eau le long du canal primaire \u00e0 l\u2019aide de motopompes. Combien sont-ils\u00a0? Pour l\u2019instant, personne ne peut donner avec exactitude leur nombre. A \u00e9couter le directeur de la valorisation \u00e9conomique de Bagr\u00e9p\u00f4le, Fid\u00e8le Traor\u00e9, un recensement qui a commenc\u00e9 en fin janvier pour s\u2019achever le 25 f\u00e9vrier 2025, dans le but d\u2019avoir une base de donn\u00e9es des exploitants, permettra de r\u00e9pondre \u00e0 cette interrogation. Ce recensement, pr\u00e9cise-t-il, concerne l\u2019ensemble des producteurs de la plaine, que ce soit en zone am\u00e9nag\u00e9e ou en cours d\u2019am\u00e9nagement. \u00ab\u00a0Cela va nous permettre d\u2019avoir une id\u00e9e de qui est propri\u00e9taire de parcelle ou en location\u00a0\u00bb, laisse entendre M. Traor\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">La plupart des exploitants qui s\u2019adonnent au siphonnage occupent les sites destin\u00e9s aux agro-investisseurs. Selon Fid\u00e8l\u00e9 Traor\u00e9, ces agro-investisseurs devraient r\u00e9aliser des canaux secondaires sur leurs terrains et les occuper convenablement, comme le recommandent les cahiers des charges. Mais le non-respect de ces dispositions occasionne l\u2019occupation de ces espaces, laiss\u00e9s vides. \u00ab\u00a0Il y a deux types de sites : ceux am\u00e9nag\u00e9s avec maitrise d\u2019eau, c\u2019est-\u00e0-dire les rizi\u00e8res, et ceux qui le sont avec maitrise d\u2019eau partielle, notamment les sites des agro-investisseurs. Pour ces derniers, il y a un canal primaire r\u00e9alis\u00e9 mais pas de canaux secondaires pour envoyer l\u2019eau dans les parcelles.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">C\u2019est cette insuffisance qui favorise le siphonnage de l\u2019eau\u00a0\u00bb, justifie-t-il. M. Traor\u00e9 se dit convaincu que l\u2019absence des agro-investisseurs sur la plaine de Bagr\u00e9 favorise l\u2019installation des \u00ab\u00a0pirates\u00a0\u00bb, arguant que s\u2019ils avaient poursuivi les travaux compl\u00e9mentaires, on n\u2019allait pas assister \u00e0 un tel ph\u00e9nom\u00e8ne. Vingt agro-investisseurs officiellement install\u00e9s en 2013 et 2020 devaient occuper un espace de 1 130 ha. Mais sur le terrain, c\u2019est le statu quo.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Pour un retour rapide de ces acteurs, estime le directeur de la valorisation \u00e9conomique, il faut r\u00e9viser le cahier des charges et ren\u00e9gocier un nouveau contrat avec eux. Un projet qui, assure-t-il, est en bonne voie. \u00ab\u00a0Le Conseil des ministres de la semaine pass\u00e9e a adopt\u00e9 un projet de loi o\u00f9 il est dit que d\u00e9sormais, Bagr\u00e9p\u00f4le pourra signer des contrats de bail de 18 \u00e0 99 ans avec ces types d\u2019acteurs. \u00c7a va les rassurer de d\u00e9bourser de l\u2019argent pour la mise en valeur des sites\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e8le l\u2019ing\u00e9nieur agricole, Fid\u00e8le Traor\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Ce ph\u00e9nom\u00e8ne de pompage d\u2019eau dans le canal primaire s\u2019est accentu\u00e9 au cours de ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es. C\u2019est du moins le constat fait par les responsables de Bagr\u00e9p\u00f4le ainsi que nombre de riziculteurs. Didier Bangr\u00e9, l\u2019un des producteurs rizicoles install\u00e9 sur la plaine depuis 2002, souligne que ceux qui siphonnent l\u2019eau sont venus de divers horizons pour\u00a0\u00ab\u00a0se greffer\u00a0\u00bb parall\u00e8lement. Toutefois, il pense que ceux-ci doivent avoir eu l\u2019aval de Bagr\u00e9p\u00f4le, sinon on allait les d\u00e9guerpir manu militari. \u00ab\u00a0Au regard des objectifs de l\u2019offensive agricole, je pense que ce n\u2019est pas mal. Seulement, il faudrait les encadrer et les accompagner pour qu\u2019ils puissent produire sans probl\u00e8me\u00a0\u00bb, sugg\u00e8re M. Bangr\u00e9. Ses<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_142279\" aria-describedby=\"caption-attachment-142279\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-142279\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/4-1-2-300x200.jpg?resize=300%2C200\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-142279\" class=\"wp-caption-text\">S\u00e9tou Gui\u00e9ri signale que c\u2019est avec la peur au ventre qu\u2019elle travaille au quotidien sur sa parcelle.