{"id":933,"date":"2021-08-16T21:54:12","date_gmt":"2021-08-16T21:54:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=933"},"modified":"2021-08-16T22:02:46","modified_gmt":"2021-08-16T22:02:46","slug":"mahamady-ouedraogo-secretaire-general-de-laspmy-pour-le-moment-ce-sont-les-ghaneens-qui-fixent-les-prix-des-produits-maraichers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2021\/08\/16\/mahamady-ouedraogo-secretaire-general-de-laspmy-pour-le-moment-ce-sont-les-ghaneens-qui-fixent-les-prix-des-produits-maraichers\/","title":{"rendered":"Mahamady Ou\u00e9draogo, Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ASPMY : \u00ab Pour le moment, ce sont les Ghan\u00e9ens  qui fixent les prix des produits mara\u00eechers\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>Au Yatenga, le mara\u00eechage est devenu une tradition. Malgr\u00e9 ses retomb\u00e9es \u00e9conomiques et sociales, le secteur reste confront\u00e9 \u00e0 plusieurs maux. Aux probl\u00e8mes habituels d\u2019eau, de conservation ou de commercialisation, se greffent d\u00e9sormais des d\u00e9fis s\u00e9curitaire et sanitaire. Dans cet entretien accord\u00e9 \u00e0 Carrefour Africain, le 24 mai 2021, le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral (SG) de l\u2019Association professionnelle des mara\u00eechers du Yatenga (ASPMY), Mahamady Ou\u00e9draogo, fait un tour d\u2019horizon des enjeux actuels li\u00e9s \u00e0 la production de contre-saison.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Carrefour Africain (C.A.) : Comment se porte actuellement la production mara\u00eech\u00e8re au<\/strong><strong>Yatenga ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mahamady Ou\u00e9draogo (M.O.) :<\/strong> Je dirai que le mara\u00eechage se porte bien au Yatenga. Mais force est de reconna\u00eetre que nous d\u00e9pendons fortement des al\u00e9as climatiques. Toute chose qui ne favorise pas une certaine assiduit\u00e9 dans nos activit\u00e9s. Parce que plus il pleut, plus on peut se permettre de produire en grande quantit\u00e9. Alors que dans le cas contraire, ce sont nos superficies et nos rendements qui baissent.<\/p>\n<p><strong>C.A. : De fa\u00e7on concr\u00e8te, quels sont les d\u00e9fis auxquels vous \u00eates confront\u00e9s de nos jours ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, on constate une baisse des quantit\u00e9s d\u2019eau de pluie. Cela a pour corollaire une baisse aussi de nos superficies de production. Il y a un changement climatique qui s\u2019op\u00e8re. Habituellement, nous produisons en p\u00e9riode de froid. Mais de nos jours, les cultures sont affect\u00e9es par la chaleur. Ce qui joue n\u00e9gativement sur les rendements. L\u2019autre d\u00e9fi est la migration de la main d\u2019\u0153uvre vers les diff\u00e9rents sites aurif\u00e8res. Sans oublier l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 qui est venue compromettre l\u2019activit\u00e9 mara\u00eech\u00e8re. Par exemple \u00e0 Thiou et \u00e0 Ramdolla (ndlr : localit\u00e9s frontali\u00e8res du Mali), des mara\u00eechers ne produisent plus \u00e0 cause de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. R\u00e9cemment, le Coronavirus s\u2019est aussi invit\u00e9 et a eu un impact n\u00e9gatif sur le mara\u00eechage. Nous avons aussi un d\u00e9fi li\u00e9 au financement. L\u2019activit\u00e9 mara\u00eech\u00e8re n\u2019est pas accompagn\u00e9e comme il se doit par les institutions de microfinances qui sont r\u00e9ticentes vis-\u00e0-vis d\u2019elle.<\/p>\n<p>La raison est qu\u2019on produit des denr\u00e9es qui sont hautement p\u00e9rissables ainsi que d\u2019autres facteurs qui entrent en ligne de compte et qui font que les financiers ne sont pas toujours pr\u00eats \u00e0 s\u2019y engager. C\u2019est ce que nous essayons de g\u00e9rer au quotidien pour donner de la valeur \u00e0 notre activit\u00e9. Nous avons remarqu\u00e9 que le mara\u00eechage est rel\u00e9gu\u00e9 au second plan. G\u00e9n\u00e9ralement, ce sont ceux qui ont \u00e9chou\u00e9 ailleurs qui s\u2019y retrouvent. Et nous voulons mettre fin \u00e0 cela. Nous voulons que, d\u00e9sormais, le mara\u00eechage soit une profession qui nourrit son homme et qui fait la fiert\u00e9 du producteur.