{"id":918,"date":"2021-08-16T21:03:52","date_gmt":"2021-08-16T21:03:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=918"},"modified":"2021-08-16T22:18:01","modified_gmt":"2021-08-16T22:18:01","slug":"effondrement-dune-ecole-a-gogse-les-non-dits-de-linspection-technique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2021\/08\/16\/effondrement-dune-ecole-a-gogse-les-non-dits-de-linspection-technique\/","title":{"rendered":"Effondrement d\u2019une \u00e9cole \u00e0 Gogs\u00e9 : les non-dits de l\u2019inspection technique"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019\u00e9cole primaire de Gogs\u00e9 dans la commune rurale de To\u00e8ghin (province du Kourw\u00e9ogo, r\u00e9gion du Plateau central) s\u2019est effondr\u00e9e, le 28 mai 2017, soit six mois trois jours apr\u00e8s sa r\u00e9ception provisoire. Sur la base d\u2019un rapport d\u2019expertise qui r\u00e9v\u00e8le que l\u2019infrastructure a c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la suite de causes naturelles, la Banque mondiale a encore r\u00e9inject\u00e9 20 millions FCFA pour reb\u00e2tir l\u2019\u00e9cole apr\u00e8s avoir d\u00e9caiss\u00e9 plus de 22 millions FCFA pour l\u2019\u00e9difice pr\u00e9c\u00e9dent. Cependant, une contre-expertise ind\u00e9pendante pointe de nombreuses irr\u00e9gularit\u00e9s et indexe la qualit\u00e9 de l\u2019infrastructure. Des cas de vol de ciment par les ma\u00e7ons ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement signal\u00e9s sur le chantier.<\/strong><\/p>\n<p>Le village de Gogs\u00e9 dans la commune rurale de To\u00e8ghin a accueilli dans la joie une \u00e9cole primaire de trois classes flambant neuf, mettant \u00e0 l\u2019abri ses enfants qui apprenaient dans des classes sous paillotes. Le projet de construction de l\u2019\u00e9cole a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 par la Banque mondiale \u00e0 travers le deuxi\u00e8me Programme national de gestion des terroirs, phase 3 (PNGT2-3). L\u2019entreprise g\u00e9n\u00e9rale Afrique g\u00e9nie, retenue sur appel d\u2019offres, a assur\u00e9 l\u2019ex\u00e9cution des travaux, d\u2019un montant de 22\u00a0526\u00a0714 FCFA. Mais le b\u00e2timent, r\u00e9ceptionn\u00e9 le 25 novembre 2016, s\u2019est effondr\u00e9 le 28 mai 2017. Un rapport d\u2019expertise fait ressortir que le b\u00e2timent est situ\u00e9 sur un passage de vents violents. L\u2019adjudicataire estime avoir respect\u00e9 les normes de construction et n\u2019\u00e9carte pas des cas de \u00ab\u00a0sorcellerie\u00a0\u00bb pour justifier la chute de l\u2019\u00e9cole. Peu convaincu par ces justifications, nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019entendre les principaux acteurs et recueillir l\u2019avis d\u2019un sp\u00e9cialiste.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019effondrement de l\u2019\u00e9cole et \u00e0 la demande de la Banque mondiale, le PNGT2 a sollicit\u00e9 l\u2019expertise de la direction r\u00e9gionale du minist\u00e8re de l\u2019Habitat et de l\u2019Urbanisme du Plateau central. Ainsi, le 3 ao\u00fbt 2017, le chef de service de l\u2019Architecture, de l\u2019Habitat et de la Construction de cette direction, T\u00e9gwend\u00e9 Ou\u00e9draogo, s\u2019est rendu sur les lieux, accompagn\u00e9 du comptable de la mairie de To\u00e8ghin, Anatole Ou\u00e9draogo et du conseiller municipal, Adama Tapsoba. L\u2019\u00e9quipe a analys\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments structuraux du b\u00e2timent. Le rapport d\u2019expertise issu de cette visite atteste de la bonne qualit\u00e9 de l\u2019infrastructure. Ce document dont nous avons obtenu copie indique que les normes de construction ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es \u00e0 98%. La seule anomalie signal\u00e9e est la mauvaise qualit\u00e9 des longrines de la terrasse. Au-del\u00e0, l\u2019expertise n\u2019a pas permis de d\u00e9terminer la ou les principale(s) cause (s) de la chute du b\u00e2timent. \u00ab\u00a0Il se pourrait que le b\u00e2timent soit situ\u00e9 sur le passage d\u2019un vent qui \u00e9tait tr\u00e8s violent, causant sa ruine\u00a0\u00bb, conclut le rapport.<\/p>\n<h3>L\u2019hypoth\u00e8se du vent battue en br\u00e8che<\/h3>\n<p>L\u2019\u00e9difice s\u2019\u00e9tant effondr\u00e9, il y a des \u00e9l\u00e9ments que l\u2019on se devait d\u2019analyser. C\u2019est le cas par exemple, de l\u2019absence de joint de rupture sur la charpente. Le joint de rupture est constitu\u00e9 de deux murs s\u00e9par\u00e9s par un polystyr\u00e8ne. Il contribue \u00e0 renforcer la solidit\u00e9 du b\u00e2timent et permet de conserver, au moins, une partie en cas d\u2019effondrement.