Hommage au cinéaste Idrissa Ouédraogo

La mairie de Ouagadougou a organisé le vendredi 22 février 2019, en partenariat avec le groupe VIVENDI, une cérémonie d’hommage au défunt cinéaste burkinabè, Idrissa Ouédraogo, au cours de laquelle la salle du ciné du groupe située au quartier Pissy de Ouagadou, a été baptisée au nom du regretté.

La salle de ciné Canal Olympia de Pissy prend désormais le nom «Canal Olympia Idrissa Ouédraogo». Le baptême est intervenu le vendredi 22 février 2019 au cours d’une cérémonie organisée en hommage au réalisateur burkinabè, arraché à l’affection de sa famille et des professionnels du cinéma en février 2018. Cinéaste talentueux, homme de culture, Idrissa Ouédraogo alias Maestro, qui a remporté l’Etalon d’Or de Yennenga en 1991 avec Tilaï, a marqué son époque. L’évènement qui s’est tenu à la veille de la 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou visait, selon ses organisateurs, à reconnaître la contribution de l’homme au rayonnement du 7e art en Afrique et dans le monde.

Il a été rehaussé par la présence d’éminentes personnalités, des sommités du monde cinématographique, du Directeur du développement et de la Stratégie de Canal Olympia, ainsi que des membres de la famille du réalisateur dont son épouse. Canal Olympia est le fruit d’un partenariat entre la commune de Ouagadougou et le groupe Vivendi ; le maire Armand Pierre Béouindé pour qui l’œuvre cinématographique d’Idrissa Ouédraogo, est immense, s’est réjoui de cet hommage «mérité». «Le Maestro entre ainsi dans le panthéon des héros du cinéma africain», a-t-il indiqué. Prenant la parole par la suite, le porte-parole de la famille du défunt, Seydou Barry, cette cérémonie de baptême, montre si besoin en était, qu’Idrissa Ouédraogo, n’appartenait plus à sa famille biologique. Ce dernier a au nom des membres, traduit la reconnaissance aux autorités municipales et aux responsables de Canal Olympia pour cet acte plein de considération à l’égard de leur proche.

Une serie de temoignages

Pour la veuve Sanata Ouédraogo, cette cérémonie de baptême va contribuer au repos éternel de son défunt mari qui, de son vivant rêvait de construire une salle de cinéma à son nom. Au cours de cette cérémonie, le public a eu droit à une série de témoignages de personnes ayant côtoyé le réalisateur à un moment donné de sa vie pendant la quarantaine d’années passées sur les plateaux de tournages. De la directrice Afrique de TV5 Monde, Denise Epoté, au professeur Odile Nacoulma, en passant par l’ancien ministre de la Culture Filippe Savadogo, par ailleurs ancien délégué général du FESPACO, tous les intervenants ont reconnu la grandeur et le talent hors pair du cinéaste burkinabè. Mme Epoté a dit avoir rencontré Idrissa Ouédarogo, pour la première fois, en 1994 à la faveur de son arrivée à TV5 Monde. Elle retient du Maestro, l’image d’un homme de cinéma qui savait se faire entourer des meilleurs pour raconter des histoires. Chaque fois qu’il avait un projet de tournage, fait-elle savoir, Idrissa n’hésitait pas à l’appeler pour des échanges parfois épiques : «combien de feuilles peux-tu me donner, me demandait-il ?», se souvient Mme Epoté.

Lorsque je lui disais qu’il connaissait bien la procédure et qu’il lui fallait adresser une correspondance au directeur général, il me disait toujours ceci : «Mais je ne le connais pas, tu ne t’occupes pas de nos intérêts, quelle sera ton importance à TV5 Monde ?». De l’avis de la journaliste, le FESPACO 2019, premier festival sans Idrissa Ouédraogo, verra l’esprit de ce pionnier du cinéma planer incontestablement sur l’événement, faisant observer que la filmographie du cinéaste si riche et variée lui a valu 37 distinctions et pas des moindres décernées en Afrique, en Europe et même en Asie. Mais Denise Epoté, a conclu sur une note d’espoir citant l’écrivain français Jean D’Ormesson : «S’il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants ; la salle qui porte le nom d’Idrissa Ouédraogo, en est la parfaite illustration». Le professeur Odile Nacoulma qui a semé l’amour du cinéma dans le cœur du jeune homme en 1976 à travers son enseignement parle d’un étudiant dont le souvenir restera à jamais gravé dans sa mémoire.

Entre anecdotes et exemples, celle qu’il appelait affectueusement madame la directrice, a su mettre en lumière la volonté qui habitait le «Yadéga» et sa détermination à façonner par le film la société dans laquelle il vivait. Le directeur du développement et de la stratégie de Canal Olympia, Simon Minkowski, pour sa part, s’est appesanti sur la politique du groupe Vivendi. La création de canal Olympia s’inscrit selon lui, dans la stratégie du groupe, de renforcer sa présence sur les marchés à fortes croissances avec l’émergence d’une classe moyenne consommatrice de contenus. «L’ambition du réseau canalOlympia est d’accompagner la naissance d’une nouvelle génération d’artistes en devenant la vitrine de toutes les influences culturelles du cinéma à la scène» a-t-il soutenu. CanalOlympia est un complexe composé d’une salle de projections de 300 places et d’un hall pouvant accueillir des concerts de milliers de spectateurs.

Le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, représentant le président du Faso a salué l’initiative de la mairie de Ouagadougou et de son partenaire Vivendi, visant à célébrer le talent d’Idrissa Ouédraogo et sa passion pour la cause du cinéma africain. Les signatures du livre d’or ont mis fin à cette soirée de fortes émotions.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr
Fatimah TANKOANO
(stagiaire)

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