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Qu\u2019en est-il r\u00e9ellement de l\u2019impact de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et de la maladie \u00e0 Coronavirus sur vos activit\u00e9s ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes ont eu un impact tr\u00e8s grand sur l\u2019activit\u00e9 mara\u00eech\u00e8re. Quand on n\u2019a pas pu produire parce que la zone est infest\u00e9e de terroristes, on ne peut pas nourrir sa famille ni subvenir \u00e0 d\u2019autres besoins. L\u2019impact du Coronavirus se situe surtout au niveau de la commercialisation. Si on produit et on n\u2019arrive pas \u00e0 vendre, c\u2019est inutile. La fermeture des fronti\u00e8res a compliqu\u00e9 davantage la situation. Au d\u00e9but, m\u00eame les marchandises avaient du mal \u00e0 sortir du territoire.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Au d\u00e9but de la COVID-19, des stocks de pomme de terre ont pourri \u00e0 Ouahigouya. Y a-t-il eu des mesures d\u2019accompagnement pour soulager les victimes ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Des promesses d\u2019accompagnement, il y en a eu mais rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Les autorit\u00e9s en charge de l\u2019agriculture nous avaient demand\u00e9 d\u2019\u00e9valuer les pertes subies. Nous avons fourni toutes les informations y relatives mais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, nous n\u2019avons b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019aucun appui. Je profite lancer un appel \u00e0 nos autorit\u00e9s pour qu\u2019elles tiennent leurs promesses. Car, nous aussi en tant que leaders des mara\u00eechers, nous en p\u00e2tissons. Quand les promesses tardent \u00e0 se concr\u00e9tiser, les producteurs peuvent soup\u00e7onner les responsables que nous sommes d\u2019avoir d\u00e9tourn\u00e9 leur d\u00fb. Et l\u00e0, on est expos\u00e9. Si on a promis d\u2019accompagner les producteurs, qu\u2019on le fasse et on avance. Dans le temps, il y a eu des sinistres et on a eu les m\u00eames promesses qui sont rest\u00e9es vaines. L\u2019impression qu\u2019on a, c\u2019est qu\u2019on nous a oubli\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Le mara\u00eechage rime avec la disponibilit\u00e9 de l\u2019eau. Comment vous arrivez \u00e0 g\u00e9rer cette question, \u00e9tant donn\u00e9 que le Yatenga fait partie des zones les moins arros\u00e9es du Burkina<\/strong><br \/>\n<strong>Faso ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Nous savons que la nature ne nous a pas \u00e9t\u00e9 cl\u00e9mente. C\u2019est au regard de cela que nous avons approch\u00e9 des partenaires afin qu\u2019ils nous accompagnent avec de nouvelles techniques d\u2019irrigation en vue d\u2019une utilisation rationnelle et raisonn\u00e9e de l\u2019eau. Notre combat actuel est de vulgariser ces technologies pour une gestion efficiente de l\u2019eau. En plus du fait que dame pluie nous joue des tours, il y a aussi que les capacit\u00e9s de stockage des barrages s\u2019amenuisent d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e. C\u2019est pourquoi, il faut travailler \u00e0 rendre disponible l\u2019eau d\u2019une autre mani\u00e8re \u00e0 travers la mise en place d\u2019ouvrages hydrauliques tels que les puits et les forages. En outre, nous mettons en place des mesures int\u00e9gr\u00e9es de gestion des ressources en eau qui permettent de recharger la nappe phr\u00e9atique. Sans oublier les formations et sensibilisations que nous menons aupr\u00e8s de nos producteurs pour qu\u2019ils adoptent les nouvelles techniques d\u2019irrigation. Des producteurs qui ne sont pas membres de l\u2019ASPMY b\u00e9n\u00e9ficient m\u00eame de ces conseils.