<br \/>\nPar ailleurs, l\u2019hypoth\u00e8se du vent qui aurait emport\u00e9 l\u2019\u00e9cole est battue en br\u00e8che par les habitations en banco situ\u00e9es sur le m\u00eame alignement que l\u2019\u00e9cole, rest\u00e9es debout. De m\u00eame, les classes sous paillote construites en 2013 dans les environs n\u2019ont pas c\u00e9d\u00e9 aux intemp\u00e9ries. Certains villageois, perplexes face \u00e0 cette hypoth\u00e8se, rappellent que m\u00eame leurs greniers livr\u00e9s aux vents sont rest\u00e9s intacts. Pour sa part, Philippe Ilboudo, Pr\u00e9sident-directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019entreprise Afrique g\u00e9nie, maintient la th\u00e8se de la catastrophe naturelle.<\/p>\n<p>Il suspecte \u00e9galement les Nionioss\u00e9 (forgerons) d\u2019avoir utilis\u00e9 des pouvoirs mystiques pour orchestrer la chute du b\u00e2timent dans le seul but de saboter son travail. Cette deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se se fonde sur le fait qu\u2019au d\u00e9part, il y a eu des tiraillements sur le choix du site. Mais finalement, les villageois se sont accord\u00e9s et ont donn\u00e9 leur quitus aux autorit\u00e9s de construire l\u2019\u00e9cole sur le site querell\u00e9. \u00ab Le rapport nous conforte. J\u2019ai respect\u00e9 le dosage comme il se doit et le suivi a \u00e9t\u00e9 bien fait\u00a0\u00bb, se justifie Philippe Ilboudo. Des propos balay\u00e9s du revers de la main par Boukari Tapsoba, Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral (SG) du R\u00e9seau d\u2019action de veille citoyenne\u00a0(RAVC), une organisation de la soci\u00e9t\u00e9 civile de To\u00e8ghin qui a suivi les travaux de bout en bout. Il dit avoir alert\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises l\u2019entrepreneur et la mairie sur des cas de mauvaises ex\u00e9cutions de travaux sur le chantier.<\/p>\n<figure id=\"attachment_921\" aria-describedby=\"caption-attachment-921\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"921\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2021\/08\/16\/effondrement-dune-ecole-a-gogse-les-non-dits-de-linspection-technique\/eff\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?fit=787%2C590&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"787,590\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"eff\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Un raidisseur construit avec le fer de 8 sans un bon dosage&lt;br \/&gt;\ndu b\u00e9ton ne peut donner qu\u2019un tel r\u00e9sultat.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?fit=696%2C522&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-921\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff-300x225.jpg?resize=300%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?resize=696%2C522&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?resize=560%2C420&amp;ssl=1 560w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?resize=265%2C198&amp;ssl=1 265w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff.jpg?w=787&amp;ssl=1 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-921\" class=\"wp-caption-text\">Un raidisseur construit avec le fer de 8 sans un bon dosage<br \/>du b\u00e9ton ne peut donner qu\u2019un tel r\u00e9sultat.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il en veut pour preuve, la construction de raidisseurs (poteaux) sans utilisation de fer et le non-respect du dosage du b\u00e9ton. Aussi fait-il remarquer, le nombre de briques par sac de ciment n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9. \u00ab\u00a0Ils (les briquetiers) confectionnaient 50 briques, voire plus, par sac de ciment, alors que la norme est de 35 \u00e0 45\u00bb, d\u00e9voile-t-il. Outre ces imperfections, il d\u00e9nonce le manque de suivi r\u00e9gulier des travaux par les contr\u00f4leurs. Au cours d\u2019une rencontre avec les autorit\u00e9s municipales le 30 d\u00e9cembre 2020 et un autre entretien avec le maire de To\u00e8ghin, Idrissa Sawadogo, le 12 janvier 2021, il est ressorti qu\u2019avant le d\u00e9marrage des travaux, la mairie avait recrut\u00e9 un consultant, pour assurer cette mission de contr\u00f4le. Mais \u00e0 la derni\u00e8re minute, il s\u2019est vu remplacer par un technicien de la marie du nom de Kaly Michel Son, au pr\u00e9texte que le consultant n\u2019est pas pass\u00e9 signer son contrat \u00e0 temps.