{"id":489,"date":"2019-03-25T13:51:23","date_gmt":"2019-03-25T13:51:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=489"},"modified":"2019-03-25T13:53:12","modified_gmt":"2019-03-25T13:53:12","slug":"26e-edition-du-fespaco-les-boissons-locales-quasi-inexistantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/03\/25\/26e-edition-du-fespaco-les-boissons-locales-quasi-inexistantes\/","title":{"rendered":"26e  \u00e9dition du Fespaco: Les boissons locales quasi-inexistantes"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les boissons produites artisanalement au Burkina Faso sont \u00e0 peine visibles \u00e0 la 26\u00e9 \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma de Ouagadougou (Fespaco) qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e 23 f\u00e9vrier au 02 mars 2019. Leur distribution \u00e0 ce festival avait \u00e9t\u00e9 express\u00e9ment autoris\u00e9e apr\u00e8s une d\u00e9nonciation, sur les r\u00e9seaux sociaux, d\u2019un hypoth\u00e9tique droit d\u2019exclusivit\u00e9 accord\u00e9 \u00e0 un grand distributeur.<\/strong><\/p>\n<p>Un stand, deux promoteurs ; voil\u00e0 r\u00e9sum\u00e9e la pr\u00e9sence visible des jus de fruits et de l\u00e9gumes produits artisanalement ou en semi-industriel au Burkina Faso, sur les trois (3) aires marchandes ouvertes \u00e0 la 26\u00e9 \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma de Ouagadougou (Fespaco).<\/p>\n<p>A quelques jours de l\u2019ouverture du festival, des rumeurs, relay\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux, laissaient croire qu\u2019ils y \u00e9taient interdits de vente, au profit des boissons industrielles commercialis\u00e9es par la Soci\u00e9t\u00e9 de distribution de boissons (Sodibo). Le festival a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d\u2019intervenir pour \u00e9clairer l\u2019opinion. Dans un communiqu\u00e9 dat\u00e9 du 21 f\u00e9vrier 2019, on pouvait lire : \u00abla vente des jus de production locale est autoris\u00e9e sur l\u2019ensemble de ses galeries marchandes\u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_491\" aria-describedby=\"caption-attachment-491\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"491\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/03\/25\/26e-edition-du-fespaco-les-boissons-locales-quasi-inexistantes\/bio2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio2.jpg?fit=595%2C484&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"595,484\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"bio2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Mme SylvieVal\u00e9a, une des rares amatrices de jus naturels rencontr\u00e9e au Festival.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio2.jpg?fit=300%2C244&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio2.jpg?fit=595%2C484&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-491\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio2-300x244.jpg?resize=300%2C244&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"244\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio2.jpg?resize=300%2C244&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio2.jpg?resize=516%2C420&amp;ssl=1 516w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio2.jpg?w=595&amp;ssl=1 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-491\" class=\"wp-caption-text\">Mme SylvieVal\u00e9a, une des rares amatrices de jus naturels rencontr\u00e9e au Festival.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Cela a-t-il occasionn\u00e9 une invasion des jus locaux aux Fespaco ?<br \/>\nPour le v\u00e9rifier, rien ne vaut une visite lorgneuse, stand par stand, \u00e0 commencer par le si\u00e8ge du Fespaco, ce 28 f\u00e9vrier 2019. Il est 15h43, il fait un peu chaud et les festivaliers se d\u00e9salt\u00e8rent ou picolent. Au constat, au milieu des maquis et des fum\u00e9es et odeurs dues au grillage de viande, les festivaliers vident clairement des bouteilles de bi\u00e8re et de boissons gazeuses.