{"id":654,"date":"2019-12-26T17:43:00","date_gmt":"2019-12-26T17:43:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=654"},"modified":"2019-12-26T17:43:00","modified_gmt":"2019-12-26T17:43:00","slug":"administration-publique-burkinabe-koudougou-paradis-des-per-diem","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/12\/26\/administration-publique-burkinabe-koudougou-paradis-des-per-diem\/","title":{"rendered":"Administration publique burkinab\u00e8: Koudougou, paradis des\u00a0per diem"},"content":{"rendered":"<p><strong>Une minorit\u00e9 de fonctionnaires burkinab\u00e8 se retrouvent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Koudougou, par le truchement des s\u00e9minaires ou des ateliers, pour se partager des per diem. Cette pratique qui a pignon sur rue laisse, cependant, entrevoir une mauvaise gouvernance dans la gestion des fonds publics. Pour cerner l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne, une \u00e9quipe de Carrefour Africain a fait le constat du 12 au 20 novembre 2019 \u00e0 Koudougou o\u00f9 quelques langues se sont d\u00e9li\u00e9es sur le sujet.<\/strong><\/p>\n<p>117\u00a0000 FCFA, c\u2019est le montant que vient de percevoir Moussa (nom d\u2019emprunt), ce lundi 18 novembre 2019, au titre de ses per diem pour un atelier de cinq jours \u00e0 Koudougou. Sourire en coin, ce fonctionnaire ouagalais se h\u00e2te de \u00ab\u00a0fourrer\u00a0\u00bb ses billets dans son portemonnaie. Comme lui, chacun des participants a aussi eu sa part du g\u00e2teau. Ce jour-l\u00e0, plus de trois millions FCFA ont \u00e9t\u00e9 ainsi distribu\u00e9s. Salif (nom d\u2019emprunt), M\u00e9decin-chef de district (MCD), est aux trousses des per diem depuis une semaine. De retour d\u2019une formation de sept jours, il ne rejoindra pas pour autant le service. Il doit prendre part \u00e0 un autre atelier, pour la m\u00eame dur\u00e9e. Se faire repr\u00e9senter par l\u2019un de ses adjoints ne lui a jamais effleur\u00e9 l\u2019esprit. \u00ab\u00a0Il s\u2019agit d\u2019argent, personne ne veut donc d\u00e9l\u00e9guer son pouvoir \u00e0 quelqu\u2019un pour le remplacer dans un atelier\u00a0\u00bb, estime Koffi Jean Fr\u00e9d\u00e9ric Ramd\u00e9, coordonnateur r\u00e9gional du Centre-Ouest du Syndicat national des travailleurs de l\u2019\u00e9ducation de base (SYNATEB). Eric Tapsoba, Infirmier dipl\u00f4m\u00e9 d\u2019Etat (IDE) en service au district sanitaire, n\u2019est pas \u00ab\u00a0fier\u00a0\u00bb de son patron. A l\u2019\u00e9couter, ce dernier, tel un rapace, se rue sur tout atelier de formation r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. \u00ab\u00a0Les agents au bas de l\u2019\u00e9chelle sont ceux qui souffrent le plus. Quant aux chefs, ils s\u2019arrangent toujours pour se tailler la part du lion\u00bb, se plaint-il.<br \/>\nM. Tapsoba ne d\u00e9col\u00e8re pas au sujet de son patron. Dans sa recherche effr\u00e9n\u00e9e du \u00abgombo\u00bb (per diem), il accuse, en effet, r\u00e9guli\u00e8rement de longues absences au bureau. \u00abLe probl\u00e8me avec ces ateliers, ce n\u2019est pas seulement le gaspillage des ressources\u00a0; vous verrez que certains agents en profitent pour dispara\u00eetre de leurs bureaux, souvent jusqu\u2019\u00e0 faire plus d\u2019un mois d\u2019absence alors qu\u2019il y a des dossiers qui ne peuvent pas \u00eatre trait\u00e9s sans leurs signatures\u00a0\u00bb, s\u2019indigne M. Ramd\u00e9.