{"id":399,"date":"2019-02-21T11:09:03","date_gmt":"2019-02-21T11:09:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=399"},"modified":"2019-02-21T11:09:03","modified_gmt":"2019-02-21T11:09:03","slug":"economie-informelle-ces-dames-qui-font-de-ouagadougou-la-capitale-la-moins-chere-au-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/02\/21\/economie-informelle-ces-dames-qui-font-de-ouagadougou-la-capitale-la-moins-chere-au-monde\/","title":{"rendered":"Economie informelle: Ces dames qui font de Ouagadougou la capitale la moins ch\u00e8re au monde"},"content":{"rendered":"<p><strong>Une \u00abbrigade\u00bb de vaillantes femmes, plus matinales que le lever du soleil, ravitaillent Ouagadougou de l\u00e9gumes, l\u00e9gumineuses et fruits frais. En ce mois de janvier, r\u00e9put\u00e9 \u00a0pour \u00a0\u00eatre la p\u00e9riode de la r\u00e9colte, elles inondent les march\u00e9s de produits divers et participent \u00e0 r\u00e9duire consid\u00e9rablement les co\u00fbts des l\u00e9gumes qui font de Ouagadougou l\u2019une des capitales les moins ch\u00e8res du monde. Constat \u00e0 Larl\u00e9 Yaar de Ouagadougou.<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9meutes de la faim ont secou\u00e9 Ouagadougou en 2008. N\u00e9anmoins, la capitale burkinab\u00e8 reste de loin l\u2019une des grandes villes les moins ch\u00e8res. Plus d\u2019un millier de femmes, \u00e0 moto, \u00e0 v\u00e9lo et maintenant en tricycle, alimentent la capitale de l\u00e9gumes frais, de fruits, de tubercules et de bien d\u2019autres produits alimentaires.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Venez voir de belles tomates\u00a0; du haricot vert \u00a0bien frais\u00bb. C\u2019est par ces mots que nous avons \u00e9t\u00e9 accueilli \u00e0 Larl\u00e9 yaar en cette matin\u00e9e de vendredi 18 janvier 2019 par une vendeuse. L\u2019alerte est ainsi donn\u00e9e.\u00a0 Aussit\u00f4t nous nous trouvons au milieu d\u2019un attroupement de vendeuses proposant une vari\u00e9t\u00e9 de l\u00e9gumes. Tomates, concombres, carotte, oignon, salade, choux, haricot verts, pomme de terre\u2026 Tout le long de la rue bitum\u00e9e traversant le march\u00e9, sont expos\u00e9s ces produits. On a l\u2019embarras du choix. Les concurrentes mettent leurs talents oratoires en jeu. Loin de toutes ces \u00ab\u00a0cafteuses\u00a0\u00bb de clients, se trouve Z\u00e9nabou Guigma. Assise \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un parapluie, elle vend de la pomme de terre, du haricot et surtout de belles tomates attirantes. <em>\u00abJe vends le kilo de la pomme de terre \u00e0 500 FCFA (soit 1 dollar), celui du haricot vert \u00e0 250\u00a0FCFA, la tomate \u00e0 200 FCFA le tas\u00bb, <\/em>se presse-t-elle de lancer<em>.<\/em> C\u2019est la pomme de terre de Ouahigouya, nous informe Mme Guigma. Il faut comprendre que ce n\u2019est point la ville qui est productrice de la pomme de terre. Mais toute la r\u00e9gion du nord qui est r\u00e9put\u00e9e \u00eatre une grande productrice de culture de contre-saison au Burkina Faso. Quant au haricot vert, \u00a0il vient de la province du Baz\u00e8ga. Selon elle, le kilogramme du haricot vert est achet\u00e9 \u00e0 200 FCFA avec les fournisseurs qui sont essentiellement des hommes, dont le fils de Mme Guigma. \u00a0C\u2019est une question de famille car elle aussi en a appris avec ses parents. <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai grandi ici. Toute ma vie est ici\u00bb,<\/em> d\u00e9clare-t-elle. Chaque jour que Dieu fait, de 4 heures du matin \u00e0 19 heures, \u00a0elle est sur ces lieux. Il faut \u00eatre pr\u00e9sent \u00e0 cette heure au march\u00e9, pour ne pas rater les clientes matinales. C\u2019est ainsi qu\u2019elle gagne sa vie et est arriv\u00e9e \u00e0 subvenir aux besoins de sa famille. Bien que ces enfants aient pris la rel\u00e8ve, cette dame de 47 ans n\u2019entend pas c\u00e9der de si t\u00f4t sa place.