{"id":966,"date":"2021-08-24T20:44:46","date_gmt":"2021-08-24T20:44:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/?p=966"},"modified":"2021-08-24T20:49:56","modified_gmt":"2021-08-24T20:49:56","slug":"crimes-rituels-denfants-au-nom-de-la-prosperite-et-du-pouvoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2021\/08\/24\/crimes-rituels-denfants-au-nom-de-la-prosperite-et-du-pouvoir\/","title":{"rendered":"Crimes rituels d\u2019enfants : Au nom de la prosp\u00e9rit\u00e9 et du pouvoir"},"content":{"rendered":"<p><strong>Alice et Harouna ont eu la baraqua. Enlev\u00e9s et s\u00e9questr\u00e9s par des pr\u00e9dateurs, ces enfants, tous originaires du Kourw\u00e9ogo, ont profit\u00e9 de l\u2019imprudence ou de l\u2019absence de leurs ravisseurs pour prendre la poudre d\u2019escampette. Ces rescap\u00e9s de crimes rituels nous ont cont\u00e9 leurs histoires. Ces cas nous plongent dans l\u2019univers de la magie noire et de la superstition, des pratiques suppos\u00e9es porteuses de prosp\u00e9rit\u00e9, de pouvoir ou de chance. Ces enl\u00e8vements sont illustratifs d\u2019un mal pernicieux qui ronge la soci\u00e9t\u00e9 burkinab\u00e8.<\/strong><\/p>\n<p>Alice et Harouna, deux enfants du Kourw\u00e9ogo, sont des miracul\u00e9s. Enlev\u00e9s et s\u00e9questr\u00e9s par des pr\u00e9dateurs, ces jeunes enfants ont pu \u00e9chapper gr\u00e2ce \u00e0 leur talent d\u2019athl\u00e8te. L\u2019histoire du petit Harouna remonte \u00e0 2013. De retour de l\u2019\u00e9cole, il est accost\u00e9 par deux individus qui semblaient solliciter ses services pour des renseignements. Avant de se rendre compte qu\u2019il a affaire \u00e0 des personnes de mauvaise foi, il a \u00e9t\u00e9 appr\u00e9hend\u00e9 et jet\u00e9, avec son petit v\u00e9lo et son sac d\u2019\u00e9colier, dans le coffre-arri\u00e8re de leur voiture. Pour l\u2019emp\u00eacher de crier et de faire des mouvements, ils l\u2019ont b\u00e2illonn\u00e9 et menott\u00e9, tel un vulgaire brigand. Cette disparition soudaine cr\u00e9e une onde de choc dans la famille du petit Harouna. Alert\u00e9s, parents, amis et voisinage se mirent \u00e0 sa recherche. Jusqu\u2019\u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, aucune nouvelle de l\u2019\u00e9colier. Les ravisseurs qui traversaient la ville de Bouss\u00e9 en provenance de Ouahigouya, se sont pr\u00e9cipit\u00e9s dans la capitale burkinab\u00e8 avec leur \u00ab marchandise \u00bb. Harouna est s\u00e9questr\u00e9 dans une cour unique, loin des siens. Chez les ravisseurs, la joie est \u00e0 son comble. L\u2019atmosph\u00e8re est d\u00e9tendue. \u00ab Quand on est rentr\u00e9 dans la cour, ils rigolaient entre eux en disant que leur pri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 exauc\u00e9e \u00bb, se souvient le rescap\u00e9. La mort, Harouna l\u2019a vue de pr\u00e8s. Mais le salut est venu de l\u2019imprudence de ses ravisseurs. En effet, explique-t-il, c\u2019est quand l\u2019un d\u2019entre eux a ouvert le portail pour aller acheter de la cigarette dans une boutique du quartier qu\u2019il a profit\u00e9 pour prendre ses jambes \u00e0 son cou. Par crainte de repr\u00e9sailles de la part des habitants du quartier, ceux-ci ne se sont pas lanc\u00e9s \u00e0 sa poursuite. Ne connaissant pas bien la ville, le fuyard se r\u00e9fugie dans une mosqu\u00e9e au march\u00e9 de To\u00e9cin situ\u00e9e sur l\u2019avenue du Yatenga, dans le quartier Tampouy. Harouna affirme qu\u2019il a pris la parole \u00e0 la fin de la pri\u00e8re pour demander de l\u2019aide aux fid\u00e8les. Touch\u00e9s par son histoire, ceux-ci ont pu joindre son p\u00e8re, gr\u00e2ce au num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone qu\u2019ils ont trouv\u00e9 dans ses cahiers. Ce coup de fil a suffi pour alerter les ressortissants de son village qui sont pass\u00e9s le r\u00e9cup\u00e9rer.