{"id":418,"date":"2019-03-04T09:52:16","date_gmt":"2019-03-04T09:52:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=418"},"modified":"2019-03-04T09:52:16","modified_gmt":"2019-03-04T09:52:16","slug":"culture-maraichere-les-bonnes-raisons-de-sadonner-a-lirrigation-au-yatenga","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/03\/04\/culture-maraichere-les-bonnes-raisons-de-sadonner-a-lirrigation-au-yatenga\/","title":{"rendered":"Culture mara\u00eech\u00e8re: Les bonnes raisons de s\u2019adonner \u00e0 l\u2019irrigation au Yatenga"},"content":{"rendered":"<p><strong>La culture mara\u00eech\u00e8re constitue une fili\u00e8re lucrative dans la province du Yatenga. Les diff\u00e9rentes sp\u00e9culations offrent aux producteurs d\u2019importantes entr\u00e9es d\u2019argent et participent \u00e0 r\u00e9sorber l\u2019impact des d\u00e9ficits c\u00e9r\u00e9aliers du Burkina Faso.\u00a0 Constat sur les\u00a0 berges du barrage de Goinr\u00e9 et Kanazo\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Il est 10h30 mn, lorsque nous arrivons aux abords du barrage de Goinr\u00e9, \u00e0 Ouahigouya, dans le Yatenga. Des mara\u00eechers\u00a0 \u00e0 l\u2019aide de motopompe ou \u00e0 mains nues, s\u2019affairent c\u00e0 et l\u00e0. Au cours de la campagne s\u00e8che 2017-2018, ils ont produit dans toute la province pr\u00e8s de \u00a080 157\u00a0 tonnes de sp\u00e9culations diverses, soit 18 025 tonnes de pomme de terre, 59 587 tonnes de \u00a0l\u00e9gumes, 468 tonnes de haricot vert ou encore 1695 tonnes de fruits, selon les statistiques officielles. Ils doivent ces r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019amour qu\u2019ils portent \u00e0 leur travail mais aussi au soutien de l\u2019Etat et des recherches scientifiques autour des productions phares.<\/p>\n<p>ArounaTirouda est l\u2019un des producteurs. Ce brave homme a r\u00e9alis\u00e9 un puits qui lui permet d\u2019arroser \u00e0 la main ses sp\u00e9culations. Cette ann\u00e9e, il a cultiv\u00e9 de la pomme de terre, du chou, de la carotte et de la salade. A la question de savoir pourquoi, il n\u2019utilise pas la motopompe comme certains de ses confr\u00e8res, il r\u00e9pond : \u00ab<em>je n\u2019ai pas les moyens pour en acheter\u00bb.<\/em> Mais, dit-il, cela n\u2019entache en rien sa d\u00e9termination et son ardeur au travail. \u00ab<em>L\u2019essentiel est de mettre de l\u2019amour dans ce que tu fais, et les moyens viendront apr\u00e8s<\/em>\u00bb,\u00a0 est-il convaincu. M. Tirouda est optimiste et se r\u00e9joui d\u00e9j\u00e0 pour la campagne s\u00e8che en cours, au regard de la physionomie des diff\u00e9rentes sp\u00e9culations cultiv\u00e9es aux alentours du p\u00e9rim\u00e8tre maraicher\u00a0 de Goinr\u00e9 et de Kanazo\u00e9. \u00ab<em>Nous esp\u00e9rons ne pas \u00eatre d\u00e9\u00e7us\u00a0 au moment de la r\u00e9colte<\/em>\u00bb, temp\u00e8re-t-il.<\/p>\n<p>A quelque centaines de m\u00e8tres, Faysal\u00a0 Ou\u00e9draogo est en train de planter de la salade dans son p\u00e9rim\u00e8tre situ\u00e9 au bord du barrage Kanazo\u00e9. A la diff\u00e9rence\u00a0 d\u2019ArounaTirouda, celui-ci\u00a0 arrose ses l\u00e9gumes \u00e0 l\u2019aide\u00a0 d\u2019une motopompe. Selon M. Ou\u00e9draogo, la plupart des producteurs longeant les berges, cultivent \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames sp\u00e9culations et s\u2019en tirent \u00e0 bon compte. Les techniciens en charge de l\u2019agriculture au Yatenga certifient que l\u2019activit\u00e9 maraich\u00e8re demeure rentable, en d\u00e9pit\u00a0 des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les acteurs.<\/p>\n<p><strong>Le soutien de l\u2019Etat, des ONG et de la science<\/strong><\/p>\n<p>Dans son\u00a0 \u00e9lan\u00a0 d\u2019accompagnement le gouvernement a fortement subventionn\u00e9\u00a0 le sac d\u2019engrais \u00e0 12 000 frs CFA au lieu d\u2019environ 27000 frs CFA sur le march\u00e9. Des sessions de formation sont \u00a0initi\u00e9es\u00a0 \u00e0 leurs endroits. Et certains re\u00e7oivent\u00a0 gratuitement des intrants et\u00a0 du\u00a0 mat\u00e9riel.