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand on gagne ce genre de march\u00e9, on vient se faire notifier avant le d\u00e9but des travaux. Mais l\u2019entreprise \u00e9tait pr\u00eate et le contr\u00f4leur n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0. En fin de compte, nous n\u2019avons pas sign\u00e9 de contrat avec lui. Il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par un technicien de la marie\u00a0\u00bb, relate Ibrahim Soro Par\u00e9, responsable des march\u00e9s \u00e0 la mairie de To\u00e8ghin. Que se cache-t-il derri\u00e8re cette d\u00e9cision de la mairie\u00a0? Pourquoi l\u2019entreprise a-t-elle pr\u00e9cipit\u00e9 les travaux sans l\u2019aval du consultant? O\u00f9 \u00e9tait le consultant au moment o\u00f9 la mairie avait besoin de lui\u00a0? Autant de questions que nous avons pos\u00e9es aux autorit\u00e9s municipales sans obtenir de r\u00e9ponse. Toutes nos tentatives pour avoir l\u2019identit\u00e9 et le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone du consultant afin d\u2019entrer en contact avec lui ont \u00e9t\u00e9 infructueuses. La r\u00e9alit\u00e9 de ce recrutement reste donc \u00e0 prouver.<\/p>\n<h3>Des receleurs de ciment passent aux aveux<\/h3>\n<p>Profitant des absences r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des contr\u00f4leurs sur le chantier, les ouvriers se livrent au pillage. A en croire Boukari Tapsoba, il y a eu des vols de ciment, par les ma\u00e7ons, sur le chantier. \u00ab\u00a0Ils revendaient les sacs de ciment sur place, moins cher, \u00e0 la population\u00a0\u00bb, mentionne-t-il. Un ouvrier ayant requis l\u2019anonymat, par crainte de repr\u00e9sailles, confirme les propos de M. Tapsoba sur les cas de vol et de recel de ciment. Au cours de nos investigations, trois individus dont deux receleurs, sont pass\u00e9s aux aveux, \u00e9galement sous le couvert de l\u2019anonymat. L\u2019un t\u00e9moigne qu\u2019il s\u2019est offert le ciment (CPA45) \u00e0 3 000 FCFA l\u2019unit\u00e9 et l\u2019autre \u00e0 3\u00a0500 FCFA l\u2019unit\u00e9. Sur le march\u00e9 local, le m\u00eame produit se n\u00e9gocie entre 5 500 et 6 000 FCFA l\u2019unit\u00e9. Craignant pour leur sort en cas de poursuites judiciaires, ils refusent de d\u00e9voiler les quantit\u00e9s approvisionn\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Du moment o\u00f9 nous en avons achet\u00e9, permettez-nous de ne pas aller dans les d\u00e9tails\u00bb, supplient-ils. Un particulier avoue qu\u2019il s\u2019est procur\u00e9 5 sacs \u00e0 12 500 FCFA, soit 2 500 FCFA l\u2019unit\u00e9, pour satisfaire ses propres besoins. Malgr\u00e9 ces aveux, aucune plainte n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la police ou \u00e0 la gendarmerie contre X. A \u00e9couter Boukari Tapsoba, les OSC ont jou\u00e9 leur r\u00f4le de veille citoyenne au cours de la construction de cette \u00e9cole. Il explique en substance que des \u00e9quipes de contr\u00f4le se relayaient chaque jour sur le chantier, naturellement sans divulguer les raisons de leur pr\u00e9sence sur les lieux \u00e0 qui que ce soit. \u00ab\u00a0On envoyait quelqu\u2019un surveiller les travaux du matin jusqu\u2019au soir, \u00e0 la descente\u00a0\u00bb, souligne-t-il. Cette d\u00e9marche citoyenne leur a permis, selon lui, de recenser un certain nombre d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s et d\u2019interpeller du m\u00eame coup les autorit\u00e9s sur les mauvaises pratiques. \u00ab\u00a0Comme les contr\u00f4leurs ont dit que le b\u00e2timent est bien construit, que pouvons-nous dire de plus\u00a0?\u00a0\u00bb, s\u2019interroge, l\u2019air triste, Sibila Paul Ou\u00e9draogo, chef du village, par ailleurs pr\u00e9sident du Conseil villageois de d\u00e9veloppement (CVD) de Gogs\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le cadre de cette enqu\u00eate, nous nous sommes attach\u00e9 les services du technicien en b\u00e2timent, Th\u00e9ophane Jean-Marie Gbangou, par ailleurs directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019entreprise de construction Arch\u2019 Service international (ASI), sp\u00e9cialiste dans le suivi-contr\u00f4le des travaux de construction. Pour ce faire, il se rend sur les ruines du b\u00e2timent le samedi 30 avril 2021 pour r\u00e9aliser une contre-expertise. Il passe ainsi au scanner tous les \u00e9l\u00e9ments structuraux du b\u00e2timent. En les examinant minutieusement, il d\u00e9tecte de nombreuses anomalies. Ses propos confortent les accusations de Boukari Tapsoba qui a, auparavant, relev\u00e9 plusieurs failles affectant la qualit\u00e9 de l\u2019infrastructure. Le technicien d\u00e9montre, avec preuves \u00e0 l\u2019appui, que les normes de construction sont foul\u00e9es aux pieds par l\u2019entrepreneur.