<\/p>\n<h3>Alice, sauv\u00e9e in extremis<\/h3>\n<p>Des enl\u00e8vements et disparitions d\u2019enfants sont devenus monnaie courante \u00e0 Ouagadougou et ses environs. Alice, une jeune fille d\u2019\u00e0 peine 18 ans, a \u00e9t\u00e9 kidnapp\u00e9e le 16 janvier 2021 \u00e0 Ouagadougou. Elle venait travailler comme fille de m\u00e9nage chez Nafissatou, une dame qu\u2019elle a connue \u00e0 Bouss\u00e9 en 2017 et qui entretenait de bonnes relations avec sa famille. D\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque, cette dame n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 s\u2019attacher les services de Alice, avec l\u2019accord de ses parents. Nafissatou avait jur\u00e9 de passer la chercher \u00e0 la gare de Tampouy. Mais \u00e0 sa descente, Alice ne verra jamais sa silhouette planer au lieu du rendez-vous. Le temps passe, aucune nouvelle de Nafissatou. Entre-temps, une rutilante voiture vient se garer sur les lieux. Ses occupants, une femme et un homme, se dirigent \u00e0 son endroit. La dame se pr\u00e9sente comme une camarade de Nafissatou.<\/p>\n<p>Elle dit \u00eatre envoy\u00e9e par cette derni\u00e8re pour la chercher, sous le pr\u00e9texte qu\u2019elle est occup\u00e9e. Alice venait de tomber dans un pi\u00e8ge tendu par des malfaiteurs. Le v\u00e9hicule, apr\u00e8s d\u00e9marrage, ne pointera jamais dans la cour de Nafissatou. Il arpente les art\u00e8res de la capitale et dispara\u00eet dans la circulation. Alice raconte qu\u2019\u00e0 la sortie de la ville, une autre fille est conduite dans la voiture par un homme pr\u00e9sent\u00e9 comme son patron. Le trajet fut long. Alice commence \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter et assaille la conductrice d\u2019une multitude de questions. Mais \u00e0 chaque fois, elle est rassur\u00e9e qu\u2019il ne reste que quelques kilom\u00e8tres \u00e0 avaler. Usant de subterfuge, les ravisseurs ont r\u00e9ussi \u00e0 fondre dans la nature sans laisser la moindre trace. Apr\u00e8s 18 heures environ de route, le v\u00e9hicule s\u2019immobilise devant une vaste demeure dress\u00e9e dans une for\u00eat dense.<\/p>\n<p>Les deux infortun\u00e9es comprirent que leur sort est scell\u00e9. Un calme plat y r\u00e8gne. Le lendemain matin commence une s\u00e9ance d\u2019interrogatoire au cours de laquelle les ravisseurs d\u00e9voilent leur funeste dessein. Ils confisquent le portable de celle qui est entr\u00e9e en cours de route. En voyant cela, Mlle Alice se h\u00e2te de camoufler le sien dans son soutien-gorge. Fort heureusement pour elle, son portable n\u2019a pas sonn\u00e9 tout au long du voyage. \u00ab Depuis qu\u2019elle nous a quitt\u00e9s, je ne l\u2019ai pas appel\u00e9 pour avoir sa position \u00bb, soutient Rasman\u00e9, son g\u00e9niteur. De cette mani\u00e8re, elle est parvenue \u00e0 les persuader que son projet \u00e9tait de travailler pour s\u2019acheter un t\u00e9l\u00e9phone portable. Cette astuce lui a permis de rester en contact avec les parents au village. Le sommeil a refus\u00e9 sa m\u00e8re Fatimata cette nuit-l\u00e0.<\/p>\n<h3>Son appel a sem\u00e9 la panique au sein de la famille.