\u00a0 Somma\u00efla Badini, le directeur provincial de l\u2019agriculture souligne justement la contribution significative de l\u2019Etat et de ses partenaires, qui soulage un tant soit peu les producteurs maraichers. \u00abIl y a la question de la transformation des produits en vue d\u2019une meilleure commercialisation, d\u2019o\u00f9 prochainement la mise en place des comptoirs d\u2019achats par l\u2019Etat. Ces strat\u00e9gies permettront\u00a0 au fil\u00a0 du temps de trouver des solutions ad\u00e9quates \u00e0 ces questions.<\/p>\n<p>En plus de l\u2019accompagnement\u00a0 de l\u2019Etat burkinab\u00e8, plusieurs partenaires provinciaux, r\u00e9gionaux, nationaux et internationaux soutiennent\u00a0 les maraichers \u00e0 travers des organismes, associations, ONG, projets et programmes etc.<\/p>\n<p><strong>Trois difficult\u00e9s majeures : intrants, conservation et \u00e9coulement<\/strong><\/p>\n<p>En ce qui concerne les contraintes\u00a0 li\u00e9es\u00a0 \u00e0 la chert\u00e9 de la semence de la pomme de terre, le directeur Badini explique la situation par le fait que le Burkina ne produit pas cette semence.\u00a0 \u00abMais, il y\u2019a de l\u2019espoir qu\u2019une solution soit trouv\u00e9e car, au niveau de l\u2019INERA, des r\u00e9flexions sont men\u00e9es\u00a0 afin de produire la semence de la pomme de terre\u00a0 au Burkina Faso\u00bb, rassure-t-il. \u00abChaque ann\u00e9e, nous nous\u00a0 acharnons\u00a0 au travail, afin de jouer pleinement\u00a0 ce r\u00f4le dans\u00a0 la culture de contre-saison\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p>La chaine de production maraich\u00e8re est \u00e9galement confront\u00e9e \u00e0 de nombreuses autres difficult\u00e9s. Quant \u00e0 Lassan\u00e9 Gorgo, assis l\u2019air soucieux dans son p\u00e9rim\u00e8tre, il confie que leurs difficult\u00e9s r\u00e9sident, depuis la production jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9coulement des produits maraichers. \u00abLes difficult\u00e9s majeures portent sur la chert\u00e9 des intrants, la probl\u00e9matique de la conservation, la commercialisation\u00bb,\u00a0 rel\u00e8ve-t-il.<\/p>\n<p>En effet, pour pallier au probl\u00e8me d\u2019\u00e9coulement, depuis \u00a0quelques ann\u00e9es des journ\u00e9es promotionnelles ont \u00e9t\u00e9 initi\u00e9es dans la r\u00e9gion du Nord. A Ouahigouya particuli\u00e8rement, il s\u2019agit de la journ\u00e9e du mara\u00eecher. Mais tout porte \u00e0 croire que le probl\u00e8me demeure toujours, selon les explications de la direction provinciale de l\u2019agriculture et des am\u00e9nagements hydrauliques du Yatenga. Au cours de la campagne maraich\u00e8re 2017-2018, au total environ 3244 hectares de p\u00e9rim\u00e8tre maraicher ont \u00e9t\u00e9 emblav\u00e9s. Les statistiques disponibles indiquaient que la production de l\u2019oignon est \u00e0 environ 33%, la\u00a0 pomme de terre, 24 %, la tomate 15 %, le haricot vert 14 %\u00a0 les autres sp\u00e9culations 14 %. Pour la campagne en cours les donn\u00e9es ne sont pas\u00a0 disponibles pour l\u2019instant. Selon les estimations des techniciens les superficies seront sensiblement les m\u00eames. Par contre les rendements seront sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de la campagne maraich\u00e8re 2018 \u2013 2019, au vu de la bonne pluviom\u00e9trie enregistr\u00e9e au cours de la campagne agricole. Selon le\u00a0\u00a0\u00a0 directeur\u00a0\u00a0 provincial\u00a0 de l\u2019agriculture et des am\u00e9nagements hydrauliques (DPAAH) du Yatenga, Somma\u00efla\u00a0 Badini, la\u00a0 surproduction\u00a0 de la pomme de terre et\u00a0 de l\u2019oignon est li\u00e9e\u00a0 au fait que\u00a0 les producteurs cultivent ces sp\u00e9culations\u00a0 pratiquement au m\u00eame moment. M. Badini \u00e9voque\u00a0 \u00e9galement d\u2019autres contraintes qui entravent l\u2019\u00e9panouissement financier des maraichers. \u00abNous notons une faiblesse des capacit\u00e9s organisationnelles des producteurs, la non maitrise