{"id":745,"date":"2019-09-25T15:19:53","date_gmt":"2019-09-25T15:19:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=745"},"modified":"2020-09-24T15:46:16","modified_gmt":"2020-09-24T15:46:16","slug":"perimetre-bocager-de-filly-dans-le-yatenga-autrefois-terre-degradee-aujourdhui-objet-de-convoitise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/09\/25\/perimetre-bocager-de-filly-dans-le-yatenga-autrefois-terre-degradee-aujourdhui-objet-de-convoitise\/","title":{"rendered":"P\u00e9rim\u00e8tre bocager de Filly, dans le Yatenga: Autrefois terre d\u00e9grad\u00e9e, aujourd\u2019hui, objet de convoitise"},"content":{"rendered":"<p><strong>La r\u00e9gion du Nord est en proie aux effets n\u00e9fastes du changement climatique. Appauvrissement des sols, raret\u00e9 des pluies et d\u00e9sertification sont autant de fl\u00e9aux qui menacent la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Pour y faire face, les populations \u00a0ont adopt\u00e9 plusieurs techniques de r\u00e9silience. Outre le <em>za\u00ef<\/em>, les demi-lunes ou les cordons pierreux qui sont, entre autres, les m\u00e9thodes traditionnelles de r\u00e9cup\u00e9ration des terres d\u00e9grad\u00e9es, il faut d\u00e9sormais compter avec le bocage qui est en exp\u00e9rimentation. Une technique d\u2019importance capitale mais qui reste encore peu connue des paysans.\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p>En ce mois de septembre 2019, la saison des pluies bat toujours son plein \u00e0 Filly, localit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 une quinzaine de kilom\u00e8tres de Ouahigouya, dans la r\u00e9gion du Nord. Pas de r\u00e9pit pour les paysans qui luttent inlassablement contre les derni\u00e8res mauvaises herbes des champs. Malgr\u00e9 les averses, la chaleur se fait accablante. Daouda Ou\u00e9draogo et les membres de sa famille viennent de terminer leur part de travail journalier dans leur champ. Les visages d\u00e9goulinant de sueur, ils s\u2019empressent de s\u2019abriter sous un arbre. Le sorgho, au stade de montaison-\u00e9piaison, affiche une bonne physionomie. La technique culturale utilis\u00e9e est le <em>za\u00ef<\/em>. Mais il n\u2019est pas pratiqu\u00e9 sur n\u2019importe quel terrain. Daouda et 35 autres m\u00e9nages partagent un p\u00e9rim\u00e8tre bocager (w\u00e9goubri en langue moor\u00e9) de 86 hectares (ha). A l\u2019Est du village, se dresse un vaste domaine verdoyant. Devant l\u2019ouvrage, le visiteur est, de prime abord, \u00e9merveill\u00e9 par le rempart de v\u00e9g\u00e9taux qui s\u2019\u00e9tend \u00e0 perte de vue pour prot\u00e9ger l\u2019espace born\u00e9. Les 86 ha sont entour\u00e9s par une haie mixte, compos\u00e9e de grillage de protection, d\u2019arbres et d\u2019arbustes locaux. Ces esp\u00e8ces ligneuses sont constitu\u00e9es, entre autres, de <em>Cassia sieberiana<\/em> (Koumbrissaka en moor\u00e9), de <em>Combretum micrantum<\/em> (Randga en moor\u00e9), de <em>Piliostigma reticulatum<\/em> (Bagand\u00e9 en moor\u00e9), de <em>Guierra senegalensis<\/em> (Wilinwiga en moor\u00e9) et d\u2019<em>Acacia macrostachia<\/em> (Zamenega en moor\u00e9). D\u00e8s que l\u2019on franchit le portail de la \u00ab\u00a0<em>muraille verte<\/em>\u00a0\u00bb, on est accueilli par une v\u00e9g\u00e9tation luxuriante. Des hautes herbes, des arbres et arbustes, des champs de cultures, des oiseaux, des animaux domestiques et sauvages se disputent l\u2019espace, subdivis\u00e9 en 108 parcelles de 0,75 ha chacune. Lesdites parcelles sont d\u00e9limit\u00e9es par des haies vives, des diguettes et s\u00e9par\u00e9es au milieu par des ligneux, encore appel\u00e9s arbres d\u2019axe. Les zones basses des parcelles sont \u00e9quip\u00e9es de petites mares qui captent les exc\u00e9dents d\u2019eau de ruissellement pour les infiltrer dans le sol. Une sorte de for\u00eat galerie se forme tout autour de ces points d\u2019eau qui constituent \u00e9galement des abreuvoirs pour les animaux. Les parcelles sont destin\u00e9es \u00e0 l\u2019agriculture mais tous les 36 m\u00e9nages n\u2019ont pas encore int\u00e9gr\u00e9 le site. Celles non encore mises en valeur s\u2019apparentent de nos jours \u00e0 une for\u00eat. Difficile de s\u2019y frayer un passage, tellement les v\u00e9g\u00e9taux ont eu le temps de pousser p\u00eale-m\u00eale et de grandir. Autrefois nu, cet espace fait aujourd\u2019hui l\u2019objet de toutes les convoitises aussi bien de la part des hommes que des animaux. Il force tout simplement l\u2019admiration.