<\/h3>\n<figure id=\"attachment_970\" aria-describedby=\"caption-attachment-970\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"970\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/carrefour\/2021\/08\/24\/crimes-rituels-denfants-au-nom-de-la-prosperite-et-du-pouvoir\/crimes2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2.gif?fit=787%2C590&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"787,590\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"crimes2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;La suppos\u00e9e institutrice Nafissatou r\u00e9sidait dans cette cour commune jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part de Bouss\u00e9 en 2017&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2.gif?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2.gif?fit=696%2C522&amp;ssl=1\" class=\"size-medium wp-image-970\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2-300x225.gif?resize=300%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2.gif?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2.gif?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2.gif?resize=696%2C522&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2.gif?resize=560%2C420&amp;ssl=1 560w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2.gif?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/carrefour\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2021\/08\/crimes2.gif?resize=265%2C198&amp;ssl=1 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-970\" class=\"wp-caption-text\">La suppos\u00e9e institutrice Nafissatou r\u00e9sidait dans cette cour commune jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part de Bouss\u00e9 en 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00ab Si J\u00e9sus peut encore faire quelque chose\u2026 \u00bb Dans le m\u00eame temps, le num\u00e9ro de Nafissatou ne passe plus. Toutes les tentatives pour la joindre sont rest\u00e9es infructueuses. Par la suite, des questions en lien avec leur religion leur sont pos\u00e9es par les ravisseurs. \u00ab Quand je leur ai r\u00e9pondu que je suis chr\u00e9tienne, la dame s\u2019en est moqu\u00e9e \u00e9perdument en me disant que donc je crois que J\u00e9sus peut encore faire quelque chose pour moi dans cette situation? Et de pr\u00e9ciser que nous ne ressortirons pas vivantes de cette maison\u00bb, relate Alice, encore toute triste. Pour saper leur moral, elles sont entrain\u00e9es dans une pi\u00e8ce hant\u00e9e o\u00f9 se trouve un autel tach\u00e9 de sang. A la question de savoir s\u2019il s\u2019agit du sang humain ou d\u2019animaux, Alice ne saurait y r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Elle s\u2019arme de courage pour sortir de cette dure \u00e9preuve. \u00ab Malgr\u00e9 cette adversit\u00e9, je n\u2019avais pas peur \u00bb, indique-t-elle. Profitant ainsi de l\u2019absence de leurs kidnappeurs, elle organise minutieusement leur \u00e9vasion. De ses explications, sa compagne, visiblement d\u00e9sempar\u00e9e, s\u2019est recroquevill\u00e9e en train de pleurer. Le premier obstacle \u00e0 franchir est le mur de la concession, naturellement \u00e0 cause de sa tr\u00e8s grande hauteur. De plus, il est enti\u00e8rement carrel\u00e9 depuis le bas jusqu\u2019au sommet. En faisant le tour de la cour, Alice dit avoir d\u00e9couvert par hasard un objet m\u00e9tallique qu\u2019elle s\u2019empressera d\u2019utiliser pour casser les carreaux de mani\u00e8re \u00e0 former des escaliers.