{"id":467,"date":"2019-03-25T12:40:40","date_gmt":"2019-03-25T12:40:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=467"},"modified":"2019-03-25T12:47:14","modified_gmt":"2019-03-25T12:47:14","slug":"crevettes-made-in-burkina-des-femmes-au-coeur-du-business","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/03\/25\/crevettes-made-in-burkina-des-femmes-au-coeur-du-business\/","title":{"rendered":"Crevettes \u00abmade in Burkina\u00bb : Des femmes au c\u0153ur du business"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les crevettes d\u2019eau douce sont vendues essentiellement par des femmes. A Koubri, une commune rurale situ\u00e9e \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres au Sud de la capitale Ouagadougou, elles se battent au quotidien pour tirer de cette activit\u00e9 des revenus pour leurs besoins. Carrefour Africain est all\u00e9 \u00e0 leur rencontre \u00e0 l\u2019occasion de la Journ\u00e9e internationale de la Femme.<\/strong><\/p>\n<p>Les femmes savent flairer le bon business. Elles se sont donn\u00e9 un monopole de fait dans la commercialisation des crevettes \u00e9lev\u00e9es dans des eaux du Burkina Faso. Les crevettes \u00e9tant \u00e0 la fois rares et pris\u00e9es par la classe nantie, ce business leur permet de gagner, \u00e0 la vente, environ 2000 FCFA de b\u00e9n\u00e9fice sur le kilogramme. C\u2019est un peu mieux que la vente de poisson, une autre activit\u00e9 men\u00e9e par de nombreuses femmes.<\/p>\n<p>Il est vrai que les vendeuses de crevettes du Burkina sont avant tout des vendeuses de poisson. Et, c\u2019est \u00e0 la poissonnerie de Koubri, sise au bord de la route Ouaga-Kombissiri que nous avons rencontr\u00e9, le 12 f\u00e9vrier 2019, une dizaine de femmes \u00e9voluant dans ledit domaine. A 8 heures pass\u00e9es, elles avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9tal\u00e9 sur un comptoir, des crevettes frites. On voyait aussi des carpes, des silures et des sardines.<\/p>\n<p>Marie Niki\u00e9ma, 37 ans, est l\u2019une des locataires de ce petit march\u00e9. Elle vend des crevettes, consid\u00e9r\u00e9es comme un produit de luxe dans certains milieux au Burkina, appel\u00e9es \u00ab kuilsour\u00e9\u00bb en moor\u00e9 ou \u00abzonzon\u00bb en dioula. Elle c\u00e8de le kg \u00e0 5000 FCFA ou 6000 FCFA. Elle dit en tirer un b\u00e9n\u00e9fice de 1500 \u00e0 2000 FCFA par kg.<\/p>\n<p>\u00abLe tas de crevettes frites co\u00fbte 1000 F\u00bb, d\u00e9taille-t-elle. A Koubri, elles sont au moins une cinquantaine de femmes \u00e0 exercer dans ce m\u00e9tier, de l\u2019avis de Marie Niki\u00e9ma.<br \/>\nA titre comparatif, le kg de carpe ou de silure co\u00fbte 1500 \u00e0 1200 FCFA. Mme Niki\u00e9ma confie que tous les jours de la semaine, depuis plus de 15 ans, du matin au soir, elle court pour proposer ses produits aux clients, g\u00e9n\u00e9ralement des voyageurs de passage.<\/p>\n<p>Acheter et vendre des crevettes n\u2019ont plus de secret pour elle. Avec cette d\u00e9termination, elle arrive \u00e0 \u00e9couler quotidiennement 10 kilogrammes de crevettes. Ces clients sont les Burkinab\u00e8 mais parfois des \u00e9trangers, selon ses dires. Les b\u00e9n\u00e9fices engrang\u00e9s servent \u00e0 subvenir aux besoins de sa famille. \u00abJ\u2019arrive \u00e0 supporter les frais de scolarit\u00e9 de mes trois enfants. J\u2019ai pu m\u2019acheter aussi une mobylette\u00bb, annonce-t-elle.