{"id":672,"date":"2020-04-15T16:39:53","date_gmt":"2020-04-15T16:39:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=672"},"modified":"2020-04-15T16:39:53","modified_gmt":"2020-04-15T16:39:53","slug":"filiere-lait-les-cinq-plaies-dun-secteur-porteur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2020\/04\/15\/filiere-lait-les-cinq-plaies-dun-secteur-porteur\/","title":{"rendered":"Fili\u00e8re lait : les cinq plaies d\u2019un secteur porteur"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les acteurs de la fili\u00e8re lait local font face \u00e0 de multiples contraintes\u00a0telles que la concurrence du lait import\u00e9, l\u2019inaccessibilit\u00e9 aux \u00e9quipements modernes, aux financements, la d\u00e9marche qualit\u00e9 et aux pathologies bovines. Constat dans des fermes et unit\u00e9s de transformation laiti\u00e8re \u00e0 Ouagadougou, Ouahigouya, Saaba et Dori, \u00e0 travers ce dossier consacr\u00e9 \u00e0 une fili\u00e8re porteuse.<\/strong><\/p>\n<p>Il est 17 heures 15 minutes \u00e0 Zagtouli, dans la banlieue ouest de Ouagadougou en ce mois de d\u00e9cembre 2019. Le soleil s\u2019incline vers le coucher. Le froid de l\u2019hiver sah\u00e9lien se fait d\u00e9j\u00e0 sentir. Nous sommes \u00e0 la ferme laiti\u00e8re \u00ab Kiswendsida et fr\u00e8res \u00bb, vaste de six hectares dont quatre r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la culture fourrag\u00e8re. A l\u2019entr\u00e9e de la ferme, devant une maisonnette d\u2019environ 8 m2, attendent deux dames venues de Sondogo. Il s\u2019agit de T\u00e9n\u00e9 Soulama, ex-op\u00e9ratrice de saisie au Centre national de lutte contre le paludisme et de sa camarade, venues acheter quatre litres de lait frais. Chaque week-end, dame Soulama vient s\u2019approvisionner en lait pour la consommation familiale. A l\u2019int\u00e9rieur de la ferme, une vingtaine de vaches forcent l\u2019admiration par leurs formes robustes. Il s\u2019agit de b\u00eates exotiques obtenues par ins\u00e9mination artificielle.<\/p>\n<p>On y trouve des races d\u2019origine fran\u00e7aise et br\u00e9silienne comme les holstein, montb\u00e9liards, brunes des Alpes. Certaines sont immobilis\u00e9es pour la traite du soir. Un appareil \u00e0 double r\u00e9servoir transparent, raccord\u00e9 aux mamelles de deux vaches, capte notre attention. Aliment\u00e9e par le courant \u00e9lectrique, la trayeuse\u00a0\u00abpompe\u00bb ainsi simultan\u00e9ment le lait des deux b\u00eates, sous la supervision de deux employ\u00e9s. Cette machine peut traire 20 \u00e0 30 vaches, l\u2019\u00e9quivalent de la traite manuelle de 5 \u00e0 10 personnes, explique le premier responsable de la ferme, Nour Al Ayat Ou\u00e9draogo, par ailleurs pr\u00e9sident de l\u2019Interprofession lait du Burkina (IPROLAIT). Apr\u00e8s plusieurs formations et un stage aux USA en 2009, M. Ou\u00e9draogo s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019ins\u00e9mination artificielle des vaches. Sa ferme de 40 vaches m\u00e9tiss\u00e9es a une production journali\u00e8re moyenne de 250 litres de lait.