<\/p>\n<p>Sa conviction est que ces manquements graves ne peuvent pas \u00e9chapper \u00e0 la vue des contr\u00f4leurs, a fortiori le technicien mandat\u00e9 par les autorit\u00e9s pour faire la lumi\u00e8re sur cette sombre affaire. A son avis, il y a anguille sous roche. \u00ab\u00a0Pour moi, il y a une complicit\u00e9 entre les contr\u00f4leurs et l\u2019entrepreneur, sinon ils auraient pu d\u00e9tecter les failles qui sont visibles partout dans le b\u00e2timent\u00bb, fustige-t-il. Contact\u00e9, l\u2019agent du PNGT2 charg\u00e9 de suivre l\u2019ex\u00e9cution du projet, Noufou Dahani, apr\u00e8s plusieurs rendez-vous manqu\u00e9s, a finalement d\u00e9cid\u00e9 de ne pas se prononcer sur le sujet. M\u00eame refus chez le directeur r\u00e9gional en charge de l\u2019habitat du Plateau central qui a d\u00e9clin\u00e9 nos rendez-vous.<\/p>\n<h3>Construit avec des morceaux de fer<\/h3>\n<p>Les hypoth\u00e8ses de vent et de la \u00ab\u00a0sorcellerie\u00a0\u00bb (Nionioss\u00e9) sont fragilis\u00e9es par le rapport du sp\u00e9cialiste. Le rapport dress\u00e9 par le technicien en b\u00e2timent, Th\u00e9ophane Jean-Marie Gbangou, fait ressortir que les fers \u00e0 b\u00e9ton utilis\u00e9s sont de mauvaise qualit\u00e9. La plupart des fers sont en recouvrement. Pis encore, ces recouvrements sont mal faits. Le<\/p>\n<figure id=\"attachment_945\" aria-describedby=\"caption-attachment-945\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"945\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2021\/08\/16\/effondrement-dune-ecole-a-gogse-les-non-dits-de-linspection-technique\/tore\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/tore.jpg?fit=780%2C645&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"780,645\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"tore\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Le maire de To\u00e8ghin, Idrissa Sawadogo : \u00ab De nos jours, c\u2019est tr\u00e8s rare d\u2019avoir un b\u00e2timent sans fissures \u00bb.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/tore.jpg?fit=300%2C248&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/tore.jpg?fit=696%2C576&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-945\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/tore-300x248.jpg?resize=300%2C248&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"248\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/tore.jpg?resize=300%2C248&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/tore.jpg?resize=768%2C635&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/tore.jpg?resize=696%2C576&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/tore.jpg?resize=508%2C420&amp;ssl=1 508w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/tore.jpg?w=780&amp;ssl=1 780w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-945\" class=\"wp-caption-text\">Le maire de To\u00e8ghin, Idrissa Sawadogo : \u00ab De nos jours, c\u2019est tr\u00e8s rare d\u2019avoir un b\u00e2timent sans fissures \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>recouvrement est la technique de prolongement du fer par un autre. Il est fait de telle sorte que les deux bouts s\u2019embo\u00eetent jusqu\u2019\u00e0 une distance d\u2019environ 30 cm. Or, dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, on se retrouve avec des recouvrements d\u2019environ 5 \u00e0 6 cm. \u00abD\u00e8s qu\u2019il y a un mouvement, le fer qui vient recouvrir n\u2019arrive pas \u00e0 jouer le m\u00eame r\u00f4le que le fer initial. Et cela est visible un peu partout dans le b\u00e2timent. C\u2019est l\u2019un des facteurs ayant caus\u00e9 sa chute\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve M. Gbangou.<\/p>\n<p>Les raidisseurs (poteaux) recouvr\u00e9s sont vuln\u00e9rables au moindre choc. \u00ab\u00a0Si un raidisseur est recouvr\u00e9 deux ou trois fois, c\u2019est s\u00fbr qu\u2019il ne peut plus avoir sa force initiale\u00a0\u00bb, affirme le technicien. Des raidisseurs porteurs sont construits avec du fer \u00e0 b\u00e9ton de dimensions diff\u00e9rentes. En dehors de ceux situ\u00e9s le long de la fa\u00e7ade du b\u00e2timent qui sont en fer de 10, les autres sont en fer de 8. A en croire Th\u00e9ophane Gbangou, le fer de 10 est pourtant recommand\u00e9 \u00e0 tous les niveaux. Chose curieuse, certains raidisseurs situ\u00e9s le long de la fa\u00e7ade n\u2019ont pas de fondation. C\u2019est \u00e0 partir du chainage qu\u2019ils d\u00e9butent. Comme si cela ne suffisait pas, on enregistre des raidisseurs construits sans utilisation de fer. De plus, sur les angles, le chainage venant du c\u00f4t\u00e9 de la largeur et celui venant du c\u00f4t\u00e9 de la longueur ne se joignent pas correctement de mani\u00e8re \u00e0 former un lien solide.