<\/p>\n<p>Nombreux et bruyants c\u00f4t\u00e9-Est, les maquis ne servent que des boissons Sodibo, y compris l\u2019eau de marque Laafi. Des stands de couleur jaune, visibles \u00e0 l\u2019entr\u00e9e et un peu plus loin, sont remplis de boissons sucr\u00e9es carbonat\u00e9es de la marque Sodibo (Youki, Fanta, Coca-cola, XXL Energy, etc).<\/p>\n<p>Quelques festivaliers s\u2019en approvisionnent, sans s\u2019y attarder. C\u2019est le r\u00e9sultat d\u2019une tourn\u00e9e rapide. Pour l\u2019affiner, nous repartons pour un second tour. Au finish, toujours pas de dolo, ni de bissap, ni de jus de weda. Pas m\u00eame dafani, nom du producteur de jus de mangue et d\u2019orange connu des consommateurs burkinab\u00e8.<\/p>\n<h3>Pas de jus naturel burkinab\u00e8 non plus \u00e0 la Place<\/h3>\n<p>Tout de m\u00eame, en scrutant scrupuleusement les moindres recoins, on a fini par d\u00e9couvrir, abandonn\u00e9es sur la table d\u2019une restauratrice, deux petites bouteilles vides de jus pr\u00e9sum\u00e9. De m\u00eame, un visiteur, qu\u2019on n\u2019a pas pu rattraper, tenait dans ses mains un carton dafani. Un repr\u00e9sentant de Sodibo, retrouv\u00e9 sur les lieux, a gentiment refus\u00e9 de donner des \u00e9clairages sur le contrat d\u2019exclusivit\u00e9 qu\u2019aurait eu sa soci\u00e9t\u00e9. Il avait pr\u00e9vu de rappeler mais ne l\u2019a pas fait.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, au si\u00e8ge du Fespaco, mis \u00e0 part les produits Sodibo, il n\u2019y a que des traces \u00e0 peine d\u00e9tectables de boissons made in Burkina en vente.<br \/>\nPour le chapitre suivant, nous mettons le cap sur la Place de la nation. Les deux fouilles des services de s\u00e9curit\u00e9 se passent avec succ\u00e8s. Au premier regard, on constate des chapiteaux abritant des restaurants VIP.<\/p>\n<p>\u00ab Le Borfo \u00bb, c\u2019est le nom d\u2019un d\u2019entre eux. Vite, on avance vers l\u2019espace select et climatis\u00e9 abritant les stands promotionnels des pays invit\u00e9s, des Editions Sidwaya et de bien d\u2019autres entreprises. Il n\u2019y a visiblement pas de place pour les vendeurs de boissons dans cet endroit feutr\u00e9. Un tour des lieux le confirme. Certes, dans le vaste stand du Rwanda, on peut trouver du caf\u00e9.<\/p>\n<p>Mais il est en poudre et n\u2019est donn\u00e9 qu\u2019au visiteur privil\u00e9gi\u00e9 ou chanceux. Le grand monde de la galerie marchande se trouve plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 ouest. Pour y aller, il faut ressortir. Une fois sur le lieu, l\u00e0 aussi, aucune trace de boissons locales autre que celles du distributeur affili\u00e9 \u00e0 Brakina. Au moins, de magnifiques produits de la poterie burkinab\u00e8 y abondent.<\/p>\n<p>On n\u2019a gu\u00e8re besoin de chercher loin pour les voir. Des canaris pour les fleurs, il y en a \u00e0 foison, mais aucun canari de dolo, m\u00eame vide, n\u2019est pr\u00e9sent. Dans ces conditions, il ne reste plus qu\u2019\u00e0 inspecter le dernier site : la Maison du peuple.<\/p>\n<p>A ce niveau, le badge aidant, on se retrouve assez facilement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. L\u2019espace marchand de la Maison du peuple est organis\u00e9 un peu comme au si\u00e8ge du Fespaco : Le c\u00f4t\u00e9 centre-ouest, une zone d\u2019exposition mi-couverte, est occup\u00e9 par les acteurs d\u2019habillements, de l\u2019artisanat alimentaire ou m\u00eame de la m\u00e9decine traditionnelle.<\/p>\n<p>On y applique les techniques du \u00abmarketing sauvage\u00bb qui semblent avoir pris naissance au Grand-March\u00e9 de Ouagadougou, situ\u00e9 \u00e0 un vol d\u2019oiseau de l\u00e0. Elles consistent \u00e0 h\u00e9ler, \u00e0 tirer par l\u2019habit ou \u00e0 se dresser sur le chemin du client, pour lui pr\u00e9senter des marchandises.