<\/p>\n<p>Le bocage sah\u00e9lien est un concept nouveau d\u2019am\u00e9nagement rural promu par l\u2019ONG Terre Verte. A Filly, il est mis en \u0153uvre par l\u2019association <em>W\u00e9manegr\u00e9<\/em>, cr\u00e9\u00e9e en avril 2007 et regroupant cinq villages (Filly et ses bourgades environnantes). Le bocage est une technique qui vise, selon les explications du directeur de la ferme-pilote de Filly, Pamoussa Sawadogo, \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer les terres d\u00e9grad\u00e9es par des am\u00e9nagements \u00e0 grande \u00e9chelle, pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 100 ha et plus.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Une technique s\u00e9curisante<\/strong><\/p>\n<p>Des am\u00e9nagements qui, pour lui, consistent \u00e0 faire un d\u00e9membrement des terres en lots et en parcelles, lesquelles sont entour\u00e9es de haies vives et de diguettes. Les haies vives sont mises en place dans des tranch\u00e9es, creus\u00e9es par la force des bras. Daouda Ou\u00e9draogo fait partie des premiers occupants du bocage. Cela fait dix ann\u00e9es cons\u00e9cutives qu\u2019il cultive ses trois parcelles qui lui sont d\u00e9volues. Depuis lors, le jeune paysan de 37 ans dit ne pas avoir de regret. \u00ab\u00a0<em>J\u2019ai de bons rendements. Chaque ann\u00e9e, je r\u00e9colte entre 5 et 6 charret\u00e9es de sorgho et entre 3 et 4 sacs de 100 kilogrammes (kg) de ni\u00e9b\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb, se r\u00e9jouit-il. C\u2019est \u00e0 force de pers\u00e9v\u00e9rance que le trentenaire a atteint ces r\u00e9sultats, les d\u00e9buts ayant \u00e9t\u00e9 laborieux, selon lui. \u00ab\u00a0<em>Quand je commen\u00e7ais, le terrain \u00e9tait tellement nu que je me demandais si quelque chose allait y pousser<\/em>\u00a0\u00bb, se souvient-il. \u00a0De nos jours, ce terrain jadis \u00ab\u00a0<em>st\u00e9rile\u00a0<\/em>\u00bb que ses parents avaient abandonn\u00e9 depuis longtemps est redevenu fertile gr\u00e2ce au bocage. Cette ann\u00e9e, outre le sorgho, Daouda produit du ni\u00e9b\u00e9, du s\u00e9same et de l\u2019oseille qui sont tous prometteurs. Il ne tarit pas d\u2019\u00e9loges \u00e0 l\u2019endroit des responsables de la ferme-pilote et de leur nouvelle technique de r\u00e9cup\u00e9ration des sols nus qu\u2019il qualifie de salvatrice. \u00ab\u00a0<em>Mes parents cultivaient ici jusqu\u2019\u00e0 ce que la terre se d\u00e9grade. Mais gr\u00e2ce au bocage, elle a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb, indique Daouda<em>. <\/em>Outre les c\u00e9r\u00e9ales, il poss\u00e8de aussi des arbres plant\u00e9s dont les feuilles et fruits de certains sont comestibles. Plus de 20 pieds de baobab peuplent son domaine. \u00ab\u00a0<em>Les feuilles de baobab que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 r\u00e9colt\u00e9es peuvent remplir un sac de 100 kg. Elles servent \u00e0 la pr\u00e9paration de la sauce. Si c\u2019\u00e9tait hors du bocage, je n\u2019allais jamais pouvoir pr\u00e9server mes plantes contre les attaques des animaux<\/em> \u00bb, affirme-t-il. Hamidou Savadogo, 57 ans, est aussi un occupant du p\u00e9rim\u00e8tre bocager. Contrairement \u00e0 Daouda, ce quinquag\u00e9naire a commenc\u00e9 la mise en valeur de son lot, il y a de cela sept ans. Lui non plus n\u2019a pas de regret. A l\u2019\u00e9couter, le travail dans le bocage est tr\u00e8s b\u00e9n\u00e9fique car les rendements sont nettement meilleurs et les animaux domestiques arrivent \u00e0 avoir facilement de l\u2019herbe pour brouter. Hamidou produit du sorgho, du ma\u00efs et du