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Depuis longtemps, des mara\u00eechers occupent les berges des barrages Kanazo\u00e9 et de Goinr\u00e9, \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Ouahigouya. Qu\u2019est-ce qui est fait \u00e0 votre niveau pour les dissuader ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Le fait m\u00eame que nous n\u2019y sommes pas est une forme de sensibilisation \u00e0 leur endroit. Un travail de fond a \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 l\u2019attention de nos membres pour les amener \u00e0 lib\u00e9rer les berges et \u00e0 s\u2019installer loin des barrages. Au d\u00e9but, \u00e7a n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 facile mais tout est rentr\u00e9 dans l\u2019ordre. D\u00e9sormais, ils utilisent des puisards munis de motopompes ou des forages. Nous recommandons \u00e0 tous les mara\u00eechers qui sont toujours autour des retenues d\u2019eau de suivre l\u2019exemple. C\u2019est un travail de longue haleine et nous allons y arriver. L\u2019objectif \u00e9tant de s\u00e9curiser les barrages pour p\u00e9renniser la production mara\u00eech\u00e8re. D\u00e8s qu\u2019on commence \u00e0 produire sur les berges, il y a le probl\u00e8me d\u2019ensablement des barrages et de pollution des eaux qui se pose. Mais de nos jours, beaucoup ont compris et sont en train de lib\u00e9rer les bandes de servitude. Toutefois, la sensibilisation se poursuit.<\/p>\n<p><strong>C.A. : La pomme de terre, l\u2019oignon et la tomate occupent le premier rang de la production mara\u00eech\u00e8re de la province. Pourquoi avoir mis l\u2019accent sur ces sp\u00e9culations ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Ce sont les besoins des consommateurs et surtout le march\u00e9 qui expliquent cette situation. M\u00eame si on nous commande des fraises, nous pouvons en produire. Donc, c\u2019est le march\u00e9 qui d\u00e9termine la production. Nous avons mis l\u2019accent sur la pomme de terre, l\u2019oignon et la tomate car la demande est tr\u00e8s forte \u00e0 ce niveau. Par exemple, l\u2019achat de la tomate par les Ghan\u00e9ens incite certains mara\u00eechers \u00e0 en produire en quantit\u00e9. Sinon nous produisons tout ce qui est sp\u00e9culation mara\u00eech\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Une chose est de produire, une autre est d\u2019\u00e9couler. Quelles sont les difficult\u00e9s \u00e0 ce niveau ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> L\u2019\u00e9coulement d\u00e9pend du march\u00e9. L\u2019activit\u00e9 mara\u00eech\u00e8re est r\u00e9gie par un calendrier. Ce qui fait qu\u2019on produit et on r\u00e9colte au m\u00eame moment. Alors que la loi du march\u00e9 dit que quand l\u2019offre d\u00e9passe la demande, n\u00e9cessairement les prix vont baisser. C\u2019est un d\u00e9fi et pour le pallier, on a pens\u00e9 qu\u2019il faut travailler \u00e0 aller vers la conservation. Car, un adage de notre milieu dit que le produit mara\u00eecher burkinab\u00e8 est pr\u00e9sent sur le march\u00e9 quand on n\u2019a pas besoin de lui et absent quand on en a besoin. Il faut donc travailler \u00e0 ce qu\u2019il soit pr\u00e9sent en permanence sur le march\u00e9 pour permettre au producteur de b\u00e9n\u00e9ficier des retomb\u00e9es de son activit\u00e9. On constate que les mara\u00eechers produisent \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode. Les produits se retrouvent \u00e0 la fois sur le march\u00e9 et \u00e7a casse les prix. Dans ces conditions, si vous ne faites pas attention, vous ne pouvez pas rentabiliser. Il faut donc travailler \u00e0 avoir des conserveries afin de juguler le probl\u00e8me. Nous avons eu la chance de tourner dans la sous-r\u00e9gion ouest-africaine avec nos produits. Loin de nous jeter des fleurs, il faut reconna\u00eetre que les produits mara\u00eechers burkinab\u00e8 sont les plus pris\u00e9s. Malheureusement, ils disparaissent trop t\u00f4t du march\u00e9 parce qu\u2019on n\u2019a pas d\u2019unit\u00e9s de conservation ad\u00e9quates.