<\/p>\n<p>Cette belle id\u00e9e lui a permis d\u2019atteindre son objectif. Elle r\u00e9ussit \u00e0 grimper le mur pour se hisser au sommet. Elle assiste \u00e9galement sa compagne d\u2019infortune \u00e0 monter. Toutefois, ces deux \u00ab prisonni\u00e8res \u00bb ne sont pas au bout de leur peine. La deuxi\u00e8me difficult\u00e9 \u00e0 surmonter est la descente. Une question taraude l\u2019esprit de chacune d\u2019elle : comment proc\u00e9der sans se fracasser les jambes ? Cette pr\u00e9occupation est vite bannie des pens\u00e9es de Alice. Pouss\u00e9e par une sorte d\u2019instinct de survie, elle saute et tombe sur ses fesses puis se rel\u00e8ve brusquement sans aucune \u00e9gratignure. Une prouesse, pourrait-on dire. Sa camarade lui embo\u00eete le pas. Malheureusement, au moment de sa chute, elle se brise la cuisse. Alice est d\u00e9sormais contrainte de tout abandonner, y compris les 10 000 F CFA que sa camarade avait enfouis dans ses effets, pour sauver cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>Elle se charge de la porter sur son dos. En t\u00e2tonnant dans l\u2019obscurit\u00e9, elles ont pu s\u2019\u00e9loigner d\u2019un moment \u00e0 l\u2019autre du danger. Mais tenaill\u00e9es par la fatigue, la faim et la soif, elles marquent un arr\u00eat pour se reposer, juste le temps de reprendre des forces avant de poursuivre la fuite. \u00ab Depuis que nous avons \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9es \u00e0 Ouagadougou, nous n\u2019avons pas eu \u00e0 manger, ni \u00e0 boire \u00bb, rappelle, am\u00e8re, Alice. Au milieu de la nuit, elle donne le top de d\u00e9part. Mais pas avec sa camarade. La blessure s\u2019est aggrav\u00e9e. Les douleurs devenaient de plus en plus atroces au point qu\u2019elle finira par s\u2019\u00e9vanouir. Face \u00e0 cette \u00e9quation, Alice remue la t\u00eate, pousse un soupir avant de dispara\u00eetre dans la nature. \u00ab Comme je ne pouvais plus la transporter, j\u2019ai d\u00fb, \u00e0 mon corps d\u00e9fendant, l\u2019abandonner \u00e0 son sort \u00bb, d\u00e9plore-t-elle.<\/p>\n<h3>Deux filles s\u00e9questr\u00e9es \u00e0 Koudougou<\/h3>\n<p>Alors qu\u2019elle se frayait difficilement un passage dans la for\u00eat, une motocycliste surgit de nulle part et se dirige vers elle. Mise en \u00e9vidence par le phare de la moto, elle essaie de se cacher derri\u00e8re les touffes d\u2019herbes. Mais la conductrice de l\u2019engin \u00e0 deux roues l\u2019a d\u00e9j\u00e0 aper\u00e7ue de loin. Mlle Alice \u00e9tait surprise de s\u2019imaginer qu\u2019elle venait de rencontrer son sauveur. Alice lui raconte toute sa m\u00e9saventure. Son c\u0153ur se dilata de joie quand sa visiteuse s\u2019est propos\u00e9e de l\u2019emmener la m\u00eame nuit \u00e0 Ouagadougou. Aux environs de 5h au petit matin, le \u00ab couple \u00bb est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Ouagadougou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans le quartier Gounghin. Alice appelle son p\u00e8re pour l\u2019informer qu\u2019elle est bien arriv\u00e9e dans la capitale. Au cours de la conversation, son portable s\u2019\u00e9teint.<\/p>\n<p>Elle demande le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone de la dame. Mais celle-ci refuse cat\u00e9goriquement de le lui communiquer. Mieux, elle a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 prendre le contact de la jeune fille en promettant de l\u2019appeler plus tard pour s\u2019assurer qu\u2019elle est bien rentr\u00e9e. Depuis, plus rien. Alice et ses parents ont perdu ses traces. Elle n\u2019a plus donn\u00e9 signe de vie. Le myst\u00e8re de cette affaire reste entier. Sauv\u00e9s in extremis, Alice et Harouna croquent aujourd\u2019hui la vie \u00e0 belles dents dans leurs familles respectives \u00e0 Bouss\u00e9. Malgr\u00e9 tout, Alice est convaincue que son bonheur se trouve \u00e0 Ouagadougou. Elle veut co\u00fbte que co\u00fbte y revenir. Mais ses parents se sont vigoureusement oppos\u00e9s \u00e0 son projet. Rasman\u00e9, son g\u00e9niteur, dit avoir tir\u00e9 le\u00e7ons de cette m\u00e9saventure. Pour l\u2019emp\u00eacher de partir, il l\u2019a inscrite dans un centre de formation professionnelle \u00e0 Bouss\u00e9.