{"id":1425,"date":"2020-05-22T00:53:57","date_gmt":"2020-05-22T00:53:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sidwaya.info\/sport\/?p=1425"},"modified":"2020-05-22T00:53:57","modified_gmt":"2020-05-22T00:53:57","slug":"idrissa-malo-traore-dit-saboteur-entraineur-du-rck","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sidwaya.info\/sport\/2020\/05\/22\/idrissa-malo-traore-dit-saboteur-entraineur-du-rck\/","title":{"rendered":"Idrissa Malo Traor\u00e9 dit Saboteur (Entra\u00eeneur du RCK)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Personnage embl\u00e9matique du football burkinab\u00e8, Idrissa Malo Traor\u00e9 dit Saboteur ne m\u00e2che ses mots quand il s\u2019agit de parler de football, surtout burkinab\u00e8. Ce septuag\u00e9naire a toujours une m\u00e9moire d\u2019\u00e9l\u00e9phant. V\u00e9ritable baobab, c\u2019est un cours d\u2019histoire du football burkinab\u00e8 qu\u2019il retrace \u00e0 travers cet entretien.<\/strong><\/p>\n<p>Vous avez amen\u00e9 l\u2019\u00e9quipe de l\u2019ASEC-K a d\u00e9jou\u00e9 les pronostics avec un classement acceptable dans le championnat l\u2019an pass\u00e9. Quel a \u00e9t\u00e9 votre secret ?<br \/>\nIl y avait une bonne organisation qui a \u00e9t\u00e9 mise en place avec le pr\u00e9sident Inoussa Tapsoba. C\u2019est un grand manager de notre football, m\u00eame s\u2019il pr\u00e9f\u00e8re la discr\u00e9tion. Il a su mettre en place une structure pour accompagner l\u2019\u00e9quipe. C\u2019est ainsi qu\u2019il m\u2019a demand\u00e9 de venir l\u2019aider. Je pr\u00e9cise qu\u2019il fut \u00e0 une certaine \u00e9poque mon joueur. Il m\u2019a confi\u00e9 le r\u00f4le de manager. Au-del\u00e0 des t\u00e2ches techniques, je m\u2019occupais aussi de celles administratives. C\u2019est cette confiance qui a fait que je travaillais dans de bonnes conditions. Il \u00e9tait toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute. Comme vous le savez, si un entra\u00eeneur n\u2019a pas d\u2019autorit\u00e9, il ne peut pas travailler. Aussi, les joueurs \u00e9taient dans de bonnes conditions morales, physiques et psychologiques. L\u2019un dans l\u2019autre, cela a \u00e9t\u00e9 la cl\u00e9 de la r\u00e9ussite de l\u2019ASEC de Koudougou. Tout ce que j\u2019ai propos\u00e9 au pr\u00e9sident, il l\u2019a accept\u00e9. A savoir que les joueurs puissent \u00eatre regroup\u00e9s comme dans un centre d\u2019internat. A l\u2019exception de trois joueurs qui logeaient toujours avec leurs parents, les autres \u00e9taient dans une cit\u00e9. Le terrain d\u2019entra\u00eenement \u00e9tait situ\u00e9 \u00e0 peine 200 m\u00e8tres du domicile des joueurs. Seul un mur me s\u00e9parait du lieu d\u2019h\u00e9bergement des joueurs. Ce qui veut dire que nous vivions pratiquement ensemble. La communication \u00e9tait permanente entre nous. Ce qui nous a permis d\u2019occuper cette 4e place en championnat et d\u2019\u00eatre 3e en coupe du Faso.<\/p>\n<p>Vous avez surpris tout le monde en vous engageant cette saison en faveur du RCK. Qu\u2019est-ce qui explique ce choix ?<br \/>\nLe fondateur du RCK, Lassina Traor\u00e9, \u00e9tait comme un grand fr\u00e8re pour moi. Il \u00e9tait inspecteur au chemin de fer. Moi-m\u00eame j\u2019y ai travaill\u00e9 comme commissaire de police, chef de la police du chemin de fer. Quand les dirigeants du RCK sont venus me voir, j\u2019ai demand\u00e9 un temps de r\u00e9flexion. Dans nos \u00e9changes, ils ont avanc\u00e9 qu\u2019ils souhaitaient que je vienne apporter une certaine rigueur dans l\u2019encadrement. En pensant \u00e0 mon ami et fr\u00e8re Lassina Traor\u00e9, j\u2019ai accept\u00e9 de m\u2019engager. C\u2019est ainsi que mon staff et moi avons travaill\u00e9 \u00e0 transformer l\u2019esprit du groupe. A un certain moment, l\u2019\u00e9quipe a commenc\u00e9 \u00e0 se bonifier. Nous avons constat\u00e9 qu\u2019il y avait une solidit\u00e9 sur le plan mental, physique et tactique. Avant son annulation, le championnat comptait 6 matches \u00e0 jouer. Ce qui veut dire qu\u2019il y avait 18 points \u00e0 prendre. Ce qui est s\u00fbr, avec la forme affich\u00e9e de l\u2019\u00e9quipe, il \u00e9tait certain que le RCK allait se maintenir en D1.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 dit que c\u2019est vous qui aviez insist\u00e9 pour le recrutement d\u2019Herv\u00e9 Oussal\u00e9. Pourquoi lui ?<br \/>\nHerv\u00e9 Oussal\u00e9 est mon petit. C\u2019est moi qui l\u2019ai appel\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en \u00e9quipe nationale. Il devait toujours \u00eatre junior \u00e0 son temps et il jouait \u00e0 l\u2019EFO. C\u2019\u00e9tait \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un match amical face au Maroc. Et pour le match, tout le monde \u00e9tait \u00e9tonn\u00e9 de son rendement. C\u2019est ainsi que lui et moi, avions gard\u00e9 le contact. C\u2019est un jeune qui m\u2019\u00e9coute beaucoup. Je lui donne souvent des conseils. Des gens disent qu\u2019il est difficile. Moi, je dirai qu\u2019il a des principes. Il dit la v\u00e9rit\u00e9 et n\u2019aime pas l\u2019injustice. Il aime son ind\u00e9pendance. Pour moi, c\u2019est cela un homme. Quand je l\u2019ai approch\u00e9 pour qu\u2019il vienne m\u2019aider au RCK \u00e0 remonter l\u2019\u00e9quipe, il a donn\u00e9 son accord et j\u2019ai inform\u00e9 les dirigeants. Au d\u00e9part, ils ne croyaient pas qu\u2019il allait accepter. Il y a des \u00e9quipes qui lui ont propos\u00e9 5 millions FCFA \u00e0 la tr\u00eave et il a refus\u00e9. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019il a accept\u00e9 nous accompagner. Oussal\u00e9 est un jeune qui peut rendre beaucoup de services \u00e0 notre football au plus haut niveau. Il suffit de savoir l\u2019encadrer. Qu\u2019il sache que vous le consid\u00e9rez et que vous l\u2019aviez fait confiance. Sur le plan psychologique, c\u2019est un gar\u00e7on qui a besoin des gens qui l\u2019encadrent. Et qu\u2019il sente que vous lui aviez confi\u00e9 une responsabilit\u00e9. Herv\u00e9 Oussal\u00e9 peut rendre beaucoup de services \u00e0 notre \u00e9quipe nationale. Dans des matches difficiles, il peut d\u00e9bloquer des situations. Mais si on a des pr\u00e9jug\u00e9s sur lui, il ne vous fait pas confiance.