{"id":779,"date":"2020-12-22T11:55:10","date_gmt":"2020-12-22T11:55:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=779"},"modified":"2020-12-22T12:22:12","modified_gmt":"2020-12-22T12:22:12","slug":"sites-dorpaillage-a-sibi-des-professionnelles-du-sexe-martyrisees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2020\/12\/22\/sites-dorpaillage-a-sibi-des-professionnelles-du-sexe-martyrisees\/","title":{"rendered":"Sites d\u2019orpaillage \u00e0 Sibi: Des professionnelles du sexe martyris\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019inoxydable m\u00e9tal jaune attire autant d\u2019argent que d\u2019ennuis. Des professionnelles du sexe bas\u00e9es sur les march\u00e9s d\u2019or de Sibi, commune rurale de Boromo situ\u00e9e \u00e0 200 km \u00e0 l\u2019Ouest de Ouagadougou, vivent d\u2019am\u00e8res exp\u00e9riences. Viols, coups et blessures, harc\u00e8lement et stigmatisation rythment leur quotidien.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Sibi, commune rurale de Boromo, situ\u00e9e \u00e0 200 Km \u00e0 l\u2019Ouest de la capitale Ouagadougou, est assi\u00e9g\u00e9e depuis 2018 par des orpailleurs. Ils sont venus pour la plupart des anciens sites artisanaux de Hound\u00e9, province voisine de Boromo. Ils y ont install\u00e9 deux march\u00e9s d\u2019or sur les berges du fleuve Mouhoun, le plus long cours d\u2019eau du Burkina Faso. Ce fleuve s\u00e9pare donc S\u00e9caco et le village de Zamo dans le Sangui\u00e9 o\u00f9 l\u2019or est extrait.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement aux activit\u00e9s d\u2019orpaillages, des professionnelles du sexe se sont \u00e9galement install\u00e9es. Marie Cruz, 18 ans, Nig\u00e9riane, rabougrie, physique fr\u00eale, teint noir, est l\u2019une d\u2019elles. Arriv\u00e9e par le biais de sa grande s\u0153ur, la jeune fille s\u2019est accommod\u00e9e avec l\u2019activit\u00e9 de prostitution. Nous l\u2019avons retrouv\u00e9e, dans la mi-journ\u00e9e du 4 juin 2020 au march\u00e9 d\u2019or du village de S\u00e9caco et ce, apr\u00e8s plus de trente minutes de recherche \u00ab <em>\u00e0 la fronti\u00e8re rouge<\/em> \u00bb, le quartier g\u00e9n\u00e9ral des travailleuses du sexe, un lieu qui abrite des chambres de passe. Et cette professionnelle de sexe trainait toujours avec elle, une blessure au flanc gauche. Avec quatre points de suture encore visibles entre les cotes, la prostitu\u00e9e, tr\u00e8s d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 agress\u00e9e au couteau par l\u2019un de ses clients apr\u00e8s une passe.<\/p>\n<p>A ses c\u00f4t\u00e9s, une jeune femme, la vingtaine, l\u2019\u0153il r\u00e9probateur, lui ordonne le silence. C\u2019est \u00ab<em>sa grande s\u0153ur<\/em>\u00bb, celle qui l\u2019a fait venir \u00e0 \u00ab<em>la fronti\u00e8re rouge<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Rassur\u00e9e qu\u2019il ne s\u2019agit point d\u2019une enqu\u00eate polici\u00e8re, Mary Cruz est finalement autoris\u00e9e \u00e0 conter sa m\u00e9saventure. \u00ab<em>Cette nuit, j\u2019ai re\u00e7u le client dans ma hutte. Apr\u00e8s l\u2019acte sexuel, il a refus\u00e9 de payer. A la suite de mon insistance, s\u2019est ensuivie une bagarre violente qui m\u2019a valu ce coup de poignard<\/em> \u00bb, confie-t-elle, visiblement encore sous le choc. Ses cris de d\u00e9tresse ont alert\u00e9 les \u00ab\u00a0<em>koglew\u00e9ogo<\/em>\u00a0\u00bb, ces groupes d\u2019auto-d\u00e9fense qui assurent la s\u00e9curit\u00e9 du \u00ab<em>march\u00e9 de l\u2019or<\/em>\u00bb dudit village. Ce sont eux qui l\u2019ont conduite au Centre de sant\u00e9 et de promotion sociale (CSPS) de S\u00e9caco. \u00ab<em>Je l\u2019ai soign\u00e9e \u00e0 49 500 FCFA. Nous avons r\u00e9alis\u00e9 une radiographie et une \u00e9chographie qui indiquent