<\/p>\n<h3>Elles se signalent au FESPACO<\/h3>\n<p>Une autre femme, ex-vendeuse de crevettes, Pauline Tassemb\u00e9do, 60 ans, raconte qu\u2019elle a men\u00e9 cette activit\u00e9 pendant 35 ans avant de s\u2019adonner \u00e0 la vente des fruits et l\u00e9gumes, afin de lib\u00e9rer la place aux plus jeunes dont Marie Niki\u00e9ma. Elle est fi\u00e8re de ce qu\u2019elle a pu r\u00e9aliser avec la vente des crevettes et du poisson. \u00abJ\u2019ai pu construire une maison en ciment et offrir une mobylette \u00e0 mon \u00e9poux\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<figure id=\"attachment_469\" aria-describedby=\"caption-attachment-469\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"469\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/03\/25\/crevettes-made-in-burkina-des-femmes-au-coeur-du-business\/crevette2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette2.jpg?fit=787%2C448&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"787,448\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"crevette2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Odile Yamwemba et 3 autres camarades de Koubri devant leurs \u00e9tals de crevettes au 26e FESPACO.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette2.jpg?fit=300%2C171&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette2.jpg?fit=696%2C396&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-469\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette2-300x171.jpg?resize=300%2C171&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"171\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette2.jpg?resize=300%2C171&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette2.jpg?resize=768%2C437&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette2.jpg?resize=696%2C396&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette2.jpg?resize=738%2C420&amp;ssl=1 738w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette2.jpg?w=787&amp;ssl=1 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-469\" class=\"wp-caption-text\">Odile Yamwemba et 3 autres camarades de Koubri devant leurs \u00e9tals de crevettes au 26e FESPACO.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les vendeuses de crevettes de Koubri sont si dynamiques qu\u2019elles ont pu se faire une place \u00e0 la 26e \u00e9dition du Festival panafricain du Cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision de Ouagadougou (FESPACO). Au nombre de 4, elles exposent des crevettes et du poisson fum\u00e9 dans l\u2019enceinte du si\u00e8ge du FESPACO.<\/p>\n<p>Odile Yamwemba, 38 ans, est l\u2019une des exposantes. Rencontr\u00e9e le jeudi 28 f\u00e9vrier 2019, \u00e0 deux jours de la cl\u00f4ture du festival, elle confie que les affaires marchent doucement. \u00ab Bilfou-bilfou \u00bb, affirme-t-elle. Sa jeune camarade, Rosalie Ou\u00e9draogo, 28 ans, n\u2019en dit pas plus. Elles estiment \u00e0 quelque 50 mille francs les recettes d\u00e9j\u00e0 r\u00e9colt\u00e9es par chacune d\u2019elle et esp\u00e8rent liquider les 60 kg de crevettes qu\u2019elles ont emmen\u00e9s de Koubri.<\/p>\n<p>Le business des crevettes, adoss\u00e9 sur celui du poisson, fait vivre les femmes de Koubri. Pour mieux organiser leur activit\u00e9, elles ont mis en place, depuis trois ans, une association d\u00e9nomm\u00e9e \u00abRinongo\u00bb (Bien manger en moor\u00e9). Sa pr\u00e9sidente n\u2019est autre que Marie Niki\u00e9ma.<\/p>\n<p>Les femmes s\u2019approvisionnent aupr\u00e8s des p\u00eacheurs install\u00e9s aux abords des retenues d\u2019eau comme le barrage \u2018\u2019Arzoum\u2019\u2019, le Nouveau barrage et le barrage Baz\u00e8ga. La pr\u00e9sidente de \u00ab Rinongo \u00bb par exemple se ravitaille aupr\u00e8s de Pascal Nana, un jeune p\u00eacheur qui fait office de fournisseur.<\/p>\n<p>Vu l\u2019importance de cette activit\u00e9 pour les m\u00e9nages, une de promotion est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la production et la commercialisation des crevettes, \u00e0 Koubri. L\u2019\u00e9v\u00e9nement de cette ann\u00e9e 2019 est attendu au mois d\u2019avril.<\/p>\n<h3>Les Ouagalaises ne sont pas en reste<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de Koubri, les crevettes d\u2019eau douce sont aussi vendues par des femmes de Ouagadougou, install\u00e9es au bord des routes, dans des quartiers comme Tanghin, Samandin. Au quartier Cissin, Salamata Ilboudo est une r\u00e9f\u00e9rence en la mati\u00e8re. Install\u00e9e devant le Complexe scolaire Steeve Biko, elle se confie. \u00abJe n\u2019attends pas qu\u2019on vienne me livrer les crevettes ici. Je me rends moi-m\u00eame, chaque matin, \u00e0 Koubri depuis 25 ans, pour les acheter\u00bb.