<\/p>\n<p>De nos jours, Alice y apprend la couture en compagnie d\u2019autres filles de son \u00e2ge. Quant \u00e0 Harouna, il poursuit normalement son cursus scolaire \u00e0 Bouss\u00e9. Le rapt d\u2019enfants pour des sacrifices rituels ne se limite pas \u00e0 ces deux cas. Amado Ilboudo, habitant de Bouss\u00e9, \u00e9voque le cas de deux adolescentes tomb\u00e9es dans un traquenard. En qu\u00eate inlassable d\u2019emploi, les deux filles ont \u00e9t\u00e9 contact\u00e9es par un inconnu qui se d\u00e9clare capable de les aider \u00e0 obtenir du travail \u00e0 Koudougou. M. Ilboudo se rappelle qu\u2019il a tout fait pour les dissuader de s\u2019y rendre, mais elles se sont ent\u00eat\u00e9es. \u00ab Je leur ai demand\u00e9 si elles ont pass\u00e9 un test ou un concours \u00e0 l\u2019issue duquel elles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es admises et elles ont r\u00e9pondu par la n\u00e9gative. Donc j\u2019ai attir\u00e9 leur attention en leur d\u00e9conseillant d\u2019y aller mais elles ne m\u2019ont pas \u00e9cout\u00e9 \u00bb, regrette-t-il.<\/p>\n<p>A leur descente du car \u00e0 Koudougou, elles ont \u00e9t\u00e9 cueillies par deux individus puis s\u00e9questr\u00e9es dans une cour. Si l\u2019une d\u2019entre elles a pu \u00e9chapper de justesse, l\u2019on est toujours sans aucune nouvelle de sa compagne. Pauvret\u00e9 oblige, de nombreux parents n&rsquo;ont pas d&rsquo;autre choix que de laisser partir leurs enfants dans les grandes villes \u00e0 la recherche du travail, sans mesurer les risques qu\u2019ils encourent. Un fant\u00f4me nomm\u00e9 Nafissatou L\u2019enl\u00e8vement de Alice s\u2019apparente \u00e0 un acte pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9. Et cela, avec la complicit\u00e9 de Nafissatou, celle qui l\u2019a fait venir \u00e0 Ouagadougou. Du 3 au 6 juin 2021, nous avons suivi ses traces \u00e0 Bouss\u00e9. Dans la cour commune o\u00f9 elle habitait avec d\u2019autres colocataires, le bailleur Abdou Ou\u00e9draogo ne dispose pas d\u2019informations la concernant. Il reconna\u00eet que cette dame, veuve de son \u00e9tat et m\u00e8re de deux enfants en sa possession, a r\u00e9sid\u00e9 dans sa cour jusqu\u2019en 2017.<\/p>\n<p>Cependant, il se d\u00e9sole du fait qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, il n\u2019a pas song\u00e9 garder par devers lui, au moins une photocopie de sa pi\u00e8ce d\u2019identit\u00e9. A l\u2019heure actuelle, Nafissatou est introuvable. Durant son s\u00e9jour \u00e0 Bouss\u00e9, elle s\u2019est toujours pr\u00e9sent\u00e9e avec la profession d\u2019institutrice. Elle n\u2019a jamais divulgu\u00e9 son nom de famille. Au cours de notre passage \u00e0 Bouss\u00e9, nous avons cherch\u00e9 \u00e0 suivre ses traces \u00e0 l\u2019\u00e9cole A, \u00e0 la direction provinciale de l\u2019Education nationale et \u00e0 l\u2019inspection de l\u2019enseignement primaire. Toujours est-il que ces recherches n\u2019ont pas permis d\u2019identifier la personne mise en cause dans cette affaire. D\u2019o\u00f9 des questionnements sur la v\u00e9ritable profession de cette dame \u00e0 qui l\u2019on soup\u00e7onne de s\u2019\u00eatre toujours pr\u00e9sent\u00e9e sous une fausse identit\u00e9. Par ailleurs, l\u2019avenir de la jeune fille abandonn\u00e9e au milieu des fauves reste un gros point d\u2019interrogation. Pour un rien au monde, des individus assoiff\u00e9s de pouvoir et de richesse sont pr\u00eats \u00e0 tout, quitte \u00e0 sacrifier des vies humaines. Au regard de l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne, les crimes rituels doivent \u00eatre combattus par tous les moyens afin d\u2019assurer la qui\u00e9tude chez les enfants.