<\/p>\n<p><strong>La fi\u00e8vre aphteuse, la ravageuse<\/strong><\/p>\n<p>Cette apparence d\u2019une ferme moderne impressionnante cache mal les contraintes que vivent les acteurs de la fili\u00e8re lait local. El hadj Hamado Bougoumpiga est un ex-comptable d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re, reconverti \u00e0 l\u2019\u00e9levage laitier. Sa ferme, \u00ab\u00a0Agro B.H\u00a0\u00bb, est situ\u00e9e dans le village de Koala \u00e0 40 km de Ouagadougou, \u00e0 la sortie est, dans la commune rurale de Saaba. M. Bougoumpiga vit les travers de la production laiti\u00e8re. L\u2019an pass\u00e9, la fi\u00e8vre aphteuse a d\u00e9cim\u00e9 une vingtaine de ses vaches exotiques, des holstein et des brunes. Il lui reste actuellement 30 t\u00eates. La fi\u00e8vre aphteuse est une maladie animale qui fait ravage lorsqu\u2019elle apparait dans une ferme. Elle entraine la mort des veaux, des vaches et l\u2019avortement de celles en gestation. Elle r\u00e9duit la production laiti\u00e8re de moiti\u00e9, explique le pr\u00e9sident d\u2019IPROLAIT. \u00ab\u00a0Avec cette pathologie, ma production est pass\u00e9e de 100 litres par jour \u00e0 40-45 litres. Ce rendement ne couvre pas les charges de la ferme\u00a0\u00bb, souligne celui qui est venu \u00e0 l\u2019\u00e9levage laitier pour trois raisons. La passion pour ce m\u00e9tier, le souci de laisser un h\u00e9ritage \u00e0 sa prog\u00e9niture et d\u2019\u00eatre un mod\u00e8le pour la jeune g\u00e9n\u00e9ration. Aujourd\u2019hui, M. Bougoumpiga, comme nombre de producteurs laitiers, a le regard tourn\u00e9 vers le minist\u00e8re des Ressources animales et halieutiques (MRAH) qui a command\u00e9 des vaccins pour pr\u00e9venir la fameuse fi\u00e8vre aphteuse.<\/p>\n<p>Selon le pr\u00e9sident de l\u2019Interprofession, les vaccins devraient arriver avant la fin de l\u2019ann\u00e9e 2019. De l\u2019avis des acteurs, au-del\u00e0 de la sant\u00e9 animale, la fili\u00e8re lait local souffre de plusieurs maux, plus ou moins structurels. Et l\u2019acc\u00e8s aux financements n\u2019est pas le moindre. Lorsque les \u00e9leveurs laitiers s\u2019adressent aux institutions financi\u00e8res pour des pr\u00eats, ce sont des cr\u00e9dits d\u2019un ou deux ans qu\u2019on leur propose. Alors qu\u2019une ferme laiti\u00e8re a besoin d\u2019un investissement continu d\u2019au moins cinq ans pour commencer \u00e0 \u00eatre rentable, argumente Nour Al Ayat Ou\u00e9draogo. A cette inadaptation de la dur\u00e9e des pr\u00eats, se greffe l\u2019insuffisance des cr\u00e9dits propos\u00e9s. \u00ab\u00a0Les banques donnent 5 \u00e0 10 millions FCFA, \u00e0 ceux qui ont la chance d\u2019en avoir\u00a0\u00bb, d\u00e9plore celui qui a d\u00e9missionn\u00e9 de SOMITA en fin mars 2016, pour se consacrer \u00e0 sa ferme. Ces montants sont insuffisants pour supporter les investissements co\u00fbteux\u00a0que demande l\u2019\u00e9levage laitier. \u00ab\u00a0Pour construire une bonne \u00e9table, il faut au minimum 40 millions FCFA\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise le patron de \u00ab\u00a0Agro B.H\u00a0\u00bb, le regard tourn\u00e9 vers son enclos qu\u2019il trouve inappropri\u00e9 pour ses b\u00eates exotiques.<\/p>\n<p><strong>Des technologies inaccessibles<\/strong><\/p>\n<p>Que dire du fardeau de l\u2019acc\u00e8s aux technologies de production et de transformation, qui ont le triple inconv\u00e9nient d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0excessivement ch\u00e8res\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0surtax\u00e9es\u00a0\u00bb et indisponibles sur le march\u00e9 national. Les technologies de productions comme la botteleuse, l\u2019ensileuse, la trayeuse, etc. et de transformation telles le pasteurisateur, la conditionneuse ne sont pas \u00e0 la port\u00e9e de tous. M. Ou\u00e9draogo a acquis sa trayeuse \u00e0 1,8 million FCFA TTC, alors qu\u2019elle co\u00fbte 950 mille FCFA en hors taxes. M. Bougoumpiga dit avoir d\u00e9bours\u00e9 plus de trois millions FCFA de frais de douane et de transit pour l\u2019acquisition de son tracteur pour la culture fourrag\u00e8re d\u2019une valeur d\u2019environ 30 millions FCFA.