<\/p>\n<p>A la question de savoir si l\u2019activit\u00e9 est rentable, elle r\u00e9pond : \u00abComme toute autre activit\u00e9, souvent on gagne, souvent on perd. J\u2019ai pu dans tous les cas m\u2019occuper de mes trois enfants depuis la disparition de mon mari, il y a plus de 20 ans\u00bb, d\u00e9clare-t-elle.<\/p>\n<p>Une autre, Safi Sawadogo, rencontr\u00e9e derri\u00e8re le barrage de Tanghin, dit s\u2019approvisionner aupr\u00e8s des p\u00eacheurs install\u00e9s \u00e0 Loumbila et Mogt\u00e9do. Elle dit acheter le kg de crevettes \u00e0 4 600 FCFA pour le revendre au-del\u00e0 de 6000 FCFA. Elle vend le poisson et les crevettes depuis maintenant 20 ans. Ces commer\u00e7antes rencontrent des difficult\u00e9s. On peut citer, entre autres, le besoin de hangars plus appropri\u00e9s et \u00e0 un coup accessible.<\/p>\n<p>La location moyenne des hangars \u00e0 Koubri est de l\u2019ordre de 3 000 FCFA par mois. Les vendeuses de crevettes souhaitent aussi disposer de cong\u00e9lateurs et de vitrines pour mieux conserver et exposer les diff\u00e9rents produits halieutiques. En attendant, les marchandises sont vendues dans des conditions hygi\u00e9niques non satisfaisantes.<\/p>\n<p>De l\u2019avis du 1er adjoint au maire de Koubri, J\u00e9r\u00f4me Zangr\u00e9, le site cr\u00e9\u00e9 depuis 2007 sera bient\u00f4t am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 leur profit. Une \u00e9tude men\u00e9e sous la houlette de la direction r\u00e9gionale des ressources animales serait boucl\u00e9e. \u00abIl y aura par exemple des foyers am\u00e9lior\u00e9s pour le fumage des poissons afin que les voisins ne soient pas indispos\u00e9s par la fum\u00e9e. On attend la validation du document\u00bb, a confi\u00e9 le maire adjoint.<\/p>\n<h3>Des vertus nutritives ind\u00e9niables<\/h3>\n<p>La crevette poss\u00e8de des qualit\u00e9s nutritives. Sa consommation aiderait \u00e0 baisser la tension. Selon le v\u00e9t\u00e9rinaire halieute, charg\u00e9 de recherches au Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), Nessan D\u00e9sir\u00e9 Coulibaly, les produits de p\u00eache sont souvent indiqu\u00e9s dans les d\u00e9sordres m\u00e9taboliques. La crevette serait de cette cat\u00e9gorie des produits r\u00e9gulateurs du dysfonctionnement m\u00e9tabolique. \u00abElle a une qualit\u00e9 nutritive ind\u00e9niable\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p>Le vieux Adama Niki\u00e9ma, un client de Salamata Ilboudo, en est certain. \u00abJe souffre de l\u2019hypertension. Mais j\u2019ai remarqu\u00e9 qu\u2019en consommant les crevettes, ma tension ne monte pas\u00bb, se r\u00e9jouit-il.<\/p>\n<figure id=\"attachment_470\" aria-describedby=\"caption-attachment-470\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"470\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/03\/25\/crevettes-made-in-burkina-des-femmes-au-coeur-du-business\/crevette3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette3.jpg?fit=500%2C375&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"500,375\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"crevette3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Le 1er adjoint au maire de Koubri, J\u00e9r\u00f4me Zangr\u00e9,  promet un site bien am\u00e9nag\u00e9 pour les vendeuses de poissons et de crevette.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette3.jpg?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette3.jpg?fit=500%2C375&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-470\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette3-300x225.jpg?resize=300%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette3.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette3.jpg?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette3.jpg?resize=265%2C198&amp;ssl=1 265w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/crevette3.jpg?w=500&amp;ssl=1 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-470\" class=\"wp-caption-text\">Le 1er adjoint au maire de Koubri, J\u00e9r\u00f4me Zangr\u00e9, promet un site bien am\u00e9nag\u00e9 pour les vendeuses de poissons et de crevette.