<\/p>\n<hr \/>\n<h3>Les infanticides, un ph\u00e9nom\u00e8ne continental<\/h3>\n<p>Ils sont nombreux, les Africains qui envahissent les lieux de culte, les dimanches et les vendredis pour exprimer leur foi. Cependant, plusieurs d\u2019entre eux ne semblent pas trop y croire. Lorsque les probl\u00e8mes surviennent, ils oublient qu\u2019ils ont un Dieu. Beaucoup se tournent vers la superstition pour trouver des solutions. Rien que le lundi 15 juin 2020, la justice b\u00e9ninoise a condamn\u00e9 \u00e0 la r\u00e9clusion criminelle \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 l&rsquo;assassin de Gracia Prunelle, une fillette de 7 ans, tu\u00e9e pour crime rituel. Ag\u00e9 d&rsquo;une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es, l&rsquo;accus\u00e9 a reconnu les faits. Devant le juge, Martial Zogni Bignon a expliqu\u00e9 avoir pr\u00e9lev\u00e9 les organes de Gracia Prunelle pour fabriquer du savon aux \u00ab\u00a0pouvoirs magiques\u00a0\u00bb qui pourrait garantir la prosp\u00e9rit\u00e9 de ses activit\u00e9s cybercriminelles. L&rsquo;accus\u00e9 a expliqu\u00e9 avoir \u00ab \u00e9bloui sa victime avec des paroles incantatoires avant de la conduire chez lui pour l&rsquo;assassiner \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un pilon et d&rsquo;un couteau \u00bb.<\/p>\n<p>Martial Zogni Bignon a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement condamn\u00e9 \u00e0 payer au titre de dommages et int\u00e9r\u00eats \u00e0 la partie civile la somme de 30 millions de francs CFA (45.700 euros). Plusieurs centaines de morts ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement enregistr\u00e9es au cours des quinze derni\u00e8res ann\u00e9es au Gabon. L&rsquo;\u00e9lite politique y est point\u00e9e du doigt par une association de victimes. Jean Elvis Ebang Ondo, un p\u00e8re de famille marqu\u00e9 \u00e0 jamais par la mort d\u2019un \u00eatre cher, a perdu son fils de 12 ans dans des conditions particuli\u00e8rement tragiques. C\u2019\u00e9tait en 2005 au Gabon. \u00ab Mon enfant a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9, s\u00e9questr\u00e9. Son corps d\u00e9membr\u00e9 a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 sur une plage au bord de la mer \u00e0 Libreville. Les enqu\u00eates n&rsquo;ont jamais abouti \u00bb, t\u00e9moigne-t-il. Depuis ce drame, Jean Elvis Ebang Ondo s\u2019est mobilis\u00e9 avec d\u2019autres parents de victimes contre \u00ab\u00a0le march\u00e9 du crime rituel\u00a0\u00bb. C\u2019est ainsi qu\u2019est n\u00e9e l\u2019Association de lutte contre les crimes rituels au Gabon dont il est pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Il explique que malgr\u00e9 les d\u00e9mentis r\u00e9p\u00e9t\u00e9s des autorit\u00e9s, les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019infanticide, de cannibalisme et de f\u00e9tichisme n\u2019ont jamais disparu du Gabon. Il en veut pour preuve la psychose qui s\u2019est empar\u00e9e de ses compatriotes au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2020, alors que les r\u00e9seaux sociaux bruissaient de rumeurs d\u2019enl\u00e8vements d\u2019enfants \u00e0 Libreville et dans d\u2019autres