{"id":948,"date":"2021-08-24T19:59:20","date_gmt":"2021-08-24T19:59:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=948"},"modified":"2021-08-24T20:50:44","modified_gmt":"2021-08-24T20:50:44","slug":"un-combat-difficile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2021\/08\/24\/un-combat-difficile\/","title":{"rendered":"Un combat difficile"},"content":{"rendered":"<p>Au Burkina Faso, le trafic des enfants, surtout transfrontalier, est de plus en plus r\u00e9current. Les 28 et 30 janvier 2020, les services de s\u00e9curit\u00e9 de Gons\u00e9 ont intercept\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re malienne et burkinab\u00e8, 38 enfants dont l\u2019\u00e2ge est compris entre 13 et 17 ans. Ces mineurs avaient pour destination les pays voisins, en l\u2019occurrence le Mali et la C\u00f4te d\u2019Ivoire, pour y \u00eatre employ\u00e9s dans les mines et les plantations, selon le minist\u00e8re de la Femme, de la Solidarit\u00e9 nationale, de la Famille et de l\u2019Action humanitaire.<\/p>\n<p>Le jeudi 5 novembre 2020, la Brigade de gendarmerie de Boromo a aper\u00e7u trois cars transportant 100 enfants dont 89 mineurs (13 \u00e0 16 ans) et qui \u00e9taient en partance pour les sites d\u2019or du Mali. Et la liste est longue. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on assiste \u00e0 une recrudescence du trafic transfrontalier des enfants, notamment avec l\u2019av\u00e8nement du m\u00e9tal jaune dans la sous-r\u00e9gion ouest-africaine. En fin 2020, on d\u00e9nombrait, en l\u2019espace d\u2019une ann\u00e9e, plus de 400 enfants dont pr\u00e8s de 300 mineurs intercept\u00e9s par les services de s\u00e9curit\u00e9 burkinab\u00e8. Au regard du contexte d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans lequel le pays est plong\u00e9 depuis 2015, ces chiffres sont inqui\u00e9tants et doivent interpeller l\u2019opinion nationale.<\/p>\n<p>L\u2019avenir d\u2019une nation appartient \u00e0 la jeunesse, dit-on. Mais quel devenir du Burkina Faso peut-on construire avec une saign\u00e9e de ses bras valides vers des contr\u00e9es lointaines? La plupart du temps, ces jeunes qui quittent trop t\u00f4t le giron familial, avec parfois la complicit\u00e9 de certains parents, pensent trouver l\u2019eldorado loin de la m\u00e8re patrie. En fin de compte, c\u2019est la d\u00e9sillusion qui leur est servie le plus souvent comme r\u00e9compense dans les zones d\u2019accueil. La destination de pr\u00e9dilection de ces aventuriers semble \u00eatre la terre d\u2019Eburnie qui, en plus des sites d\u2019orpaillage, regorge de nombreuses plantations agricoles, propices \u00e0 l\u2019emploi de la main d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>La question de la mobilit\u00e9 des enfants \u00e9tant devenue tr\u00e8s alarmante, le Burkina s\u2019est engag\u00e9 dans leur protection \u00e0 travers l\u2019adoption de textes internationaux et nationaux et de signatures d\u2019accords. L\u2019accord de coop\u00e9ration avec la C\u00f4te d\u2019Ivoire en mati\u00e8re de lutte contre les traites transfrontali\u00e8res des enfants est illustratif de cet engagement. Ces dispositions ont d\u00e9j\u00e0 produit des r\u00e9sultats fort appr\u00e9ciables sur le terrain. En effet, en f\u00e9vrier 2021, les autorit\u00e9s ivoiriennes ont intercept\u00e9 sur leur sol 19 enfants burkinab\u00e8 qui partaient pour Aboisso.<\/p>\n<p>Ces mineurs ont \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9s \u00e0 leurs parents. Selon le Comit\u00e9 national de surveillance des actions de lutte contre la traite, l\u2019exploitation et le travail des enfants de ce pays, environ 2 000 enfants ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9s des plantations de cacao depuis 2019. La m\u00eame source pr\u00e9cise que la justice ivoirienne a condamn\u00e9 entre 2012 et 2020, quelque 300 personnes pour trafic d\u2019enfants. C\u2019est dire que les autorit\u00e9s des deux pays ont pris \u00e0 bras-le-corps la lutte contre le ph\u00e9nom\u00e8ne mais elle risque d\u2019\u00eatre \u00e9prouvante. On le sait, la traite des enfants constitue un v\u00e9ritable obstacle \u00e0 leur d\u00e9veloppement et \u00e9panouissement. Il viole m\u00eame leurs droits fondamentaux.<\/p>\n<p>Mais le hic est que malgr\u00e9 les multiples actions de sensibilisation et de r\u00e9pression et en d\u00e9pit de l\u2019existence d\u2019un cadre juridique, r\u00e9glementaire et institutionnel d\u00e9favorable, le ph\u00e9nom\u00e8ne persiste au Burkina ; il a m\u00eame la peau dure. C\u2019est pourquoi il urge de trouver la formule qui sied et de redoubler d\u2019efforts dans le combat. Une sanction impos\u00e9e \u00e0 tout parent qui serait de m\u00e8che avec son enfant mineur, candidat \u00e0 l\u2019aventure, ne serait pas de trop. En outre, la lutte doit \u00eatre une affaire de tous les Burkinab\u00e8 sans exception, car leur s\u00e9curit\u00e9 et leur bien-\u00eatre en d\u00e9pendent. Cette prise de conscience collective va, \u00e0 n\u2019en point douter, permettre d\u2019endiguer \u00e9galement l\u2019avanc\u00e9e du terrorisme dont les acteurs profitent du trafic des enfants pour agrandir leurs rangs.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Daniel ZONGO<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">danielzong62@yahoo.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au Burkina Faso, le trafic des enfants, surtout transfrontalier, est de plus en plus r\u00e9current. Les 28 et 30 janvier 2020, les services de s\u00e9curit\u00e9 de Gons\u00e9 ont intercept\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re malienne et burkinab\u00e8, 38 enfants dont l\u2019\u00e2ge est compris entre 13 et 17 ans. 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