qu\u2019elle est hors de danger<\/em>\u00bb, s\u2019est empress\u00e9e de l\u00e2cher sa \u00ab<em>grande s\u0153ur<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Mary Cruz n\u2019est pas la seule \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 agress\u00e9e \u00e0 l\u2019arme blanche. A Boromo, dans le bureau du directeur provincial de la police, les plaintes s\u2019empilent. Des histoires toutes aussi glauques les unes que les autres, comme l\u2019agression sauvage, il y a trois mois, d\u2019une autre prostitu\u00e9e nig\u00e9riane. \u00ab <em>L\u2019agresseur, <\/em>t\u00e9moigne le commissaire Zall\u00e9<em>, a m\u00eame incendi\u00e9 la hutte dans laquelle la victime recevait ses clients<\/em>\u00bb. Coutumier de ces faits, ce malfaiteur en cavale est recherch\u00e9, en plus pour mise en danger, et pour destruction de biens d\u2019autrui.<\/p>\n<p>Joyce ne compte pas le nombre d\u2019agressions subies. Exer\u00e7ant \u00e9galement \u00e0 S\u00e9caco depuis deux ans, la Nig\u00e9riane de quarante ans s\u2019attriste des menaces et viols auxquels elle est expos\u00e9e. \u00ab<em>Certains de mes clients me menacent souvent avec un couteau. Ce qui m\u2019oblige \u00e0 me livrer gratuitement \u00e0 eux<\/em>\u00bb, relate-t-elle. Elle raconte \u00e9galement que certains de ses clients orpailleurs, sous l\u2019effet des stup\u00e9fiants, commettent des brutalit\u00e9s pendant l\u2019acte sexuel, occasionnant ainsi des blessures \u00e0 ses parties intimes.<\/p>\n<p><strong>Elles viennent majoritairement du Nig\u00e9ria<\/strong><\/p>\n<p>Soroboly, un autre village de Sibi, a \u00e9galement son march\u00e9 d\u2019or et aussi ses pratiques hostiles aux travailleuses du sexe. Fina, vingt ans, t\u00e9moigne : \u00ab<em>A plusieurs reprises, des clients reprennent leur argent apr\u00e8s l\u2019acte sexuel, pr\u00e9textant n\u2019avoir pas eu d\u2019orgasme. Les agressions physiques et sexuelles font partie de mon quotidien maintenant<\/em>\u00bb, confie-t-elle, le visage crisp\u00e9. La jeune fille s\u2019exprimait \u00e9galement sous le regard mena\u00e7ant d\u2019une femme d\u2019environ quarante ans. Elanc\u00e9e, teint grisonnant qui laisse transpara\u00eetre les stigmates de la d\u00e9pigmentation sur son corps, cette dame se pr\u00e9sente comme la tante de Fina.<\/p>\n<p>Celles qui pratiquent le plus vieux m\u00e9tier du monde dans l\u2019une des communes aurif\u00e8res des Bal\u00e9 sont de jeunes femmes de dix-huit \u00e0 quarante ans d\u00e9clar\u00e9s mais qui, selon certains t\u00e9moignages, en ont souvent moins. Leur nombre n\u2019est pas totalement connu, mais les chiffres recueillis aupr\u00e8s du Conseil villageois de d\u00e9veloppement (CVD) de S\u00e9caco font office de pr\u00e8s de 300 professionnelles du sexe en 2019.<\/p>\n<p>Dans une interview accord\u00e9e \u00e0 l\u2019Agence nig\u00e9riane de presse en septembre 2019, l\u2019ex-ambassadrice du Nig\u00e9ria au Burkina Faso, Ramatu Ahmed, a d\u00e9clar\u00e9 que des prox\u00e9n\u00e8tes obligent pr\u00e8s de 10 000 filles nig\u00e9rianes \u00e0 se prostituer notamment dans les mines d\u2019or artisanales au Burkina Faso.<\/p>\n<p>Ces filles de joie sont donc en majorit\u00e9 des Nig\u00e9rianes. Toutefois, on y d\u00e9nombre \u00e9galement des Burkinab\u00e8 venues des villes comme Ouagadougou, D\u00e9dougou, Kaya, Bobo-Dioulasso et dans une moindre mesure des Ghan\u00e9ennes et des Togolaises.<\/p>\n<p>Leurs noms de m\u00e9tier sur ces sites sont: Joyce, Mary Cruz, Pierrette, Fina, Miracle, etc. G\u00e9n\u00e9ralement, ces filles sont issues de familles modestes.