{"id":726,"date":"2020-09-16T13:42:09","date_gmt":"2020-09-16T13:42:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=726"},"modified":"2020-09-16T13:42:09","modified_gmt":"2020-09-16T13:42:09","slug":"commercialisation-de-fruits-a-ouaga-le-transport-fait-flamber-le-prix-des-mangues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2020\/09\/16\/commercialisation-de-fruits-a-ouaga-le-transport-fait-flamber-le-prix-des-mangues\/","title":{"rendered":"Commercialisation de fruits \u00e0 Ouaga: le transport fait flamber le prix des mangues"},"content":{"rendered":"<p><strong>La commercialisation de la mangue occupe une place importante dans l\u2019\u00e9conomie nationale. Elle est une source de diversification de revenus, surtout pour les femmes. La mangue est devenue de nos jours une denr\u00e9e rare alors que sa production est estim\u00e9e \u00e0 plus de 50% de la production fruiti\u00e8re nationale. Particuli\u00e8rement cette ann\u00e9e, son prix a grimp\u00e9. Un tour sur les lieux de vente permet de comprendre.<\/strong><\/p>\n<p>Ag\u00e9e d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es, et install\u00e9e sur la nationale 2, \u00e0 Bissighin, Germaine Kabor\u00e9 a fait de la vente des fruits une source de revenus additionnels, depuis plus de huit ans. Sur son \u00e9tale sont expos\u00e9s plusieurs fruits dont des mangues. Des vari\u00e9t\u00e9s propos\u00e9es, il y a \u00ab Timi timi \u00bb, \u00abcrouba-crouba\u00bb, \u00abMademoiselle\u00bb, etc. Le tas de quatre mangues co\u00fbte 1 000 F CFA. Sur une petite table, un lot est expos\u00e9 dans lequel l\u2019unit\u00e9 co\u00fbte 150 F CFA voire plus. Pour engranger le maximum de b\u00e9n\u00e9fices, elle se sent oblig\u00e9e de d\u00e9buter ses activit\u00e9s aux environs de 8 h pour rentrer vers minuit. \u00ab Aujourd\u2019hui, je viens d\u2019\u00e9taler trois cartons de mangue. Si j\u2019arrive \u00e0 tout vendre le m\u00eame jour, je gagne des b\u00e9n\u00e9fices. Dans le cas contraire, je perds car la mangue est un produit qui se g\u00e2te vite \u00bb, affirme-t-elle. Dame Germaine Kabor\u00e9 est consciente de la chert\u00e9 de ses fruits, mais affirme n\u2019avoir pas le choix. \u00ab C\u2019est vrai qu\u2019on nous reproche de vendre cher. Mais ce n\u2019est pas notre faute car le carton de mangue co\u00fbte cher. Par exemple, il faut d\u00e9bourser plus de 15 000 F CFA \u00bb, fait-elle savoir. Le carton de la vari\u00e9t\u00e9 \u00ab crouba-crouba \u00bb par exemple co\u00fbte 17 500 F CFA. A l\u2019entendre, cette ann\u00e9e, le, prix a largement grimp\u00e9 compar\u00e9 aux ann\u00e9es pass\u00e9es o\u00f9 le carton pouvait se n\u00e9gocier au maximum \u00e0 8 000 F CFA. Selon Mme Kabor\u00e9, les grossistes aupr\u00e8s desquels elle s\u2019approvisionne, avancent comme raison le transport des mangues jusqu\u2019\u00e0 Ouagadougou qui leur revient \u00e9galement cher. Et de pr\u00e9ciser : \u00ab Dans un carton, tu peux avoir la malchance de tomber sur des mangues d\u00e9j\u00e0 pourries. Ou si tu n\u2019arrives pas \u00e0 \u00e9couler rapidement, tu risques d\u2019avoir certaines qui vont pourrir \u00bb. Salif Niki\u00e9ma, un client venu s\u2019acheter une mangue de 200 F CFA, avance que pour que les prix des mangues soient abordables, il faut une mutualisation d\u2019efforts de la part des autorit\u00e9s, des producteurs et des transporteurs. Il dit aussi comprendre les vendeuses. Par contre un autre client ayant appris les diff\u00e9rents prix s\u2019en alla bredouille.