ni\u00e9b\u00e9. Malgr\u00e9 la dizaine de personnes qui l\u2019aide, le d\u00e9marrage tardif des pluies dans la zone l\u2019a un peu p\u00e9nalis\u00e9. Le sorgho et le ma\u00efs sont toujours au stade de montaison. Apr\u00e8s trois semis, son champ de mil a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9 par des repiquages. Toutefois, l\u2019espoir est permis, \u00e0 en croire le vieux Hamidou. Lui aussi applique \u00e0 la lettre les techniques enseign\u00e9es par les responsables de la ferme-pilote\u00a0: utilisation du <em>za\u00ef<\/em>, entretien des haies vives, plantation des arbres d\u2019axe, rotation des cultures\u2026 Des pieds de karit\u00e9, de n\u00e9r\u00e9, de tamarinier, de kapokier \u00e0 fleurs rouges, de prunier, entre autres, sont visibles dans son exploitation. \u00ab\u00a0<em>Nous avons des champs ailleurs, mais la diff\u00e9rence avec ceux qui sont dans le bocage est nette\u00a0\u00bb, <\/em>atteste M. Savadogo.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Un champ-\u00e9cole pour mieux enseigner<\/strong><\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"749\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2019\/09\/25\/perimetre-bocager-de-filly-dans-le-yatenga-autrefois-terre-degradee-aujourdhui-objet-de-convoitise\/7t\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?fit=800%2C600&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"800,600\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;TECNO R8O&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1568803841&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;3.5&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;126&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.000527&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"7t\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?fit=696%2C522&amp;ssl=1\" class=\"alignleft wp-image-749\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?resize=565%2C424&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"565\" height=\"424\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?resize=696%2C522&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?resize=560%2C420&amp;ssl=1 560w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2019\/09\/7t.jpg?resize=265%2C198&amp;ssl=1 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 565px) 100vw, 565px\" \/><\/p>\n<p>En vue de montrer l\u2019exemple aux paysans, les responsables de la ferme-pilote disposent d\u2019un champ-\u00e9cole dans le bocage. Des haies vives aux arbres d\u2019axe, en passant par la rotation des cultures et leur entretien, tout est presque parfait. Du petit mil et du sorgho sont cultiv\u00e9s sur deux parcelles tandis qu\u2019une autre est consacr\u00e9e aux l\u00e9gumineuses comme le ni\u00e9b\u00e9, l\u2019oseille, le s\u00e9same et l\u2019arachide. La quatri\u00e8me parcelle est laiss\u00e9e en jach\u00e8re et sert aussi au p\u00e2turage rationnel des animaux, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un fil \u00e9lectrique. Cette ann\u00e9e, les responsables de la ferme-pilote ne sont pas totalement satisfaits de leur champ-\u00e9cole, aux dires de notre guide, Samuel Sawadogo. Les caprices pluviom\u00e9triques en d\u00e9but de saison sont encore point\u00e9s du doigt. \u00ab\u00a0<em>Pour le sorgho, nous l\u2019avons sem\u00e9 quatre fois et on a compl\u00e9t\u00e9 par un repiquage<\/em>\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-il. N\u2019emp\u00eache, les sp\u00e9culations se pr\u00e9sentent relativement bien. Le guide estime entre 16 et 20 sacs de 100 kg de sorgho et 3 sacs de 100 kg de ni\u00e9b\u00e9 r\u00e9colt\u00e9s annuellement dans le champ-\u00e9cole.<\/p>\n<p>Dans le bocage, rien n\u2019est fait au hasard. Au fur et \u00e0 mesure que les arbres d\u2019axe grandissent, ceux \u00e9parpill\u00e9s dans les parcelles sont progressivement \u00e9limin\u00e9s pour faciliter plus tard les travaux m\u00e9canis\u00e9s. Les bords des petites mares sont mat\u00e9rialis\u00e9s par des haies de pruniers (Nobga en moor\u00e9), en guise de garde-fou.