\u00a0C\u2019est comme si, fulmine-t-il, l\u2019administration publique ne fonctionne plus, puisque tout se d\u00e9cide \u00e0 partir des ateliers. \u00ab\u00a0Dans le dernier trimestre de l\u2019ann\u00e9e, il y a des gens qui ne vont pas mettre pied dans leur service jusqu\u2019au nouvel an. Pendant qu\u2019ils finissent un atelier donn\u00e9, l\u2019ordre de mission les rejoint l\u00e0-bas pour un autre\u00a0\u00bb, laisse-t-il entendre.<br \/>\nLa course aux per diem est devenue une gangr\u00e8ne qui ronge l\u2019administration publique burkinab\u00e8. Pour recadrer les choses, le gouvernement avait adopt\u00e9, en Conseil des ministres, le d\u00e9cret N\u00b02012-794\/PRES\/PM\/MEF du 21 septembre 2012 portant indemnit\u00e9 de mission applicable aux agents des \u00e9tablissements publics de l\u2019Etat. Cette mesure \u00e9tait cens\u00e9e assainir la gestion des finances publiques. Malheureusement, elle n\u2019a pas produit les effets escompt\u00e9s.<\/p>\n<p>La morale, morte ou en agonie\u00a0?<\/p>\n<p>Chasse aux per diem oblige, Minata (nom d\u2019emprunt), ancienne responsable adjointe du district sanitaire, est point\u00e9e du doigt pour sa \u00ab\u00a0gourmandise\u00a0\u00bb. Invit\u00e9e \u00e0 prendre part \u00e0 deux ateliers qui se d\u00e9roulaient au m\u00eame moment, elle s\u2019est retrouv\u00e9e au pied du mur quand il s\u2019est agi de faire le choix, rapporte Eric Tapsoba. Ainsi, explique-t-il, s\u2019imaginant avoir mieux au niveau de l\u2019atelier qui se tenait dans un luxueux h\u00f4tel, elle a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se faire remplacer par son coll\u00e8gue au deuxi\u00e8me atelier qui avait lieu dans une auberge. Mais mal lui en a pris, fait observer Eric Tapsoba, lorsque les organisateurs ont annonc\u00e9 que la prise en charge sera de 5000 FCFA par jour. Une offre, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, en de\u00e7\u00e0 de ses attentes. Pis, elle apprendra qu\u2019au deuxi\u00e8me atelier, chacun des participants percevra 27\u00a0000 FCFA par jour, quel que soit son lieu de provenance. Toute honte bue, elle se rend pr\u00e9cipitamment sur les lieux et somme son \u00abrempla\u00e7ant\u00bb d\u2019aller suivre les travaux du premier atelier. Celui-ci prend la route en grommelant, mais que peut-il y faire, face \u00e0 sa patronne\u00a0? \u00ab\u00a0Je lui ai dit qu\u2019\u00e0 sa place, je n\u2019aurais pas accept\u00e9\u00a0\u00bb, s\u2019\u00e9nerve Eric Tapsoba pour qui, \u00ab les gens ne veulent pas travailler, ils courent derri\u00e8re leurs int\u00e9r\u00eats\u00a0\u00bb. Vu le comportement de cette dame, M. Tapsoba dit \u00eatre d\u00e9sormais persuad\u00e9 que la morale n\u2019agonise plus au Burkina Faso, elle est, de son point de vue, morte depuis longtemps.<br \/>\nAu cours de l\u2019ann\u00e9e 2019, plusieurs minist\u00e8res ont tenu au moins un de leur Conseil d\u2019administration du secteur minist\u00e9riel (CASEM) \u00e0 Koudougou ou dans d\u2019autres villes, hormis la capitale. Le hic, soutient Kuiliga St\u00e9phane Kabor\u00e9, pr\u00e9sident du comit\u00e9 r\u00e9gional de lutte anti-corruption (REN-LAC) du Centre-Ouest, c\u2019est que g\u00e9n\u00e9ralement, tous les participants viennent de Ouagadougou. \u00abIls sont dispers\u00e9s dans la ville\u00a0et si l\u2019atelier se d\u00e9roule dans un h\u00f4tel donn\u00e9, les chauffeurs sont oblig\u00e9s chaque matin de faire le tour des auberges pour les ramasser et d\u00e8s qu\u2019ils finissent les travaux, ils doivent \u00e0 nouveau les d\u00e9poser\u00bb, mart\u00e8le-t-il.