<\/p>\n<p>Fina qui travaille par ailleurs comme serveuse de bar dans la journ\u00e9e accepte de subir toutes ces formes de tortures dans le but de venir en aide \u00e0 sa famille rest\u00e9e au Nig\u00e9ria. Le m\u00e9tier nourrit son homme. Elle dit avoir construit une maison pour sa m\u00e8re. Elle contribue \u00e9galement aux charges familiales et \u00e0 payer la scolarit\u00e9 de ses fr\u00e8res et s\u0153urs. La travailleuse du sexe confie de ce fait qu\u2019en p\u00e9riode de vaches grasses, elle peut recevoir dix \u00e0 vingt clients par jour et engranger environ 50 mille francs CFA.<\/p>\n<p>Joyce d\u00e9plore de son c\u00f4t\u00e9 le fait que tous ses clients ne payent pas. \u00ab\u00a0<em>Je peux avoir dix clients par jour. Mais je me retrouve seulement avec l\u2019argent de cinq clients<\/em>\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-elle.<\/p>\n<p>En plus du contrat financier, pas toujours respect\u00e9, les filles de joie observent des r\u00e8gles du m\u00e9tier en mati\u00e8re sanitaire pour pr\u00e9venir les maladies et les grossesses ind\u00e9sirables. Malgr\u00e9 l\u2019exigence du condom, certains clients font leur loi et passent outre.<\/p>\n<p><strong>Viol\u00e9e et enceint\u00e9e, elle tente de se suicider<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019une jeune fille pr\u00e9nomm\u00e9e Miracle est tomb\u00e9e enceinte deux mois apr\u00e8s son arriv\u00e9e sur le site de S\u00e9caco. Teint noir, cheveux coup\u00e9s, d\u2019une taille d\u2019\u00e0 peine 1,40 m\u00e8tre, elle pr\u00e9tend avoir 24 ans, mais en r\u00e9alit\u00e9, bien moins. Arriv\u00e9e du Nig\u00e9ria en janvier 2020, cette fille portait une grossesse de 4 mois \u00e0 la date du 4 juin 2020. Victime de viols \u00e0 plusieurs reprises, elle ne saurait identifier l\u2019auteur de la grossesse.<\/p>\n<p>Surprise de constater sa situation gestationnelle, Miracle a tent\u00e9 de se suicider \u00e0 maintes reprises, selon l\u2019un des responsables des \u00ab\u00a0<em>koglweogos<\/em>\u00a0\u00bb. \u00ab<em>Si elle continue avec ses tentatives de suicide, nous allons devoir la r\u00e9f\u00e9rer vers les services de l\u2019action sociale\u00bb<\/em>, soutient-t-il.<\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, la future maman semble avoir abandonn\u00e9 le projet de mettre fin \u00e0 ses jours. Elle n\u2019avait toujours pas effectu\u00e9 la moindre consultation pr\u00e9natale. N\u00e9anmoins, Miracle a pris la d\u00e9cision d\u2019accoucher sur le site. En attendant, elle affirme ne pas avoir de naus\u00e9es, ni de probl\u00e8me particulier avec sa grossesse. Pour l\u2019heure, rien ne l\u2019emp\u00eache de continuer ses envol\u00e9es nocturnes. Aussi, elle n\u2019a toujours pas eu le courage d\u2019effectuer un test de d\u00e9pistage du VIH-SIDA ni d\u2019aucune autre maladie sexuellement transmissible telle que l\u2019h\u00e9patite, la syphilis, la gonococcie\u2026<\/p>\n<p>Dans les march\u00e9s d\u2019or de Sibi, les filles de joie c\u00f4toient ainsi le danger. D\u2019o\u00f9 le surnom de leur quartier g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00ab\u00a0<em>Fronti\u00e8re rouge<\/em>\u00a0\u00bb. Ce quartier malfam\u00e9, r\u00e9put\u00e9 pour la fr\u00e9quence de la violence est une zone de non droit o\u00f9 aucun jour ne passe sans que le sang ne soit vers\u00e9.\u00a0 Les auteurs des agressions sont les orpailleurs, qui en voulant assouvir leur libido m\u00eame sans argent, d\u00e9ploient tous les moyens pour parvenir \u00e0 leurs fins. Aussi, des bagarres naissent-elles r\u00e9guli\u00e8rement entre prox\u00e9n\u00e8tes et prostitu\u00e9es ou entre filles de joie elles-m\u00eames.