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Y a-t-il une r\u00e8glementation qui fixe les prix des produits mara\u00eechers ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Comme je le disais, quand on produit en abondance et qu\u2019on a l\u2019offre qui d\u00e9passe la demande, c\u2019est le commer\u00e7ant qui fixe les prix. Et comme nos produits sont hautement p\u00e9rissables, nous sommes oblig\u00e9s de les brader. Mais quand on stocke le produit dans des unit\u00e9s de conservation pendant un certain temps, la tendance change. Ce n\u2019est plus le commer\u00e7ant qui dicte le prix mais le producteur. En ce moment, on ne fait pas de la sp\u00e9culation mais de la r\u00e9gulation. Le commer\u00e7ant, tout comme le producteur sont des consommateurs. On a int\u00e9r\u00eat \u00e0 r\u00e9guler pour avoir le juste milieu et permettre \u00e0 chacun de trouver son compte. Pour l\u2019instant, les prix des produits nous proviennent g\u00e9n\u00e9ralement des autres pays de la sous-r\u00e9gion, soit de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Ghana, du Togo, soit du B\u00e9nin. Avec les nouvelles technologies de l\u2019information, on ne peut plus rien camoufler.<\/p>\n<p>Sinon, avant, les commer\u00e7ants trichaient sur les prix r\u00e9els ; dans la mesure o\u00f9 ce sont eux qui nous les rapportaient. Nous travaillons \u00e0 changer la donne. D\u00e9sormais, ce sont les commer\u00e7ants qui viendront prendre les prix avec nous. Les organisations des mara\u00eechers, en collaboration avec la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la promotion de l\u2019\u00e9conomie rurale (DGPER), sont en train de tenter une r\u00e9gulation du march\u00e9 mais elles sont confront\u00e9es \u00e0 des difficult\u00e9s. La plupart des commer\u00e7ants n\u2019aiment pas cette fa\u00e7on de travailler. Ils veulent toujours aller vers les achats bord champ qui les arrangent. Alors que notre approche est de travailler \u00e0 r\u00e9colter, \u00e0 stocker avant de commercialiser. L\u00e0, on peut faire de bonnes affaires \u00e0 travers des prix uniformes.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Le plus souvent, des Ghan\u00e9ens envahissent vos parcelles de production pour acheter la tomate notamment. Est-ce pour vous un avantage ou un inconv\u00e9nient ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Cela peut \u00eatre un avantage si on travaille \u00e0 r\u00e9organiser le march\u00e9. Sinon, pour le moment, ce sont les Ghan\u00e9ens qui fixent les prix quand ils arrivent. Dans certains pays de la sous-r\u00e9gion, vous ne pouvez pas vous permettre d\u2019aller fixer votre prix pour acheter un produit. Ils ont des institutions qui organisent le march\u00e9. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 au Togo avec de la tomate mais je n\u2019ai pas eu acc\u00e8s au march\u00e9 sous le pr\u00e9texte que je ne fais pas partie de la coop\u00e9rative qui commercialise ce produit \u00e0 Lom\u00e9. Non seulement je n\u2019ai pas acc\u00e8s au march\u00e9 mais, en plus, je ne peux pas garer \u00e0 proximit\u00e9. M\u00eame \u00e0 la douane, \u00e0 Cinkans\u00e9, on m\u2019a fait payer 500 mille F CFA de taxes pour une petite cargaison, dans l\u2019intention de me dissuader. Cela veut dire que la coop\u00e9rative qui s\u2019occupe de la commercialisation de la tomate dans ce pays est tr\u00e8s forte et a aussi l\u2019accompagnement de l\u2019Etat. Alors que chez nous, c\u2019est le laisser-aller. On ouvre les fronti\u00e8res pour des gens qui vont directement chez les producteurs pour prendre les produits et repartir avec. Il y a un probl\u00e8me \u00e0 ce niveau. Il faut que nous aussi nous organisions notre march\u00e9.