<\/p>\n<p>Quelle est, selon vous, la meilleure \u00e9quipe du championnat qui vient d\u2019\u00eatre annul\u00e9 ?<br \/>\nJe n\u2019ai pas vu une \u00e9quipe qui transcendait, qui avait toutes les qualit\u00e9s qu\u2019aucune \u00e9quipe ne peut aborder. Je le dis parce qu\u2019il y a des championnats, o\u00f9 une \u00e9quipe gagne toutes les autres du d\u00e9but jusqu\u2019\u00e0 la fin du marathon. Je me rappelle quand j\u2019\u00e9tais entra\u00eeneur de l\u2019ASEC d\u2019Abidjan, on n\u2019a pas conc\u00e9d\u00e9 la moindre d\u00e9faite au cours du championnat. A 10 journ\u00e9es de la fin du championnat ivoirien \u00e0 son temps, nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 champions.<\/p>\n<p>Pensez-vous que l\u2019annulation du championnat est une bonne d\u00e9cision ?<br \/>\nNous sommes dans une p\u00e9riode de pand\u00e9mie de la COVID-19. Beaucoup de pays comme nous ont arr\u00eat\u00e9 leur championnat. Ce n\u2019est donc pas le Burkina Faso seulement qui a annul\u00e9 son championnat. Pour moi, c\u2019est une d\u00e9cision sage. M\u00eame l\u2019Etat ne peut pas donner la garantie qu\u2019il peut ma\u00eetriser l\u2019\u00e9volution de cette pand\u00e9mie et dire la p\u00e9riode o\u00f9 la courbe va baisser. Et comme vous le savez, le football est un sport fait de duels. L\u2019on ne peut pas jouer un match de 90 minutes sans un corner ou sans un coup franc. Alors que s\u2019il y a un corner, il y a des duels directs. Les joueurs s\u2019attrapent, ils se marquent, ils se donnent des coups de t\u00eate et d\u2019autres m\u00eame crachent. Par mesure de pr\u00e9caution, et sachant que le football est un sport de contact, c\u2019\u00e9tait mieux d\u2019arr\u00eater le championnat.<\/p>\n<p>Quelle appr\u00e9ciation faites-vous du niveau du football burkinab\u00e8 ?<br \/>\nQuand vous parlez de football, ce n\u2019est pas seulement les joueurs de champ, il y a aussi l\u2019environnement. C\u2019est-\u00e0-dire les dirigeants, les ligues, les f\u00e9d\u00e9rations, la presse, les supporters, l\u2019encadrement, les joueurs, les supporters, etc. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, depuis ces 4 derni\u00e8res ann\u00e9es, il y a eu un bond significatif. Le football est arriv\u00e9 au Burkina pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Bobo-Dioulasso vers les ann\u00e9es 1935. Par la suite, il y a eu la modernisation et les f\u00e9d\u00e9rations se sont succ\u00e9d\u00e9. J\u2019ai vu passer toutes ces f\u00e9d\u00e9rations. J\u2019ai m\u00eame travaill\u00e9 avec certaines comme entra\u00eeneur national. Il y a eu des f\u00e9d\u00e9rations qui avaient des difficult\u00e9s de fonctionnement du fait de leur mauvais management. Les f\u00e9d\u00e9rations se succ\u00e9daient ainsi avec des d\u00e9missions. Il n\u2019y avait pas de stabilit\u00e9. Je me rappelle quand j\u2019\u00e9tais entra\u00eeneur national, ma f\u00e9d\u00e9ration \u00e0 son temps a d\u00e9missionn\u00e9 vers 16h. C\u2019est chemin faisant que l\u2019actuelle f\u00e9d\u00e9ration dirig\u00e9e par le colonel Sita Sangar\u00e9 est arriv\u00e9e. Et jusque-l\u00e0, les r\u00e9sultats parlent en sa faveur. Nous avons jou\u00e9 une finale de CAN en 2013. Apr\u00e8s cette finale, nous avons eu la 3e place. Tout r\u00e9cemment, les jeunes ont remport\u00e9 la m\u00e9daille d\u2019or aux Jeux africains. On s\u2019est qualifi\u00e9s plusieurs fois dans les comp\u00e9titions africaines. Nous sommes \u00e0 notre 3e participation au CHAN. Il y a beaucoup de comp\u00e9titions o\u00f9 nous sommes repr\u00e9sent\u00e9s. Le football f\u00e9minin existe. La comp\u00e9tition des jeunes marche \u00e9galement. La subvention des clubs, je crois, au d\u00e9but, n\u2019atteignait pas 5 millions FCFA. Aujourd\u2019hui, nous sommes \u00e0 plus de 15 millions FCFA. Il y a eu l\u2019am\u00e9nagement des infrastructures. On a mis des grilles de s\u00e9curit\u00e9 sur des terrains pour qu\u2019on puisse y jouer des matchs. Les deux derniers sont \u00e0 Bobo-Dioulasso notamment sur les terrains du RCB et de l\u2019ASFB. Lui-m\u00eame de par ses qualit\u00e9s, il est actuellement membre du comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la CAF. Il est \u00e9galement membre de la commission du d\u00e9veloppement du football de la FIFA. Etant l\u00e0-bas, il n\u2019est pas rest\u00e9 \u00e9go\u00efste. Il a essay\u00e9 de faire ce que les autres pays font, c\u2019est-\u00e0-dire placer des Burkinab\u00e8 \u00e0 des postes. C\u2019est dans cet objectif qu\u2019il a r\u00e9ussi \u00e0 mettre ma\u00eetre Sama \u00e0 la commission juridique de la CAF. Il a mis le m\u00eame Sama au Tribunal administratif du sport dont le si\u00e8ge est en Lausanne. Tout r\u00e9cemment, il y avait le poste de directeur ex\u00e9cutif de l\u2019UFOA zone B avec r\u00e9sidence \u00e0 Abidjan. Il y avait le B\u00e9nin, le Niger et la C\u00f4te d\u2019Ivoire qui voulaient le poste. De par son audience, ses relations, il a r\u00e9ussi \u00e0 convaincre ses pairs des f\u00e9d\u00e9rations s\u0153urs. C\u2019est ainsi que le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration qui est un ancien international, Boureima Balima, a pu \u00eatre positionn\u00e9 \u00e0 ce poste. Pr\u00e9sentement, il n\u2019a pas encore rejoint compte tenu de la fermeture des fronti\u00e8res. J\u2019ai eu la chance de suivre l\u2019\u00e9volution de notre football de l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 nos jours. Je pense que pendant ces 8 ans, non seulement il y a eu du progr\u00e8s sur le plan des infrastructures, sur le plan du potentiel humain, sur le plan de la formation, etc. Si l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019on recherche, on veut que notre pays rayonne sur le plan international, je pense qu\u2019il n\u2019y a rien \u00e0 dire.<\/p>\n<p>Ces derniers temps, de nombreux clubs n\u2019arrivent pas \u00e0 payer leurs joueurs. Qu\u2019en pensez-vous ?