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"785\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2020\/12\/22\/sites-dorpaillage-a-sibi-des-professionnelles-du-sexe-martyrisees\/attachment\/8\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/8.jpg?fit=800%2C866&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"800,866\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;4&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D7200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1501262695&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;30&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;400&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.016666666666667&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"8\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/8.jpg?fit=277%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/8.jpg?fit=696%2C753&amp;ssl=1\" class=\"alignleft size-full wp-image-785\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/8.jpg?resize=696%2C753&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"753\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/8.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/8.jpg?resize=277%2C300&amp;ssl=1 277w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/8.jpg?resize=768%2C831&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/8.jpg?resize=696%2C753&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/8.jpg?resize=388%2C420&amp;ssl=1 388w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/>A ce sujet, la direction provinciale de la police de Boromo a re\u00e7u une plainte le 1<sup>er<\/sup> octobre 2020 d\u2019une travailleuse du sexe de 28 ans, bless\u00e9e au march\u00e9 d\u2019or de S\u00e9caco par sa camarade. \u00ab\u00a0<em>L\u2019Incapacit\u00e9 temporaire de travail (ITT) \u00e9tant de 48heures, il n\u2019y a pas eu de sanction. Et l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e \u00e0 l\u2019amiable \u00bb<\/em>, a indiqu\u00e9 le 16 octobre 2020, le commissaire central de police de Boromo, Salifou Zall\u00e9.<\/p>\n<p>De m\u00eame, une autre professionnelle du sexe a eu une fracture \u00e0 la jambe dans la m\u00eame localit\u00e9 des suites de bagarre violente, selon Salifou Zall\u00e9. \u00ab\u00a0<em>L\u2019Incapacit\u00e9 temporaire de travail (ITT) qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 60 (soixante) jours nous a oblig\u00e9 \u00e0 d\u00e9f\u00e9rer l\u2019affaire au tribunal<\/em>\u00a0\u00bb, a-t-il indiqu\u00e9.<\/p>\n<p>Roger Andr\u00e9 Zoungrana, alors procureur du Faso pr\u00e8s le Tribunal de grande instance de Boromo, a \u00e9galement fait cas de la r\u00e9currence de bagarres entre prox\u00e9n\u00e8tes et prostitu\u00e9es. Selon des t\u00e9moignages recueillis aupr\u00e8s des filles de joie par ses services, ces derni\u00e8res subissent de multiples formes de maltraitance de la part de prox\u00e9n\u00e8tes. \u00ab\u00a0<em>Certaines sont battues et s\u00e9questr\u00e9es et d\u2019autres subissent des violences morales ou m\u00eame de la pression de leur famille d\u2019origine<\/em>\u00a0\u00bb,a d\u00e9clar\u00e9 M. Zoungrana le 16 octobre 2020.<\/p>\n<p>Les violences sur ces filles sont m\u00eame connues des autorit\u00e9s administratives et coutumi\u00e8res. \u00ab<em>J\u2019avoue que les prostitu\u00e9es subissent toutes sortes d\u2019agressions physiques et sexuelles<\/em>\u00bb, a reconnu le porte-parole des \u00ab\u00a0<em>koglw\u00e9ogos<\/em>\u00a0\u00bb du march\u00e9 de S\u00e9caco, Daouda N\u00e9bi\u00e9 le 4 juin 2020. M. N\u00e9bi\u00e9 ajoute par ailleurs qu\u2019aucune nuit ne se passe sans qu\u2019une travailleuse du sexe ne soit agress\u00e9e \u00ab <em>\u00e0 la fronti\u00e8re rouge<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident du Conseil villageois de d\u00e9veloppement (CVD) de S\u00e9caco, Abdoul Aziz Sankara, a aussi soutenu le 5 juin 2020, que les violences surviennent lorsque ces filles tentent de r\u00e9sister aux tentatives de viols.