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Avez-vous entrepris des d\u00e9marches dans ce sens ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Nous l\u2019avons fait. Mais ce que nous avons pu obtenir, c\u2019est la mise en place de la plateforme mara\u00eech\u00e8re qui est construite \u00e0 Ouahigouya. C\u2019est une zone tampon qui aurait permis qu\u2019il y ait une structure entre le producteur et l\u2019acheteur et non que ce dernier aille directement dans les champs. Mais l\u00e0 aussi, on a des soucis parce que l\u2019infrastructure peine \u00e0 fonctionner. G\u00e9n\u00e9ralement, au Burkina Faso, quand on construit une infrastructure publique, elle appartient \u00e0 tout le monde et \u00e0 personne. Ce qui fait que sa gestion pose probl\u00e8me.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Effectivement, la plateforme mara\u00eech\u00e8re a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e depuis 2009 et jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent elle ne fonctionne pas. Qu\u2019est-ce qui n\u2019a pas march\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> C\u2019est comme je le disais tant\u00f4t, elle appartient \u00e0 tout le monde et \u00e0 personne.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Mais l\u2019ASPMY est une structure organis\u00e9e\u2026<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_938\" aria-describedby=\"caption-attachment-938\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"938\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2021\/08\/16\/mahamady-ouedraogo-secretaire-general-de-laspmy-pour-le-moment-ce-sont-les-ghaneens-qui-fixent-les-prix-des-produits-maraichers\/oignon2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/oignon2.jpg?fit=787%2C525&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"787,525\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"oignon2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;De l\u2019oignon conserv\u00e9 par l\u2019ASPMY dans l\u2019un de ses magasins. &lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/oignon2.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/oignon2.jpg?fit=696%2C464&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-938\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/oignon2-300x200.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/oignon2.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/oignon2.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/oignon2.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/oignon2.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/oignon2.jpg?w=787&amp;ssl=1 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-938\" class=\"wp-caption-text\">De l\u2019oignon conserv\u00e9 par l\u2019ASPMY dans l\u2019un de ses magasins.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Si. Mais il faut faire la part des choses. M\u00eame si elle est implant\u00e9e \u00e0 Ouahigouya, la plateforme a une envergure r\u00e9gionale, appartenant \u00e0 quatre provinces (ndlr : Loroum, Passor\u00e9, Yatenga et Zondoma). Il devrait y avoir des mesures d\u2019accompagnement pour pouvoir assurer son fonctionnement. Malheureusement, ces mesures n\u2019ont pas suivi. Par exemple, si on demande \u00e0 un producteur de Yako de convoyer ses produits \u00e0 Ouahigouya pour qu\u2019\u00e0 partir de l\u00e0 l\u2019acheteur les prenne pour repartir vers Ouagadougou, \u00e7a engendre des co\u00fbts suppl\u00e9mentaires. On devrait avoir une \u00e9tude approfondie pour voir comment ceux de Yako et des autres localit\u00e9s environnantes peuvent b\u00e9n\u00e9ficier de la plateforme \u00e0 moindre co\u00fbt. On avait pens\u00e9 \u00e0 mettre en place des comptoirs d\u2019achat qui devraient \u00eatre \u00e9quip\u00e9s en mat\u00e9riel et en ressources humaines pour accompagner la plateforme. Mais \u00e7a n\u2019a pas abouti. La plateforme \u00e0 elle seule ne peut pas fonctionner tant qu\u2019il n\u2019y aura pas ces ramifications pour l\u2019appuyer.