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un bon pasteurisateur pour la transformation co\u00fbte au moins 4,5 millions FCFA\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit, la promotrice de \u00ab\u00a0Fromagerie Gariko\u00a0\u00bb, Korotoumou Gariko, du haut de ses 20 ans de transformatrice du lait local. Le responsable de \u00ab Agro B.H\u00a0\u00bb s\u2019insurge contre une conception r\u00e9ductrice de la m\u00e9canisation de la fili\u00e8re. \u00ab Quand on parle de technologie de production, les gens pensent qu\u2019on a besoin de charrettes et de charrues \u00e0 traction asine. Personne ne pense \u00e0 une v\u00e9ritable m\u00e9canisation \u00bb, s\u2019enflamme-t-il, au milieu des odeurs des excr\u00e9ments de son cheptel auquel il semble attach\u00e9. \u00ab Ces insalubrit\u00e9s et ces odeurs naus\u00e9abondes vous d\u00e9rangent peut-\u00eatre, mais pour moi, faire deux jours loin de ma ferme me rend malade\u00a0\u00bb, confie-t-il, bien que les projections comptables du d\u00e9part ne soient pas encore au rendez-vous, 12 ans apr\u00e8s. La pression fonci\u00e8re rend \u00e9galement indisponible l\u2019espace n\u00e9cessaire \u00e0 la production laiti\u00e8re.<\/p>\n<p>Avec les soci\u00e9t\u00e9s immobili\u00e8res, il est de plus en plus difficile de faire de l\u2019\u00e9levage laitier dans la zone p\u00e9riurbaine de Ouagadougou. Al Ayat Ou\u00e9draogo ne peut plus augmenter le nombre de ses vaches laiti\u00e8res compte tenu de l\u2019insuffisance de terrain. Selon l\u2019ing\u00e9nieur d\u2019\u00e9levage et directeur des productions animales au MRAH, L\u00e9on Badiara, le ratio standard en mati\u00e8re d\u2019\u00e9levage laitier est d\u2019une vache par hectare. L\u2019espace permet de pratiquer la culture fourrag\u00e8re afin de faire face aux charges d\u2019alimentation du b\u00e9tail, qui repr\u00e9sentent 60% des co\u00fbts de production. \u00ab\u00a0Au Br\u00e9sil par exemple, les \u00e9leveurs ont des domaines de mille hectares. Ici, si une personne veut acqu\u00e9rir 10 hectares, on crie \u00e0 l\u2019accaparement des terres. Nous avons une vision \u00e9triqu\u00e9e du d\u00e9veloppement \u00bb, d\u00e9plore-t-il. La contrainte fonci\u00e8re s\u2019est aggrav\u00e9e au Nord et au Sahel du fait de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Les producteurs y ont des probl\u00e8mes d\u2019espace et de mobilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9quation de la ressource humaine<\/strong><\/p>\n<p>La strat\u00e9gie consistant en saison s\u00e8che \u00e0 envoyer le gros du troupeau en transhumance et garder sur place une petite partie, facile \u00e0 alimenter, pour la production laiti\u00e8re ne prosp\u00e8re plus. \u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, tout le troupeau est confin\u00e9 dans un espace restreint o\u00f9 il manque de fourrages\u00a0\u00bb, explique le producteur et transformateur laitier de Ouahigouya, Adama