<br \/>\nM. Kabor\u00e9 doute de la volont\u00e9 r\u00e9elle des autorit\u00e9s actuelles \u00e0 \u00e9radiquer la mal gouvernance. \u00ab\u00a0C\u2019est tr\u00e8s inqui\u00e9tant si pour des raisons de per diem, des ministres se d\u00e9placent pour pr\u00e9sider des CASEM \u00e0 Koudougou\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-il. Pour lui, ces d\u00e9localisations d\u2019ateliers apparaissent comme un gaspillage des ressources de l\u2019Etat parce qu\u2019elles n\u2019apportent pas une valeur ajout\u00e9e aux activit\u00e9s concern\u00e9es.<\/p>\n<p>Un nom sur deux ordres de mission<\/p>\n<p>A en croire le pr\u00e9sident r\u00e9gional du REN-LAC, des cas de mauvaise gouvernance sont r\u00e9currents. Pour preuve, une haute autorit\u00e9 du minist\u00e8re de l\u2019Economie et des Finances a ouvert un atelier \u00e0 Koudougou, avant de continuer le lendemain \u00e0 Kaya pour pr\u00e9sider un autre. Ce responsable de l\u2019administration publique, se convainc M. Kabor\u00e9, sera doublement pris en charge tout le temps que durera chacun de ces deux ateliers, parce que son nom figure dans les deux ordres de mission. Au niveau r\u00e9gional \u00e9galement, ces m\u00eames tares de l\u2019administration publique burkinab\u00e8 se laissent ais\u00e9ment d\u00e9couvrir. En effet, le responsable du REN-LAC \u00e9voque le cas d\u2019agents de la Direction r\u00e9gionale de l\u2019\u00e9ducation et de la promotion des langues nationales (DREPLN) qui se sont d\u00e9port\u00e9s \u00e0 R\u00e9o pour effectuer de simples affectations. \u00ab\u00a0Ils avaient du mal \u00e0 trouver une salle adapt\u00e9e pour leur r\u00e9union\u00a0\u00bb, dit-il. De m\u00eame, poursuit-il, des agents de la DPEPLN du Sangui\u00e9 se sont retrouv\u00e9s, eux aussi, \u00e0 Koudougou en vue de former leurs responsables de service, chose qu\u2019ils avaient l\u2019habitude de faire sur place. Des propos corrobor\u00e9s par Koffi Jean Fr\u00e9d\u00e9ric Ramd\u00e9, responsable syndical, qui explique comment les choses se passent. \u00ab\u00a0Au fond, il n\u2019y a rien, puisque Koudougou-R\u00e9o, c\u2019est seulement 15 km qui les s\u00e9parent. Mais, le changement de province donne droit \u00e0 des per diem\u00a0\u00bb, constate-t-il. Des agents du minist\u00e8re en charge de la communication ont \u00e9labor\u00e9 leur manuel de proc\u00e9dures \u00e0 Koudougou. C\u2019\u00e9tait du 4 au 13 novembre 2019, \u00e0 la suite d\u2019un atelier. Au cours de la m\u00eame p\u00e9riode, ceux du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture prenaient part \u00e0 un s\u00e9minaire dans la m\u00eame ville. Quid des agents du minist\u00e8re de l\u2019Education et ceux de l\u2019Economie qui se rendent r\u00e9guli\u00e8rement dans la troisi\u00e8me ville du Burkina pour les multiples s\u00e9minaires qu\u2019ils organisent? Pour M. Ramd\u00e9, en termes de proportions, le nombre de s\u00e9minaires et d\u2019ateliers au niveau du MENAPL est beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 que les autres minist\u00e8res. \u00ab\u00a0Du d\u00e9but \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, je ne pense pas qu\u2019il se passe un mois sans que le minist\u00e8re en charge de l\u2019\u00e9ducation ne vienne \u00e0 Koudougou pour au moins un atelier\u00a0; il y a des moments o\u00f9 on peut trouver trois ou quatre ateliers du m\u00eame minist\u00e8re \u00e0 Koudougou\u00a0\u00bb, avoue-t-il.