<\/p>\n<p>On a aussi mis en place un Groupement d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique (GIE) qui regroupe un certain nombre de leaders des quatre provinces pour accompagner le fonctionnement de l\u2019infrastructure. Mais il y a un point crucial qu\u2019il faut souligner. La mise en place de cette plateforme a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 la h\u00e2te. Nous avons test\u00e9 les chambres froides qui y sont pendant quelques heures et nous avons constat\u00e9 qu\u2019elles consomment excessivement le courant \u00e9lectrique. A cette allure, on ne pourra pas s\u2019en sortir. Ces chambres froides ne r\u00e9pondent pas trop aux normes techniques. En outre, les b\u00e2timents pr\u00e9sentent des d\u00e9faillances avec des murs fendill\u00e9s ci et l\u00e0. C\u2019est pour toutes ces raisons que la plateforme a du mal \u00e0 fonctionner. Toutefois, ces derniers temps, les acteurs et les partenaires s\u2019activent \u00e0 la r\u00e9veiller.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Chaque ann\u00e9e sont organis\u00e9es les journ\u00e9es promotionnelles des produits mara\u00eechers \u00e0 Ouahigouya. Pourquoi une telle initiative ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> L\u2019objectif premier est de nous faire conna\u00eetre aussi bien au niveau national qu\u2019international et de valoriser nos produits. Dans certaines localit\u00e9s du Burkina, si vous dites qu\u2019on produit la pomme de terre \u00e0 Ouahigouya, les gens n\u2019y croient pas. Ils disent que les conditions ne sont pas r\u00e9unies pour une telle production parce qu\u2019il fait tr\u00e8s chaud et qu\u2019il ne pleut pas assez ici. Il faut qu\u2019on montre aux yeux du monde qu\u2019en d\u00e9pit de ces al\u00e9as climatiques, nous avons de braves producteurs au Yatenga qui font des merveilles. En second lieu, nous voulons \u00e0 travers ces journ\u00e9es promotionnelles, avoir des d\u00e9bouch\u00e9s commerciaux.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Avez-vous atteint les objectifs recherch\u00e9s ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Je dirai oui, mais ce n\u2019est pas \u00e0 cent pour cent. Toutefois, on peut admettre que tout le Burkina sait maintenant que nous excellons dans le mara\u00eechage, de m\u00eame que certains pays de la sous-r\u00e9gion. Et c\u2019est ce qu\u2019on recherchait. Nous envisageons faire une journ\u00e9e promotionnelle de nos produits, en 2022, \u00e0 Ouagadougou. Tout ceci pour que l\u2019ASPMY se hisse au niveau national. Chaque ann\u00e9e, le GIE organisait les journ\u00e9es promotionnelles au sein de la plateforme mara\u00eech\u00e8re. Mais cette ann\u00e9e, elles n\u2019ont pas eu lieu pour raison de COVID-19. L\u2019an pass\u00e9, avec la complicit\u00e9 de la Chambre r\u00e9gionale d\u2019agriculture (CRA) du Nord, on avait pens\u00e9 organiser ces journ\u00e9es de fa\u00e7on tournante dans les quatre chefs-lieux de province. En 2020, elles devraient se tenir \u00e0 Yako mais h\u00e9las, la COVID-19 a tout bloqu\u00e9.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Un autre d\u00e9fi est la conservation de vos produits. Quelles sont les techniques utilis\u00e9es pour le faire ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Nous avons des techniques qui ne n\u00e9cessitent l\u2019utilisation d\u2019aucune \u00e9nergie pour conserver nos produits. C\u2019est fait de fa\u00e7on naturelle. On a des entrep\u00f4ts de conservation, des tables de conservation de pomme de terre, des unit\u00e9s individuelles de conservation d\u2019oignon&#8230; Mais ces sites de stockage demeurent insuffisants. Si notre capacit\u00e9 de production tourne autour de 3 000 tonnes alors qu\u2019on ne peut conserver que 500 tonnes, le reste sera brad\u00e9.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Qu\u2019est-ce qui bloque la vulgarisation de ces entrep\u00f4ts de conservation ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Evidemment, ce sont les co\u00fbts d\u2019acquisition. Pour la r\u00e9alisation d\u2019une unit\u00e9 de conservation, il faut d\u00e9bourser entre six et dix millions de francs CFA, selon la capacit\u00e9. Ce n\u2019est pas \u00e0 la port\u00e9e des mara\u00eechers. A ce niveau, l\u2019Etat doit s\u2019investir en construisant des entrep\u00f4ts afin de soulager les producteurs.