Ibrahim Diallo, par ailleurs pr\u00e9sident de l\u2019Union nationale des mini-laiteries et des producteurs du lait local du Burkina (UMPL\/B) et premier responsable de la mini-laiterie Kossam Yad\u00e9ga. Pour rem\u00e9dier au rench\u00e9rissement des co\u00fbts des aliments par les commer\u00e7ants, le MRAH a n\u00e9goci\u00e9 avec la SN Citec pour un achat direct des tourteaux par les \u00e9leveurs. Un palliatif qui semble gripp\u00e9, puisque la soci\u00e9t\u00e9 conditionne la vente de ses tourteaux \u00e0 un enl\u00e8vement d\u2019huile. Les indicateurs ne sont pas aussi tous au vert sur le plan de la ressource humaine. Pour certaines pathologies et en mati\u00e8re g\u00e9n\u00e9tique, il est indispensable d\u2019avoir des sp\u00e9cialistes. Alors que, de l\u2019avis du pr\u00e9sident d\u2019IPROLAIT, son minist\u00e8re de tutelle dispose moins de trois experts dans le domaine de la sant\u00e9 reproductive animale.<\/p>\n<p>Ce que le MRAH avoue \u00e0 demi-mot. \u00ab\u00a0Certains de nos agents ne ma\u00eetrisent pas les techniques d\u2019ins\u00e9mination artificielle\u00a0\u00bb, reconna\u00eet le directeur des productions animales. Les \u00e9leveurs ne ma\u00eetrisent pas aussi les techniques de culture fourrag\u00e8re, d\u2019hygi\u00e8ne, d\u2019alimentation des animaux, etc. La question des comp\u00e9tences techniques est profonde. \u00ab\u00a0Pour mieux penser la politique de l\u2019\u00e9levage et la d\u00e9fendre \u00e0 l\u2019international, il faut des cadres. Pourtant, le recrutement des docteurs v\u00e9t\u00e9rinaires et des ing\u00e9nieurs d\u2019\u00e9levage ne suit pas\u00a0\u00bb, constate-il. Pire, sur le peu de cadres existant, en 2020 et 2021, le MRAH va perdre 300 qui iront \u00e0 la retraite, confie M. Badiara, membre du contingent. Toujours sous le registre de la ressource humaine, les fermiers souffrent du manque de main d\u2019\u0153uvre du fait de l\u2019orpaillage. En septembre 2019, quatre des cinq employ\u00e9s de \u00ab\u00a0Agro B.H\u00a0\u00bb sont partis dans les sites d\u2019or maliens et ivoiriens, laissant le prometteur dans une situation inconfortable.\u00a0\u00ab\u00a0On n\u2019a pas de main d\u2019\u0153uvre, on n\u2019a pas acc\u00e8s aux technologiques \u00bb, s\u2019alarme celui qui a abandonn\u00e9 le confort salarial des mines pour sa passion.<\/p>\n<p><strong>Ce qui \u00ab\u00a0tue\u00a0\u00bb la fili\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de toutes ces contraintes, la concurrence d\u00e9loyale du lait import\u00e9 (en poudre, concentr\u00e9, etc.) semble \u00eatre le principal frein au d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re lait local. A l\u2019unisson, transformateurs, producteurs et minist\u00e8re de tutelle la d\u00e9noncent avec la \u00ab\u00a0derni\u00e8re \u00e9nergie\u00a0\u00bb. Mais pas sans discernement. \u00ab\u00a0Nous ne sommes pas contre l\u2019importation du lait de qualit\u00e9. Ce que nous d\u00e9crions, c\u2019est l\u2019entr\u00e9e massive dans notre pays des produits laitiers de tr\u00e8s mauvaise qualit\u00e9\u00a0qui tuent la fili\u00e8re lait local et posent un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique \u00bb, s\u2019indigne Adama Ibrahim Diallo. On ne peut pas payer le litre du lait local \u00e0 350 ou 400 F, le transformer et s\u2019en sortir face \u00e0 celui qui utilise du lait reconstitu\u00e9 dont le litre revient \u00e0 200F, se d\u00e9sole le pr\u00e9sident de l\u2019Interprofession.