villes du pays. Les autorit\u00e9s ont reconnu un seul cas d\u2019enl\u00e8vement av\u00e9r\u00e9 d\u2019un jeune gar\u00e7on de trois ans dans le nord du pays. Libreville a apport\u00e9 un d\u00e9menti formel \u00ab\u00a0aux rumeurs sur une vague d\u2019enl\u00e8vements\u00a0\u00bb propag\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux. Cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 les parents de mettre leurs enfants \u00e0 l\u2019abri pendant plusieurs jours. Les \u00e9coles de Libreville, s\u00e9curis\u00e9es par les forces de s\u00e9curit\u00e9, n\u2019ont rouvert leurs portes que le 3 f\u00e9vrier 2020. Le pr\u00e9sident de l\u2019Association de lutte contre les crimes rituels au Gabon d\u00e9crit des pratiques occultes particuli\u00e8rement sauvages, dont le seul but est de \u00ab\u00a0maintenir au pouvoir leurs commanditaires et leur procurer des richesses mat\u00e9rielles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il parle d\u2019une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0mafia du crime\u00a0\u00bb qui dispose de r\u00e9seaux bien organis\u00e9s. Avec un calendrier et des p\u00e9riodes bien d\u00e9finies pour commettre leurs crimes rituels. \u00ab\u00a0Ces forces du mal\u00a0\u00bb profiteraient des \u00e9v\u00e9nements politiques notamment pour cibler des personnes. Les victimes meurent souvent apr\u00e8s avoir subi des souffrances atroces, t\u00e9moigne Jean Elvis Ebang Ondo. Ils peuvent couper le sexe ou le nez de leurs victimes, ou retirer leur sang qui est bu dans les temples d\u00e9moniaques. Ils r\u00e9cup\u00e8rent ces organes pendant que la personne est encore en vie. Une trentaine de personnes ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9es depuis juin 2017 par les membres d&rsquo;un gang, pr\u00e8s de Lagos au Nig\u00e9ria. Leur sang serait revendu \u00e0 des sorciers en vue d&rsquo;apporter la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e0 leur client\u00e8le.<\/p>\n<p>Une odeur de mort hante l&rsquo;\u00ab\u00c9glise en cristal de Dieu\u00bb \u00e0 Owode Onirin, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Lagos au Nigeria, o\u00f9 des v\u00eatements ensanglant\u00e9s, des tambours, des bibles et des livres de pri\u00e8re gisent encore sur le sol. Trois jours plus t\u00f4t, quatre fid\u00e8les ont \u00e9t\u00e9 sauvagement assassin\u00e9s alors qu&rsquo;ils priaient: les derniers d&rsquo;une longue s\u00e9rie de meurtres attribu\u00e9s \u00e0 un gang baptis\u00e9 Badoo qui aurait tu\u00e9 30 personnes depuis juin dans les faubourgs de l&rsquo;Est de la capitale \u00e9conomique du Nigeria. Ces crimes rituels, perp\u00e9tr\u00e9s par des gangs et aliment\u00e9s par la drogue et les croyances en la magie noire, ne sont pas un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau au Nigeria, divis\u00e9 entre un nord musulman et un sud chr\u00e9tien. Mais ils ont tendance \u00e0 augmenter en p\u00e9riode de difficult\u00e9s \u00e9conomiques. Les Badoo en particulier font la une des journaux en raison de la fr\u00e9quence de leurs attaques et de la violence avec laquelle les victimes sont ex\u00e9cut\u00e9es.