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Qu\u2019en est-il de la transformation des produits mara\u00eechers ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> Nous avons, au sein de notre association, un groupement de transformation des produits du mara\u00eechage. Mais, c\u2019est une transformation en miniature o\u00f9 on fait du s\u00e9chage et de la confiture de certains produits. Cela apporte une plus-value \u00e0 nos produits mais, malheureusement, ce n\u2019est pas fait \u00e0 grande \u00e9chelle. L\u2019ASPMY vient de former 131 personnes qui vont \u0153uvrer dans la transformation. On peut envisager l\u2019installation d\u2019une unit\u00e9 de transformation \u00e0 Ouahigouya, \u00e0 condition qu\u2019il y ait des mesures d\u2019accompagnement. Il faut que la mati\u00e8re premi\u00e8re soit disponible en abondance et en permanence. Sinon l\u2019unit\u00e9 va fonctionner pendant trois \u00e0 quatre mois et apr\u00e8s, s\u2019arr\u00eater.<\/p>\n<p><strong>C.A. : Comment voyez-vous l\u2019avenir du mara\u00eechage dans votre zone ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>M.O. :<\/strong> L\u2019activit\u00e9 mara\u00eech\u00e8re a un bel avenir. Les gens n\u2019auront pas le choix que de travailler la terre. La pression sur le foncier sera encore rude. On aura davantage de dipl\u00f4m\u00e9s qui vont s\u2019adonner au mara\u00eechage et ce sont eux qui vont le r\u00e9volutionner. Il y a un adage qui dit que la terre ne ment pas. Donne-lui et elle t\u2019en donnera en retour. C\u2019est donc un avenir prometteur que le mara\u00eechage a.<\/p>\n<p>Seulement, la question fonci\u00e8re n\u2019est pas \u00e0 n\u00e9gliger. M\u00eame s\u2019il y a lieu de relire la R\u00e9forme agraire et fonci\u00e8re (RAF), il faut qu\u2019on trouve des cr\u00e9neaux pour rassurer tous ceux qui vont investir dans la terre qu\u2019ils le font sans risque. Je suis s\u00fbr que tous ceux qui sont all\u00e9s vers d\u2019autres horizons reviendront \u00e0 la terre.<br \/>\nIl faut aussi que le gouvernement mette en place une politique pour promouvoir le mara\u00eechage \u00e0 l\u2019image de ce qui se passe dans certains pays c\u00f4tiers. Sinon, si ceux qui constituent notre march\u00e9 potentiel arrivent \u00e0 mieux produire que nous, nous ne saurons plus vers quel pays nous \u00e9coulerons nos produits.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mady KABRE<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au Yatenga, le mara\u00eechage est devenu une tradition. Malgr\u00e9 ses retomb\u00e9es \u00e9conomiques et sociales, le secteur reste confront\u00e9 \u00e0 plusieurs maux. Aux probl\u00e8mes habituels d\u2019eau, de conservation ou de commercialisation, se greffent d\u00e9sormais des d\u00e9fis s\u00e9curitaire et sanitaire. Dans cet entretien accord\u00e9 \u00e0 Carrefour Africain, le 24 mai 2021, le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral (SG) de l\u2019Association [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":937,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[83,89],"tags":[201,203,204,205,202],"class_list":{"0":"post-933","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-agriculture","8":"category-la-une-site","9":"tag-aspmy","10":"tag-ghaneens","11":"tag-mahamady","12":"tag-ouedraogo","13":"tag-produits"},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/1.jpg?fit=787%2C525&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paqtIK-f3","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/933","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=933"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/933\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media\/937"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=933"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=933"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=933"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}