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Surtout face \u00e0 des consommateurs qui, en majorit\u00e9, ne sont pas tr\u00e8s regardants sur le rapport prix\/qualit\u00e9\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit le fermier-comptable. Face \u00e0 cette \u00ab\u00a0concurrence d\u00e9loyale\u00a0\u00bb, le MRAH n\u2019est pas moins outr\u00e9 que les producteurs et transformateurs. Mieux, il apporte ses \u00e9clairages sur la mauvaise qualit\u00e9 du lait import\u00e9. \u00ab En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est du lait caill\u00e9 s\u00e9ch\u00e9, m\u00e9lang\u00e9 avec la farine de soja, de bl\u00e9 ou l\u2019orge. On y ajoute l\u2019huile de palme. Cela donne une petite odeur de lait, ce sont plut\u00f4t des produits lact\u00e9s\u00a0; puisqu\u2019on a enlev\u00e9 la mati\u00e8re grasse \u00bb, explique l\u2019ing\u00e9nieur Badiara. Plus grave, poursuit-il, du lait o\u00f9 c\u2019est \u00e9crit \u00ab\u00a0for dog\u00a0\u00bb (pour chien) est transform\u00e9 et mis en consommation pour les populations. Ce qui afflige davantage les acteurs, c\u2019est lorsque des produits laitiers transform\u00e9s \u00e0 partir du lait en poudre sont \u00e9tiquet\u00e9s \u00ab\u00a0lait frais de vache\u00a0\u00bb. Cette situation du lait import\u00e9, le chef de service lait au MRAH, Dr Mari\u00e9tou Sissao, l\u2019attribue aux Accords de partenariats \u00e9conomiques (APE) qui font qu\u2019on taxe le lait import\u00e9 \u00e0 5-10%. Les acteurs veulent que cette taxe passe \u00e0 20-30% pour permettre au lait local d\u2019\u00eatre comp\u00e9titif. En attendant, le pr\u00e9sident de la Ligue des consommateurs du Burkina, Dasman\u00e9 Traor\u00e9, invite l\u2019UMPL\/B \u00e0 d\u00e9masquer les auteurs de ces pratiques commerciales d\u00e9loyales. Les transformateurs ont d\u00e9j\u00e0 concoct\u00e9 une r\u00e9ponse\u00a0\u00e0 la tricherie : la marque \u00ab\u00a0Fairefaso\u00a0\u00bb. En phase d\u2019exp\u00e9rimentation dans quatre laiteries, la trouvaille consiste \u00e0 apposer la marque \u00ab\u00a0Fairefaso\u00a0\u00bb sur les produits faits \u00e0 base du lait local.<\/p>\n<p>L\u2019obtention de ce label est soumise au respect strict d\u2019un cahier des charges. Face aux diff\u00e9rentes pr\u00e9occupations, le MRAH semble limit\u00e9 par les ressources budg\u00e9taires \u00ab\u00a0d\u00e9risoires\u00a0\u00bb qui lui sont allou\u00e9es pour accompagner cette fili\u00e8re porteuse \u00e0 multiple impact. Investir dans le lait local, c\u2019est soutenir indirectement, les fili\u00e8res viande et b\u00e9tail, cuirs et peaux, la productivit\u00e9 agricole \u00e0 travers la fourniture de la fumure organique. En somme, le sous-secteur lait local est un maillon essentiel pour un d\u00e9veloppement int\u00e9gr\u00e9, arguent ses d\u00e9fenseurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>\u00a0Mahamadi SEBOGO<\/strong><br \/>\n<strong>windmad76@gmail.com<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les acteurs de la fili\u00e8re lait local font face \u00e0 de multiples contraintes\u00a0telles que la concurrence du lait import\u00e9, l\u2019inaccessibilit\u00e9 aux \u00e9quipements modernes, aux financements, la d\u00e9marche qualit\u00e9 et aux pathologies bovines. 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