<\/p>\n<p>Au bout d\u2019une all\u00e9e, non loin de l\u2019un des deux \u00e9l\u00e9phants dress\u00e9s devant l\u2019entr\u00e9e du principal b\u00e2timent de la Maison du peuple, une petite fille ambulante tient sur sa t\u00eate le couvercle d\u2019un r\u00e9cipient contenant de l\u2019eau en sachet plastique et trois petits bidons de bissap et de jus de gingembre.<\/p>\n<p>Plus encline \u00e0 vendre ses produits qu\u2019\u00e0 situer les origines ou la position de sa patronne, elle n\u2019a pas trouv\u00e9 de temps pour des \u00e9changes.<br \/>\nEn parcourant les stands, sur la derni\u00e8re ligne et face aux maquis implant\u00e9s c\u00f4t\u00e9 Est, on tombe sur le stand de la Maison Bio. Enfin ! De la tourn\u00e9e, c\u2019est le seul stand de jus produit au Burkina Faso par une Burkinab\u00e8 telle que les internautes, d\u00e9fenseurs de boissons locales, pouvaient se l\u2019imaginer.<\/p>\n<p>Il est occup\u00e9 en effet par une jeune promotrice, Talian Baguian, qui dit avoir h\u00e9rit\u00e9 cette activit\u00e9 de son p\u00e8re. Deux boissons sont propos\u00e9es aux clients : Le jus de carotte et le jus d\u2019orange, vendus respectivement \u00e0 1000 FCFA et 700 FCFA le litre ou 400FCFA et 300 FCFA le verre.<\/p>\n<h3>\u00abIl n\u2019y a pas de client\u00e8le\u00bb<\/h3>\n<p>On apprend aupr\u00e8s de l\u2019exposante que la Maison bio est une petite unit\u00e9 de production de boissons naturelles situ\u00e9e \u00e0 la ZAD (Ouagadougou), qui transforme en jus la past\u00e8que, la papaye, le tamarin et l\u2019ananas.<\/p>\n<p>Sa promotrice, Talian Baguian, n\u2019est pas confiante de sa situation \u00e9conomique, \u00e0 deux jours de la cl\u00f4ture du festival. \u00abCa sort un peu, il n\u2019y a pas de client\u00e8le \u00bb, dit-elle. Elle dit avoir lou\u00e9 le stand \u00e0 200 mille FCFA et se demande s\u2019il elle pourra rentabiliser cette affaire. Retrouv\u00e9e le samedi 2 mars, elle a confirm\u00e9 ces premiers dires, avec un sourire cette fois-ci. Elle estime, n\u00e9anmoins, \u00e0 une dizaine le nombre de contacts de gens int\u00e9ress\u00e9s par ses jus.<\/p>\n<p>Bien avant elle, assis dans la zone des maquis et sirotant une bi\u00e8re, Amidou Barro a confi\u00e9 que la vente des jus locaux \u00e0 ce festival n\u2019est pas forc\u00e9ment juteuse. Ce promoteur de jus dispose d\u2019une petite unit\u00e9 bas\u00e9e \u00e0 Bobo-Dioulasso et d\u2019un magasin \u00e0 Ouagadougou, dans le quartier Wemtenga.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur l\u2019attrait de sa boisson \u00abTimimany\u00bb pour les clients du festival, il s\u2019est montr\u00e9 r\u00e9serv\u00e9. \u00abJe ne dirai pas \u2018bien\u2019, je ne dirai pas \u2018mal\u2019, c\u2019est un nouveau produit, mais on est confiant pour la suite\u00bb.<\/p>\n<p>Selon ses dires, il n\u2019a pas lou\u00e9 de stand, mais a plut\u00f4t n\u00e9goci\u00e9 avec un maquis pour \u00e9couler ses produits. Il d\u00e9clare aussi n\u2019avoir suivi \u00abaucun protocole\u00bb pour faire entrer ses produits \u00e0 la Maison du peuple.<\/p>\n<figure id=\"attachment_492\" aria-describedby=\"caption-attachment-492\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"492\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/03\/25\/26e-edition-du-fespaco-les-boissons-locales-quasi-inexistantes\/bio3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio3.jpg?fit=787%2C618&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"787,618\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"bio3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt; Au si\u00e8ge du Fespaco et \u00e0 la Place de la nation, les boissons, alcoolis\u00e9es ou non, sont de Sodibo, filiale de la Brakina.