<br \/>\nDe nombreux clubs n\u2019arrivent pas \u00e0 payer leurs joueurs parce qu\u2019il faut que nous arrivons \u00e0 faire changer les clubs de statut afin qu\u2019ils deviennent des entreprises. Quand je parle, je prends toujours des exemples. Quand j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019ASEC d\u2019Abidjan qui est une entreprise, pour pouvoir voter, il faut avoir une carte de membre de 250\u00a0000 FCFA. Tous les supporters cotisent chaque fin du mois sur l\u2019ensemble du territoire ivoirien. On fait le bilan de toutes les villes. Dans la ville d\u2019Abidjan, c\u2019est par quartier que le bilan des cotisations se fait. Il y a m\u00eame une concurrence entre les villes pour voir quelle est celle qui a le plus cotis\u00e9. En plus de cela, ils ont des boutiques o\u00f9 il y a des gadgets, des journaux, etc. Il y a des actionnaires, des sponsors du club. Quand j\u2019\u00e9tais l\u00e0-bas, une soci\u00e9t\u00e9 de t\u00e9l\u00e9phonie mobile donnait 900 millions FCFA par an \u00e0 l\u2019ASEC. Moi-m\u00eame, j\u2019avais droit \u00e0 un cr\u00e9dit de communication de 1 million FCFA. Si je prends l\u2019exemple du Burkina, vous prenez une \u00e9quipe comme l\u2019EFO qui a beaucoup de supporters.<br \/>\nDites \u00e0 ces supporters sur toute l\u2019\u00e9tendue du territoire de cotiser r\u00e9guli\u00e8rement 100 FCFA. L\u2019EFO va avoir beaucoup d\u2019argent. Mais les gens ne veulent pas se sacrifier. Souvent, on laisse le poids sur une ou deux personnes volontaires, qui veulent aider les clubs. Elles aussi, quelle que soit leur bonne volont\u00e9, il y aura des moments o\u00f9 elles seront coinc\u00e9es. Quand elles sont coinc\u00e9es et qu\u2019il n\u2019y a personne pour les aider, elles attendent un moment le temps d\u2019avoir des entr\u00e9es d\u2019argent pour \u00eatre un peu plus \u00e0 l\u2019aise avant d\u2019aider les jeunes. Je pense que c\u2019est ce qui fait que certaines \u00e9quipes n\u2019arrivent pas \u00e0 \u00eatre r\u00e9guli\u00e8res dans le paiement des joueurs.<br \/>\nQuel est votre plus beau souvenir d\u2019entra\u00eeneur ?<br \/>\nJe n\u2019ai pas un seul beau souvenir. Il y a eu d\u2019abord la qualification du Burkina Faso \u00e0 la CAN 96. Avant que je ne prenne l\u2019\u00e9quipe, personne ne voulait la coacher. Je suis donc arriv\u00e9 en sapeur-pompier. C\u2019est pour vous dire qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, j\u2019avais 300\u00a0000 FCFA comme indemnit\u00e9s, puisque je travaillais et j\u2019\u00e9tais commissaire de police. Ce qui veut dire que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 un salaire. C\u2019est quand j\u2019ai qualifi\u00e9 le pays qu\u2019on m\u2019a ajout\u00e9 200\u00a0000 FCFA mais je n\u2019ai pas eu le temps de toucher le suppl\u00e9ment puisqu\u2019on m\u2019a limog\u00e9 en Afrique du Sud. Je pr\u00e9cise qu\u2019apr\u00e8s mon limogeage, un ordre de recettes m\u2019a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 pour qu\u2019on retienne sur mon salaire de commissaire de police le montant total des indemnit\u00e9s que j\u2019ai per\u00e7ues. Quand je parle aujourd\u2019hui de notre football, je le fais avec sinc\u00e9rit\u00e9. Je parle parce que je suis un patriote et j\u2019aime mon pays. Nous sommes un Etat la\u00efc, un Etat d\u00e9mocratique et r\u00e9publicain. A l\u2019\u00e9poque, les gens ne pouvaient pas croire qu\u2019on pouvait se qualifier. Nous avons souffert. On m\u2019avait donn\u00e9 un vieux v\u00e9hicule qui tombait en panne \u00e0 chaque fois au bord de la route. Je ne sais pas qui a dit au pr\u00e9sident Blaise Compaor\u00e9 que le v\u00e9hicule de votre entra\u00eeneur tombe toujours en panne. Il ne m\u2019a pas appel\u00e9. Deux semaines apr\u00e8s, nous avons \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s de la tenue du tournoi Black Star o\u00f9 il y avait le Gabon, le Mali, le Ghana et le Burkina Faso. Avant d\u2019aller au Gabon, nous avons battu le Mali ici 3-1 en match amical. Nous \u00e9tions 4 pays pour le tournoi Black Star. Nous avons jou\u00e9 la demi-finale contre le Mali. Nous devons jouer contre le Mali et le Gabon contre le Ghana. Le Gabon a fait changer le tirage parce qu\u2019il voulait jouer contre nous et non le Ghana. Le Burkina a battu le Gabon 5-3 et le Mali a battu le Ghana. Nous avons donc jou\u00e9 la finale de ce tournoi contre le Mali que nous avons battu apr\u00e8s les prolongations. Le but a \u00e9t\u00e9 inscrit par Issaka Tassemb\u00e9do dit Aka dans les arr\u00eats de jeu. Ce jour, Ouagadougou \u00e9tait en liesse. C\u2019est quand je suis revenu que le pr\u00e9sident Compaor\u00e9 m\u2019a invit\u00e9 \u00e0 Ziniar\u00e9. Il m\u2019a dit qu\u2019il ne savait pas que les joueurs locaux pouvaient jouer jusqu\u2019\u00e0 ramener une coupe. Il a promis dor\u00e9navant de s\u2019occuper des \u00e9quipes. Il disait qu\u2019il ne voulait pas s\u2019en occuper parce qu\u2019il ne voyait rien. Il m\u2019a demand\u00e9 ce qu\u2019il faut. Je lui ai dit qu\u2019il y a trois conditions. Je ne parle pas de moi mais des joueurs. Premi\u00e8rement, il faut augmenter les primes car ce que les joueurs percevaient \u00e9tait d\u00e9risoire. Ils avaient 50 000F en cas de victoire et j\u2019ai propos\u00e9 1 million FCFA et 700\u00a0000 FCFA pour le match nul. Deuxi\u00e8mement, il faut les \u00e9quipements. Il faut faire de telle sorte que les joueurs ne portent pas des bas et des culottes trou\u00e9s. J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 ce que ces \u00e9quipements soient command\u00e9s par containers. Et troisi\u00e8mement, les infrastructures. Revenons sur les primes et les \u00e9quipements. Blaise Compaor\u00e9 a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 devant moi au ministre des Sports de l\u2019\u00e9poque, Ibrahim Traor\u00e9 et lui a dit de prendre un arr\u00eat\u00e9 pour instaurer les primes de match \u00e0 1 million pour une victoire et 700\u00a0000 F pour un match nul. Il a m\u00eame rassur\u00e9 que c\u2019est lui qui paierait ses primes. C\u2019est bon de vous retracer l\u2019histoire de notre pays. Il a dit ensuite de passer le voir pour qu\u2019on commande des containers d\u2019\u00e9quipements. En ce moment, le si\u00e8ge de la F\u00e9d\u00e9ration \u00e9tait \u00e0 Gounghin. Il restait le 3e point qui n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9gl\u00e9. Il m\u2019a demand\u00e9 d\u2019expliquer ce que je veux dire par infrastructures. Je lui ai dit qu\u2019il faut un centre o\u00f9 on doit recevoir les \u00e9quipes nationales, pas le football seulement. Un centre comme Clairefontaine en France. Il m\u2019a ainsi donn\u00e9 un rendez-vous un jeudi o\u00f9 \u00e9tait log\u00e9e sa femme, derri\u00e8re l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Je suis arriv\u00e9 trouver qu\u2019il y avait d\u00e9j\u00e0 du papier et les outils n\u00e9cessaires pour travailler. Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 travailler lui et moi. J\u2019avais le mod\u00e8le de Clairefontaine. Tous les jeudis, je venais pour que nous travaillions. C\u2019\u00e9tait le Centre omnisports des Etalons (COMET) qui s\u2019\u00e9tendait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9cole de football des Allemands FOGEBU. L\u00e0 o\u00f9 il y a le si\u00e8ge de la F\u00e9d\u00e9ration, \u00e9tait pr\u00e9vue la direction technique nationale. La F\u00e9d\u00e9ration devait \u00eatre l\u00e0 o\u00f9 il y a FOGEBU. Il allait y avoir des maisons basses avec tous les bureaux. Il \u00e9tait m\u00eame pr\u00e9vu un immeuble R+2 pour un h\u00f4tel. Au COMET, on devait pouvoir recevoir les \u00e9quipes nationales de toutes les disciplines avec leur terrain de jeu. Quand on a fini, un architecte devait mettre tout \u00e7a en forme. J\u2019ai donc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 amener un architecte du domaine du sport. C\u2019est ainsi que je suis all\u00e9 chercher Isaac Abel, pr\u00e9sident de l\u2019EFO. Quand il a fini le plan, nous sommes all\u00e9s voir Blaise Compaor\u00e9 qui a appel\u00e9 Nyampa, le directeur des infrastructures. Il lui a remis le plan d\u2019ex\u00e9cuter tout en le pr\u00e9venant que c\u2019est lui qui va financer. Notre mission \u00e9tait termin\u00e9e. Plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s, je suis parti \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Quand je suis revenu, j\u2019ai trouv\u00e9 que le COMET n\u2019\u00e9tait pas aux normes du plan initial. Je veux juste dire que le COMET est l\u2019\u0153uvre du pr\u00e9sident Compaor\u00e9 et moi. Maintenant, nous \u00e9tions en train d\u2019aller en Afrique du Sud pour la CAN avec comme ministre des Sports, Ibrahim Traor\u00e9. Malheureusement, par les man\u0153uvres politiques, il a \u00e9t\u00e9 limog\u00e9 alors qu\u2019il \u00e9tait bien avec tout le monde : les joueurs, l\u2019encadrement, les dirigeants, la F\u00e9d\u00e9ration. Il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par le m\u00e9decin Joseph Tiendr\u00e9b\u00e9ogo. Voil\u00e0 comment les man\u0153uvres politiques influencent notre football. Quand nous sommes partis, les choses ont commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9grader. C\u2019est comme un coup qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9. J\u2019avais souhait\u00e9 que nous allions en Ouganda et on me l\u2019a refus\u00e9. C\u2019est encore le pr\u00e9sident Compaor\u00e9 qui a donn\u00e9 son avion sp\u00e9cial et il nous a fait accompagner par le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res qui \u00e9tait le Dr Ablass\u00e9 Ou\u00e9draogo. Arriv\u00e9 \u00e0 Gaborone, il n\u2019y avait m\u00eame pas de terrain d\u2019entra\u00eenement alors qu\u2019on nous avait fait savoir que tout \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 pour attendre l\u2019\u00e9quipe. C\u2019\u00e9tait Roch Marc Christian Kabor\u00e9, l\u2019actuel pr\u00e9sident qui \u00e9tait le Premier ministre. Lui, suivait l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9quipe. J\u2019avais son contact et je l\u2019ai appel\u00e9 pour lui dire que nous sommes arriv\u00e9s mais il n\u2019y a pas de terrain d\u2019entra\u00eenement. Le seul terrain \u00e9tait leur stade mais \u00e9tait en r\u00e9fection. J\u2019ai rencontr\u00e9 une connaissance sur place, un ancien entra\u00eeneur ghan\u00e9en qui \u00e9tait en C\u00f4te d\u2019Ivoire. C\u2019est lui qui nous a dit qu\u2019on pouvait s\u2019entra\u00eener sur le terrain de la prison civile, un terrain caillouteux. On ne pouvait donc pas jouer. N\u00e9anmoins, nous y sommes all\u00e9s et j\u2019ai essay\u00e9 de donner de petits exercices de footing aux joueurs sans s\u2019entra\u00eener pendant deux semaines avant d\u2019aller en phase finale de la CAN. Les joueurs n\u2019\u00e9taient plus en forme. Les gens ont cach\u00e9 \u00e7a. Ils ont commenc\u00e9 \u00e0 faire des r\u00e9unions pour que l\u2019\u00e9quipe \u00e9choue. Des joueurs ont \u00e9t\u00e9 m\u00eame contact\u00e9s pour saboter des matchs. C\u2019est pour cela quand nous sommes revenus, on avait demand\u00e9 qu\u2019on fasse le bilan et le ministre Tiendr\u00e9b\u00e9ogo a dit qu\u2019il n\u2019y aura jamais de point. Ainsi, on m\u2019a enlev\u00e9 pour que je ne sois pas \u00e0 la CAN 98. Comme cela, ils pourront faire ce qu\u2019ils veulent. J\u2019ai donc demand\u00e9 \u00e0 rencontrer la F\u00e9d\u00e9ration, parce que j\u2019ai eu des informations. Elle n\u2019a jamais voulu qu\u2019on se rencontre. Un jour, Joseph Tiendr\u00e9b\u00e9ogo m\u2019appelle dans son h\u00f4tel avec d\u2019autres dirigeants pour me dire qu\u2019il a re\u00e7u un coup de fil du haut lieu depuis Ouagadougou pour que je classe deux joueurs. Je lui ai dit que je ne marche pas comme cela. D\u2019ailleurs, parmi ces deux joueurs, un \u00e9tait \u00e0 l\u2019infirmerie. C\u2019est la m\u00eame nuit qu\u2019on m\u2019a convoqu\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4tel pour me donner un papier \u00e9crit \u00e0 la main, pour me dire que je suis limog\u00e9. Aussi, on m\u2019a dit que je ne pouvais plus suivre la d\u00e9l\u00e9gation pour aller dans l\u2019autre ville pour le dernier match de la CAN 96. C\u2019est comme cela que j\u2019ai quitt\u00e9 l\u2019Afrique du Sud, transit\u00e9 par Abidjan pour rejoindre Ouagadougou. Voici comment s\u2019est pass\u00e9e l\u2019affaire de l\u2019Afrique du Sud. Les gens ont toujours cach\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9. N\u00e9anmoins, notre parcours durant les \u00e9liminatoires m\u2019a beaucoup marqu\u00e9. Nous \u00e9tions face \u00e0 des pays comme le Maroc qui venait du mondial, la C\u00f4te d\u2019Ivoire qui avait de grands joueurs. Malgr\u00e9 tout, nous avons pu faire 2-2 \u00e0 Abidjan alors qu\u2019on jouait \u00e0 10 depuis la premi\u00e8re mi-temps. Apr\u00e8s, nous avons battu le Maroc chez nous et aller obtenir le nul 0-0 au Maroc. C\u2019est l\u00e0 que le roi du Maroc a limog\u00e9 toute la F\u00e9d\u00e9ration, le minist\u00e8re. Il a m\u00eame fait \u00e9carter des joueurs. Dans l\u2019histoire de notre pays, nous avons pu se faire respecter. C\u2019est de l\u00e0 qu\u2019il y a eu la r\u00e9volution de notre football. Je suis fier avec tous ceux qui \u00e9taient avec moi \u00e0 cette \u00e9poque, y compris le ministre Ibrahim Traor\u00e9. Certains dirigeants ont \u00e9t\u00e9 honn\u00eates avec moi.