<\/p>\n<p>Juwairiya Auwal, une fillette \u00e2g\u00e9e d\u2019\u00e0 peine sept ans qui ne demandait qu\u2019\u00e0 vivre, a perdu la vie de fa\u00e7on atroce. La pauvre fillette a \u00e9t\u00e9 \u00e9gorg\u00e9e par une femme soup\u00e7onn\u00e9e d\u2019\u00eatre une ritualiste dans une hutte de Jos, dans l\u2019Etat du Plateau, au Nigeria. Selon les rapports en ligne, le samedi 5 septembre 2020, Juwairiya Auwal et sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e Fatima Auwal sont sorties comme d\u2019habitude pour faucher des brindilles de balais dans les environs de Tudun OC dans la communaut\u00e9 de Rikkos, r\u00e9gion du gouvernement local de Jos au nord de l\u2019\u00c9tat, lorsqu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es par une femme inconnue. Racontant comment sa s\u0153ur cadette a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e, Fatima a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elles \u00e9taient en train de vendre les balais lorsqu\u2019elles ont rencontr\u00e9 la femme qui avait initialement pr\u00e9tendu \u00eatre une cliente potentielle.<\/p>\n<p>La femme leur a demand\u00e9 de lui donner un balai gratuitement mais elles ont refus\u00e9. Soudain, elle leur a touch\u00e9 la t\u00eate et elles se sont retrouv\u00e9es dans une hutte du populaire mus\u00e9e de Jos. Selon Fatima, lorsqu\u2019elle a ouvert les yeux, elle a trouv\u00e9 la femme en train d\u2019\u00e9gorger Jumairiya. Elle a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019\u00e9chapper pour chercher de l\u2019aide. Ce dernier incident s\u2019est produit quelques semaines apr\u00e8s qu\u2019un jeune gar\u00e7on du nom de Faruk Abubakar ait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 des fins rituelles \u00e9galement par des inconnus dans la r\u00e9gion de Tudun Fera \u00e0 Jos. Le petit Facir\u00e9 Contaga, un enfant s\u00e9n\u00e9galais, n\u2019avait que quatre ans. Ses parents avaient perdu sa trace pendant quatre jours. Le 19 mars 2018, c\u2019est un autre gar\u00e7onnet, \u00e2g\u00e9 d&rsquo;\u00e0 peine deux ans, qui a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 mort \u00e0 Rufisque, pr\u00e8s de Dakar. Son corps gisait dans un sac poubelle non loin de son domicile familial.<\/p>\n<p>Le petit Falou avait disparu depuis cinq jours, alors qu\u2019il jouait avec sa s\u0153ur jumelle devant la maison familiale. Des cas d\u2019enl\u00e8vements, de disparitions, et parfois de viols d\u2019enfants suivis de meurtre sont l\u00e9gion. C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 une fillette de 8 ans, le 24 f\u00e9vrier 2018 au S\u00e9n\u00e9gal. Envoy\u00e9e par sa m\u00e8re pour acheter du caf\u00e9 et du lait, elle n\u2019est plus revenue \u00e0 la maison. Les recherches permettront de d\u00e9couvrir plus tard son corps emball\u00e9 dans un sac en plastique. Les analyses r\u00e9v\u00e8leront qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e avant d\u2019\u00eatre tu\u00e9e, indique l\u2019Agence de presse africaine (APA). Choqu\u00e9 comme ses compatriotes, le sociologue Mamadou Moustapha Wone explique \u00e0 G\u00e9opolis que le ph\u00e9nom\u00e8ne a atteint un cap encore jamais franchi. Il est persuad\u00e9 qu\u2019on a affaire \u00e0 des crimes rituels. Enfants kidnapp\u00e9s, cadavres mutil\u00e9s\u2026 Pour s\u2019attirer fortune et pouvoir, certains monnaient cher les c\u00e9r\u00e9monies macabres ou trafics d\u2019organes.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>O.M.I <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Source : AFP ; APA ; G\u00e9opolis<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alice et Harouna ont eu la baraqua. Enlev\u00e9s et s\u00e9questr\u00e9s par des pr\u00e9dateurs, ces enfants, tous originaires du Kourw\u00e9ogo, ont profit\u00e9 de l\u2019imprudence ou de l\u2019absence de leurs ravisseurs pour prendre la poudre d\u2019escampette. Ces rescap\u00e9s de crimes rituels nous ont cont\u00e9 leurs histoires. 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