<\/p>\n<p>Le transport point\u00e9 du doigt<\/p>\n<p>Un tour au march\u00e9 de fruits et l\u00e9gumes d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab Kilmandjaro \u00bb, situ\u00e9 \u00e0 l\u2019Est de l\u2019\u00e9glise Jean XXIII nous en dit long. Ici, la vente des mangues semble \u00eatre la chasse gard\u00e9e des femmes. La premi\u00e8re dame rencontr\u00e9e se nomme Awa Sanon. Elle ne manque pas d\u2019arguments pour justifier la chert\u00e9 des mangues. \u00ab Nous achetons les mangues depuis Orodara, Samogogniri, Dj\u00e9ri \u00e0 plusieurs kilom\u00e8tres d\u2019ici. Le transport seul peut \u00eatre estim\u00e9 \u00e0 450 000 F CFA. Alors qu\u2019il faut payer les cartons, les cordes, le papier \u00bb, argumente-t-elle.<br \/>\nPour la secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Association des vendeuses de fruits et l\u00e9gumes du march\u00e9 \u00ab Kilmandjaro \u00bb, Kadiatou Kafando, la chert\u00e9 des mangues \u00e0 Ouagadougou est la cons\u00e9quence des d\u00e9penses accumul\u00e9es pour leur transport. \u00ab Le transport d\u2019un carton plein \u00e0 Ouaga co\u00fbte entre 1 500 et 1 750 F CFA. Sans oublier le papier, la corde, le carton vide, les ouvrier, etc. Bref, \u00e0 toutes les \u00e9tapes, il faut d\u00e9bourser \u00bb, dit-elle. Toutes d\u00e9penses confondues, le prix du carton transport\u00e9 revient \u00e0 10 500 pour \u00eatre revendu \u00e0 11 500 ou 12 000 F CFA. Tout d\u00e9pend de la qualit\u00e9 du fruit. La pr\u00e9sidente de l\u2019Association des vendeuses de fruits et l\u00e9gumes du march\u00e9 \u00ab Kilimandjaro \u00bb, Adja Sawadogo, s\u2019insurge. \u00ab J\u2019ai 20 ans de vie consacr\u00e9e \u00e0 cette activit\u00e9. Le prix des mangues n\u2019a jamais autant grimp\u00e9 que cette ann\u00e9e. Cela est d\u00fb au co\u00fbt du transport tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Par exemple pour un chargement d\u2019un camion de 10 tonnes qui peut prendre 1 500 cartons, nous pouvons d\u00e9penser 250 000 F CFA uniquement pour les cartons, les cordes et les papiers \u00bb, explique-t-elle. Sans oublier deux corsaires \u00e0 payer \u00e0 plus de 100 000 F CFA. Ce sont eux qui connaissent les producteurs de mangues avec qui, ils n\u00e9gocient les prix. En plus, il y a les cueilleurs (pay\u00e9s de 1 500 \u00e0 2 500 F CFA par jour), les ramasseurs (1 000 F CFA), les chargeurs sans oublier leur restauration. Quant au transport des mangues de Orodara \u00e0 Ouagadougou (plus de 400 kms), elle dit d\u00e9bourser 1 750 F CFA par carton. Une fois le produit d\u00e9charg\u00e9, il faut faire appel au trieur. Salif Sawadogo, sp\u00e9cialiste en la mati\u00e8re, explique : \u00ab Mon r\u00f4le est d\u2019assurer un bon reconditionnement en faisant le tri, le reclassement dans un autre carton en bouchant les trous avec du papier. J\u2019introduis aussi un produit (le carbure) pour m\u00fbrir avant d\u2019attacher avec une corde \u00bb. Ce service rendu est \u00e9valu\u00e9 \u00e0 150 F CFA par carton. Dj\u00e9n\u00e8bou Coulibaly, vendeuse, donne une autre explication. Elle juge que c\u2019est parce que la plupart des manguiers donnent des fruits qui murissent en m\u00eame temps. \u00ab C\u2019est l\u2019abondance et apr\u00e8s, tr\u00e8s vite, la raret\u00e9 s\u2019installe \u00bb, affirme-t-elle. A l\u2019entendre, pour \u00e9viter le pourrissement qui impacte sur le prix, elle pense qu\u2019on devrait trouver les moyens pour conserver les mangues \u00e0 l\u2019\u00e9tat primitif, pendant des mois. Car ceux qui font le s\u00e9chage sont confront\u00e9s souvent au rejet de leur produit compte tenu de sa mauvaise qualit\u00e9. \u00ab Il faut un suivi rigoureux de nos produits. On doit bien traiter les manguiers afin qu\u2019ils donnent des fruits de bonne facture \u00bb, a-t-elle conclu. Albert Zongo, grossiste \u00e0 \u00ab Toessin Yaard \u00bb, lui, \u00e9voque la chert\u00e9 en ces termes : \u00ab Je crois que la chert\u00e9 des mangues \u00e0 Ouagadougou est due aux diff\u00e9rentes transformations dont elles sont objet. Il s\u2019agit du s\u00e9chage et du jus \u00bb. Selon lui, ceux qui