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils sont libres de part et d\u2019autre\u00a0\u00bb, fait remarquer le technicien en b\u00e2timent. Par cons\u00e9quent, s\u2019indigne-t-il, \u00ab\u00a0il n\u2019y a pas de raison que le b\u00e2timent ne c\u00e8de pas\u00a0\u00bb. Des fers cens\u00e9s supporter le m\u00eame poids ont des sections diff\u00e9rentes. Et ce n\u2019est pas la fin des surprises. La qualit\u00e9 des agr\u00e9gats constitue une autre paire de manches. Le technicien Gbangou indique que pour un tel projet, du quartz aurait d\u00fb \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 la place du gravillon pour couler le b\u00e9ton. \u00ab\u00a0Le b\u00e9ton est de tr\u00e8s mauvaise qualit\u00e9\u00a0\u00bb, constate-t-il. Th\u00e9ophane Jean-Marie Gbangou d\u00e9plore en outre l\u2019absence de b\u00e9ton d\u2019arase sur la partie sup\u00e9rieure du b\u00e2timent, niveau pente. De ses explications, c\u2019est juste du b\u00e9ton de 20 cm x 20 cm qui a \u00e9t\u00e9 coul\u00e9 pour fixer les barres transversales. Le b\u00e9ton d\u2019arase est un b\u00e9ton qui est coul\u00e9 autour du p\u00e9rim\u00e8tre du b\u00e2timent avant de poser les t\u00f4les.<\/p>\n<p>Pour le technicien, ces barres transversales commun\u00e9ment appel\u00e9es IPN devraient se reposer sur des platines ancr\u00e9es dans ce type de b\u00e9ton et non pas dans \u00ab\u00a0un b\u00e9ton de couronnement qui est arm\u00e9\u00a0\u00bb comme l\u2019indique le rapport. D\u2019apr\u00e8s lui, d\u00e8s que ce b\u00e9ton de 20 cm x 20 cm c\u00e8de, tout le b\u00e2timent s\u2019\u00e9croule. Apr\u00e8s l\u2019installation des t\u00f4les, normalement un b\u00e9ton d\u2019appui de t\u00f4les est coul\u00e9 au-dessus de la toiture. Malheureusement, ce b\u00e9ton est inexistant. L\u2019entrepreneur s\u2019est juste content\u00e9 de briques taill\u00e9es \u00e0 certains endroits. \u00ab\u00a0Ces briques ne peuvent pas \u00eatre plus r\u00e9sistantes que le b\u00e9ton parce que les deux ne font pas le m\u00eame travail\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise le technicien. En tous les cas, il se dit persuad\u00e9 que l\u2019entrepreneur a fait ce qui lui convient. \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas une incomp\u00e9tence, c\u2019est un camouflage\u00a0\u00bb, tranche-t-il.<\/p>\n<h3>Du laxisme des membres de la commission<\/h3>\n<p>En se basant sur le rapport du minist\u00e8re en charge de l\u2019habitat selon lequel le b\u00e2timent s\u2019est effondr\u00e9 \u00e0 la suite de causes naturelles, les autorit\u00e9s sont parvenues \u00e0 convaincre le bailleur \u00e0 refinancer la construction du b\u00e2timent. Ainsi, la Banque mondiale d\u00e9caisse une somme de 20\u00a0045 807 FCFA \u00e0 leur profit. Plus de 22 millions FCFA ont permis de construire une infrastructure manifestement de mauvaise qualit\u00e9. Une somme inf\u00e9rieure peut-elle suffire \u00e0 faire mieux\u00a0? En tous les cas, la question reste pos\u00e9e. Sur ce, une autre entreprise d\u00e9nomm\u00e9e Etablissement Sana Madi (ESM) a \u00e9t\u00e9 retenue, sur un nouvel appel d\u2019offres, pour l\u2019ex\u00e9cution des travaux au d\u00e9triment de l\u2019entreprise g\u00e9n\u00e9rale Afrique g\u00e9nie. Cette fois-ci, la mairie a recrut\u00e9 un consultant en la personne de Daouda B\u00e9nin, sp\u00e9cialiste dans le suivi et contr\u00f4le des travaux de construction. La construction de ce nouveau b\u00e2timent est soumise \u00e0 un double contr\u00f4le.<\/p>\n<p>De ce fait, le technicien B\u00e9nin est lui-m\u00eame supervis\u00e9 par les techniciens de la direction r\u00e9gionale en charge de l\u2019habitat du Plateau central. L\u2019entreprise ESM se met rapidement \u00e0 la t\u00e2che. Seulement, elle sera confront\u00e9e au probl\u00e8me de choix des mat\u00e9riaux de construction. Car certains mat\u00e9riaux propos\u00e9s dans le Dossier d\u2019appel d\u2019offres (DAO) ne sont pas adapt\u00e9s et ne sauraient garantir la qualit\u00e9 de l\u2019infrastructure. Le contr\u00f4leur Benin d\u00e9nonce des insuffisances dans l\u2019\u00e9laboration du DAO. Pour combler ces lacunes, il dit avoir mis la pression sur l\u2019entrepreneur pour qu\u2019il n\u2019utilise pas de la camelote. Raison pour laquelle il a exig\u00e9 que le fer de 8 recommand\u00e9 dans le DAO soit remplac\u00e9 par le fer de 10, \u00e9tant donn\u00e9 que la diff\u00e9rence, en termes de prix, n\u2019est pas trop grande. \u00ab\u00a0Vu ce qui s\u2019est pass\u00e9 au niveau du premier b\u00e2timent et aujourd\u2019hui, avec la qualit\u00e9 des fers sur le march\u00e9, je lui ai conseill\u00e9 le fer de 10\u00a0\u00bb, sugg\u00e8re Daouda B\u00e9nin.