<\/p>\n<p>Une tenanci\u00e8re de maquis et tutrice de fait des prostitu\u00e9es \u00e0 Soroboly dont la jeune Fina, souligne que les viols sur ses prot\u00e9g\u00e9es sont courants et repr\u00e9sentent finalement le moindre mal face aux menaces de mort. Elle-m\u00eame n\u2019en est pas \u00e9pargn\u00e9e par la violence. \u00ab<em>A la suite d\u2019une altercation avec mes filles, des orpailleurs sont venus casser six de mes chaises la nuit du Ramadan. Cela a occasionn\u00e9 l\u2019intervention des dozos<\/em> \u00bb, relate-t-elle. Cette Nig\u00e9riane avoue avoir d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenue \u00e0 la police de Boromo\u00e0 la suite d\u2019une bagarre violente avec une autre de ses compatriotes<\/p>\n<p><strong>Des agressions criminelles g\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019amiable<\/strong><\/p>\n<p>La plupart des agressions contre les prostitu\u00e9es ont fait l\u2019objet de multiples plaintes aupr\u00e8s des \u00ab\u00a0<em>koglw\u00e9ogos<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est la r\u00e8gle des lieux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Nous n\u2019avons pas le droit d\u2019aller directement nous plaindre \u00e0 la police ou \u00e0 la gendarmerie sans passer par les groupes d\u2019auto-d\u00e9fense. Pourtant, si nous signalons nos agressions \u00e0 leur niveau, \u00e0 peine on nous \u00e9coute<\/em>\u00bb, s\u2019alarme Pierrette, une autre prostitu\u00e9e de S\u00e9caco. Boukari N\u00e9bi\u00e9, porte-parole des \u00ab\u00a0<em>koglw\u00e9ogos<\/em>\u00a0\u00bb, confirme que les plaintes sont g\u00e9n\u00e9ralement g\u00e9r\u00e9es sans se r\u00e9f\u00e9rer aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes sauf les cas les plus s\u00e9v\u00e8res. Pour ce faire, sa structure se contente d\u2019entendre les deux parties et tranche \u00e0 l\u2019amiable. Concernant l\u2019agresseur de Mary Cruz, Boukari N\u00e9bi\u00e9 est formel\u00a0: <em>\u00ab Imm\u00e9diatement apr\u00e8s l\u2019agression, nous avons mis la main sur l\u2019agresseur dans le comptoir (chambre de passe) de la fille<\/em>\u00bb. Le pr\u00e9sident du CVD, Abdoul Aziz Sankara, rassure m\u00eame que le mis en cause est pr\u00e9sentement d\u00e9tenu au commissariat de police de Boromo. Pourtant, le commissaire central de police de Boromo, soutient n\u2019avoir pas eu vent de l\u2019affaire. Les camarades de la victime clament que le bourreau a \u00e9t\u00e9 certes, appr\u00e9hend\u00e9 par les \u00ab\u00a0<em>koglw\u00e9ogos<\/em>\u00a0\u00bb mais qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 aussit\u00f4t remis en libert\u00e9 d\u00e8s le lendemain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Livr\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames, elles s\u2019accrochent \u00e0 de sombres soutiens<\/strong><\/p>\n<p><strong> <img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"783\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2020\/12\/22\/sites-dorpaillage-a-sibi-des-professionnelles-du-sexe-martyrisees\/5-3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?fit=800%2C1200&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"800,1200\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;8&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D7200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1501197088&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;38&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;800&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.003125&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"5\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?fit=200%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?fit=683%2C1024&amp;ssl=1\" class=\"alignleft size-full