<\/p>\n<p>Peut-on dire que votre limogeage a \u00e9t\u00e9 l\u2019un de vos mauvais souvenirs ?<br \/>\nNon, ce n\u2019est pas un mauvais souvenir. Au contraire, c\u2019est une marque n\u00e9gative de gestion de notre pays. Les man\u0153uvres politiques font que souvent, on ne peut pas progresser. Et \u00e7a continue jusqu\u2019\u00e0 nos jours.<\/p>\n<p>Vous avez fait plusieurs passages \u00e0 la t\u00eate des Etalons. Quelle g\u00e9n\u00e9ration vous a le plus donn\u00e9 satisfaction ?<br \/>\nJe peux dire que c\u2019est la g\u00e9n\u00e9ration de la CAN 96. Sinon la g\u00e9n\u00e9ration 2006 des Jonathan Pitroipa qui a fait un match historique contre le S\u00e9n\u00e9gal n\u2019est pas aussi en reste. Je me rappelle qu\u2019\u00e0 ce match, personne ne croyait \u00e0 cette \u00e9quipe. Je me rappelle que la semaine du match, nous avons jou\u00e9 contre l\u2019EFO. C\u2019est lors de ce match que j\u2019ai rep\u00e9r\u00e9 Bakari Kon\u00e9. Je l\u2019ai imm\u00e9diatement s\u00e9lectionn\u00e9. Kassoum Ou\u00e9draogo Zico, pr\u00e9sident de l\u2019EFO d\u2019alors, qui est un de mes anciens joueurs \u00e9tait de bonne foi. Il est venu me voir. Il a dit\u00a0: \u00ab\u00a0coach, tu as \u00e9t\u00e9 mon entra\u00eeneur et je ne veux pas que tu aies des probl\u00e8mes. Ce joueur est \u00e0 l\u2019EFO mais on est pr\u00eat \u00e0 le lib\u00e9rer. Si tu le prends en \u00e9quipe nationale, tu vas avoir des probl\u00e8mes\u00a0\u00bb. Je l\u2019ai remerci\u00e9. Mais ce que j\u2019ai vu en lui dans le match qu\u2019il a livr\u00e9 contre Kon\u00e9 Issouf qui jouait \u00e0 Rosenberg, je sais qu\u2019il a des qualit\u00e9s naturelles. Il suffit de l\u2019encadrer et il va faire un grand match contre le S\u00e9n\u00e9gal. C\u2019est ainsi que je l\u2019ai amen\u00e9 au COMET en prenant le soin de lui montrer les limites \u00e0 ne pas franchir. Comment il devait attaquer et surtout son positionnement vis-\u00e0-vis de El Hadj Diouf. Je lui ai fait comprendre que le match contre le S\u00e9n\u00e9gal \u00e9tait un tournant de sa carri\u00e8re. Et j\u2019avoue qu\u2019il a fait le plus grand match de sa carri\u00e8re. Jonathan Pitroipa, lui, je l\u2019ai appel\u00e9 la veille du match dans ma chambre. J\u2019\u00e9tais avec Jean Baptiste Ilboudo dit Zagalo mon adjoint. Je lui ai dit ceci : \u00ab mon petit, c\u2019est toi qui nous feras gagner le match de demain contre le S\u00e9n\u00e9gal \u00bb. Il m\u2019a alors r\u00e9pondu : \u00ab ah bon ? Je vais jouer ? \u00bb. Je lui ai dit qu\u2019il jouera. Il n\u2019en revenait pas. Le papa de Pitroipa a fr\u00e9quent\u00e9 avec Zagalo. Il lui a demand\u00e9 de me dire de ne pas faire jouer son fils contre le S\u00e9n\u00e9gal parce que je risque d\u2019avoir des probl\u00e8mes. A cette \u00e9poque, Pitroipa \u00e9tait tr\u00e8s fr\u00eale et son papa estimait qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eat. J\u2019ai dit \u00e0 Zagalo de lui dire qu\u2019il est le papa biologique du joueur, moi, le papa sportif. Le lendemain, quand Pitroipa a commenc\u00e9 \u00e0 fatiguer les S\u00e9n\u00e9galais sur le terrain, il para\u00eetrait que son papa a coul\u00e9 des larmes depuis les tribunes. Vers la 75e minute, Pitroipa m\u2019a signal\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait fatigu\u00e9 et qu\u2019il voulait sortir. Je suis all\u00e9 vers lui et je lui ai dit : \u00ab le plan qu\u2019on a trac\u00e9 toi et moi devant Zagalo n\u2019est pas encore abouti \u00bb. Il m\u2019a dit qu\u2019il a compris. Et je lui ai dit de tenir bon. Cinq minutes apr\u00e8s, il a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 une balle et est entr\u00e9 dans la surface de r\u00e9paration. Le d\u00e9fenseur s\u00e9n\u00e9galais l\u2019a retenu par le maillot et il est tomb\u00e9. L\u2019arbitre a siffl\u00e9 le p\u00e9nalty. Narcisse Yam\u00e9ogo a pris le ballon, or lui et le gardien jouaient ensemble \u00e0 Jean d\u2019Arc de Dakar. Le portier pensait que Narcisse allait changer de c\u00f4t\u00e9. Il s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9 et Narcisse a marqu\u00e9. Ce match m\u2019a beaucoup marqu\u00e9 parce qu\u2019il m\u2019a permis de montrer aux gens que la conviction d\u2019un homme peut d\u00e9terminer la performance de tout ce qu\u2019il souhaite entreprendre dans la vie. Ce n\u2019est pas seulement au niveau du sport. Quand tu es convaincu et honn\u00eate, Dieu t\u2019aidera toujours. Mais avec l\u2019injustice, rien ne marchera. J\u2019\u00e9tais convaincu qu\u2019avec ces jeunes, on pouvait faire quelque chose. Charles Kabor\u00e9 jouait \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 l\u2019AS SONABEL, lorsque je l\u2019ai appel\u00e9 en s\u00e9lection. Paul Koulibaly qui a vu Charles Kabor\u00e9 \u00e0 l\u2019entra\u00eenement avec la s\u00e9lection a appel\u00e9 Zico, pr\u00e9sident de l\u2019EFO \u00e0 l\u2019\u00e9poque, de venir voir un jeune milieu que le coach a s\u00e9lectionn\u00e9. Zico est venu me voir et m\u2019a dit : \u00ab il para\u00eet que vous avez fait venir un jeune milieu de terrain qui joue \u00e0 Sonabel et qu\u2019il est tr\u00e8s fort \u00bb. Il m\u2019a demand\u00e9 de le mettre en contact avec Charles. Ce que j\u2019ai fait. Il est sorti avec Charles et sont all\u00e9s faire tous ses papiers pour le compte de l\u2019EFO. Apr\u00e8s le match contre le S\u00e9n\u00e9gal, Charles a sign\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Il n\u2019a m\u00eame pas eu \u00e0 jouer un seul match avec l\u2019EFO. Mais c\u2019est l\u2019Etoile qui a profit\u00e9 de son transfert. J\u2019ai fait donc mont\u00e9 cette g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019image de celle des Seydou Traor\u00e9. J\u2019ai un sixi\u00e8me sens dans