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio3.jpg?fit=300%2C236&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio3.jpg?fit=696%2C547&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-492\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio3-300x236.jpg?resize=300%2C236&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio3.jpg?resize=300%2C236&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio3.jpg?resize=768%2C603&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio3.jpg?resize=696%2C547&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio3.jpg?resize=535%2C420&amp;ssl=1 535w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio3.jpg?w=787&amp;ssl=1 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-492\" class=\"wp-caption-text\">Au si\u00e8ge du Fespaco et \u00e0 la Place de la nation, les boissons, alcoolis\u00e9es ou non, sont de Sodibo, filiale de la Brakina.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La visite du soir \u00e9tant presque termin\u00e9e, on se fait d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e pr\u00e9cise. Visiblement, les jus locaux ne sont pas pris\u00e9s au Fespaco. Ils ont cependant quelques inconditionnels. Sylvie Val\u00e9a, une bouteille de jus Timimany pos\u00e9e devant, confie qu\u2019elle ne recourt qu\u2019aux boissons gazeuses uniquement lorsqu\u2019il manque de jus de fruits faits localement.<\/p>\n<p>Autrement dit, elle abhorre les boissons distribu\u00e9es par la Sodibo. Elle vante alors les qualit\u00e9s des jus de produits locaux en ces termes : \u00abc\u2019est naturel, pas de probl\u00e8me de digestion, ni de remont\u00e9e gastrique\u00bb. Apollinaire Ou\u00e9draogo, un autre amateur de jus locaux, trouve que ces produits sont de \u00abtr\u00e8s bonne qualit\u00e9\u00bb et qu\u2019en les consommant, on apporte un soutien aux producteurs locaux.<\/p>\n<p>A part \u00e7a, la tourn\u00e9e a montr\u00e9 qu\u2019il y a peu de \u00abjus locaux\u00bb. Des confr\u00e8res de Fasozine disent, sans autres d\u00e9tails, avoir vu le 1er mars, du \u00abdolo mossi, bissa, samo\u00bb. Peut-\u00eatre que les choses ont chang\u00e9. Pour le v\u00e9rifier, s\u2019impose une visite le samedi, jour de la cl\u00f4ture officielle de la manifestation.<\/p>\n<h3>Infime changement aux derniers jours<\/h3>\n<p>Le samedi, dans l\u2019apr\u00e8s-midi, retour \u00e0 la Place de la nation. Les chapiteaux abritant l\u2019exposition Yennega (stands promotionnels) et les restaurants VIP sont vides, la climatisation arr\u00eat\u00e9e. Deux groupes d\u2019ouvriers s\u2019activent \u00e0 charger leurs tricycles de tables d\u00e9mont\u00e9es. Ils nous conseillent, esp\u00e9rant que nous en avons besoin, de faire le tour pour trouver les gens.<\/p>\n<p>Sur leurs aimables indications, on se retrouve sur l\u2019espace marchand, grouillant de clientes et clients de la derni\u00e8re heure. IL y a une petite diff\u00e9rence avec l\u2019ambiance du jeudi car on d\u00e9nombre, cette fois-ci, au moins trois femmes vendant de l\u2019eau dans des caissons. Elles sont assises sous des ombrelles et au bord ext\u00e9rieur nord de la zone marchande. L\u2019une d\u2019elles se pr\u00e9sente sous le nom de Yoni.<\/p>\n<p>Elle ne veut pas \u00eatre prise en photo, mais elle tient \u00e0 dire que \u00ables choses ne marchent pas bien\u00bb. En se renseignant avec la \u00abbelle-s\u0153ur\u00bb de l\u2019artiste Yoni (ce sont ses dires), sur le jus de produits burkinab\u00e8, elle se d\u00e9clare en \u00eatre une productrice. Du fond d\u2019un caisson, elle tire deux bouteilles plastiques de jus de gingembre.<\/p>\n<p>\u00abVoil\u00e0, mais \u00e7a ne marche pas\u00bb, insiste-t-elle. Les vendeuses d\u2019encens, assez nombreuses et ing\u00e9nieuses sur les lieux, embaument les all\u00e9es. A part \u00e7a, il n\u2019y pas de marchands de jus locaux visibles. Qu\u2019en est-il de la Maison du peuple ? Pour y aller ce jour de week-end, mieux vaut, par endroits, abandonner la voie principale, prise d\u2019assaut par d\u2019innombrables usagers, pour raser la devanture de la SONABEL, de Ran-Hotel et du b\u00e2timent Onatel.