wp-image-783\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?resize=696%2C1044&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"1044\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?resize=683%2C1024&amp;ssl=1 683w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?resize=768%2C1152&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?resize=696%2C1044&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/5.jpg?resize=280%2C420&amp;ssl=1 280w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><\/strong>Les jeunes femmes install\u00e9es sur les march\u00e9s d\u2019or \u00e0 Sibi subissent la loi de la jungle. Profitant de leur vuln\u00e9rabilit\u00e9, des voisins intol\u00e9rants, des clients sans scrupules et des orpailleurs drogu\u00e9s les malm\u00e8nent \u00e0 leur guise. Des groupes d\u2019autod\u00e9fense et de protection de la nature, les \u00ab\u00a0<em>koglw\u00e9ogos<\/em>\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0<em>dozos\u00a0<\/em>\u00bb, sont cens\u00e9s assurer l\u2019ordre et la s\u00e9curit\u00e9 sur les sites. Mais pour des raisons morales, ils ne sont pas favorables \u00e0 l\u2019activit\u00e9 du commerce du sexe, tout comme la population de Sibi dans son ensemble. Par cons\u00e9quent, ils veillent sur ces femmes avec le minimum d\u2019attention et souvent \u00e0 contre-c\u0153ur.<\/p>\n<p>\u00ab<em>Nous avons m\u00eame voulu les chasser et ce, \u00e0 maintes reprises mais les orpailleurs s\u2019y sont farouchement oppos\u00e9s. Donc nous \u00e9tions oblig\u00e9s de les laisser<\/em> \u00bb, r\u00e9v\u00e8le un conseiller municipal de la localit\u00e9.<\/p>\n<p>Leurs soutiens s\u00fbrs se r\u00e9sument aux tuteurs\/tutrices et des compagnons, d\u2019anonymes personnages vus plut\u00f4t comme des prox\u00e9n\u00e8tes par les voisins. C\u2019est le cas de la tenanci\u00e8re du maquis sur le site de Soroboly. Elle a fait le trottoir avant d\u2019y mettre fin suites \u00e0 des violences r\u00e9p\u00e9t\u00e9es sur sa personne. De nos jours, elle vit avec un homme qu\u2019elle pr\u00e9sente comme son compagnon.<\/p>\n<p>Toutes les pensionnaires de la \u00ab <em>fronti\u00e8re rouge<\/em> \u00bb l\u2019appellent \u00ab<em>Grande s\u0153ur<\/em> \u00bb ou \u00ab<em>Tantie<\/em>\u00bb. Elle d\u00e9clare n\u2019\u00eatre que la protectrice des jeunes femmes. \u00ab<em>Elles attirent la client\u00e8le dans mon maquis. Je ne me pr\u00e9occupe pas de leur business (prostitution, ndlr)\u00bb<\/em>, insiste-t-elle.<\/p>\n<p>Un autre soutien se nomme Bruno. G\u00e9rant de kiosque \u00e0 caf\u00e9 sur le site de S\u00e9caco, ce jeune homme s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 en bon samaritain veillant en b\u00e9n\u00e9vole selon lui, sur \u00ab<em>ses s\u0153urs<\/em>\u00bb. Evidemment, il conna\u00eet l\u2019histoire de certaines d\u2019entre les prostitu\u00e9es, dup\u00e9es, selon lui, par des gens qui leur ont promis une destination en Europe. Mais sur la question du prox\u00e9n\u00e9tisme, il s\u2019est voulu clair, il n\u2019a rencontr\u00e9 \u00ab <em>ses s\u0153urs<\/em> \u00bb que lorsqu\u2019elles sont arriv\u00e9es \u00e0 Sibi.<\/p>\n<p>Pourtant, la rumeur court que la tenanci\u00e8re du maquis et lui toucheraient des commissions sur chaque fille et par nuit.\u00a0 Ce r\u00e9seau de filles dans la localit\u00e9 de Sibi remonterait selon certaines indiscr\u00e9tions \u00e0 une g\u00e9rante de maquis bas\u00e9e \u00e0 Boromo.<\/p>\n<p>Selon elles, certaines filles expatri\u00e9es sont contraintes de rembourser les frais du voyage de leur lieu de d\u00e9part \u00e0 Sibi, c\u2019est-\u00e0-dire le ticket de voyage et les autres d\u00e9penses y aff\u00e9rentes.