la d\u00e9tection des jeunes. Lorsque je vois un jeune jou\u00e9, je sais ce qu\u2019il pourra faire les mois \u00e0 venir. Lorsque je suis arriv\u00e9 \u00e0 Koudougou avec l\u2019ASEC, c\u2019\u00e9tait pareil. J\u2019ai trouv\u00e9 des jeunes qui \u00e9taient sur le point d\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9s, mais je les ai gard\u00e9s. Ils sont devenus par la suite les cadres de l\u2019\u00e9quipe. Mon passage \u00e0 Koudougou m\u2019a marqu\u00e9. Il y a eu ensuite l\u2019ASEC d\u2019Abidjan. Je suis le seul Africain, non Ivoirien, \u00e0 avoir entra\u00een\u00e9 cette \u00e9quipe depuis sa cr\u00e9ation jusqu\u2019aujourd\u2019hui. Si vous visitez leur si\u00e8ge, vous verrez ma photo, aux c\u00f4t\u00e9s de celle de Oscar Fullone, parmi les personnes qui ont marqu\u00e9 l\u2019histoire du club. J\u2019ai entra\u00een\u00e9 l\u2019ASEC d\u2019Abidjan deux fois. La premi\u00e8re fois, c\u2019\u00e9tait avec le groupe d\u2019Aka Kouam\u00e9, Mamadou Zar\u00e9 et autres. Quant \u00e0 la deuxi\u00e8me fois, j\u2019\u00e9tais au Djoliba de Bamako quand l\u2019ASEC a envoy\u00e9 Brama Ou\u00e9draogo me chercher. C\u2019\u00e9tait en octobre et j\u2019\u00e9tais en fin de contrat. Je suis all\u00e9 prendre l\u2019\u00e9quipe. Roger Ou\u00e9gnin m\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que Jean Marc Guillou avait fui avec tous ses joueurs et il ne restait que les Baki Kon\u00e9 et Romaric. Il m\u2019a alors dit qu\u2019il serait difficile de faire une bonne prestation en Ligue des champions cette ann\u00e9e-l\u00e0, mais m\u2019a demand\u00e9 de tout mettre en \u0153uvre pour \u00eatre champion de C\u00f4te d\u2019Ivoire. Lorsque j\u2019ai pris l\u2019\u00e9quipe, il m\u2019a promis de ne pas s\u2019ing\u00e9rer dans mon travail. Nous avons \u00e9t\u00e9 champions de C\u00f4te d\u2019Ivoire et nous sommes all\u00e9s jusqu\u2019en demi-finale de Ligue des champions avec cette jeune \u00e9quipe. L\u2019ASEC d\u2019Abidjan ne peut pas m\u2019oublier. Jusqu\u2019aujourd\u2019hui, Roger Ou\u00e9gnin m\u2019appelle au moins une fois par mois pour avoir de mes nouvelles.<\/p>\n<p>Il para\u00eetrait que lors d\u2019un match des Etalons \u00e0 Abidjan, alors que vous \u00e9tiez en r\u00e9union avec les joueurs le jour du match, vous avez re\u00e7u un appel en faisant croire aux joueurs que c\u2019est celui du chef de l\u2019Etat.<br \/>\nC\u2019est apr\u00e8s le match que le chef de l\u2019Etat a appel\u00e9. Nous \u00e9tions \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, au r\u00e9fectoire. La r\u00e9ception m\u2019a pr\u00e9venu pendant le repas qu\u2019il avait un appel de Ouagadougou et que j\u2019\u00e9tais demand\u00e9. Lorsque j\u2019ai pris le combin\u00e9, c\u2019\u00e9tait Blaise Compaor\u00e9 au bout du fil. Il m\u2019a dit ceci : \u00abnous sommes tr\u00e8s fiers de vous. Je vais donner des instructions \u00e0 l\u2019ambassade pour qu\u2019on donne de l\u2019argent de poche \u00e0 chaque joueur pour qu\u2019il fasse des emplettes avant le retour. L\u2019avion viendra vous chercher apr\u00e8s \u00bb. C\u2019est moi qui l\u2019ai inform\u00e9 que le ministre des Sports \u00e9tait en train de manger avec nous. J\u2019ai appel\u00e9 le ministre et ils ont \u00e9chang\u00e9.<\/p>\n<p>Parlant toujours de ce match, quelle a \u00e9t\u00e9 votre strat\u00e9gie pour parvenir \u00e0 tenir en \u00e9chec la C\u00f4te d\u2019Ivoire chez elle ?<br \/>\nMa chance est que j\u2019ai entra\u00een\u00e9 en C\u00f4te d\u2019Ivoire. J\u2019ai pass\u00e9 plus de cinq ans l\u00e0-bas comme entra\u00eeneur. Je connaissais la plupart des joueurs ivoiriens en s\u00e9lection parce que je les ai crois\u00e9s ou entra\u00een\u00e9s au cours de ma carri\u00e8re. J\u2019ai entra\u00een\u00e9 l\u2019ancien entra\u00eeneur de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, Ibrahim Kamara au Stade d\u2019Abidjan. Aka Kouam\u00e9, Si\u00e9 Donald Olivier\u2026je les connaissais tous. Pour pr\u00e9parer le match en C\u00f4te d\u2019Ivoire, nous \u00e9tions au vert au centre de formation professionnelle de l\u2019ONEA \u00e0 Ouagadougou. La f\u00e9d\u00e9ration nous a inform\u00e9s que le chef de l\u2019Etat a joint son homologue togolais Eyad\u00e9ma pour qu\u2019on puisse aller effectuer dix jours de stage pour nous acclimater. Nous \u00e9tions au mois de janvier puisque la rencontre s\u2019est disput\u00e9e le 22 janvier \u00e0 Abidjan. Nous avons pass\u00e9 dix jours au Togo ponctu\u00e9s par des matches amicaux avec des \u00e9quipes locales. Apr\u00e8s chaque entra\u00eenement, je r\u00e9servais trente minutes de causerie pour renforcer le mental des joueurs et leur expliquer le comportement du public ivoirien et le type de joueurs que nous allions croiser. Je leur expliquais au tableau les forces et les faiblesses de tel joueur ivoirien si toutefois il doit jouer. Nous les avions tous \u00e9tudi\u00e9s pendant notre stage au Togo. Nous partions aussi \u00e0 la plage travailler sur le sable pour le renforcement musculaire. Le stage avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s b\u00e9n\u00e9fique et tout a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 notre disposition. C\u2019est d\u2019ailleurs du Togo que l\u2019avion est venu nous chercher pour rallier directement Abidjan. Les journalistes ivoiriens \u00e0 l\u2019a\u00e9roport m\u2019ont demand\u00e9 si je n\u2019avais pas peur de revenir jouer contre la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Je leur ai r\u00e9pondu : \u00abJustement, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 entra\u00eeneur ici, ce qui est un atout pour moi \u00bb. Ils m\u2019ont dit que je ne m\u2019en sortirai pas malgr\u00e9 tout. Dans les vestiaires le jour du match, j\u2019avais demand\u00e9 des ballons neufs bien gonfl\u00e9s pour chaque joueur. Je connaissais le public ivoirien et je savais que dans la cuvette du stade F\u00e9lix-Houphou\u00ebt-Boigny, lorsqu\u2019il crie, un joueur qui n\u2019est pas habitu\u00e9 \u00e0 une telle atmosph\u00e8re est affol\u00e9 et perd ses moyens. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de sortir expr\u00e8s des vestiaires, avant l\u2019heure de l\u2019\u00e9chauffement, chaque joueur avec son ballon neuf. Le public a \u00e9t\u00e9 surpris. Je connais les Ivoiriens, ils aiment que tu leur montres ta force de frappe sur le plan mat\u00e9riel. Psychologiquement le jour-l\u00e0, le public ivoirien \u00e9tait battu. Nous sommes rentr\u00e9s dans les vestiaires apr\u00e8s. J\u2019ai dit aux joueurs que lorsque nous sortirons pour l\u2019\u00e9chauffement, le public ne va plus trop crier. Et m\u00eame s\u2019il crie, ils n\u2019auront plus peur parce qu\u2019ils ont pris un ascendant psychologique. C\u2019est ainsi que sur le plan psychologique, les Etalons \u00e9taient par\u00e9s \u00e0 d\u00e9buter la rencontre. En d\u00e9but de rencontre, l\u2019arbitre nig\u00e9rian a vu que le jeu \u00e9tait cors\u00e9. Hassane Kamagat\u00e9 marquait \u00e0 la culotte Jo\u00ebl Ti\u00e9hi, l\u2019attaquant ivoirien et il n\u2019arrivait pas \u00e0 jouer. L\u2019arbitre a vu que l\u2019homme cl\u00e9 de notre syst\u00e8me d\u00e9fensif \u00e9tait Kamagat\u00e9. Il lui a donn\u00e9 un carton rouge sans qu\u2019on ne sache ce qui s\u2019est pass\u00e9. Nous \u00e9tions perturb\u00e9s. Les joueurs n\u2019arrivaient plus \u00e0 se contr\u00f4ler. C\u2019est \u00e0 ce moment que nous pris coup sur coup deux buts. J\u2019ai demand\u00e9 aux joueurs de ne plus attaquer et de chercher \u00e0 garder le ballon dans leur moiti\u00e9 de terrain. C\u2019est ce qu\u2019ils ont fait jusqu\u2019\u00e0 la pause. Dans les vestiaires, ils pensaient que j\u2019\u00e9tais \u00e9nerv\u00e9 et que j\u2019allais crier sur eux. Au contraire, j\u2019avais le sourire et je leur ai dit : \u00ab les enfants, vous \u00eates en train de disputer un grand match. Je suis fier de vous. Les Ivoiriens ont marqu\u00e9 deux buts pendant les 45 premi\u00e8res minutes. Faites en sorte de lib\u00e9rer psychologiquement notre pays. Vous en avez les capacit\u00e9s. Egalisez les deux buts \u00e0 la reprise. Vous avez compris ? \u00bb. Ils m\u2019ont dit, coach, c\u2019est fini, sortons pour la reprise. Il y a des joueurs qui pleuraient. Quand nous sommes sortis pour la seconde p\u00e9riode, les Ivoiriens ont compris que c\u2019\u00e9tait un tout autre match qui d\u00e9butait. Tout le monde se rappelle du coup franc de Sidi Napon, ligne m\u00e9diane presqu\u2019au rond-point central. Je me suis lev\u00e9 entre-temps, j\u2019ai pr\u00e9venu Seydou Traor\u00e9 que le lat\u00e9ral droit Aka Kouam\u00e9 et le lat\u00e9ral gauche Ibrahim Kamara \u00e9taient fatigu\u00e9s. J\u2019ai replac\u00e9 Brahima Traor\u00e9 et Seydou Traor\u00e9 sur les c\u00f4t\u00e9s. Comme ils sont rapides, ils peuvent percer la d\u00e9fense ivoirienne par des dribbles. Zico devait rester en fixation, mais il ne devait pas rentrer en profondeur. Zico devait tirer l\u2019axe central vers leur camp, l\u00e0 les deux ailiers seront tr\u00e8s avanc\u00e9s. Un vide s\u2019est cr\u00e9\u00e9 dans leur d\u00e9fense axiale avec le travail de Zico. Nous jouions \u00e0 10 et j\u2019ai fait rentrer Boureima Zongo qui \u00e9tait tr\u00e8s fort dans le renversement de jeu sur 30 m. je lui ai dit de transmettre toutes les balles qu\u2019il recevra \u00e0 Seydou Traor\u00e9 ou \u00e0 Boureima Traor\u00e9. Avec sa rentr\u00e9e, nous avons survol\u00e9 le milieu de terrain ivoirien. Boureima Zongo envoyait toutes ses balles, soit c\u00f4t\u00e9 droit, soit c\u00f4t\u00e9 gauche. Dans l\u2019action du deuxi\u00e8me but, Seydou Traor\u00e9 a d\u2019abord dribbl\u00e9 Aka Kouam\u00e9 d\u00e9j\u00e0 fatigu\u00e9 et qui ne pouvait plus le suivre. Il a ensuite effac\u00e9 un second joueur, puis un troisi\u00e8me. Le gardien Loceni Konat\u00e9 est sorti, il l\u2019a aussi dribbl\u00e9 et a marqu\u00e9. Tout le stade s\u2019est lev\u00e9. Nous avons alors su que les Burkinab\u00e8 \u00e9taient les plus nombreux au stade. Au coup de sifflet final, c\u2019\u00e9tait la liesse. Apr\u00e8s le match, tous les Burkinab\u00e8 pr\u00e9sents au stade scandaient \u00ab Burkina Faso \u00bb, \u00ab Burkina Faso \u00bb. Ils \u00e9taient fiers de leur pays. Ce match m\u2019a marqu\u00e9 et a constitu\u00e9 une \u00e9tape importante de ma vie ainsi que de tous ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 cette \u00e9pop\u00e9e. Chacun a donn\u00e9 le meilleur de lui-m\u00eame pour que les Burkinab\u00e8 retrouvent leur fiert\u00e9.<\/p>\n<p>Quel commentaire faites-vous de la d\u00e9cision du chef d\u2019\u00e9tat-major de ne pas donner l\u2019autorisation au colonel Sita Sangar\u00e9 de briguer un nouveau mandat \u00e0 la FBF\u00a0?<br \/>\nNous sommes un Etat la\u00efc, r\u00e9publicain et d\u00e9mocratique. Nous sommes en sport et compte tenu de toutes nos performances sous l\u2019\u00e8re Sita Sangar\u00e9, il est la fiert\u00e9 de tout le pays. Si nous sommes dans un pays d\u00e9mocratique et la\u00efc, o\u00f9 il y a l\u2019\u00e9galit\u00e9 de droit et devant la loi, on doit faire en sorte que chaque citoyen puisse jouir de ses droits civils. En ce qui concerne le sport, la culture, la litt\u00e9rature que tu sois civil ou militaire, tu peux apporter toujours ta contribution pour le d\u00e9veloppement et le rayonnement de notre pays. Dans le domaine de la culture, il y avait l\u2019orchestre, les L\u00e9opards de Bobo-Dioulasso qui ont assur\u00e9 la coh\u00e9sion entre la population et l\u2019arm\u00e9e. L\u2019orchestre animait de nombreuses manifestations \u00e0 Bobo-Dioulasso et \u00e0 Ouagadougou. L\u2019arm\u00e9e a toujours jou\u00e9 un r\u00f4le important dans le d\u00e9veloppement de notre pays. Je prends l\u2019exemple du g\u00e9n\u00e9ral Ti\u00e9mogo Marc Garango. Lorsque le pays \u00e9tait en difficult\u00e9 apr\u00e8s le mouvement du 3 janvier 1966, il \u00e9tait en \u00e9tudes en France. Des gens ont signal\u00e9 \u00e0 Lamizana qu\u2019il y avait un jeune volta\u00efque en France qui \u00e9tait bon gestionnaire. Garango a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 d\u2019urgence. Apr\u00e8s il y a eu le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9ral, le Pr Guiguemd\u00e9, un sp\u00e9cialiste des grandes end\u00e9mies. Il partage ses connaissances scientifiques aupr\u00e8s de certaines universit\u00e9s sur le plan national, r\u00e9gional et international. Il y a eu le colonel David Kabr\u00e9, ministre des Sports sous la Transition. Il n\u2019\u00e9tait