\u00a0\u00ab <em>C\u2019est pour \u00e9viter que les tracteurs ne tombent dans les trous lors des travaux de labour<\/em> \u00bb, explique Samuel. Quant aux haies vives, ajoute-t-il, elles sont taill\u00e9es tous les trois ans pour les maintenir \u00e0 niveau. Cet entretien est offert, pour l\u2019instant, gratuitement \u00e0 tous les occupants du bocage.<\/p>\n<p>Le directeur de la ferme, Pamoussa Sawadogo, dit \u00eatre satisfait des r\u00e9sultats d\u00e9j\u00e0 atteints. Car, \u00e0 l\u2019entendre, lorsqu\u2019on mettait en place le bocage, l\u2019on pouvait apercevoir un li\u00e8vre courir \u00e0 des centaines de m\u00e8tres. Mais aujourd\u2019hui, le milieu a repris vie. Pour ce biochimiste de formation, l\u2019objectif du p\u00e9rim\u00e8tre bocager est de redonner vie \u00e0 la terre et permettre une agriculture durable, porteuse de richesses et d\u2019avenir. Le Directeur r\u00e9gional (DR) de l\u2019agriculture et des am\u00e9nagements hydro-agricoles du Nord, Adama Boro, loue \u00e9galement cette nouvelle technique qu\u2019il trouve int\u00e9ressante en termes de r\u00e9sultats. Selon lui, la r\u00e9gion du Nord est devenue un laboratoire de mise en \u0153uvre des techniques de conservation des eaux et des sols et de d\u00e9fense et restauration des sols. Les cordons pierreux, le <em>za\u00ef<\/em>, les demi-lunes, la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle assist\u00e9e et le sous solage qui consiste \u00e0 briser la cro\u00fbte du sol avec des engins motoris\u00e9s assez lourds, sont les techniques les plus connues et couramment pratiqu\u00e9es dans la zone. \u00ab\u00a0<em>Le bocage entre dans la lign\u00e9e de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle assist\u00e9e mais il n\u2019est pas beaucoup connu par les populations. Il nous appartient de voir dans quelles mesures on pourra le vulgariser<\/em> <em>pour qu\u2019il vienne renforcer le paquet de techniques et de technologies actuellement mises en \u0153uvre dans la r\u00e9gion<\/em>\u00a0<em>\u00bb, <\/em>indique M. Boro. Est-ce la meilleure technique de restauration des sols arides\u00a0? Le DR pr\u00e9f\u00e8re parler de compl\u00e9mentarit\u00e9 entre les techniques dont chacune, avec sa sp\u00e9cificit\u00e9, apporte un plus dans le d\u00e9veloppement des cultures. C\u2019est \u00e9galement l\u2019avis du directeur de la ferme qui estime qu\u2019il n\u2019y a pas de technique meilleure. \u00ab\u00a0<em>Seulement, le bocage offre un cadre durable. Le za\u00ef, les cordons pierreux et les demi-lunes y sont aussi pratiqu\u00e9s. C\u2019est un paquet de techniques<\/em>\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Le bocage, un domaine transversal<\/strong><\/p>\n<p>Au regard de l\u2019importance et de la sp\u00e9cificit\u00e9 du p\u00e9rim\u00e8tre bocager, M. Boro pense qu\u2019il faut le d\u00e9multiplier au profit du plus grand nombre de producteurs. A l\u2019entendre, le domaine d\u2019intervention du bocage est transversal parce qu\u2019il prend en compte des aspects li\u00e9s \u00e0 l\u2019agriculture, \u00e0 l\u2019environnement et aux ressources animales. C\u2019est pourquoi il constitue, \u00e0 son avis, un centre d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les diff\u00e9rents secteurs du d\u00e9veloppement rural. \u00ab\u00a0<em>S\u2019il y a la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er un cadre de r\u00e9flexion ou de partenariat, ce sera plus int\u00e9ressant<\/em>\u00a0\u00bb, mentionne M. Boro.<\/p>\n<p>A Filly, informe le directeur de la ferme-pilote, un premier p\u00e9rim\u00e8tre bocager de 23 ha a \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 en 2008 tandis que celui de 86 ha l\u2019a \u00e9t\u00e9 en 2009.\u00a0 En 2014, c\u2019est un autre de 66 ha qui voit le jour \u00e0 Gourbar\u00e9 dans la commune rurale de Oula. \u00ab\u00a0<em>A ce jour, nous avons 175 ha de bocage am\u00e9nag\u00e9, sans compter les 15 ha de la ferme<\/em>-pilote <em>qui est le si\u00e8ge de l\u2019association<\/em> \u00bb, d\u00e9taille-t-il.