<\/p>\n<p>Des propos corrobor\u00e9s par l\u2019entrepreneur Madi Sana qui reconna\u00eet avoir accept\u00e9 cette proposition, \u00e0 contrec\u0153ur. \u00ab\u00a0Le fer de 8 propos\u00e9 dans le DAO \u00e9tant faible, j\u2019ai fini par travailler avec le fer de 10\u00a0\u00bb, avance-t-il. En ce qui concerne l\u2019utilisation du ciment, l\u2019entrepreneur a voulu remplacer le CPA45 propos\u00e9 dans le DAO par le CPJ35. Le contr\u00f4leur B\u00e9nin s\u2019y oppose. A l\u2019issue de ce bras de fer, l\u2019entrepreneur Sana Madi a accept\u00e9 travailler avec le CPA45. Il n\u2019\u00e9tait pas non plus favorable \u00e0 l\u2019utilisation du quartz pour couler le b\u00e9ton au niveau des raidisseurs. Il \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 travailler avec le gravillon. Finalement, il s\u2019est ravis\u00e9. Au moment de la livraison de l\u2019infrastructure \u00e0 la commune, des probl\u00e8mes pour le moins inattendus, surgissent. En effet, lors de la r\u00e9ception provisoire du b\u00e2timent, les autorit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 surprises de constater que des t\u00f4les Galva ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9es \u00e0 la place des t\u00f4les Alu zinc.<\/p>\n<figure id=\"attachment_922\" aria-describedby=\"caption-attachment-922\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"922\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2021\/08\/16\/effondrement-dune-ecole-a-gogse-les-non-dits-de-linspection-technique\/eff2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?fit=787%2C590&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"787,590\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"eff2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;L\u2019expert en b\u00e2timent, Th\u00e9ophane Jean-Marie Gbangou, d\u00e9nonce&lt;br \/&gt;\ndes complicit\u00e9s entre les contr\u00f4leurs et l\u2019entrepreneur.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?fit=696%2C522&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-922\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2-300x225.jpg?resize=300%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?resize=696%2C522&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?resize=560%2C420&amp;ssl=1 560w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?resize=265%2C198&amp;ssl=1 265w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff2.jpg?w=787&amp;ssl=1 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-922\" class=\"wp-caption-text\">L\u2019expert en b\u00e2timent, Th\u00e9ophane Jean-Marie Gbangou, d\u00e9nonce<br \/>des complicit\u00e9s entre les contr\u00f4leurs et l\u2019entrepreneur.<\/figcaption><\/figure>\n<p>En jetant un coup d\u2019\u0153il dans son dossier, il s\u2019av\u00e8re que l\u2019entrepreneur a tromp\u00e9 les membres de la commission en proposant des choses diff\u00e9rentes de ce qui est contenu dans le DAO. Ce changement de mat\u00e9riel leur a tous \u00e9chapp\u00e9. Ibrahim Soro Par\u00e9 se d\u00e9fend en ces termes\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Comme l\u2019entrepreneur sait que les gens ne prennent pas soin de lire son devis, il a d\u00fb faire un changement de mat\u00e9riel que la commission n\u2019a pas remarqu\u00e9\u00a0\u00bb. A l\u2019\u00e9couter, le bon sens aurait voulu que la commission proc\u00e8de \u00e0 la v\u00e9rification du mat\u00e9riel avant de valider son dossier. \u00ab\u00a0Avant de lui donner le march\u00e9, nous devions nous assurer que son dossier \u00e9tait conforme \u00e0 celui de la mairie\u00a0\u00bb, assure-t-il. Puis au contr\u00f4leur Daouda B\u00e9nin de rench\u00e9rir: \u00ab\u00a0Il a propos\u00e9 ce qu\u2019il pouvait faire. Donc, nul ne peut lui en vouloir pour \u00e7a\u00bb. Cette mutation a valu une sanction contre Sana Madi.