<br \/>\nLe dernier trimestre de l\u2019ann\u00e9e est consid\u00e9r\u00e9 comme une p\u00e9riode cruciale pour les minist\u00e8res et institutions. De ce fait, la plupart des activit\u00e9s sont d\u00e9localis\u00e9es dans cette ville, qui pour un s\u00e9minaire de r\u00e9flexion, qui pour une formation, qui pour d\u2019autres rencontres dont la pertinence des th\u00e9matiques reste tr\u00e8s souvent \u00e0 prouver. \u00ab\u00a0J\u2019ai eu l\u2019occasion de voir certains contenus d\u2019ateliers, et je vous assure que m\u00eame \u00e9tant sur place, on pouvait les traiter sans rassembler un certain nombre d\u2019acteurs, a fortiori les d\u00e9placer \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres pour recueillir leurs avis\u00a0\u00bb, croit savoir Koffi Jean Fr\u00e9d\u00e9ric Ramd\u00e9. C\u2019est vrai que les textes permettent de vous d\u00e9placer, mais, d\u00e9nonce-t-il, il faut souvent voir le c\u00f4t\u00e9 moral de la chose.\u00a0Le budget de l\u2019Etat, rappelle-t-il, n\u2019est pas de l\u2019argent qu\u2019il faut dilapider. Si on n\u2019arrive pas \u00e0 tout d\u00e9penser, conseille M. Ramd\u00e9, il faut reverser le restant au tr\u00e9sor public. D\u2019ailleurs, la d\u00e9localisation des ateliers, souligne-t-il, est, en r\u00e9alit\u00e9, difficilement justifiable. Pour lui, la \u00abrecherche d\u2019un cadre propice au travail et \u00e0 la r\u00e9flexion\u00bb \u00e9voqu\u00e9e par les uns et les autres ne tient pas la route. \u00ab\u00a0M\u00eame s\u2019il y a d\u2019autres raisons, je ne pense pas qu\u2019elles puissent surclasser celle du partage des per diem\u00a0\u00bb, peste St\u00e9phane Kabor\u00e9. \u00ab\u00a0On r\u00e9fl\u00e9chit mieux \u00e0 Koudougou\u00a0\u00bb, ironise un journaliste de la r\u00e9gion qui indique, en sus, que ces ateliers leur permettent n\u00e9anmoins d\u2019avoir de quoi s\u2019occuper. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, la plupart des autorit\u00e9s, aux dires M. Kabor\u00e9, ne participent qu\u2019\u00e0 l\u2019ouverture et la cl\u00f4ture des travaux. Pour nos interlocuteurs, ces ateliers et s\u00e9minaires organis\u00e9s \u00e0 coup de millions FCFA peuvent cependant servir \u00e0 autre chose.<br \/>\n\u00ab\u00a0Ces quantit\u00e9s d\u2019argent qui vont dans les poches des individus peuvent \u00eatre utilis\u00e9es pour financer des projets afin d\u2019am\u00e9liorer la sant\u00e9 de notre \u00e9conomie\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit Kuiliga St\u00e9phane Kabor\u00e9.<br \/>\nAu final, une question br\u00fble les l\u00e8vres dans la \u00ab\u00a0Cit\u00e9 du Cavalier rouge\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Que font les fonctionnaires dans les services\u00a0?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les uns friment, les autres triment<\/p>\n<p>La mauvaise gestion des avantages est souvent source de tension entre des responsables de l\u2019administration et leurs agents. Pendant que les uns friment \u00e0 travers colloques, s\u00e9minaires ou ateliers bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, les autres triment pour joindre les deux bouts. Eric Tapsoba qui a pilot\u00e9 un projet du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 au compte de la r\u00e9gion du Centre-Ouest, avoue qu\u2019il a perdu tout sens du sacrifice ou de conscience professionnelle. \u00ab\u00a0Il m\u2019est arriv\u00e9 de remettre \u00e0 des agents ma moto et celle de ma femme pour des activit\u00e9s sur le terrain. Car, ils ont refus\u00e9 d\u2019utiliser leurs propres engins pour travailler. Et je n\u2019ai re\u00e7u aucune compensation financi\u00e8re de la part de ma hi\u00e9rarchie\u00bb, se souvient-il, amer. Dans le cadre de ce projet, relate-t-il, il a obtenu une semaine de formation avec des agents de sant\u00e9. En tant que formateur, indique