<\/p>\n<p>Entre les barricades s\u00e9curitaires et le monde qui afflue de toutes parts sur les lieux, il faut faire un petit effort avant de retrouver le passage qui conduit \u00e0 la porte d\u2019entr\u00e9e. Devant la porte, gard\u00e9e par des policiers, naturellement, il y a une longue file d\u2019attente. Mais les d\u00e9tenteurs de badges, peu nombreux et align\u00e9s \u00e0 part, n\u2019ont pas \u00e0 patienter. De l\u2019int\u00e9rieur, nous repartons sur l\u2019alignement des stands aux contenus \u00e0 dominance agroalimentaire.<\/p>\n<p>Pourquoi ne pas s\u2019arr\u00eater au stand de la soci\u00e9t\u00e9 Faso Raaga, n\u00e9glig\u00e9 lors du premier passage, jeudi ? Le promoteur de cette entreprise burkinab\u00e8, Gansagn\u00e9 Ha\u00efdara, expose du jus Ivorio, une marque ivoirienne, du chocolat et du beurre de table import\u00e9s du S\u00e9n\u00e9gal. Il est aussi revendeur de produits non alimentaires comme le papier hygi\u00e9nique. A priori, il n\u2019est donc pas concern\u00e9 par le business des \u00abjus locaux\u00bb.<\/p>\n<p>Mais il fallait le v\u00e9rifier avec le promoteur lui-m\u00eame. Il accepte se confier sur ses affaires, qui \u00e0 l\u2019\u00e9couter, ne se d\u00e9roulent pas comme souhait\u00e9. Pour lui, le fait d\u2019avoir trois aires d\u2019exposition (Maison du peuple, Place de la nation et Si\u00e8ge du Fespaco), r\u00e9duit l\u2019affluence sur chacune d\u2019elles et explique la morosit\u00e9 suppos\u00e9e des affaires. C\u2019est bien not\u00e9.<\/p>\n<p>La chasse aux promoteurs de jus naturels se poursuit et m\u00e8ne au stand de la Maison Bio, d\u00e9j\u00e0 visit\u00e9e deux jours auparavant. Sa promotrice para\u00eet plus d\u00e9tendue, moins pr\u00e9occup\u00e9e, mais ne change pas d\u2019avis sur ses gains \u00e0 ce festival. \u00abC\u2019est la m\u00eame chose (qu\u2019avant-hier, ndlr)\u00bb, dit-elle en souriant.<\/p>\n<p>Non loin de l\u00e0, il y a un stand o\u00f9 son expos\u00e9 du jus de souchet, encore appel\u00e9 pois sucr\u00e9. Il semble avoir pouss\u00e9 du sol. L\u2019exposante, Mme Sophie Sigouinda explique que ce stand s\u2019ouvrait tard les autres jours et que c\u2019est la raison pour laquelle il n\u2019\u00e9tait pas visible lors de la premi\u00e8re visite. Pour ce qui nous int\u00e9resse, Mme Sigouinda, employ\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 Horchata Costa, r\u00e9v\u00e8le que le jus en carton qu\u2019elle expose, est fabriqu\u00e9 par des partenaires espagnoles, avec des souchets cultiv\u00e9s au Burkina Faso. Non plus, ce stand est donc hors d\u2019objet de notre reportage. C\u2019est aussi le dernier de la tourn\u00e9e du jour.<\/p>\n<p>En dehors de \u00e7a et malgr\u00e9 l\u2019autorisation publique de leur vente, les \u00abjus locaux\u00bb n\u2019ont pu d\u00e9crocher le prix du public \u00e0 cette 26e \u00e9dition du Fespaco, selon notre constat. La bi\u00e8re locale de mil (dolo), les boissons sucr\u00e9es fait maison (bissap, gnamakoudji jus de w\u00e9da, jus de mangue, jus d\u2019ananas) et m\u00eame le dafani ont \u00abconquis\u00bb un droit de cit\u00e9 finalement peu exploit\u00e9.