<\/p>\n<p>La r\u00e9alisation d\u2019un bocage n\u2019est pas \u00e0 la port\u00e9e de tous. Il co\u00fbte entre 300\u00a0000 et 400\u00a0000 F CFA environ par hectare, selon les estimations de Pamoussa Sawadogo. Alors qu\u2019\u00e0 Filly, chaque m\u00e9nage doit s\u2019acquitter de seulement 20\u00a0000 F CFA pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un am\u00e9nagement de plus de 2 ha. Un cadeau, selon le directeur de la ferme pour qui, l\u2019int\u00e9r\u00eat du bocage est qu\u2019il profite \u00e0 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, une fois install\u00e9.<\/p>\n<p>Un autre p\u00e9rim\u00e8tre bocager de 30 ha, avance-t-il, est \u00e9galement en projet pour \u00eatre am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Filly. Le souhait de la ferme est que tous les habitants du village puissent s\u2019approprier la technique et cultiver d\u00e9sormais dans des bocages. Un r\u00eave qui risque de prendre encore du temps \u00e0 se r\u00e9aliser au regard de l\u2019incompr\u00e9hension et de la m\u00e9fiance que certains paysans manifestent vis-\u00e0-vis du projet. \u00ab\u00a0<em>Au d\u00e9part, certaines populations pensaient que nous sommes \u00e0 Filly pour faire de l\u2019accaparement des terres. Mais 12 ans apr\u00e8s, elles ont\u00a0 commenc\u00e9 \u00e0 comprendre que ce n\u2019est pas le cas. M\u00eame si la m\u00e9fiance est en train de se dissiper au fil du temps et des sensibilisations, elle est toujours pr\u00e9sente et cela constitue un handicap pour nous\u00a0<\/em>\u00bb, souligne le directeur de la ferme-pilote. D\u2019ailleurs, rappelle-t-il, si Terre Verte a apport\u00e9 le bocage \u00e0 Filly, c\u2019est parce qu\u2019en d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2000, une d\u00e9l\u00e9gation du village a visit\u00e9 la ferme-m\u00e8re de Gui\u00e8, dans le Plateau central, et a \u00e9t\u00e9 \u00e9merveill\u00e9e par la technique. C\u2019est pourquoi, elle en a fait la demande. Par cons\u00e9quent, tranche Pamoussa Sawadogo, tous les demandeurs sont oblig\u00e9s de se constituer en association inter-villages avant d\u2019en \u00eatre b\u00e9n\u00e9ficiaires.<\/p>\n<p>Aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes, il lance un appel afin que le bocage soit int\u00e9gr\u00e9 comme une politique d\u2019am\u00e9nagement des terres au Burkina Faso et que celles qui sont am\u00e9nag\u00e9es soient consign\u00e9es au cadastre en vue de leur protection.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Mady KABRE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>dykabre@yahoo.fr<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Des prix pour stimuler les occupants du bocage<\/strong><\/p>\n<p>En vue d\u2019inciter les paysans partageant le p\u00e9rim\u00e8tre bocager \u00e0 se conformer aux techniques qui leur sont enseign\u00e9es, les responsables de la ferme-pilote ont institu\u00e9 des prix d\u2019excellence \u00e0 cet effet. Avec des crit\u00e8res de notation, des techniciens sillonnent les parcelles chaque mois d\u2019ao\u00fbt pour des contr\u00f4les. Les diguettes, les haies vives, les arbres d\u2019axe, l\u2019entretien des champs, la rotation des cultures, l\u2019utilisation de la fumure organique, la non pratique des br\u00fblis\u2026, tout passe au peigne fin. Ceux qui se seront distingu\u00e9s par de bonnes notes sont r\u00e9compens\u00e9s avec du mat\u00e9riel agricole. Aux dires de Daouda Ou\u00e9draogo, cela fait trois ans qu\u2019il n\u2019a plus achet\u00e9 d\u2019outils de travail gr\u00e2ce \u00e0 ces prix.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>M.K<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9gion du Nord est en proie aux effets n\u00e9fastes du changement climatique. Appauvrissement des sols, raret\u00e9 des pluies et d\u00e9sertification sont autant de fl\u00e9aux qui menacent la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Pour y faire face, les populations \u00a0ont adopt\u00e9 plusieurs techniques de r\u00e9silience. 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