<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">propos sont confirm\u00e9s par le directeur de la valorisation \u00e9conomique de Bagr\u00e9p\u00f4le, Fid\u00e8le Traor\u00e9, pour qui, sa structure est bien au courant de la pr\u00e9sence de certains producteurs qui pratiquent le siphonnage \u00e0 l\u2019aide de motopompes. \u00ab\u00a0Il y en a qui ont d\u00e9pos\u00e9 des demandes auxquelles nous avons r\u00e9pondu favorablement\u00a0\u00bb, clarifie-t-il. Dans le lot de ces producteurs, figurent des Personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI).<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">Marou Savadogo est l\u2019une d\u2019elles qui a fui Kaya pour s\u2019adonner \u00e0 la culture maraich\u00e8re \u00e0 Bagr\u00e9. Il a tout lou\u00e9 pour pouvoir produire. Pour la redevance eau, il ne s\u2019est pas encore acquitt\u00e9 de la somme de 17\u00a0500 F CFA mais, la main sur le c\u0153ur, il jure de payer pour ne pas voir sa production s\u2019estomper.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Laisser les gens produire en attendant<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Face \u00e0 ces pratiques, Fid\u00e8le Traor\u00e9 avoue que Bagr\u00e9p\u00f4le se trouve confront\u00e9 \u00e0 un dilemme. \u00ab\u00a0Nous avons l\u2019eau qui est achemin\u00e9e sur une trentaine de kilom\u00e8tres. Faut-il laisser ces superficies non exploit\u00e9es en attendant que l\u2019on r\u00e9alise l\u2019ensemble des am\u00e9nagements compl\u00e9mentaires qui co\u00fbtent beaucoup d\u2019argent ?\u00a0\u00bb, s\u2019interroge-t-il. A son avis, il serait mieux de laisser les gens en profiter en attendant une solution d\u00e9finitive.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Mieux, fait savoir l\u2019ing\u00e9nieur agricole, Bagr\u00e9p\u00f4le est dans l\u2019optique de l\u2019offensive agropastorale 2023-2025 et doit veiller \u00e0 ce que toute superficie exploitable soit mise en valeur. C\u2019est aussi le sentiment du pr\u00e9sident de l\u2019union des producteurs de riz de Bagr\u00e9, Adama Bantango, qui indique que les maraichers, bien vrai qu\u2019ils siphonnent l\u2019eau, contribuent aussi \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Pour lui, loin d\u2019\u00eatre des concurrents, ces acteurs apportent une compl\u00e9mentarit\u00e9 \u00e0 la production rizicole. \u00ab\u00a0Nous produisons le riz et eux, des condiments. \u00c7a fait un bon mariage\u00a0\u00bb, plaisante-t-il. Cependant, souhaite M. Bantango, il faut les organiser en coop\u00e9rative pour pouvoir les encadrer. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">A ces conditions, ils pourront contribuer \u00e0 payer la taxe de l\u2019eau, selon lui. Par exemple, informe M. Bantango, les riziculteurs d\u00e9boursent 12 500 F CFA par campagne, soit 25 000 F CFA l\u2019ann\u00e9e pour cette taxe. Le p\u00f4le de croissance de Bagr\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 dans cette dynamique \u00e0 travers des op\u00e9rations de recouvrement de la redevance eau aupr\u00e8s de ceux qui utilisent les motopompes. Mais la t\u00e2che n\u2019est pas aussi facile sur le terrain. Nombre de producteurs rencontr\u00e9s usent de subterfuges pour ne pas s\u2019acquitter de cette obligation, en brandissant le manque de moyens financiers. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">A \u00e9couter le directeur de la valorisation \u00e9conomique, Fid\u00e8le Traor\u00e9, les cahiers des charges pr\u00e9voient pourtant que tous les exploitants doivent payer des taxes. \u00ab\u00a0Certaines infrastructures \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la plaine sont d\u00e9grad\u00e9es. Les taxes doivent permettre l\u2019entretien courant de ces ouvrages et les charges de fonctionnement de Bagr\u00e9p\u00f4le\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Selon lui, il y a des taxes pour la terre et l\u2019eau et les montants sont d\u00e9finis en fonction des p\u00e9rim\u00e8tres exploit\u00e9s.<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_142281\" aria-describedby=\"caption-attachment-142281\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-142281\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/5-1-1-300x200.jpg?resize=300%2C200\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-142281\" class=\"wp-caption-text\">Nombre de motopompes fonctionnent \u00e0 l\u2019aide du gaz butane.