<\/p>\n<p>De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, et en pareilles circonstances, les Burkinab\u00e8 pr\u00e9f\u00e8rent la bi\u00e8re industrielle et les boissons gazeuses qu\u2019ils ont l\u2019habitude de consommer lors des soir\u00e9es arros\u00e9es. La tambouille d\u2019avant l\u2019ouverture du Fespaco reste finalement une action de principe et un \u00ab\u00e9v\u00e9nement facebook\u00bb en attendant la promotion des jus locaux aupr\u00e8s du grand public, lors des manifestations majeures du pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Aim\u00e9 Mouor KAMBIRE<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Le Fespaco, un \u00e9v\u00e9nement de 2,8 milliards FCFA<\/strong><\/p>\n<p>La 26e \u00e9dition du Fespaco s\u2019est ouverte du 23 f\u00e9vrier au 02 mars 2019 sous le th\u00e8me \u00abConfronter notre m\u00e9moire et forger l\u2019avenir d\u2019un cin\u00e9ma panafricain dans son essence, son \u00e9conomie et sa diversit\u00e9\u00bb. Elle est historique en ce qu\u2019elle co\u00efncide avec le cinquantenaire de la cr\u00e9ation de cet \u00e9v\u00e9nement. C\u2019est aussi une occasion de faire de bonnes affaires.<\/p>\n<p>Le budget de l\u2019organisation du festival a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9 \u00e0 2 milliards 250 millions, avec une contribution significative d\u2019un milliard des finances publiques de l\u2019Etat burkinab\u00e8. Environ 200 films ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 Ouagadougou, mais aussi \u00e0 Bobo Dioulasso et \u00e0 Ouahigouya pour plus d\u2019un millier de visiteurs.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9sidents Paul Kagam\u00e9 du Rwanda, Ibrahim Boubacar K\u00e9ita du Mali et Roch Marc Kabor\u00e9 du Burkina ont assist\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de cl\u00f4ture au Stade Joseph Conombo. Le pr\u00e9sident de la commission de l\u2019Union africaine, Moussa Mahamat Faki, a r\u00e9pondu pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019ouverture du festival.<br \/>\nA.M.K<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Le FESPACO reconna\u00eet l\u2019exclusivit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 SODIBO<\/strong><\/p>\n<p>Le FESPACO a reconnu avoit accord\u00e9, au titre d\u2019un partenariat renouvel\u00e9, l\u2019exclusivit\u00e9 de la distribution des boissons \u00e0 la SODIBO au siege du festival et \u00e0 la Place de la nation. A la suite des reactions populaires et apr\u00e8s des \u00e9changes avec les responsables de la SODIBO, les boissons non concurrentes \u00e0 celles du partenaire ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9es.<\/p>\n<p>A.M.K<\/p>\n<hr \/>\n<figure id=\"attachment_493\" aria-describedby=\"caption-attachment-493\" style=\"width: 350px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"493\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/03\/25\/26e-edition-du-fespaco-les-boissons-locales-quasi-inexistantes\/bio4\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio4.jpg?fit=558%2C589&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"558,589\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"bio4\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Le communiqu\u00e9 du Fespaco autorisant la vente des jus de produits naturels.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio4.jpg?fit=284%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio4.jpg?fit=558%2C589&amp;ssl=1\" class=\" wp-image-493\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio4-284x300.jpg?resize=350%2C370&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"370\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio4.jpg?resize=284%2C300&amp;ssl=1 284w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio4.jpg?resize=398%2C420&amp;ssl=1 398w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/03\/bio4.jpg?w=558&amp;ssl=1 558w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-493\" class=\"wp-caption-text\">Le communiqu\u00e9 du Fespaco autorisant la vente des jus de produits naturels.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les boissons produites artisanalement au Burkina Faso sont \u00e0 peine visibles \u00e0 la 26\u00e9 \u00e9dition du Festival panafricain du cin\u00e9ma de Ouagadougou (Fespaco) qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e 23 f\u00e9vrier au 02 mars 2019. 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