des itin\u00e9raires techniques de production et de conservation qui impacte la qualit\u00e9 des produits ainsi que leur dur\u00e9e de conservation, la m\u00e9connaissance des produits chimiques et leurs mauvaises utilisations qui limitent l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 international\u00a0\u00bb, explique-t-il. A cela, il ajoute\u00a0 le manque d\u2019information sur le march\u00e9, la m\u00e9vente du fait que les produits se retrouvent au m\u00eame moment sur le march\u00e9, le faible accompagnement des acteurs par des projets et programmes et le faible acc\u00e8s aux structures de financement. Pour M. Badini, tous ces facteurs seraient la cause des pourrissements des produits\u00a0 et de la\u00a0 fixation arbitraire des prix par les acheteurs.\u00a0 C\u2019est pourquoi le DPAAH-Yatenga\u00a0 lance un appel\u00a0 aux productrices et les producteurs \u00e0 mieux s\u2019organiser afin\u00a0 conqu\u00e9rir le march\u00e9 national, voire international.<\/p>\n<p><strong>\u00a0Des associations et groupements de producteurs donnent l\u2019exemple <\/strong><\/p>\n<p>Cependant, le directeur provincial se r\u00e9jouit que certains groupements et\u00a0 associations de producteurs se d\u00e9marquent du lot en construisant des locaux adapt\u00e9s, qui r\u00e9pondent aux normes de conservation et\u00a0 permettent\u00a0 de garantir une longue dur\u00e9e de conservation. \u00abIl s\u2019agit des cases RUDU (cases conservations\u00a0 traditionnelles) et plus r\u00e9cemment de la case type ATPOY , con\u00e7u par l\u2019Association Tikwend\u00e9 des producteurs d\u2019oignon du Yatenga. D\u2019autres associations et groupements sont aussi dans cette lanc\u00e9e\u00bb, informe-t-il.\u00a0 N\u00e9anmoins, le responsable provincial en charge de l\u2019agriculture\u00a0 reconnait que\u00a0 ces locaux sont couteux et ne sont pas \u00e0 la port\u00e9e des petits producteurs. Qu\u2019a cela ne tienne, Somma\u00efla\u00a0 Badini\u00a0 souligne la contribution non n\u00e9gligeable de l\u2019Etat et de\u00a0 ses partenaires afin de soulager un tant soi peu les producteurs maraichers. \u00ab\u00a0 Il y a la question de la transformation des produits en vue d\u2019une meilleure commercialisation, d\u2019o\u00f9 prochainement la mise en place des comptoirs d\u2019achats par l\u2019Etat. Ces strat\u00e9gies permettront\u00a0 au fil\u00a0 du temps de trouver des solutions ad\u00e9quates \u00e0 ces questions.<\/p>\n<p>Une chose est s\u00fbre, la culture mara\u00eech\u00e8re nourrit son homme. Les techniciens rappellent \u00e0 juste titre que la pomme \u00e0 un rendement important, entre 20 et\u00a0 25 tonnes \u00e0 l\u2019hectare pour 250 francs \u00e0 400 francs le kilogramme sur le march\u00e9. C&rsquo;est pourquoi\u00a0 ils proposent au profit des producteurs des formations en gestion de compte pour les aider \u00e0 mieux profiter de leurs efforts.<\/p>\n<p>Quant aux producteurs, ils pensent que la presse peut les aider \u00e0 mieux communiquer avec les gouvernants. \u00abNous esp\u00e9rerons que votre passage va nous permettre d\u2019exprimer nos difficult\u00e9s afin que l\u2019Etat nous aide \u00e0 trouver des solutions\u00bb, affirme l\u2019un d\u2019eux. En entendant, ils sont unanimes que la culture mara\u00eech\u00e8re, pratiqu\u00e9e par une bonne partie de la population \u00e0 Ouahigouya, contribue en partie \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire ainsi qu\u2019\u00e0 dynamiser l\u2019\u00e9conomie de la province.<\/p>\n<p><strong>Ibrahim Zampaligr\u00e9<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La culture mara\u00eech\u00e8re constitue une fili\u00e8re lucrative dans la province du Yatenga. Les diff\u00e9rentes sp\u00e9culations offrent aux producteurs d\u2019importantes entr\u00e9es d\u2019argent et participent \u00e0 r\u00e9sorber l\u2019impact des d\u00e9ficits c\u00e9r\u00e9aliers du Burkina Faso.\u00a0 Constat sur les\u00a0 berges du barrage de Goinr\u00e9 et Kanazo\u00e9. 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