<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">La pratique du siphonnage n\u2019est pas sans cons\u00e9quences sur la plaine de Bagr\u00e9. M\u00eame si les riziculteurs r\u00e9guli\u00e8rement install\u00e9s ne se plaignent pas pour le moment de manque d\u2019eau, certains, \u00e0 l\u2019image de Didier Bangr\u00e9, ne sont pas rassur\u00e9s quant \u00e0 l\u2019impact du ph\u00e9nom\u00e8ne sur leur activit\u00e9. \u00ab Actuellement, le siphonnage ne joue pas sur notre production, tant qu\u2019on arrive \u00e0 faire chaque fois le plein du canal. Toutefois, si le niveau de l\u2019eau baisse consid\u00e9rablement, il se pourrait que ceux qui sont \u00e9loign\u00e9s du barrage n\u2019en ai pas assez\u00a0\u00bb, avance-t-il. Outre cela, certaines infrastructures sont menac\u00e9es de d\u00e9gradation du fait des mauvaises pratiques sur la plaine. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">En empruntant quelques axes, le constat est amer. Des producteurs ont fendill\u00e9 les voies am\u00e9nag\u00e9es pour y faire passer leurs tuyauteries. Certains n\u2019ont pas pris le soin de bien refermer les excavations, cr\u00e9ant ainsi des d\u00e9sagr\u00e9ments aux usagers de ces routes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Parfois, ce sont des flaques d\u2019eau intarissables qui sont observ\u00e9es sur la chauss\u00e9e. \u00ab\u00a0Le siphonnage de l\u2019eau a un impact sur la qualit\u00e9 de nos pistes. Cela cr\u00e9e des crevasses sur les routes, alors qu\u2019elles servent \u00e0 faciliter l\u2019acheminement des productions hors de la plaine. Nous en sommes conscients mais en attendant, c\u2019est le moindre mal\u00a0\u00bb, se r\u00e9signe Fid\u00e8le Traor\u00e9. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Mais ce n\u2019est pas pour autant que Bagr\u00e9p\u00f4le a baiss\u00e9 les bras. Sa direction des am\u00e9nagements et de la maintenance des infrastructures s\u2019est mise en branle. Plusieurs individus ayant mal install\u00e9 leurs dispositifs d\u2019irrigation ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9s et des missions de sensibilisation sont en vue pour mettre fin \u00e0 ces pratiques, selon les confidences de M. Traor\u00e9. Il pr\u00e9vient que si les gens ne sont pas r\u00e9ceptifs \u00e0 leurs messages, des mesures fortes seront prises \u00e0 leur encontre.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">En attendant, le canal est pris d\u2019assaut chaque matin et soir par des producteurs en qu\u00eate d\u2019un mieux-\u00eatre. Tonguip Boussim, un producteur semencier d\u2019oignon, s\u2019active \u00e0 faire la vidange de sa machine avant de passer \u00e0 l\u2019arrosage. Ce 13 f\u00e9vrier, le soleil s\u2019appr\u00eate \u00e0 \u00e9teindre ses derniers rayons. Nous prenons cong\u00e9 de la plaine. Derri\u00e8re nous, les vrombissements des motopompes retentissent de plus belle.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><b>Mady KABRE\u00a0<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><b>dykabre@yahoo.fr\u00a0<\/b><\/p>\n<hr \/>\n<p><b>Le gaz remplace l\u2019essence<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">A Bagr\u00e9, il est difficile de se procurer le gaz butane pour la consommation domestique. Nombre de clients l\u2019utilisent \u00e0 des fins de production agricole sur la plaine. La plupart des motopompes install\u00e9es au bord du canal pour l\u2019irrigation sont aliment\u00e9es au gaz. Si certains le trouvent plus \u00e9conomique par rapport \u00e0 l\u2019essence, d\u2019autres \u00e9voquent des raisons s\u00e9curitaires. En effet, il se susurre qu\u2019\u00e0 cause de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, il est interdit d\u2019acheter du carburant dans des bidons. L\u2019astuce trouv\u00e9e par certains producteurs consiste \u00e0 faire le plein du r\u00e9servoir de leurs motos ou tricycles avec de l\u2019essence et la transvaser apr\u00e8s dans sa motopompe. Pour \u00e9viter cette gymnastique, beaucoup ont simplement opt\u00e9 pour le gaz.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><b>M.K.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur la plaine am\u00e9nag\u00e9e de Bagr\u00e9p\u00f4le, une nouvelle pratique agricole met les premiers responsables dans l\u2019embarras. Depuis ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, des individus ont envahi le canal primaire dans lequel ils siphonnent l\u2019eau \u00e0 l\u2019aide de motopompes pour s\u2019adonner \u00e0 la culture maraich\u00e8re. 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