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Cette routine me manquera\u00a0\u00bb,<span style=\"font-family: Verdana, Geneva, sans-serif;font-size: 15px;color: #222222\">affirme la vendeuse.<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p>A quelques pas de notre interlocutrice se trouve Henriette Sourwema. Devant elle, sont expos\u00e9s, des paniers de haricot vert, de pomme de terre, d\u2019oignons. Elle aussi, est sur ces lieux depuis belle lurette. A l\u2019entendre, les affaires ne marchent plus comme avant. Elle explique\u00a0 <em>\u00abAvant je pouvais \u00e9couler 10 sacs de 50 kilo de l\u00e9gumes. Mais aujourd\u2019hui, je vends difficilement 3 sacs\u00bb.<\/em> A l\u2019entendre, avec le kilo achet\u00e9 \u00e0 400 pour \u00eatre vendu \u00e0 500 FCFA, il faut vendre plus pour esp\u00e9rer faire des b\u00e9n\u00e9fices.\u00a0 Pour combler le manque \u00e0 gagner, cette dame la cinquantaine sonn\u00e9e, s\u2019est lanc\u00e9e dans l\u2019exportation vers le Togo. Gr\u00e2ce \u00e0 cette activit\u00e9, elle gagne sa vie. Argent des popotes et scolarit\u00e9 des enfants sont assur\u00e9es.<\/p>\n<p>Nathalie Ou\u00e9draogo, 42 ans, elle, a abandonn\u00e9 t\u00f4t l\u2019\u00e9cole pour s\u2019adonner \u00e0 la vente des l\u00e9gumes \u00e0 Larl\u00e9 yaar, principale activit\u00e9 de sa maman.\u00a0 Sur un \u00e9tal en plastique \u00e0 m\u00eame le sol, elle expose, ses marchandises compos\u00e9es de concombres, de salade et de tomates.<\/p>\n<p><em>\u00abLe tas de 3 petits concombres co\u00fbte 100 FCFA. Celui de 5, plus gros, est 200 FCFA\u00a0\u00bb, <\/em>indique-t-elle<em>.<\/em> Elle se fait livrer les l\u00e9gumes sur place. Mais Mme Ou\u00e9draogo annonce qu\u2019il lui arrive de sillonner des villages elle-m\u00eame, pour s\u2019en procurer.\u00a0 Cela dans le but d\u2019exporter vers le Togo. Comme les pr\u00e9c\u00e9dentes, elle se plaint de la morosit\u00e9 du march\u00e9. \u00abAvant je pouvais facilement vendre 10 \u00e0 15 sacs de 50 kilo de l\u00e9gumes par jour. Un sac de concombre par exemple achet\u00e9 \u00e0 6\u00a0000 Fcfa est vendu \u00e0 8\u00a0000 FCFA. Il est\u00a0 midi et je n\u2019ai vendu que 4 sacs. Alors que c\u2019est le matin que l\u2019affluence est \u00e9lev\u00e9e\u00bb, regrette-t-elle. \u00ab\u00a0Comme la plupart des femmes ici, je subviens au besoin de ma famille. Actuellement, le march\u00e9 est morose. Les h\u00f4teliers clients ne commandent plus beaucoup. Ils se plaignent\u00a0 de la raret\u00e9 des client\u00a0\u00bb. C\u2019est pourquoi toutes nos interlocutrices ont souhait\u00e9 la paix et le succ\u00e8s dans la lutte contre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 au pays.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Habibata WARA <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00abbrigade\u00bb de vaillantes femmes, plus matinales que le lever du soleil, ravitaillent Ouagadougou de l\u00e9gumes, l\u00e9gumineuses et fruits frais. 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