<\/p>\n<p><strong>Victimes de trafic humain et de prox\u00e9n\u00e9tisme\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Certaines d\u2019entre elles ont confi\u00e9 au procureur \u00eatre tenues par des f\u00e9tiches ou des pactes de sang les obligeant \u00e0 tenir leur engagement. D\u2019autres sont tenues par leurs papiers, notamment d\u2019identit\u00e9. Pour le commissaire central de police de Boromo, les filles victimes de prox\u00e9n\u00e9tisme ne le savent qu\u2019une fois arriv\u00e9es sur les lieux o\u00f9 elles se voient pousser dans la prostitution. Ce qui, selon le commissaire de police, n\u2019est que du trafic humain.<\/p>\n<p>Sur cet avis, le procureur confirme\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>On a eu une plainte dans la zone de Poura (Boromo) d\u2019une prostitu\u00e9e qui r\u00e9clamait ses papiers car elle dit avoir \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e pour conduire une autre activit\u00e9 et finalement elle a \u00e9t\u00e9 surprise qu\u2019on la contraignait \u00e0 se vendre. Donc nous avons interpell\u00e9 son bourreau qui purge actuellement sa peine<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La police de Boromo, aux dires de M. Zall\u00e9, a \u00e9galement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 un homme et une femme pour des cas de trafic humain et de prox\u00e9n\u00e9tisme au parquet de Boromo en 2019. Il explique en outre que l\u2019homme condamn\u00e9 est le pourvoyeur de ces filles de joie dont l\u2019activit\u00e9 consistait, en collaboration avec un r\u00e9seau \u00e0 Ouagadougou, \u00e0 aller au Nig\u00e9ria convoyer des filles pour ensuite les envoyer dans les lieux de prostitution notamment dans les sites d\u2019or, moyennant une grosse somme d\u2019argent. A leur tour, les prox\u00e9n\u00e8tes envoient ces filles sur le trottoir.<\/p>\n<p>Il poursuit que ses services, en collaboration avec celui de l\u2019action sociale de Boromo et l\u2019ambassade du Nig\u00e9ria au Burkina, ont mis la main sur un convoi de mineures en partance sur les sites d\u2019orpaillage.<\/p>\n<p>Au niveau du parquet de Boromo, les plaignantes d\u00e9filent. Et ces plaintes se r\u00e9sument au refus de payement apr\u00e8s service, et la d\u00e9t\u00e9rioration des relations entre prostitu\u00e9es et prox\u00e9n\u00e8tes. Mais la majorit\u00e9 des plaintes que re\u00e7oivent les services de justice ne sont que de simples d\u00e9clarations. Ces d\u00e9clarations sont faites sur la base de fausses identit\u00e9s. \u00ab<em>Tr\u00e8s souvent, elles ne viennent pas avec leur v\u00e9ritable identit\u00e9. Et lorsqu\u2019on veut les identifier pour donner une suite judiciaire, on ne sait pas \u00e0 qui on a \u00e0 faire. Quand le jugement est programm\u00e9, elles ne viennent pas se pr\u00e9senter<\/em> \u00bb, regrette-t-il.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, le Tribunal de grande instance de Boromo a trait\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es, cinq dossiers li\u00e9s au prox\u00e9n\u00e9tisme qui ont abouti \u00e0 des condamnations et \u00e0 des peines d\u2019emprisonnement allant de 12 \u00e0 24 mois.<\/p>\n<p>Pour le cas de Mary Cruz, le procureur a indiqu\u00e9 n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 mis au courant. Estimant sa situation suffisamment grave, M. Zoungrana soutient que cela aurait n\u00e9cessit\u00e9 une instruction judiciaire.