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 somm\u00e9 de construire un local pour compenser les pertes subies par la mairie. Cette maisonnette devrait servir de magasin ou de bureau pour le directeur de l\u2019\u00e9cole. Madi Sana affirme que ce local lui a co\u00fbt\u00e9 plus de 500 mille FCFA. Il d\u00e9nonce, par ailleurs, une r\u00e9tention ill\u00e9gale de 500 mille FCFA sur sa solde pour 10 jours de retard. Le contr\u00f4leur Daouda B\u00e9nin conseille de veiller, \u00e0 l\u2019avenir, sur la conformit\u00e9 des dossiers afin d\u2019\u00e9viter les incompr\u00e9hensions, sources de conflits inutiles. \u00ab\u00a0Il y a des gens qui ne font pas honn\u00eatement leur travail\u00a0\u00bb, fustige-t-il. A l\u2019entendre, ce type d\u2019attitudes d\u00e9teint sur l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de l\u2019entrepreneur qui est, au final, accus\u00e9 d\u2019amateurisme ou de corruption.<\/p>\n<h3>Des fissures \u00ab\u00a0normales\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>Le nouveau b\u00e2timent est d\u00e9j\u00e0 en situation de d\u00e9gradation. La terrasse, construite au d\u00e9part sans utilisation de fer, a \u00e9t\u00e9 reprise. Parmi les nombreuses imperfections figure le non-respect des dimensions des ouvertures. Au d\u00e9part, il \u00e9tait question de construire des fen\u00eatres de 120 cm. Mais \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e, ce sont des fen\u00eatres de 180 cm qui ont \u00e9t\u00e9 construites. Une telle dimension, selon les sp\u00e9cialistes, n\u2019est pas adapt\u00e9e aux \u00e9coles. Cette erreur a \u00e9galement \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 toute la cha\u00eene. Que dire des fissures\u00a0? Les salles sont inond\u00e9es, non seulement \u00e0 cause de ces fissures sur les murs mais \u00e9galement du fait des nombreux trous qui sont apparus sur le toit. L\u2019entrepreneur tente de colmater les br\u00e8ches, mais il est souvent submerg\u00e9 par ces multiples r\u00e9parations.<\/p>\n<p>Entre-temps, les pommelles des portes ont l\u00e2ch\u00e9. Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 deux bonnes saisons (2018-2019 et 2019-2020), on se demande si le b\u00e2timent pourra encore supporter toutes les caprices de la nature. Pour parer \u00e0 toute \u00e9ventualit\u00e9, le directeur de l\u2019\u00e9cole, Ibrahim Gansonr\u00e9, a pris les devants. \u00ab\u00a0Lorsque la pluie se pr\u00e9pare, nous lib\u00e9rons les enfants \u00bb, l\u00e2che-t-il, tout en pr\u00e9cisant que \u00abc\u2019est une chance que le premier b\u00e2timent soit \u00e9croul\u00e9 un dimanche en l\u2019absence des enfants\u00a0\u00bb. L\u2019entrepreneur Madi Sana et les autorit\u00e9s municipales semblent cependant minimiser les risques.<\/p>\n<p>Pour eux, la pr\u00e9sence des fissures sur le b\u00e2timent est, somme toute, normale. L\u2019entrepreneur Sana estime, pour sa part, qu\u2019elles ne sont pas si importantes au point de provoquer un effondrement. Les autorit\u00e9s municipales, qui devraient en toute logique d\u00e9noncer ces mauvaises pratiques, essaient de justifier ces manquements graves. \u00abDe nos jours, c\u2019est tr\u00e8s rare d\u2019avoir un b\u00e2timent sans fissures\u00bb, se convainc le maire de To\u00e8ghin, Idrissa Sawadogo. Un avis partag\u00e9 par le responsable des march\u00e9s publics de la commune, Ibrahim Soro Par\u00e9 qui d\u00e9clare: \u00ab\u00a0Les techniciens disent qu\u2019il faut un temps pour que le b\u00e2timent s\u2019affaisse avant de prendre sa forme normale\u00a0\u00bb. En lui posant la question de savoir si sa maison, \u00e0 lui, s\u2019est affaiss\u00e9e avant d\u2019avoir sa forme normale, M. Par\u00e9 restera muet comme une carpe.<\/p>\n<p>En revanche, le Pr\u00e9sident-directeur g\u00e9n\u00e9ral (PDG) de l\u2019entreprise g\u00e9n\u00e9rale Afrique g\u00e9nie, Philippe Ilboudo, estime de son c\u00f4t\u00e9 avoir accompli sa part de contrat. En tout \u00e9tat de cause, M. Ilboudo soutient que son entreprise ne peut pas b\u00e2cler le travail sans s\u2019attirer la foudre des techniciens. \u00ab Je remercie Dieu de ce que les rapports nous d\u00e9douanent \u00bb, s\u2019exclame-t-il. Ces derniers temps, les effondrements d\u2019\u00e9coles sont devenus l\u00e9gion au Burkina Faso. Le cas de Dand\u00e9, dans les Hauts-Bassins, qui a caus\u00e9 cette ann\u00e9e des bless\u00e9s et m\u00eame une perte en vie humaine, est illustratif de cet \u00e9tat de fait. Le Conseil des ministres, en sa s\u00e9ance du mercredi 16 juin 2021, a tir\u00e9 sur la sonnette d\u2019alarme sur la mauvaise qualit\u00e9 des infrastructures publiques. Pas moins de 170 infrastructures publiques dont 110 \u00e9tablissements scolaires, sont en situation de d\u00e9gradation avanc\u00e9e. Et comme la pluie et le vent sont toujours l\u00e0 pour tester la qualit\u00e9 de ces infrastructures publiques, la saison pluvieuse risque de nous r\u00e9server encore des surprises.