pas ministre des Sports parce qu\u2019il \u00e9tait militaire. C\u2019est parce qu\u2019il a le dipl\u00f4me d\u2019inspecteur de la jeunesse et des sports qu\u2019il a obtenu \u00e0 Abidjan. L\u2019histoire militaire de notre pays a toujours fait profiter \u00e0 nos compatriotes les comp\u00e9tences intellectuelles et morales de nos officiers et sous-officiers dans divers domaines, notamment la sant\u00e9, l\u2019\u00e9conomie, les t\u00e9l\u00e9communications, les travaux publics, l\u2019aviation, l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, le sport, etc. Si on reste dans le domaine strict du sport, est-ce que vous savez que le g\u00e9n\u00e9ral Baba Sy a \u00e9t\u00e9 le premier pr\u00e9sident du Comit\u00e9 national olympique de Haute-Volta\u00a0? Au niveau des structures f\u00e9d\u00e9rales, il y a eu le g\u00e9n\u00e9ral Honor\u00e9 Nab\u00e9r\u00e9 Traor\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration de m\u00eame que le colonel Souley Mohammed et le colonel F\u00e9lix Tiemtarboum, sans oublier le pr\u00e9sident actuel, le colonel Sita Sangar\u00e9. Le r\u00f4le que l\u2019arm\u00e9e a jou\u00e9 dans ce pays n\u2019a pas commenc\u00e9 avec Sita Sangar\u00e9. Au sein des minist\u00e8res, il y a eu le capitaine Bonou Moussa Georges, ministre des Sports sous le CMRPM, puis le capitaine Hien Kilmit\u00e9, le g\u00e9n\u00e9ral Ibrahim Traor\u00e9, le colonel Joseph Tiendr\u00e9b\u00e9ogo, le commandant Abdoul Salam Kabor\u00e9, le colonel Yacouba Ou\u00e9draogo. Tous ces officiers ont occup\u00e9 des fonctions au d\u00e9partement des sports dans notre pays. La fonction militaire n\u2019est pas incompatible avec les activit\u00e9s sportives, culturelles, litt\u00e9raires tant sur le plan national qu\u2019international. Vous avez l\u2019Union sportive des forces arm\u00e9es qui participe \u00e0 des comp\u00e9titions civiles. Le colonel Sita Sangar\u00e9 et son \u00e9quipe au cours de deux mandats ont eu un bilan positif comme je l\u2019ai soulign\u00e9 plus haut. Aujourd\u2019hui plus que jamais, toutes autorit\u00e9s civiles et militaires ainsi que le peuple burkinab\u00e8 doivent faire bloc autour de lui. Si Sita Sangar\u00e9 ne peut plus se pr\u00e9senter \u00e0 la pr\u00e9sidence de la f\u00e9d\u00e9ration, ce sera un retard consid\u00e9rable pour le pays. Le fait qu\u2019il soit \u00e0 la CAF, c\u2019est pour ses qualit\u00e9s. Si la CAF, quel que soit le poste que vous occupez en son sein, sent que des man\u0153uvres politiques de votre pays vous emp\u00eachent de rester \u00e0 votre poste dans la structure nationale, votre position se fragilise. Il en est de m\u00eame pour la FIFA. Si le colonel Sita Sangar\u00e9 est fragilis\u00e9 dans son pays, il le sera \u00e9galement \u00e0 la CAF. Et c\u2019est le Burkina Faso qui perd. Surtout qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la Commission du d\u00e9veloppement du football de la FIFA. Il faut noter que c\u2019est cette commission qui octroie les aides aux f\u00e9d\u00e9rations nationales. Je pense qu\u2019il y a des man\u0153uvres politiques pour fragiliser Sita Sangar\u00e9. Et ces man\u0153uvres politiques ont d\u00fb certainement tromp\u00e9 certaines autorit\u00e9s du pays. C\u2019est tr\u00e8s dommage que le Burkina Faso recule de 10 ans \u00e0 cause des r\u00e8glements de compte. Connaissant certains responsables supr\u00eames de notre pays, je suis certain et convaincu que cette affaire sera r\u00e9gl\u00e9e.<\/p>\n<p>Des candidats ont d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 leur candidature \u00e0 la pr\u00e9sidence de la FBF, dont Amado Traor\u00e9, Lazare Banss\u00e9, Mory Sanou et Bertrand Kabor\u00e9. Que pensez-vous de ces candidatures ?<br \/>\nNous sommes un Etat r\u00e9publicain, la\u00efc et d\u00e9mocratique. Et chaque citoyen est libre de postuler \u00e0 la pr\u00e9sidence de la F\u00e9d\u00e9ration burkinab\u00e8 de football. A l\u2019issue des votes, celui qui est d\u00e9clar\u00e9 vainqueur sera applaudi par l\u2019assembl\u00e9e. On va le suivre pour l\u2019int\u00e9r\u00eat de notre pays. En tout cas c\u2019est ma conviction. Je n\u2019ai pas de jugement de valeur \u00e0 faire sur les candidats en question. L\u2019essentiel est que tous les candidats soient autoris\u00e9s \u00e0 se pr\u00e9senter s\u2019ils remplissent les conditions. Nous voulons que dans la l\u00e9galit\u00e9, qu\u2019il y ait la l\u00e9gitimit\u00e9 apr\u00e8s. Si un pr\u00e9sident n\u2019a pas de l\u00e9gitimit\u00e9, \u00e7a va \u00eatre difficile pour lui de diriger notre football. Et quand il y aura des crises, les autorit\u00e9s supr\u00eames du pays seront \u00e9tonn\u00e9es de s\u2019\u00eatre tromp\u00e9es.<\/p>\n<p>Que devrait \u00eatre le profil du nouveau pr\u00e9sident \u00e0 m\u00eame de contribuer au d\u00e9veloppement de notre football?<br \/>\nJe vous ai parl\u00e9 du colonel Sita Sangar\u00e9. Son profil est \u00e9loquent. D\u2019abord, il est juriste de formation de haut niveau. Toutes les activit\u00e9s du monde entier sont bas\u00e9es essentiellement sur le droit. Ensuite, il a fait une \u00e9cole de magistrature cycle A o\u00f9 il est sorti avec un dipl\u00f4me dans la plus c\u00e9l\u00e8bre \u00e9cole de notre pays. Il a \u00e9galement un doctorat en sciences de gestion avec option management. Il est un officier sup\u00e9rieur de l\u2019arm\u00e9e de notre pays. Un magistrat-militaire. S\u2019il a un profil aujourd\u2019hui qui donne la confiance au niveau de la CAF, c\u2019est tant mieux. Et c\u2019est avec ce profil que la CAF l\u2019a accept\u00e9 en son sein. Sita Sangar\u00e9 a fait ses preuves au niveau de la pratique sportive. Comme je l\u2019ai dit plus haut, il faut laisser tout le monde se pr\u00e9senter.<\/p>\n<p>La r\u00e9daction<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Personnage embl\u00e9matique du football burkinab\u00e8, Idrissa Malo Traor\u00e9 dit Saboteur ne m\u00e2che ses mots quand il s\u2019agit de parler de football, surtout burkinab\u00e8. Ce septuag\u00e9naire a toujours une m\u00e9moire d\u2019\u00e9l\u00e9phant. V\u00e9ritable baobab, c\u2019est un cours d\u2019histoire du football burkinab\u00e8 qu\u2019il retrace \u00e0 travers cet entretien. 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