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour le 1er adjoint au maire de Koubri, J\u00e9r\u00f4me Zangr\u00e9, la promotion de la fili\u00e8re passe par la sensibilisation des p\u00eacheurs aux bonnes pratiques. \u00abC\u2019est-\u00e0-dire exploiter de fa\u00e7on responsable en utilisant des filets adapt\u00e9s. Savoir jauger les quantit\u00e9s et la qualit\u00e9. Penser aux g\u00e9n\u00e9rations futures\u00bb, affirme-t-il. Pascal Nana est de cet avis. Cependant, il confie que c\u2019est parce qu\u2019ils n\u2019ont pas le choix. \u00abNous agissons ainsi pour notre survie \u00bb, fait-il comprendre.<\/p>\n<p>Ablass\u00e9 Tapsoba du groupement \u00ab Songtaaba \u00bb des p\u00eacheurs est conscient des mauvaises pratiques de ses camarades. Toutefois, il assure qu\u2019ils essaient d\u2019adapter leurs outils de travail aux normes recommand\u00e9es. Et d\u2019ajouter qu\u2019il devient de plus en plus difficile d\u2019\u00e9chapper au contr\u00f4le des agents des eaux et for\u00eats qui sanctionnent les p\u00eacheurs qui, \u00e0 la recherche des crevettes, captent les petits poissons.<\/p>\n<p>Pour accro\u00eetre la production du \u00ab kuilsour\u00e9 \u00bb, Dr Coulibaly croit qu\u2019il serait int\u00e9ressant de passer de la p\u00eache de la crevette \u00e0 son \u00e9levage, d\u00e9nomm\u00e9, crevetticulture. Avec cette donne, il pense que le d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re crevette prend en compte la production, la transformation et la commercialisation. Cette esp\u00e8ce aquatique est sensible aux variations que subit son milieu ambiant.<\/p>\n<p>Il a ajout\u00e9 que d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le march\u00e9 burkinab\u00e8 est d\u00e9fini par un sous-approvisionnement chronique de produits halieutiques. \u00ab En 2018, 126 000 tonnes de poisson consomm\u00e9es, seulement 24 000 viennent de la production locale\u00bb, a-t-il poursuivi. Pour l\u2019instant, les femmes de Koubri comme celles de Ouagadougou tirent leur \u00e9pingle du jeu dans la commercialisation des crevettes d\u2019eau douce. Mais si des efforts en crevetticulture ne sont pas faits, elles pourraient se retrouver sans marchandise.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Habibata WARA<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Historique de l\u2019\u00e9levage des crevettes au Burkina Faso<\/strong><\/p>\n<p>Selon Dr Nessan D\u00e9sir\u00e9 Coulibaly, la crevette aurait \u00e9t\u00e9 introduite au Burkina Faso dans les ann\u00e9es 60 par les autorit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque. Notamment par le pr\u00e9sident Maurice Yam\u00e9ogo qui l\u2019a fait venir de la C\u00f4te d\u2019Ivoire pour ensemencer les barrages du Centre. Pabr\u00e9, Koubri et le barrage de Salbisgo sont cit\u00e9s.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, on trouve les crevettes dans les r\u00e9gions du Plateau central, du Centre (Koubri), le Centre-Ouest (Salbisgo) et de l\u2019Est (Manni). Toutefois, les raisons de l\u2019existence de cette esp\u00e8ce dans ces eaux restent \u00e0 rechercher.<br \/>\nIl semble aussi que Koubri est devenu le principal centre de production de crevettes au Burkina Faso gr\u00e2ce au d\u00e9funt Salif Diallo, alors ministre en charge de l\u2019environnement. Celui-ci aurait encourag\u00e9 la promotion de cette esp\u00e8ce dans la localit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les crevettes d\u2019eau douce sont vendues essentiellement par des femmes. A Koubri, une commune rurale situ\u00e9e \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres au Sud de la capitale Ouagadougou, elles se battent au quotidien pour tirer de cette activit\u00e9 des revenus pour leurs besoins. 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