m\u00e8nent ces activit\u00e9s deviennent de plus en plus nombreux et se sont m\u00eame rapproch\u00e9s des zones de production. \u00ab Ils s\u2019accaparent de tout. Ce n\u2019est qu\u2019une petite quantit\u00e9 qui est vendue \u00e0 Bobo-Dioulasso pour nous autres \u00bb, regrette-t-il. Investissant dans ce secteur depuis plus de 30 ans, il dit que pour qu\u2019un carton de mangues arrive de Bobo-Dioulasso sous son hangar, il lui faut d\u00e9bourser 10 500 F CFA contre 6 000 F CFA l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Il revend \u00e0 11 000 F CFA et pense que le profit est minime. Exportateur au Ghana \u00e9galement, il croit que s\u2019il n\u2019y a pas de changement l\u2019ann\u00e9e prochaine, il ne pourra plus vendre 2 000 cartons. Malgr\u00e9 la chert\u00e9 des mangues, il a pu placer en ce jour 24 juin 2020, 50 sacs. Selon l\u2019un des transporteurs, Ibrahim Sanou, les frais sont de 450 000 F CFA de Orodara \u00e0 Ouagadougou.<\/p>\n<p>Petit retard, grosse perte<\/p>\n<p>\u00ab Avec mon camion de 10 tonnes, plein, je transporte \u00e0 450 000 FCFA. Je peux faire deux jours de trajet \u00bb, dit-il. Il sp\u00e9cule que dans ce genre de transport, il y a trop de tracasseries sur la route. \u00ab Il s\u2019agit de nombreux postes de contr\u00f4le de la Police et de la Gendarmerie sur l\u2019axe Bobo-Ouaga. M\u00eame si nos papiers sont \u00e0 jour, on paie. Si tu t\u2019opposes, on te retarde. Alors que nous transportons des produits p\u00e9rissables. On est donc oblig\u00e9 de c\u00e9der. Tout cela ne fait que rench\u00e9rir le co\u00fbt \u00bb, d\u00e9plore-t-il. Toutefois, indique-t-il, ce transport rapporte des b\u00e9n\u00e9fices, si le v\u00e9hicule est en bon \u00e9tat. Au nombre des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es, nos interlocutrices ont surtout soulign\u00e9 la d\u00e9licatesse du fruit. Un petit retard peut entra\u00eener une grosse perte. La pr\u00e9sidente de l\u2019Association donne des explications sur le retard pris souvent dans les livraisons. \u00ab Si le v\u00e9hicule tombe en panne et s\u2019il n\u2019est pas r\u00e9par\u00e9 t\u00f4t, les fruits se g\u00e2tent. On dit alors adieu au b\u00e9n\u00e9fice. C\u2019est nous qui prenons en charge, les frais de r\u00e9paration\u00bb, lance-t-elle. La grosse difficult\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 la nature m\u00eame du fruit, d\u00e9licat et tr\u00e8s p\u00e9rissable, soutient l\u2019une des doyennes qui a ouvert le march\u00e9 de mangues de \u00ab Toessin yaard \u00bb, Rosalie Sawadogo. \u00ab On ach\u00e8te les cartons sans v\u00e9rifier. C\u2019est une question de chance. Vendre des mangues, c\u2019est prendre des risques. On a souvent des insomnies \u00e0 cause des craintes de pertes. On prie Dieu pour qu\u2019il nous aide \u00e0 \u00e9couler rapidement la marchandise\u00bb, r\u00e9v\u00e8le-t-elle. Pour Kadiatou Kafando, le terrorisme et la crise sanitaire ont eu des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur leur activit\u00e9 cette ann\u00e9e. En d\u00e9pit de toutes ces difficult\u00e9s, la SG de l\u2019Association a confi\u00e9 que gr\u00e2ce \u00e0 cette activit\u00e9 men\u00e9e \u00e0 partir de 1987, elle a pu payer la scolarit\u00e9 de ses enfants, avoir un logement, prendre soin de sa famille. Au temps fort, elle et ses camarades pouvaient vendre par jour le contenu de 5 camions de 10 tonnes. Sachant qu\u2019un camion prend environ 250 cartons. Quant \u00e0 Rosalie Sawadogo, elle dit pouvoir \u00e9couler 20 cartons par jour.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La commercialisation de la mangue occupe une place importante dans l\u2019\u00e9conomie nationale. Elle est une source de diversification de revenus, surtout pour les femmes. 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