Les plus hautes autorités du pays ont décidé d’une commémoration sobre, mais digne d’un centenaire, avec de nombreuses activités tout au long de l’année 2019.

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a présidé le colloque du centenaire de la création de la Haute-Volta, le samedi 9 mars 2019 à l’Université Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo.

Il y a 100 ans que la colonie de Haute-Volta, actuel Burkina Faso, a été créée. Un siècle marqué d’histoires et de mémoire collective dont les sillons ont été tracés par les filles et les fils de la patrie. Pour rendre un hommage mérité à ces derniers, les plus hautes autorités du pays ont décidé de marquer une halte, à travers un colloque sur le centenaire de la création de la Haute-Volta.

Pour la circonstance, c’est l’Amphi D de l’Université Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo qui a servi de cadre à la commémoration, le samedi 9 mars 2019, sous la présidence du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Selon le président de l’Université Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo, Pr Rabiou Cissé, le choix du temple du savoir pour abriter le colloque confirme le rôle et la place de l’université dans le développement socioéconomique du Burkina Faso.

Cette commémoration se veut sobre, mais digne d’un centenaire avec de nombreuses activités tout au long de l’année 2019, de l’avis du président de la commission colloque et conférence, Pr Magloire Somé. Il a indiqué que ce colloque sera ponctué de communications (en quatre axes) venant de six pays à savoir : la Côte d’Ivoire, la France, le Mali, le Canada, les Etats-Unis et le Burkina Faso.

Le premier axe porte sur «L’évolution de la politique coloniale de la France : de la fin du 19e siècle à 1919». «Une dizaine de communications analyseront les motivations réelles de la création de la Haute-Volta», a expliqué le Pr Magloire Somé. Le second axe concerne «La gouvernance administrative de la France en Haute-Volta de 1919 à 1932», avec un accent particulier sur les œuvres sociales et éducatives ; puis de «La Haute Côte-d’Ivoire de 1933 à 1947».

Le troisième axe va s’intéresser à «L’exploitation économique, l’héritage social et la culture matérielle de 1919 à 1947». Le quatrième axe a trait à «L’émergence d’une élite africaine porteuse de modernité, mais promotrice de la culture africaine» à travers la littérature, et médiatrice dans la construction du savoir ethnologique dans l’entre-deux guerre, selon le président de la commission colloque et conférences.

Quels legs à la jeunesse?

Une trentaine de communicateurs venus de six pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique ont été mobilisés pour revisiter le centenaire de la création de la Haute-Volta.

Dans son discours d’ouverture du colloque, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Siméon Sawadogo, a rappelé que la France a créé la Haute-Volta, le 1er mars 1919, en fonction de ses intérêts et qu’elle a ensuite décidé en 1932, selon l’évolution de ses intérêts du moment, de la supprimer.

«Mais dans la société, le droit d’engendrement ne donne jamais de droit à l’homicide. Quand elle la supprima, des Africains et des Français coalisés firent pression sur elle pour sa reconstitution. Le 4 septembre 1947, la France la reconstitua et elle devint le cadre du futur Etat souverain. Il est donc à relever que la volonté des peuples est souvent d’autant plus forte qu’elle arrive à faire infléchir la position des dirigeants», a-t-il relevé.

Pour lui, le rappel de ce passé est riche d’enseignements en ce sens que cette connaissance historique est essentielle à la fois pour le peuple, pour sa jeunesse en particulier et pour ses dirigeants. Elle les éclaire, a poursuivi le ministre d’Etat, d’un jour nouveau et leur permet d’assurer leur destin, d’éveiller et de motiver la conscience collective. La conférence inaugurale du colloque a été animée par le Pr Jean Marc Palm.

Elle a porté sur le thème : «1919-2019, centenaire de la création de la Haute volta : quels legs à la jeunesse». Dans son exposé, le conférencier a fait savoir que le combat du peuple burkinabè a permis de contribuer à la conquête de nombreux acquis politiques et sociaux, malgré ses querelles pseudo-idéologiques qui l’ont fortement desservi.

D’où ces questionnements : «Quelle part de responsabilité avons-nous dans les dérives actuelles que connaît une certaine jeunesse gagnée par le désespoir dû à l’incertitude du lendemain qui ne jure que parce qu’elle appelle le business ? Avons-nous su leur transmettre les valeurs de patriotisme, d’intégrité et d’amour du travail ? Quelles orientations leur indiquons-nous pour un Burkina Faso prospère dans un monde en perpétuelle mutation ?». En marge du colloque, il est prévu une visite sur le site de sculpture de Laongo.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO


Le président du Faso : «La jeunesse doit pouvoir tirer
des aspects qualitatifs»

«Cela fait un siècle que la Haute-Volta a été érigée. Ce pays, jusqu’en 1983, s’appelait Haute-Volta et aujourd’hui Burkina Faso. Nous assistons à l’organisation d’un colloque scientifique qui doit nous permettre de nous approprier notre histoire. Il n’y a pas d’avenir dans un pays si cet avenir n’est pas fondé sur l’histoire et les leçons que nous retenons de cette histoire. Il faut que les Burkinabè, les scientifiques, nos historiens et tous ceux qui peuvent participer à la reconstitution de notre histoire le fassent.

Et que nous ayons au bout de cette année, quelque chose qui soit faite pour permettre d’enseigner nos jeunes et nos enfants dans le cadre de la meilleure connaissance de notre histoire. Cela me semble important, parce que si vous voyez que tous les grands pays du monde avancent, c’est parce que quelque part, l’histoire a été la base de ces avancées. Si vous demandez aujourd’hui à beaucoup de jeunes, quelle est l’histoire du Burkina Faso, personne ne sait de quoi il s’agit.

C’est pourquoi, l’enseignement, la réécriture de cette histoire par nous-mêmes et l’appropriation est un élément fondamental de la prise de conscience que nous appartenons à un même Etat. L’histoire n’est pas faite simplement de succès. Il y a des moments de recul et nous devons tirer des leçons. La jeunesse doit pouvoir tirer des aspects qualitatifs qui ont fait que des hommes et des femmes ont sacrifié leur vie pour ce pays. Cela s’est passé hier, ça se passera aujourd’hui et ce sera le cas demain et le Burkina Faso reste debout.».

Propos recueillis par POO

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