<\/p>\n<p><strong>Quid de la l\u00e9gislation\u00a0en la mati\u00e8re\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong> <img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"784\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2020\/12\/22\/sites-dorpaillage-a-sibi-des-professionnelles-du-sexe-martyrisees\/6-3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?fit=800%2C800&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"800,800\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;1.8&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Infinix X650B&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1602851528&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;3.64&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;1499&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.060003&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?fit=300%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?fit=696%2C696&amp;ssl=1\" class=\"alignleft size-full wp-image-784\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?resize=696%2C696&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"696\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?resize=768%2C768&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?resize=696%2C696&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/6.jpg?resize=420%2C420&amp;ssl=1 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><\/strong>Pour Andr\u00e9 Roger Zoungrana, il n\u2019y a pas une peine pr\u00e9d\u00e9finie en lien avec les violences pour coups et blessures. Les peines sont \u00e9chelonn\u00e9es en fonction des param\u00e8tres suivants\u00a0: la d\u00e9termination et la d\u00e9finition de l\u2019Incapacit\u00e9 temporaire de travail (ITT) par un agent de sant\u00e9, les dommages corporels et\/ou s\u2019il y a eu pr\u00e9m\u00e9ditation ou guet-apens.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la prostitution, il indique que la l\u00e9gislation burkinab\u00e8 ne la condamne pas. Pourtant, le prox\u00e9n\u00e9tisme et le racolage sont des d\u00e9lits passibles de peines. Selon l\u2019article 533-22 du Code p\u00e9nal, \u00ab\u00a0<em>le prox\u00e9n\u00e9tisme est le fait par quiconque de quelque mani\u00e8re que ce soit, d\u2019aider, d\u2019assister, et de prot\u00e9ger la prostitution d\u2019autrui, de tirer profit de la prostitution d\u2019autrui, d\u2019en partager les produits ou de recevoir les subsides d\u2019une personne survivant habituellement \u00e0 la prostitution, d\u2019embauche ou de d\u00e9tourner une personne en vue de la prostitution ou d\u2019exercer sur elle, pour qu\u2019elle se prostitue ou continue de le faire\u00a0<\/em>\u00bb. Ce d\u00e9lit est puni d\u2019un emprisonnement de 3 \u00e0 10 ans ferme et d\u2019une amende d\u2019un million \u00e0 six million de francs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Rabiatou SIMPORE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">rabysimpore@yahoo.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019inoxydable m\u00e9tal jaune attire autant d\u2019argent que d\u2019ennuis. Des professionnelles du sexe bas\u00e9es sur les march\u00e9s d\u2019or de Sibi, commune rurale de Boromo situ\u00e9e \u00e0 200 km \u00e0 l\u2019Ouest de Ouagadougou, vivent d\u2019am\u00e8res exp\u00e9riences. Viols, coups et blessures, harc\u00e8lement et stigmatisation rythment leur quotidien. \u00a0Sibi, commune rurale de Boromo, situ\u00e9e \u00e0 200 Km \u00e0 l\u2019Ouest [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":780,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[89,28],"tags":[],"class_list":{"0":"post-779","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-la-une-site","8":"category-societe"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2020\/12\/111.jpg?fit=398%2C268&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paqtIK-cz","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/779","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=779"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/779\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media\/780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=779"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=779"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=779"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}