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Ouamtinga Michel ILBOUDO<\/strong><br \/>\nOmichel20@gmail.com<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Gogs\u00e9 n\u2019est pas un cas isol\u00e9 dans le Kourw\u00e9ogo<\/strong><\/p>\n<p>Elles sont nombreuses, les infrastructures \u00e9ducatives du Kourw\u00e9ogo qui se retrouvent dans cette situation inconfortable. Au Coll\u00e8ge d\u2019enseignement g\u00e9n\u00e9ral (CEG) de Mouni dans la commune rurale de Niou, les b\u00e2timents construits en 2016 sont dans un \u00e9tat de d\u00e9labrement avanc\u00e9. Si bien qu\u2019en saison pluvieuse, les salles sont inond\u00e9es. Pour rem\u00e9dier \u00e0 ce probl\u00e8me, les villageois ont entrepris des travaux de r\u00e9habilitation qui ont permis de sauver cette infrastructure. A l\u2019aide de goudron, ils ont r\u00e9ussi tant bien que mal \u00e0 boucher les trous sur le toit. Un nouveau b\u00e2timent construit pour renforcer les capacit\u00e9s d\u2019accueil de l\u2019\u00e9cole primaire du m\u00eame village \u00e9tait inutilisable pour les m\u00eames raisons. Fort de ce constat, les villageois se sont mobilis\u00e9s pour sauver cette infrastructure.<\/p>\n<p>Dans le cadre de l\u2019enqu\u00eate parlementaire sur la qualit\u00e9 des infrastructures \u00e9ducatives r\u00e9alis\u00e9e en 2017, les d\u00e9put\u00e9s avaient exig\u00e9 la d\u00e9molition pure et simple des b\u00e2timents d\u00e9labr\u00e9s pour \u00e9viter un drame. Mais faute de mieux, les villageois les ont conserv\u00e9s. Pourtant, le tout premier b\u00e2timent de l\u2019\u00e9cole primaire construit sous la R\u00e9volution ne pr\u00e9sente aucune fissure. A Yimkouka dans la commune rurale de To\u00e8ghin, le m\u00eame probl\u00e8me se pose avec acuit\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, la qualit\u00e9 des infrastructures \u00e9ducatives n\u2019est pas du tout reluisante dans le Kourw\u00e9ogo. Si des actions fortes ne sont pas entreprises pour rem\u00e9dier \u00e0 ces probl\u00e8mes, il est fort \u00e0 parier que l\u2019on continuera \u00e0 inaugurer des infrastructures qui s\u2019\u00e9crouleront comme des ch\u00e2teaux de cartes en saison pluvieuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>O.M.I<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Boukari Tapsoba en paie les frais<\/strong><\/p>\n<p>Boukari Tapsoba dit payer le prix de son engagement \u00e0 d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de sa communaut\u00e9. \u00ab J\u2019ai d\u00e9nonc\u00e9 beaucoup de choses sur le chantier au point qu\u2019un financement de 5 millions F CFA accord\u00e9 \u00e0 notre OSC par un partenaire Suisse pour organiser le cadre de concertation communal a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9 par la mairie au profit d\u2019autres OSC \u00bb, t\u00e9moigne-t-il avant de pr\u00e9ciser: \u00ab L\u2019argent devait passer par la mairie pour nous parvenir. Quand nous avons voulu chercher \u00e0 comprendre, on nous a r\u00e9pondu que le maire est libre de choisir les OSC avec qui il envisage mettre en place le cadre de concertation \u00bb. Tout engagement a un prix. Reste \u00e0 savoir jusqu\u2019o\u00f9 M. Tapsoba pourra supporter les coups.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>O.M.I<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9cole primaire de Gogs\u00e9 dans la commune rurale de To\u00e8ghin (province du Kourw\u00e9ogo, r\u00e9gion du Plateau central) s\u2019est effondr\u00e9e, le 28 mai 2017, soit six mois trois jours apr\u00e8s sa r\u00e9ception provisoire. Sur la base d\u2019un rapport d\u2019expertise qui r\u00e9v\u00e8le que l\u2019infrastructure a c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la suite de causes naturelles, la Banque mondiale a encore [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":923,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[82,22,89],"tags":[],"class_list":{"0":"post-918","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-dossier","8":"category-environnement","9":"category-la-une-site"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/eff3.jpg?fit=787%2C590&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paqtIK-eO","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/918","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=918"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/918\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media\/923"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=918"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=918"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=918"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}