M. Tapsoba, il n\u2019a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 que de 30\u00a0000 FCFA. Par contre, se d\u00e9sole-t-il, ses responsables rest\u00e9s dans le confort douillet de leur bureau ont touch\u00e9 six (6) \u00e0 dix (10) fois plus que lui. Il cite le directeur r\u00e9gional de la sant\u00e9 qui a per\u00e7u 200\u00a0000 FCFA, les participants venus de Ouagadougou qui ont empoch\u00e9 chacun 300\u00a0000 FCFA et 100\u00a0000 FCFA pour le M\u00e9decin-chef de district (MCD). \u00ab\u00a0Je d\u00e9tiens toujours les preuves\u00a0par devers moi\u00bb, affirme-t-il, tout en pr\u00e9cisant que son nom ne figurait pas dans les rapports. \u00abCeux \u00e0 qui ces documents \u00e9taient destin\u00e9s n\u2019\u00e9taient donc pas au courant de moi\u00a0\u00bb, s\u2019\u00e9tonne-t-il encore.<\/p>\n<p>Ces ateliers juteux, source d\u2019injustice<\/p>\n<p>Comme ils sont r\u00e9guliers \u00e0 Koudougou, certains responsables ont jug\u00e9 bon de ne plus dormir \u00e0 l\u2019h\u00f4tel. Ainsi, ils ont fini par louer des maisons pour se loger. Eric Tapsoba en connait quelques-uns. \u00ab\u00a0Il y en a qui ont meubl\u00e9 leurs villas avec tout le confort qu\u2019il faut \u00e0 Koudougou \u00e0 cause des s\u00e9minaires\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve-t-il.<br \/>\nEn somme, ces pratiques cr\u00e9ent un sentiment de frustration chez les fonctionnaires locaux ou du moins chez ceux qui n\u2019ont pas la chance de participer \u00e0 ces s\u00e9minaires \u00abjuteux\u00bb. \u00a0Cela contribue grandement, foi de M. Tapsoba, \u00e0 d\u00e9motiver certains agents. \u00abNous nous privons de notre sommeil pour le travail et en fin de compte, nous nous retrouvons les poches vides\u00bb, marmonne-t-il. St\u00e9phane Kabor\u00e9 du REN-LAC plaide pour la r\u00e9paration de cette \u00abinjustice\u00bb. Selon lui, si l\u2019exemple est donn\u00e9 au sommet de l\u2019Etat, il serait inutile de faire des spots publicitaires pour demander aux gens d\u2019\u00eatre civiques, de respecter la loi, d\u2019\u00eatre des travailleurs et de bien accomplir leurs t\u00e2ches. Par ailleurs, ces s\u00e9minaires d\u00e9localis\u00e9s ne sont pas per\u00e7us d\u2019un mauvais \u0153il par certains op\u00e9rateurs \u00e9conomiques de la r\u00e9gion. Les prestataires de service, par exemple, s\u2019en tirent \u00e0 bon compte. Fran\u00e7ois Yam\u00e9ogo, pr\u00e9sident r\u00e9gional de l\u2019Association des professionnels de la restauration et de l\u2019h\u00f4tellerie du Burkina (APRHB) estime, pour sa part, qu\u2019il ne faut pas stigmatiser Koudougou \u00e0 cause de ces s\u00e9minaires. Au contraire, il pense qu\u2019ils doivent se multiplier pour permettre \u00e0 la ville de se d\u00e9velopper. M\u00eame le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabir\u00e9, fait-il remarquer, s\u2019oppose \u00e0 la d\u00e9localisation de ces s\u00e9minaires co\u00fbteux.<br \/>\nA ce sujet, M. Yam\u00e9ogo se veut on ne peut plus formel\u00a0: \u00ab Nous sommes aussi des Burkinab\u00e8&#8230;L\u2019autorit\u00e9 doit se mettre au-dessus de la m\u00eal\u00e9e et laisser les acteurs du secteur priv\u00e9 g\u00e9rer leurs probl\u00e8mes\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s la c\u00e9l\u00e9bration de la f\u00eate de l\u2019ind\u00e9pendance en 2012 \u00e0 Koudougou, le secteur de l\u2019h\u00f4tellerie a connu un boom. De 22 structures h\u00f4teli\u00e8res \u00e0 cette \u00e9poque, la ville en compte 65 actuellement, d\u00e9clare M. Yam\u00e9ogo. \u00ab\u00a0Mon souhait est que la r\u00e9gion du Centre-Ouest soit le centre de gravit\u00e9 des s\u00e9minaires au Burkina, comme l\u2019est Montpellier en France\u00a0\u00bb, soupire-t-il. Du reste, nos interlocuteurs sont unanimes \u00e0 reconna\u00eetre que sans une rationalisation des d\u00e9penses publiques, il sera difficile \u00e0 l\u2019Etat burkinab\u00e8 de gagner la bataille du d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social tant recherch\u00e9 par tous. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9, selon eux, d\u2019instaurer une bonne gouvernance dans la gestion des fonds publics.<\/p>\n<p>Ouamtinga Michel ILBOUDO<br \/>\nOmichel20@gmail.com<\/p>\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<\/p>\n<p>Un terreau fertile \u00e0 la corruption<br \/>\nDes v\u00e9hicules \u00ab\u00a0fond rouge\u00a0\u00bb d\u00e9filent \u00e0 la direction r\u00e9gionale de la police du Centre-Ouest o\u00f9 des chauffeurs s\u2019affairent pour viser leurs ordres de mission. Le constat est que par exemple, des ordres de mission ont pu \u00eatre vis\u00e9s avant la fin de ladite mission. En plus de cela, aucune rigueur dans le contr\u00f4le des identit\u00e9s de ceux qui effectuent la mission. A cette allure, m\u00eame les fausses missions passent comme une lettre \u00e0 la poste. Le REN-LAC avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9 la corruption rampante dans la signature des ordres de mission group\u00e9s. Au niveau des pause-caf\u00e9 et pause-d\u00e9jeuner, certains organisateurs s\u2019en l\u00e8chent les babines. \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019ils font\u00a0? Ils vous donnent les march\u00e9s et r\u00e9clament ensuite leur part. S\u2019ils ont une pause-caf\u00e9 ou pause-d\u00e9jeuner \u00e0 5000 FCFA le plat, une fois \u00e0 Koudougou ils le n\u00e9gocient \u00e0 3500 FCFA, puis ils empochent le reste (1500 FCFA)\u00a0\u00bb, explique Fran\u00e7ois Yam\u00e9ogo. A la question de savoir pourquoi ils ne sont pas inqui\u00e9t\u00e9s en s\u2019adonnant \u00e0 de telles pratiques, il r\u00e9plique: \u00ab\u00a0Si vous d\u00e9noncez quelqu\u2019un, vous n\u2019aurez plus de march\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>O.M.I<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une minorit\u00e9 de fonctionnaires burkinab\u00e8 se retrouvent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Koudougou, par le truchement des s\u00e9minaires ou des ateliers, pour se partager des per diem. Cette pratique qui a pignon sur rue laisse, cependant, entrevoir une mauvaise gouvernance dans la gestion des fonds publics. Pour cerner l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne, une \u00e9quipe de Carrefour Africain a fait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":655,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[89,28],"tags":[],"class_list":{"0":"post-654","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-la-une-site","8":"category-societe"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/12\/argents026.gif?fit=787%2C590&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paqtIK-ay","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/654","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=654"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/654\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media\/655"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=654"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=654"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=654"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}